‹ L'art de vivreChapitre 12 sur 168 · ARTS ET MÉTIERS RÉCRÉATIFS POUR L’ENFANT · texte numérisé non relu

ARTS ET MÉTIERS RÉCRÉATIFS POUR L’ENFANT

Isolément ou en commun, les enfants peuvent découper des images, colorier des contours sur papier ou porcelaine, agencer des Heurs naturelles, confectionner des Heurs artificielles, jouer aux caries, au loto, arranger des découpures, des pièces de construction, de calcul, rouler des bandes, plier des étoffes, tricoter, coudre, etc.

2° Jeux infantiles avec déplacement, isolément ou en commun.

Tous les jeux chers à la pétulante enfance se rangent dans cette catégorie, depuis le simple jeu de cache-cache jusqu’à la lutte classique. Le cercle, le bouchon, la toupie, la balle ou la paume, les barres, le colin-maillard et une foule d’autres exercices, qui réclament de l’agilité, de l’adresse, une bonne vue, l’Ouïe juste, et qui varient selon les saisons et les localités, doivent être surtout recommandés, parce qu’ils se pratiquent généralement en plein air.

Il est regrettable que ces exercices bienfaisants soient presque partout abandonnés à l’initiative des enfants. Les institutrices devraient se charger d’en régler les dispositions et les mouvements, ne fût-ce que pour empêcher les jeunes sujets de se laisser conduire par les plus âgés, qui les éreintent et les surexcitent, quand ils ne les bousculent pas.

3° Arts et métiers récréatifs pour l’enfant.

On a beaucoup parlé, dans ces derniers temps, de la méthode Frœbel et des jardins d’enfants. 11 ne suffit pas d’étudier et de connaître les lois et les produits de la nature; il est bon de s’initier, de bonne heure aussi, aux difficultés et aux secrets des arts et métiers.

On se préoccupe trop des notions relatives aux sciences naturelles dans l’éducation de l’enfance.

Nous aimerions voir les enfants exercer leurs membres à de petits travaux, aussi instructifs et non moins amusants que la description des œuvres de la nature, à propos desquelles nous avons entendu souvent nos instituteurs actuels se livrer à des

ORGANES ET APPAREIL DE LA RESPIRATION

réflexions et à des explications trop abstraites pour de jeunes cerveaux.

A côté des jardins d’enfants, qu’on établisse des ateliers d’enfants, où se trouveraient réunis un certain nombre d’outils ou d’instruments qu’on leur apprendrait à manier avec dextérité.

ORGANES ET APPAREIL DE LA RESPIRATION

L’appareil de la respiration comprend les deux poumons, qui font l’office de deux soufflets, et les tuyaux, ou tubes, par lesquels ils communiquent avec l’air extérieur au moyen des ouvertures buccales et nasales.

Leur mécanisme est fort simple : les muscles de la poitrine et du ventre ainsi que le plancher musculaire qui sépare ces deux cavités et qu’on nomme diaphragme, se contractent plus ou moins lentement, attirant en tous sens vers eux la cage thoracique qui s’ouvre et se dilate; aussitôt l’air du dehors se précipite par la bouche ou les narines vers la gorge, et passe par le larynx et la trachée-artère (tuyau principal) dans les bronches (tuyaux secondaires), qui aboutissent à des vessies microscopiques, dites vésicules pulmonaires. C’est dans ces vésicules que le phénomène de la respiration s’accomplit par la substitution, dans le sang veineux, de l’oxygène atmosphérique à l’acide carbonique, qui se dégage.

C’est ce qu’on appelle Y inspiration ou Y aspiration pulmonaire.

Après un repos de quelques secondes, nécessaire pour l’échange des gaz dans le sang qui inonde les vésicules des poumons, Y expiration commence. Tous les muscles disséminés autour de la poitrine, se relâchant, la cage thoracique s’affaisse et chasse par les tuyaux bronchiques, jusqu’au larynx et à la gorge, puis au delà de la bouche et des narines, l’air qui a servi à la respiration.

Ce double mouvement, inspiratoire et expiratoire, se répète de dix à quarante fois par minute, selon les cas ou les besoins de l’économie, besoins qui varient beaucoup en raison de l’état sain ou maladif des sujets.

Les conditions essentielles pour que la respiration s effectue normalement sont: la liberté des mouvements musculaires du thorax et la pureté de l’air respirable.

