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GYMNASTIQUE THÉRAPEUTIQUE

Nous avons esquissé les différents genres d’exercices corporels qui peuvent être enseignés aux enfants de 2 à 7 ans, pour les amener à utiliser tous les organes de la vie de relation dont ils sont pourvus, et dont ils devront faire usage dans l’avenir, non seulement à leur profit personnel, mais aussi au profit de la communauté sociale au sein de laquelle s’écoulera leur existence.

Tout ce que nous avons dit jusqu’ici concerne exclusivement les jeunes sujets sains, convenablement constitués, munis de tous leurs sens et doués de toutes les aptitudes physiologiques propres à la race humaine.

Pour être complet, il s’agit maintenant de nous arrêter un instant sur un point de gymnastique qui a fait plus spécialement l’objet de la sollicitude des savants suédois, et qu’on a pu appeler la Gt/mnaslique pathologique, ou mieux, selon nous, Gymnastique thérapeutique, parce qu’elle a pour but de corriger, redresser, rétablir des sens imparfaits, incomplets, ou des organes malades, difformes, atrophiés; et de suppléer à l’absence de quelques-uns d’entre eux, par l’éducation spéciale de ceux qui sont restés dans des conditions physiologiques.

Avant de faire fonctionner tel ou tel organe, on doit toujours s’assurer si cet organe est dans son état normal. Dans le cas où il en serait autrement, le concours des hommes de l’art devient nécessaire. En revanche, il arrive souvent que les médecins, à leur tour, doivent recourir aux procédés et aux appareils de la gymnastique pour remplir les indications thérapeutiques qu’ils se proposent de réaliser.

C’est ainsi que nous parvenons bien souvent en chirurgie, à guérir ou à rendre moins pénibles le strabisme, le bégaiement, le zézaiement, le bredouillage, la danse de Saint-Guy, le raccourcissement d’un tendon du pied, du cou ou de toute autre partie du corps, la courbure des os des membres ou du tronc, par des exercices particuliers ou par des bandages spéciaux, qui développent Plutôt certains éléments anatomiques que certains autres, sans

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l’intervention des instruments tranchants, ni des onguents, emplâtres et autres agents médicamenteux.

Examinons quelques-uns de ces cas :

Strabisme. — Il y a plusieurs variétés de strabisme, qui datent presque toutes de la première enfance et qui sont dues tantôt à des ophtalmies, tantôt à des habitudes vicieuses de l’œil.

Dans cette difformité, certains muscles du globe oculaire sont raccourcis, tandis que les autres sont allongés. Les muscles raccourcis attirent la cornée transparente de leur côté.

Pour remédier à ce vice fonctionnel, il faut obliger l’œil à se porter en sens contraire par des exercices faciles à concevoir et à mettre en usage.

Avec de la patience et surtout de la persévérance on peut arriver à d’excellents résultats. La répétition fréquente d’un même effort distend, allonge les muscles trop contractés et fait raccourcir ceux qui, pour céder à la contraction de leurs antagonistes, avaient dû s’allonger.

L’équilibre organique et fonctionnel peut se rétablir ainsi, sans le secours des instruments de chirurgie.

Bégaiement, zézaiement, bredouillage. — Ces infirmités consistent tantôt dans un vice organique de la langue, tantôt dans une lésion des nerfs, tantôt dans un défaut de coordination entre les sensations et les impulsions quelles provoquent.

Quelquefois les idées se précipitent trop vivement, et les muscles vocaux ne répondent pas assez vite au commandement du cerveau ; parfois ce sont les idées qui sont lentes à se produire, et les sons se suivent trop rapidement ; d’autres fois, enfin, ce sont des muscles ou des nerfs lésés, mal conformés ou paralysés, qui causent ces discordances vocales.

Dans tous les cas, c’est de la gymnastique seule qu’on doit espérer le traitement et la guérison de ces divers vices de prononciation.

Voici comment on y parvient : On fait vibrer et mouvoir isolément chacun des organes de la voix : cordes vocales, langue, joues, lèvres, pour bien développer leur système musculaire et nerveux. On fait prononcer de toute manière, haut, bas, lentement, vivement, chacune des lettres de l’alphabet, en insistant sur celles qui

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sont le plus difficilement articulées. On passe ensuite à la prononciation des syllabes les plus simples, puis des plus compliquées. On fait lire et chanter à haute voix des morceaux choisis, en commençant toujours par lire et chanter soi-même à l’unisson avec le sujet, qui finit bientôt par se tirer d’affaire tout seul.

Ici encore, comme pour le strabisme, il faut de la patience et de la persévérance dans ces divers exercices, pour obtenir des succès réels et durables.

Danse de Saint-Guy. — La gymnastique ordinaire des organes locomoteurs suffit généralement pour faire disparaître les mouvements nerveux, insolites, de la chorée, en y ajoutant les soins hygiéniques nécessaires, notamment les bains chauds et une alimentation substantielle mais nullement excitante.

Raccourcissement des tendons ou des muscles, courbures des os, etc. — Les muscles ne se développent pas seulement par l’usage modéré qu’on leur impose, mais ils cèdent à des mouvements de traction convenablement dirigés et répétés assez fréquemment; ils s’allongent alors, entraînant dans leur extension les tendons qui les terminent et les os auxquels ils sont attachés.

Tout le mécanisme de l’orthopédie chirurgicale est fondé sur cette propriété, que les professeurs de gymnastique suédois ont surtout parfaitement comprise et utilisée, aussi bien que notre regretté compatriote, Jules Guérin, de Paris.

On procède de la manière suivante : Les parties rétractées sont frictionnées et massées légèrement sur toute l’étendue du membre. On exerce alors des tractions modérées, mais longues, intermittentes, quelquefois continues pendant plusieurs heures ou plusieurs jours, sur ces parties, au moyen des mains, d’un poids ou d’une poulie.

On fait exécuter aussi aux muscles, tendons et os correspondant aux points affectés, des exercices variés avec ou sans engins, mais combinés de manière à produire un allongement forcé.

C’est surtout dans le jeune âge, quand les organes locomoteurs sont encore mous, qu’on doit s’attacher ît redresser les courbures, à développer les atrophies et à mobiliser les ankylosés des membres, du tronc ou du cou. Il vient un temps où nulle amélioration n’est plus possible par les procédés de la gymnastique thé-

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