GYMNASTIQUE T H É R A P E U TI Q U E
rapcutique, sans l’aide de la chirurgie et de l’orthopédie spéciale.
— Que faut-il penser des appareils orthopédiques?
11 en est de bons, il en est de mauvais, d’inutiles, de nuisibles même. Il n’y faut recourir que lorsqu’il n’y a plus rien à attendre de la gymnastique. Leur poids, la compression qu’ils déterminent sur divers points du corps, contribuent plus souvent à déformer et atrophier davantage les sujets qu’à les débarrasser de leurs infirmités.
En général, ce sont plutôt des moyens palliatifs que curatifs.
Remarque générale. — Avant d’abandonner ce chapitre, faisons remarquer que nous avons tenu à fournir des indications générales, aussi nettes et complètes que possible, sur les diverses espèces d’exercices corporels qui peuvent être utilisés dans l’éducation des enfants, depuis la naissance jusqu’à l’âge de sept ans.
Quelques-uns de nos lecteurs trouveront même peut-être que ces indications ont été trop nombreuses, les enfants de sept à douze ans étant plus à même d’être soumis aux manœuvres musculaires et sensorielles dont nous venons de nous occuper, que ceux qui sont au-dessous de cet âge.
C’est justement là notre excuse et notre justification.
Pour éviter des répétitions fatigantes, ennuyeuses pour tout le1 monde, et pour ne pas éparpiller dans des passages différents des^ notions qui répondent aux mêmes principes et relèvent des: mêmes procédés de la science et de l’art de vivre, nous avons jugé bon de réunir et de signaler, dans un même chapitre, tout ce qui peut s’appliquer à la fois aux sujets de la première et de la seconde enfance, ainsi qu’à ceux de la première jeunesse, embrassant ainsi, dans son ensemble, la période initiale la plus importante de l’éducation humaine, qui va de la naissance jusqu’à l’age de douze ans, dans nos régions tempérées.
Nous laissons, d’ailleurs, aux lecteurs intelligents le soin de discerner ce qui est applicable aux bambins de deux, de quatre et de sept ans, de ce qui ne l’est qu’à ceux de neuf ou de douze ans.
Nous éviterons ainsi l’ennui de devoir répéter plusieurs fois-
la même chose.
Disons un mot maintenant de l’éducation familiale et scolaire en général.
ÉDUCATION FAMILIALE ET SCOLAIKE
ÉDUCATION FAMILIALE ET SCOLAIRE
Quelle part convient-il de faire à chacune de ces deux éducations, et comment faut-il les associer?
L'école gardienne , c’est, on le sait, l’image de la famille. L’éducation y est à la fois instructive, éducative, autoritaire et maternelle. Eu classe, au jardin, dans la cour, aux ateliers, l’enfant doit être comme chez lui, l’objet des mêmes attentions et des mêmes soins personnels. Tout le système cérébral, ainsi que les appareils sensoriels et musculaires doivent être façonnés peu à peu.
Au logis, de deux à sept ans, l’enfant ne doit avoir ni leçons à apprendre , ni devoirs à faire.
Seulement ses jeux seront institués avec intelligence, d’accord avec la directrice de l’école gardienne, afin qu’il s’amuse en exerçant ses diverses facultés naissantes.
— On nous a souvent posé cette question, par laquelle nous clorons le chapitre de la gymnastique infantile.
Est-il bon d’enseigner aux enfants deux langues à la fois?
Non.
L’homme doit connaître à fond toutes les ressources et toutes les finesses de la langue dont il devra se servir usuellement un jour; il faut qu’il sache l’écrire et la parler correctement, habilement, savamment. Mais il ne peut bien approfondir que celle-là, à moins que, par la suite, il ne s’attache à l’étude des langues étrangères ou des langues anciennes, à un point de vue exclusivement personnel, pour le haut commerce ou pour la littérature internationale. L’école gardienne est l’école de tout le monde, l’école du peuple. De son côté, l’école primaire, qui va lui succéder de sept à douze ans, n a d’autre objet que de former des citoyens complets, aptes à se développer, au besoin, seuls, par eux-mêmes, dans les métiers, arts et professions dont ils aborderont l’apprentissage à partir de douze ans.
Ne fatiguez pas le cerveau, ne gaspillez pas le temps de ces futurs représentants des classes laborieuses, en voulant leur faire connaître des langues étrangères dont l’immense majorité d’entre
ÉDUCATION FAMILIALE ET SCOLAIRE
eux n’auront jamais besoin. Qu’ils sachent se servir parfaitement de la langue générale du pays, qu’ils aient, pour termes de comparaison, certaine connaissance du jargon ou patois de leur localité; rien de plus.
Quant aux enfants des riches, à quelque carrière qu’on les destine, ils auront plus tard les moyens et l’occasion d’apprendre les langues anciennes ou étrangères, aussi correctement qu’ils le voudront, lorsqu’ils seront en possession de leur langue nationale.
Ce n’est pas pour acquérir la faculté prématurée d’un double langage avant la virilité, qu’il faut encombrer ces petites cervelles d’un tas de mots abstraits qui absorbent leur jeune attention au détriment de tant de notions nettes, matérielles, relatives à des choses et des objets vus, sentis, touchés, qui sont à leur portée et qui les amusent en ornant leur mémoire, en stimulant leur cerveau et en développant tous les organes sensoriels.
Parler deux langues dès l’enfance ou la première adolescence, c’est un résultat par trop insuffisant ou insignifiant, dont l’avantage ne compense nullement les inconvénients : les jeunes polyglottes sont généralement des fruits secs clans les cours de sciences et de mathématiques.
Leur mémoire s’est développée à la place du jugement.