ORGANES ET APPAREIL DE LA RESPIRATION

Comme la nécessité de cette fonction devient d’autant plus impérieuse que l’organisme se meut et travaille davantage, il s’ensuit que c’est, avant tout, durant les exercices gymnastiques qu’il faut faciliter les mouvements de la poitrine et lui fournir l’air le plus pur, le plus oxygéné.

Voilà pourquoi les gymnases doivent être installés dans de vastes salles ou en plein air, et pourquoi tout vêtement et tout corset ou corsage capables de s’opposer à l’expansion pulmonaire, devraient être, en tous temps, impitoyablement proscrits.

Dans toutes les circonstances de la vie, et spécialement dans celles qui exigent une certaine dépense de force musculaire ou d’énergie vitale, il faut savoir accommoder le mécanisme de la respiration à celui du reste de l’organisme.

Il y a là tout un art que la gymnastique enseigne, et avec lequel chaque sujet doit se familiariser de bonne heure.

Que se passe-t-il quand, ignorant ou méconnaissant l’art de respirer, on monte rapidement un escalier, une échelle ou une montagne; quand on chante, quand on lit ou parle en public; quand on saute ou court longtemps; quand, en un mot, on s’adonne à des travaux fatigants, qui réclament des efforts musculaires précipités et soutenus?

On manque vite d’haleine ; les muscles s’engourdissent, fléchissent; la poitrine et la face se congestionnent par l’afflux d’un sang trop veineux, trop chargé d’acide carbonique. Ce n’est cependant pas la puissance nervoso-musculaire qui est épuisée; c’est la respiration affolée, intermittente, entrecoupée, haletante, qui ne parvient plus à vivifier suffisamment le sang pulmonaire, à le convertir régulièrement en sang oxygéné, et qui trouble, par ricochet, le rythme de l’appareil respiratoire.

Comment faut-il donc respirer dans ces divers cas?

« Il faut apprendre à cadencer, dans une harmonie complète et constante, les mouvements d’inspiration et d’expiration de la poitrine avec ceux que les organes, locomoteurs et autres, exécutent. »

Appliquons cette règle à la course et au discours.

En courant, chaque fois qu’un pied retombe sur le sol, un mouvement d’expiration ou d’expulsion d’air doit se produire en même temps. Les inspirations, au contraire, doivent coïncider

ORGANES ET APPAREIL DE LA RESPIRATION

avec les mouvements d’élévation du pied et l’élan du corps en avant.

On apprend à courir comme on apprend à nager, sans nul doute; mais on ne sait bien nager et courir qu’en se conformant aux principes de la gymnastique rationnelle.

Pour monter un escalier, pour gravir une montagne ou escalader la paroi des fosses à charbon au moyen d’échelles, sans perdre haleine et forces tout à la fois, il faut que les mouvements inspiratoires et expiratoires de la poitrine soient cadencés avecceux des jambes et des bras. Le jet d’air impur doit sortir de la poitrine chaque fois que le pied tombe sur une marche, sur le sol ou un échelon. Et si l’on éprouve le besoin de faire une inspiration profonde el prolongée, il faut s’arrêter court pendant le temps nécessaire à l’introduction de la masse aérienne dans les poumons.

S’agit-il de lire en public ou de prononcer de longs discours, il est urgent de commencer lentement, à voix basse, et surtout d’observer les pauses indiquées par les différents signes de la ponctuation, pour faire des inspirations plus ou moins profondes. Dans ce cas, il ne faut pas tenir compte de la dépense des forces musculaires, mais bien de la quantité d’air indispensable pour alimenter les sons et les intonations oratoires.

C’est au moment des pauses ou suspensions littéraires qu’on doit, par l’inspiration, faire provision d’air dans la poitrine.

Remarquons, à propos de lecture, que notre système de ponctuation laisse encore beaucoup à désirer.

Pour bien ponctuer un morceau de littérature, afin d’en rendre facile la lecture à haute voix, on ne doit pas avoir égard aux règles de la grammaire, qui admet des phrases principales, accessoires, incidentes, et des conjonctions ou liaisons absolues et relatives : il faut s’attacher exclusivement aux besoins et aux règles du mécanisme respiratoire, qui sont absolument les mômes pour la lecture et pour les discours que pour léchant. C’est un musicien plutôt qu’un grammairien qui devrait indiquer l’emplacement des virgules, des points et virgules et des points.

