DE SICILE
périrent. T a m<W secousse agita les villes de flénévent , de llrindes, d'Aseoli, d'Ariano, de Campobasso , d'Avellino, de Cumes,de Nocera, de Gaëte et d'autres qu'elle renversa en grande partie avec perte d'un grand nombre d'habilanis. Le roi Àlfonse entendait la messe a Saint-Severin de Naples lorsque ce malheur commença. Tout le monde prit la fuite, et le prêtre lui-même quitta l'autel. Mais le roi, sans témoigner aucune frayeur, le retient et l'oblige d'achever le saint sacrifice.
JLa guerre entre Àlfonse et les Génois durait depuis long»tems , au grand regret du pape Talliste qu'elle avait empêche de porter ses armes contre les Turcs. Bernard de Yillematn , amiral de Sicile , bloquait le port de Gênes avec une fk>tte de vingt navires et de dix galères. Réduits à l'extrémité, les Génois offrirent leur ville au roi de France, Charles VII, qui l'accepta. Jean d'Anjou, fils du roi K^né, que le prince nomma pour son lieutenant à Gènes, y trouva les choses dans un état déplorable. Une armée de mécontents , à la tête desquels étaient les Fiesques , les Spinola , les Adornes, pressait la ville par terre. On ne voyait aucune ressource pour cette malheureuse république , lorsqu' Alfonse fut frappé de sa dernière maladie. Klle dura quarante jours , au bout desquels il mourut un mardi , 27 juin à l âge de soixante-trois ans huit mois et vingt-
sept jours. A peine était-il mort, que ta flotte sicilienne , qui fermait le port de Gènes , s'éloigna , et qu« l'armée des rebelles se dissipa.
«f Àlfonse, dit M. d'Egly, par ses grondes actions , par sa » clémence et sa justice, par sa valeur infatigable, sa fermeté 9 au milieu des disgrâces, sa modération dans la prospérité, a » mérité le surnom de Magnanime ijue l'histoire lui donne. Il » joignit à ces vertus héroïques une polUkme profonde, une u humeur bienfaisante et libérale: on quittait raremeut sacour » sans obtenir ce qu'on lui tlemamlait ; il aimait mien* différer « ses grâces que de 1rs refuser. 11 favorisa la religion et enri- « chit églises d'ornements précieu*. Magnifique dans ses » ameublements et dans les cérémonies , et simple dans ses » habits, toujours sobre , il ne fit jamais d'excès dans le boire >» ni dans le manger; il buvait son \in mêlé de beaucoup d'eau. a Ses discours étaient ornés , semés de traits vifs et ingénieux : » son amour pour les sciences et la protection qu'il leur accorda » lui ont mérité les éloges d'un nombre prodigieux d'historiens. » Il fut savant lui-même dans la théologie, les raathéma— » tiques, l'histoire, la jurisprudence, et très-versé dans lu « connaissance des poètes. \\ avait un respect singulier pour » Tile— Live , et portait toujours dan» ses voyages, au nombre » de ses livres , les œuvres de ce grand homme et le* conunen-
» taires de César. On prétend qu'il a traduit en espagnol îe* » épîtres de Sénèque ». Pour tempérer cet éloge, il faut ajouter avec Muratori , que son ambition était démesurée , que ses mœurs étaient lascives jusqu'au scandale, qu'il accabla ses peuples de tailles et de gabelles , qu'il voulut trancher du pape dans ses états jusqu'à vendre les bénéfices , si l'on s'en rapporte à quelques écrivains. Saint Antonin, qui vivait alors, dit qu'en mourant il chargea son successeur de tenir une conduite différente de la sienne dans son gouvernement, et de supprimer tous les impôts établis de son tems pour s'en tenir aux anciens. Son corps, déposé dans l'église de Sair^Pierre , martyr à Naples , fut transféré depuis en Espagne , et inhumé dans l'église cistercienne de Poblet, en Catalogne. Il n'eut point d'enfants de Marie , son épouse, fille de Henri III, roi de Castille , laquelle ne mit jamais le pied en Italie , tant elle vécut mal avec son époux. Mais il eut trois bâtards : Ferdinand* qui fut roi de Naples ; Marie , femme de Lyonel, marquis d'Est et duc de Ferrare ; et Eléonore , mariée au duc de Sessa. ( Voy. Alfonse V , roi d'Aragon. ) vi lit»