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INFECTION

INFI.AM MÂTION.

connu sous le nom de : lait de poule, cause encore tous les jours de nombreux dérangements d’estomac.

Quand les malaises de l'indigestion se présentent : sueurs froides, mal de tète, défaillance, maux d’estomac, coliques, il est nécessaire de se coucher, de boire de petites gorgées d’une tisane aromatique, de prendre de petits morceaux de pastilles de menthe et de mettre un cataplasme de farine de lin bien chaud sur l’estomac et le ventre. Quand l’indigestion est passée, avec ou sans évacuations abondantes, il faut laisser reposer l’estomac en n’y introduisant que de petites gorgées d’eau fraîche, acidulée par le jus de citron, d’orange, de groseille, etc. Plus tard, ou permet des aliments liquides, très doux : potages aux légumes, bouillons légers, café au lait, selon l’âge, les goûts et les habitudes de chacun.

1 INFECTION. — L’économie humaine est susceptible de diverses infections.

Infection purulente. — Après des blessures et des opérations graves, la suppuration des plaies peut amener une véritable infection de tout le corps, si les blessés ou les opérés sont mal nourris, mal soignés, tenus dans des endroits malsains, ou soumis à des variations insolites de température. Cette maladie tend à disparaître depuis que l’hvgiène et la biologie sont entrées dans le domaine chirurgical avec ces deux procédés bien simples : une grande PROPRETÉ pour les plaies; de bons ALIMENTS pour les opérés.

Infection putride. — Dans certains cas, dans les cas de gangrène d’une partie du corps par exemple, au lieu de pus, ce sont des gaz infects qui pénètrent dans l’organisme et qui l’empoisonnent. Évidemment, il faut dans les circonstances d’infection putride, fournir aux patients bon air, bons aliments et supprimer au plus tôt les partis gangrenées.

Infection syphilitique. — Vaccinale ou non; infection mercurielle, arsenicale, plombique, méphitique, etc.

A toutes ces infections, il est urgent d’opposer des soins hygiéniques et médicaux multiples, qui facilitent le renouvellement du sang et des tissus imprégnés d’éléments nuisibles : l’air pur, le régime mixte principalement végétal, la méthode purgative ou dépurative, etc.

INFLAMMATION. — Spontanément par suite des fermentations intimes de l’organisme, ou accidentellement par le fait des agents extérieurs, les liquides ou les solides qui constituent le corps animal peuvent s’entlammer.

L’inflammation est locale si elle n’occupe qu’une partie du corps, où l’on constate, alors, l’existence d’une rougeur, d’une chaleur, d’un gonflement insolites ; ou générale. Quand l’inflammatien est générale, le sujet a la fièvre, le pouls dur, fréquent, et de la soif.

On combat l’inflammation générale par le repos, les rafraîchissements et quelquefois par une saignée; l’inflammation locale, par des émollients et des

sangsues.

ÎNI'LL'ENZA — INTERTRIGO.

INFLUENZA. — Chaque épidémie régnante a son influenzà; c’est-à-dire que toute maladie épidémique, sans atteindre directement certains sujets, leur occasionne quelques malaises particuliers qui font dire aux médecins : ces sujets sont sous l’influence de l’épidémie.

L’influenza est un avertissement qu’on ne doit jamais négliger. Ainsi, durant le choléra, bon nombre de gens éprouvent ce qu’on appelle : la cholérine. Ceux qui se soignent bien, au lit ou dans la chambre, guérissent facilement; ceux qui bravent au contraire la cholérine arrivent souvent au choléra.

INSOLATION. — Les grandes chaleurs produisent deux maladies différentes chez les sujets qui travaillent beaucoup, soit à l’ombre, soit au soleil : les coups de chaleur et les coups de soleil.

Le coup de chaleur est un excès de calorique développé par le travail musculaire dans des saisons très chaudes.

Le coup de soleil ou insolation est un excès de calorique communiqué au cerveau à travers le crâne parle soleil.

Traitement. — Le coup de soleil doit être énergiquement traité par la saignée et par des rafraîchissements locaux et généraux sagement et graduellement répartis.

Le coup de chaleur exige à peu près le même traitement.

C’est certainement au début de ces deux graves affections que les saignées générales, dont on a tant abusé autrefois et qu’on a proscrites trop inconsidérément ensuite, sont le plus efficaces et doivent être ordonnées avec fermeté si l’on veut sauvegarder la santé des malades contre les conséquences du mal. En effet, l’insolation comme le coup de chaleur conduisent au ramollissement du cerveau et de la moelle épinière, lorsqu’on ne les attaque pas énergiquement d’emblée.