Ainsi, où il faut faire une inspiration courte, mettez une virgule ; une inspiration moyenne, point et virgule; une inspiration profonde, un point ou deux points. C’est surtout, arrivé à la pause

ORGANES ET APPAREIL DE LA CIRCULATION

figurée par un point, que l’orateur ne doit pas oublier de respirer à fond, sinon il est perdu. L’haleine lui manquera, il suera à grosses gouttes et se fatiguera en fatiguant ses auditeurs.

Nous connaissons beaucoup d’habiles parleurs, qui ne seront jamais orateurs, parce qu’ils n’ont pas appris la gymnastique de la parole, ou l’art de respirer en discourant.

Mais c’est spécialement aux enfants qu’il est urgent d’inculquer ces notions et ces pratiques, afin que l’habitude d’établir la synergie des fonctions locomotrices, vocales et respiratoires, développe en eux une aptitude naturelle, instinctive, qui se perfectionnera de plus en plus avec l’âge et qui s’exercera méthodiquement, au besoin, pour ainsi dire à leur insu.

Il y a lâ encore une source d’exercices corporels des plus variés, aussi agréables qu’utiles.

ORGANES ET APPAREIL DE LA CIRCULATION

Deux petites pompes aspirantes et foulantes collées ensemble, voilà le cœur. Les vaisseaux lymphatiques, veineux et artériels, sont leurs tuyaux. L’une de ces pompes, la droite, aspire de tout le corps le sang veineux et la lymphe, pour les chasser dans les poumons; l’autre, la gauche, aspire le sang des poumons lorsqu’il s’est débarrassé de son acide carbonique pour prendre de l’oxygène, et le pousse dans tout l’organisme.

La circulation est solidairement reliée à la respiration. Toutes les maladies des poumons réagissent, tôt ou tard, sur le centre circulatoire et vice-versa.

En général, le cœur donne quatre ou cinq pulsations pendant que la poitrine fait une inspiration ; et cette proportion se maintient à peu près la même dans le cours des maladies.

Il en est tout autrement pendant les efforts musculaires prolongés. Là, il n’y a plus de rapport régulier entre le nombre d’inspirations et les battements du pouls, bien que l’accélération et la force de ceux-ci augmentent d’une manière notable. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, dans tous les exercices musculaires violents ou prolongés de la totalité ou d’une partie seulement de l’organisme, il faut proportionner ou cadencer le nombre et l’éten-

ORGANES ET APPAREIL DE LA NUTRITION

due des mouvements respiratoires avec le degré et l’activité des efforts et des effets à produire.

Les exercices corporels trop violents, tels que ceux du moulinet, peuvent avoir pour effet de provoquer des hémorragies par déchirures pulmonaires, ou des congestions actives du cœur, dont la fréquente répétition engendre l’hypertrophie et diverses autres affections de cet organe.

Nous avons vu plusieurs gymnasiarques, et même de simples amateurs de gymnastique, mourir de cette manière à la fleur de l’âge.

ORGANES ET APPAREIL DE LA NUTRITION

En gymnastique, on peut réunir sous la même rubrique les fonctions des voies digestives et celles de la nutrition. Les aliments et les boissons parvenus à l’estomac, imbibés de flux salivaire et gastrique, subissent une fermentation qui les désagrège et en forme une pâte molle, uniforme, nommée chyle. Celui-ci pénètre, en partie, à travers les tissus du canal digestif, dans les vaisseaux de petits calibres, puis dans les veines, d’où, mêlé au sang veineux, il est aspiré par le cœur droit et dirigé vers les vésicules pulmonaires. Le chyle, la lymphe et le sang veineux réunis, dépurés et oxygénés par le contact de l’air dans les poumons, sont ensuite pompés par le cœur gauche et envoyés, à l’aide des vaisseaux artériels, dans toute la périphérie du corps.

C’est alors que commence et s’accomplit la nutrition des tissus.

Autrefois, on croyait que le sang veineux était, par suite de son passage dans les cellules pulmonaires et de son contact avec l’air extérieur, la source principale, si pas unique, de la chaleur vitale, qui varie de. 38° à 42°.

