CHARLES D'AUTRICHE
1 5 1 G . Charles , premier du nom, en qualité de roi d'Espagne , successeur de Ferdinand , son aïeul maternel , aux XVIII. 36
iSà CHRONOLOGIE HISTORIQUE
royaumes de Naples et de Sicile , ayant appris dans les Pays-^ Bas la révolte des Siciliens, nomma Hector Pignatelli, comte' de Monteléon , pour réprimer et punir les chefs des séditieux. Pignatelli, étant arrivé à Païenne, le i cr . mai 1617, fit arrêter vingt des plus coupables , et publia ensuite une amnistie pour les autres. Le calme ne fut point rétabli par là en Sicile. Jean- Luc Scmarcia-Loup , qui avait été jurât à Palerme , profitant de la faiblesse de Pignatelli , travaillait à se défaire de tous les partisans di Moncade. Le jour de cette exécution était fixé au 24 juillet i5i7, fête de sainte Christine, patrone de Palerme. Mais l'indiscrétion des conjurés fit manquer le coup. Squarcia, le 8 septembre suivant, fut mis à mort avec deux de ses complices ; et la Sicile, par là , recouvra sa tranquillité. ( Burigni t Hist. de Sù:ile , tom, II, pp. 36o et f«iV.)
Non content de ses royaumes d'Espagne , de Naples et de Sicile, sans compter la souveraineté des Pays-Bas, Charles t après la mort de Maximilien, son aïeul, aspira encore, l'ai» iôiq, à lui succéder dans l'empire. Mais un obstacle s'opposait a ses vues; c'était une ancienne convention qui excluait du trône impérial les rois de Sicile. Charles, comme on l'a dit ci-devant , agit secrètement auprès du pape Léon X, pour v obtenir dispense sur cet article ; elle lui fut accordée , mais £ condition qu'elle ne serait pas rendue publique. Elle ne le fut effectivement qu'en i5ai , lorsqu'il n'était plus tems de revenir contre l'élection de Charles. (Rainaldus, ad an. i5ai , n. 80. j L'an i5a8, Philibert de Châlons, prince d'Orange, ayant
J remplacé, dans le commandement de l'armée impériale, le connétable de Bourbon , tué au sac de Rome , partit de celte ville le 17 février, et vint camper devant Troja ou Troïa. Lautrec , général français , après divers petits combats livrés aux Impériaux, les oblige à s'éloigner de cette place, qu'il trouve, en y entrant , remplie de vivres et d'autres munitions dont i( avait un extrême besoin. L'avis du plus grand nombre de ses officiers était d'aller à l'instant du côté de Naples. Mais Pierre Navarre , engagé alors au service de France , proposa de s'assurer auparavant de Melfi, pour ne pas laisser derrière soi cette place importante. Ce projet ayant été goûté, il l'exécute lui* même avec succès, prend ensuite Trani, Barlette et d'autres villes de PAbruzze et de la Capitanate , après quoi , vers la fia d'avril , il s'approche de Naples. Tandis qu'il en fait le siège , l'amiral André Doria, gagné par le marquis du Guast, l'un de ses prisonniers de guerre , quitte le service- de France pour passer à celui de l'empereur, et Lautrec est emporté par aine
" maladie, la nuit du id au 16 août. Le marquis de Saluées, qui ter remplace dans le commandement , ne se trouvant ni asscs
d'autorité ni assez de force pour continuer l'entreprise , fait sa retraite en bon ordre, après avoir repoussé les Impériaux qui donnèrent sur son arrière-garde. De là il se jette dans Averse , laissant le comte Pierre Navarre à la merci des ennemis, qui, l'ayant fait prisonnier dans cette rencontre, le conduisirent à tapies , où il mourut quelques tems après.
A peine le marquis de Saluces était dans Averse qu'il s'y vit assiégé par les garnisons de Naples et des autres villes qui étaient restées au pouvoir des Impériaux. On commençait à Lattre la place, lorsque le marquis fut blessé d'un éclat de pierre qui lui fracassa le genou. Abattus par ce nouveau revers, Jes Français se virent contraints de signer, le 3o août i5:>8, une capitulation que la nécessité rendit moins honteuse. Elle portait en substance que la place serait remise au prince d'Orange , que le marquis demeurerait prisonnier de guerre, et quM s'engageait à faire remettre aux Impériaux toutes les autres places du royaume , occupées par les Français et les Vénitiens , leurs alliés. La paix de Cambrai, dite la paix des Dames I, signée le 3 août iS-Mj , entre Marguerite d'Autriche, au nom de Yempereur , et la duchesse d'Angouléme , au nom du roi François I , son fils, assura la couronne de Naples et de Sicile h Charles-Quint; ce qui fut cimenté par le traité de Crépi, du 18 septembre i544« L'empereur Charles, après avoir fait la conquête de Tunis sur les Sarrasins, arriva dans son royaume de Sicile , et fit une entrée triomphante dans Palerme, le 12 septembre 1 535. Après avoir passé près d'un mois en cette ville , il se rendit à Messine où l'on enchérit sur les honneurs qu'on lui avait rendus à Palerme. Ce fut le célèbre Maurolico qui fut l'ordonnateur de la féte qu'on lui fit. Elle donna tant de plaisir à l'empereur, qu'il voulut voir Maurolico pour lui en témoigner sa satisfaction.
' La Sicile et le royaume de Naples changèrent de maître par la cession que Charles-Quint en fit l'an i554, à Philippe, son fils. Ce jeune prince obtint de Jules III, par une bulle du 28 octobre de la même année, l'investiture de ces royaumes pour lui et ses héritiers, tant maies que femelles, aux mêmes conditions qu'elle avait été accordée par Jules II à Ferdinand le Catholique, et par Léon X à Charles-Quint. Le marquis de Pescaire, ambassadeur de Philippe, prêta, en son nom, le serment de fidélité, et reçut l'investiture, dit M. d'Egly, par l'admission au baiser des pieds. {Voy. Charles-Quint, empereur; et Charles I , roi d'Espagne.)