INSOMNIE. — Ce symptôme est souvent l’avant-coureur d’une fièvre typhoïde, d’un trouble des fonctions intellectuelles ou l’effet d’une névralgie.

On a tort de faire prendre des narcotiques dans ces cas ; il vaut infiniment mieux traiter bien la maladie ou le trouble fonctionnel, soit physique, soit moral, dont l’insomnie n’est que la conséquence.

— Les opiacés et les stupéfiants, la morphine, la cocaïne, le chloral, l'atropine, que l’école chimiatrique ou microbique moderne a mis à la mode, masquent et dissimulent généralement les symptômes des maladies, à tel point que toute thérapeutique rationnelle devient impossible et que les malades meurent rapidement, sans souffrir il est vrai, au moment où leur entourage les croyait guéris. Ces surprises et ces méprises arrivent tous les joui's dans les mains et par la faute des médecins inocuiateurs de poisons narcotiques.

INTERTRIGO. — Nom médical de Y irritation spéciale de la peau pro-

IODISME — KYSTE.

duite aux plis des fesses, etc., par l’urine ou par la transpiration cliez les petits enfants et chez les adultes gras.

Traitement. — Soins de propreté, comme il est dit au mot Irritation.

IODISME. — Altération spéciale du sang et des organes par l’usage abusif des préparations d’iodure de potassium ou des- alcalins en général. (Voir Scorbut.)

IRRITATION. — Diminutif d’inflammation. Les joues sont irritées par l’écoulement fréquent des larmes chez certains ophtalmiques. (Voir Intcrtrigo.)

Traitement. — Les irritations simples de la peau disparaissent, d’abord en supprimant la cause qui les entretient, ensuite en tenant la partie affectée à la fois sèche et propre. Il faut éviter le lavage fréquent à l’eau chaude ou à l’eau froide de la peau irritée. L’humidité est toujours nuisible dans les cas d’intertrigo. Il est infiniment préférable d’essuyer fréquemment U l’aide d’un linge de toile fin et très sec les points malades et de les saupoudrer ensuite chaque fois avec de l’amidon très fin, camphré ou aluné.

1H1T1S. — Inflammation de l'iris. (Voir Maladies oculaires.)

ISCI11JRIE. — Suppression ou rétention d’urine.

IVRESSE. Voir Première partie.

JAMItE. — Les maladies et les blessures de la jambe guérissent plus lentement que celles du bras. Est-ce parce que la jambe est plus éloignée du piston organique (le cœur) que le bras?

JAUNISSE. Ictère. (Voir Calculs biliaires.)

KÉRATITE. — Inflammation de la cornée. (Voir Maladies oculaires.)

KYSTE. — Les kystes sont extérieurs ou intérieurs.

Le kyste extérieur (kyste sébacé) est un petit sac rempli de matière sébacée analogue à du fromage, assez commun sur la tête.

Le kyste intérieur ( kyste de l’ovaire) se présente surtout dans 1 ovaire, où il peut atteindre le volume d’une tête d'enfant et même plus.

Causes. — Les kystes sébacés proviennent des glandes sudoripares de la peau dont le goulot s’obstrue. Les kystes de l’ovaire sont généralement dus à des troubles accidentels de la menstruation.

LACTATION — LEUCOCYTES. 435

Traitement. — On guérit les kystes par ablation ou par cautérisation. On ouvre le kyste sébacé îi l’aide d’un bistouri; on promène dans 1 intéiieui de ce petit sac un caustique quelconque, la pierre infernale (azotate d’argent fondu). Cette opération suffit pour obtenir en quelques jours une guérison radicale. Si l’on veut être plus expéditif, on enlève complètement le kyste, contenant et contenu.

C’est l’ablation complète à travers une incision du ventre qu il laut employer pour la cure radicale des kystes de l’ovaire. Cette opération, qui semblait redoutable jadis, est passée dans la pratique ordinaire depuis qu’on a appris à tenir propres et à nourrir .convenablement les opérés et les opérées. (Voir Maladies des femmes.)

LACTATION. Voir Première partie, Hygiène.

LADRERIE. — Trichinose du porc ou de l’homme. (Voir Trichine.)

LARYNGITE. — Inflammation du larynx. (Voir Angine, Maladies des ENFANTS.)