Maintenant, pour que tous les éducateurs de l’enfance, pères, mères, institutrices et instituteurs, comprennent bien les devoirs et l’importance de leurs charges et soient, en même temps, à la hauteur de leur mission, ils doivent partir de ce principe, qui ne comporte nulle restriction dans aucun pays, pas plus chez l’homme civilisé que chez les sauvages, malgré les aptitudes héréditaires que le cerveau et les organes des enfants reçoivent par' transmission :
L’enfant n’a d’autre intelligence, d’autres pensées, d’autres sentiments, d’autres stimulants, d’autres mobiles, que ceux dont ; on lui communique le fonds, le germe ou les éléments.
Il y a cependant un phénomène organique qui échappe à cette règle : c’est celui de Y attraction, qui porte instinctivement l’enfant vers les aliments assimilables. Mais ce phénomène est inhérent à la matière : il n’est que l’expression d’une propriété commune à tous les êtres de la nature, tant inorganisés qu’organisés.
ÉDUCATION FAMILIALE ET SCOLAIRE
[1 serait donc aussi insensé de vouloir tirer des idées ou des notions spontanées du cerveau de l’enfant que de chercher à extraire du sang d’une pierre.
Mais si le principe de toutes les impressions physiques, morales et intellectuelles, qui constituent le domaine privé de chaque individu, doit être communiqué à l’encéphale, n’est-il pas évident que Y éducateur façonne l’homme à sa guise?
Par éducateur, mot auquel nous donnons son extension la plus large, nous comprenons : la famille, le milieu social et Y école.
Les chefs de famille et les chefs d’école gardienne doivent donc savoir que nos idées ne sont nullement innées, qu’elles n’existent même pas en germe dans notre cerveau ; que les premières impressions et les premières connaissances de l’enfant, composées de notions et de comparaisons seulement, lui sont inculquées par la vue, par l’ouïe et les autres sens dont il est pourvu ; et que c’est exclusivement par les sensations venues du dehors que l’intelligence naît, se forme et garde le souvenir du passé.
Ce n’est que plus tard que les propriétés cérébrales se manifestent.
La raison, le raisonnement, l’imagination, la conception, surgissent après la mémoire.
Ainsi, au début de l’existence, l’enfant n’a rien de spontané; il n’a d’autre esprit que celui qu’on lui fournit et qui reste, pendant plusieurs années, ù l’état de simple esprit d’imitation.
Jusque-là, il fait ce qu’il a vu faire, il répète ce qu’il a entendu, avant de comparer et de combiner entre elles les notions qu’il a acquises par le concours de ses divers organes sensoriels. Il voit marcher dans un ruisseau, il y marche aussi. Vous écorchez devant lui un lapin vivant, il essayera de le faire, à l’occasion. 11 n’a encore ni sens intime, ni sentiment préconçu. On le fera devenir méchant, polisson, cruel, vivisecteur, en lui offrant le spectacle du vice.
Bien plus, ses sens sont si neufs, si peu exercés, et cependant si aptes à s’accommoder aux temps, aux lieux et aux choses au milieu desquels il se trouve, qu’on peut en faire un ivrogne, dès le berceau même, en lui présentant des liquides vineux très sucrés, qu’on alcooliserait peu à peu, de semaine en semaine.
MALADIES DE LA SECONDE ENFANCE
lant l’on fait tout ce qu’on veut de cette pâte neuve, de ce limon vierge, de cette nature souple qu’on appelle un enfant!
La responsabilité des éducateurs de l’enfance n’est donc pas légère. Il ne suffit pas de donner des leçons, de sages conseils, et de n’émettre que des idées justes, des notions saines; il faut avant tout et surtout prêcher d’exemple.
Soyez sévères quand il le faut, mais toujours soyez justes, bons, affectueux, vous souvenant sans cesse que les mauvais traitements aigrissent les jeunes caractères et que les mauvais procédés, en paroles et en gestes, n’y éveillent que le désir de les reproduire fidèlement, à la façon de l’écho ou du singe.
L 'instruction scolaire, d’après cela, doit être très limitée pour nos bambins.
Il faut les accoutumer à se retrouver et à se reconnaître autour d’eux, dans leur localité, avec les amis et les objets qui leur sont familiers.
Ce n’est pas encore l’époque des idées abstraites ni élevées. Les proportions entre les choses réelles qu’ils voient et touchent, et celles qu’ils ne peuvent apercevoir par leurs sens propres, leur échappent. Un enfant, qui n’avait vu d'éléphant que sur ses cahiers, s’imaginait que cet animal devait être justement aussi gros que son chat.
Le dessin, la lecture, l’écriture, le calcul rudimentaire, des notions générales de géographie et d’histoire locales, les petits travaux manuels, la gymnastique, quelques fables et quelques chansons populaires, tel doit être le programme des mioches de nos écoles gardiennes.
Renonçons donc, une bonne fois, à leur parler d’êtres fantastiques, par lesquels on effraie et fausse leur imagination, inculte et bornée.
MALADIES DE LA SECONDE ENFANCE
L’activité et l'indocilité des sujets de 2 à 7 ans sont causes de la plupart de leurs maladies. Ils courent, s’échauffent, se refroidissent, mangent, â tort et à travers, sans plus de ménagement que de discernement.
MALADIES DE LA SECONDE ENFANCE
Ajoutez à ce!a les maladies contagieuses, auxquelles ils sont particulièrement prédisposés par leur constitution molle et par la puissance d’absorption de leurs tissus.
Signalons ici les principales affections de la seconde enfance, qui seront étudiées dans la seconde partie :
Rougeole, scarlatine et variole. Ces trois affections font partie du groupe des fièvres éruptives. Vaccinides, maux de gorge et croup, I luxions de poitrine, coqueluche, convulsions. Corps étrangers dans la gorge, dans les oreilles, les narines, etc.