Aujourd’hui nul n’ignore qu’il se fait dans toute la substance de l’organisme un double travail de composition ef de décomposition atomique, accompagné, comme tout phénomène physique ou chimique, de production de chaleur et d’électricité, qui est la vraie cause de la température élevée du corps humain, ainsi que de la destruction et de la rénovation partielles et continues de nos tissus.

ORGANES ET APPAREIL DE SÉCRÉTION. 71

Les exercices corporels favorisent cette espèce de combustion et produisent un excès de calorique et d’usure, que les aliments bien digérés et le repos réparent plus ou moins rapidement.

Voilà comment l’excès, l’abus de ces exercices, peut devenir pour les enfants une cause de fièvres, ou d'inflammations graves et même mortelles.

Le secret de tous les exercices gymnastiques consiste dans le talent de savoir maintenir l’équilibre entre tous les organes et leurs fonctions, au milieu de ces destructions et de ces reconstitutions d’atomes organiques, en activant ou ralentissant à volonté tantôt l’une, tantôt l’autre de ces deux opérations, ici par des exercices prolongés ou réitérés, là par une immobilité plus ou moins durable et complète.

De là encore, la nécessité de ne pas soumettre aux mêmes manœuvres les sujets obèses, surchargés de lymphe plastique, et les sujets maigres, nerveux.

ORGANES ET APPAREIL DE SÉCRÉTION

Un appareil très compliqué de glandes de divers calibres est disséminé dans tout le corps. 11 existe des glandes sudorifères dans la peau et des glandes lacrymales, salivaires, hépatiques, pancréatiques, rénales, ovariennes et spermatiques, dans la profondeur des tissus.

Parmi ces corpuscules et ces viscères sécréteurs ou excréteurs, qui jouent un rôle si varié dans l’économie humaine, il en est qui produisent simplement un liquide onctueux destiné à favoriser le jeu, le glissement des os, des tendons, des muscles, des viscères; d’autres élaborent des ferments propres à la digestion et à la nutrition, c’est-à-dire à la désagrégation moléculaire des substances al ibi les ; d’autres façonnent les germes reproducteurs de l’espèce ou les éléments nutritifs primordiaux des rejetons; d’autres, enfin, extrayent de nos sucs et de nos membranes des fluides excrémentiels, résidus des combustions intimes, que des canaux spéciaux rejettent au dehors de l’économie. L’urine, les matières fécales, la transpiration pulmonaire et cutanée sont dans ce dernier cas.

ORGANES ET APPAREIL DE LA SÉCRÉTION

Tout exercice corporel a pour effet d’activer la formation de ces détritus excrémentiels qui, s’ils sont trop abondants, dénotent que la constitution travaille, se consume et se détériore trop rapidement.

Ainsi le diabète, si fréquent de nos jours, qui se décèle par une sécrétion rénale anormale et abondante, n’est que la conséquence d’un travail exagéré du système nerveux et d’une alimentation vicieuse, sous l’influence desquels les tissus s’usent, se décomposent rapidement, tandis que leur reconstitution par les aliments est plus ou moins enrayée. Il résulte de là un défaut d’équilibre entre la nutrition, d’une part, et la dénutrition, de l’autre, qui se traduit par l’élimination au moyen des reins et des urines, d’un excès de substances sucrées, azotées et charbonneuses, dont l’organisme n’a pu tirer profit.

Ici, nous n’avons à considérer en particulier que la transpiration cutanée.

On sait combien l’exsudation de la peau est activée par les exercices locomoteurs, mais on ne se fait pas généralement une idée assez juste de l’importance de cette fonction et des dangers que son arrêt subit fait quelquefois courir aux sujets de tout âge, et surtout aux enfants, chez lesquels cette tunique est si perméable, si spongieuse.

Un refroidissement trop brusque, l’exposition prolongée à une température faible, après une marche rapide ou des mouvements musculaires actifs, sont les causes les plus fréquentes de toutes les maladies aiyvës de l’enfance, sans exception, en temps ordinaire et principalement en temps d’épidémie.

La rougeole, la scarlatine, le choléra, le croup, la petite vérole, etc., sont presque toujours précédés et déterminés chez ces petits êtres, par une excitation insolite de la transpiration cutanée, suivie trop rapidement de sa suppression soudaine ou d’une diminution excessive, par simple refroidissement brusque ou prolongé.

Ces perversions dans les fonctions de la peau se produisent plus facilement en été qu’en hiver.

Page 1