LÈPRE. — Maladie de la peau sous forme d’écailles sèches, dures, épaisses, rugueuses. Cette affection, si redoutée autrefois avec raison, a trois origines ou trois causes : 1° la gale; une gale chronique, ancienne, méconnue ou mal soiqnée. J’en ai rencontré trois cas dans ma clientèle. 2° La syphilis ; une syphilis vaccinale ou non, enracinée, dégénérée, passée à l’état d’infection syphilitique. 3° Le traitement (ou l’infection) mercuriel.

Le traitement de la lèpre est le même dans tous les cas, quelle qu’en soit la cause ou l’origine : des bains sulfureux de temps à autre ou des onctions avec la pommade sulfureuse antipsorique (voir Gale). Des dépuratifs salins, alternés avec des électuaires de miel et de fleur de soufre. Un régime principalement végétal. Quelques purgatifs végétaux de quinze en quinze jours.

Il est peu de lèpres si anciennes qu’elles soient qui résistent h cette médication rationnelle.

LETHARGIE. — État de mort apparente. Défaillance ou syncope très prolongée. Cette maladie se termine souvent par un ramollissement aigu ou chronique du cerveau, après avoir commencé par la congestion.

Les causes de la léthargie sont physiques (chute, etc.) ou morales (un violent chagrin).

Le cas le plus long de léthargie que j’aie vu s’est présenté à l’hôpital de Bavière, à Liège, chez un sujet de 33 ans, que sa maîtresse avait brusquement abandonné. Il est mort gâteux une année après.

LEUCtICYTES. — Globules blancs du sang.

LEUCOCYTHÉMIE — LONGÉVITÉ.

LEUCOCYTHÉMIE. — Maladie caractérisée par la prédominance dans le sans des leucocythes sur les globules rouges. C’est donc une chlorose qu’on doit traiter avec les préparations martiales, des aliments sains, des végétaux amers et des purgatifs à certains intervalles.

LICHEN. — Maladie de peau analogue à la lèpre. Elle en a les origines cl elle doit être traitée de la même manière.

LIENTÉIUE. — Selles liquides composées en partie d’aliments non digérés, qui dénotent une altération notable des voies digestives.

Traitement. — Un régime alimentaire lacté, féculent, mais progressivement additionné de vin doux, tels que le vin de Tours, de sirop de quinquina rouge, de légers astringents (ratanhia, sulfate de fer) à petites doses, m’ont fait triompher de bien des lientéries chez les enfants, les adultes et les vieillards.

Dans ces cas, il faut éviter d’employer les peplones, les vins de quinquina, les viandes crues et un tas de drogues excentriques contraires aux besoins de l’économie humaine, en général, et à la nature de cette affection en particulier.

LIPOME. — Tumeur graisseuse, de nature bénigne, qu’on fait enlever seulement quand elle est trop gênante.

LITHIASE. — Etat morbide causé par des calculs vésicaux ou autres.

LOCHIES. Voir Maladies des femmes.

LOMBRIC ( ascaride lombricoïde). — Ver intestinal long et rond, qui est facilement évacué par de doux purgatifs. Il est commun surtout chez les individus qui mangent des légumes et des fruits crus, mal lavés.

LONGEVITE. — La vieillesse est une infirmité, une décadence, et cependant avec quel bonheur le vieillard parle de la longévité et s’ingénie à la prolonger ! Est-ce pour leur être agréable et pour caresser leur rêve ultime que Flourens avait posé cette règle : l’homme et les animaux parcourent en général cinq fois la période quijsépare leur naissance du moment où les épiphvses osseuses étant définitivement soudées au corps des os longs, la croissance est définitivement arrêtée ? Il en résulterait que l’homme peut vivre en moyenne jusqu’à cent ans, la consolidation épiphysaire ayant lieu chez lui de 20 à 21 ans.

Cette remarque de Flourens a, dit-on, été confirmée par divers observateurs dans plusieurs espèces animales.

Pour notre part, nous l’admettrions volontiers, en y ajoutant cette restriclion que les soucis, les accidents et les luttes multiples de la vie humaine au sein d’une civilisation tourmentée et d’une concurrence sociale effrénée, empêchent trop souvent notre organisme de se développer dans des con-

LOUPE — MALADIES SPÉCIALES

ditions physiologiques régulières, conformes à la nature des choses. De là, la rareté des centenaires.

Consolons-nous en disant qu’avec beaucoup de philosophie et un peu de chances, chacun de nous peut cependant atteindre cette limite extrême de la longévité naturelle : 100 ans !

LOUPE. — Nom donné au lipome et h toute autre tumeur bénigne de la tête, du tronc ou des membres.

On la garde toute sa vie; ou l’on s’en débarrasse par l’ablation, par la ligature du collet si elle en a un, ou par les caustiques.

LUMBAGO. — Douleur à la région rénale provenant d’un effort musculaire, d’une position vicieuse ou d’un refroidissement.

Dans tous les cas, c’est avec le repos du corps et la chaleur sèche ou humide très prolongée sur la région rénale qu’on guérit le lumbago.

LUPUS. — Ulcère rongeant de la face, d’origine mercurielle ou syphilitique.

Traitement. — On emploie la méthode purgative végétale : eau-de-vie allemande, élixir de Guillé, médecine Leroy, teinture de jalap, pilules de gomme-gutte et d’aloès, une ou deux lois par semaine; et une alimentation saine, végétale aussi.

Sur le mal même, on emploie des lavages au genièvre et des onguents de goudron ou d’huile de cade.

LUXAT BON. — On réduit les luxations le plus tôt possible selon les règles de l’anatomie animale. 11 n’est pas nécessaire d’appliquer ensuite un appareil ou un bandage spécial.

LYMPHANGITE. — Inflammation des vaisseaux lymphatiques.

LYMPHATISME. — Sang blanc, tissus mous, défaut d’énergie vitale, qu’il faut combattre par l’hygiène, par la gymnastique, et par des aliments excitants en quantités modérées.

LYPÉMANIE. — Folie ou monomanie mélancolique.

MAGNETISME. Voir Maladies des femmes.

MALADIES SPECIALES. — I. cutanées; II. nerveuses; III. oculaires ; IV. syphilitiques ou vénériennes.

I. Maladies cutanées. — Nous avons peu de choses à dire ici de ce groupe d’affections. Les fièvres éruptives, les accidents et les altérations aiguës ou chroniques de la peau ont été décrites, chacune sous son nom respectif.

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Faisons seulement remarquer d’une manière générale que la peau est un tissu, immense, qui joue un grand rôle physiologique dans l’organisme humain, et par suite dans la pathologie. De là, l’importance que les hygiénistes et. les chimistes attachent a 1 intégrité et aux fonctions de cette enveloppe extérieure, que les muqueuses intestinales et autres continuent au dedans du corps, de telle façon que la charpente et tout le mécanisme de l’être humain se trouvent enfermés dans une espèce de manchon, dont la paroi externe exhale sans cesse une buée de vapeur et de gaz dus à la combustion organique, tandis que la paroi interne emmagasine et absorbe les éléments ou les aliments de cette combustion, qui fait vivre l’animal ! (Voir page 235.)

II. Maladies nerveuses. — Les maladies nerveuses ont été étudiées aussi, en grande partie, sous leurs noms propres.

Il nous reste à parler de la folie et de ses variétés : les manies, monomanies, démences partielles ou complètes, vésanies.

Folie. — Il est bon de rappeler que le cerveau n’est pas un viscère simple, mais un amas de petits globules innombrables, dont chacun est un centre d’activité et de vie indépendant de tous les autres. Voilà pourquoi les maladies mentales sont si variées, si multiples; et pourquoi une partie du cerveau peut se reposer parfaitement pendant que les autres fonctionnent ou travaillent activement.

Causes. — Les grandes secousses sensorielles (physiques ou momies); les contentions cérébrales par le chagrin, par les revers de fortune; les passions violentes : la jalousie, la vanité, l’orgueil, l’ambition, le fanatisme; aussi bien que les anémies directes, résultant de maladies, de lactation prolongée, d’hémorragie abondante, d’abus du tabac, des alcooliques et des plaisirs sexuels, etc., sont les principales causes des maladies de l'encéphale, c’està-dire des monomanies, des vésanies, des lypémanies, hypocondries et démences, avec ou sans ramollissement et désorganisation de la pulpe nerveuse.

Examinons comment il convient de soigner ces diverses catégories de malades.

Traitement. — Règle générale : tout organe qui souffre doit être l’objet d’un repos à peu près absolu.

Comment appliquer ce précepte à l’organe de l’intelligence?

En contraignant ses cellules malades à ne plus fonctionner.

Et, pour cela, il faut chercher à empêcher ces cellules de vibrer, de réagir, d’exciter la pensée, la parole et tous les actes sensoriels, mais sans paralyser les nerfs qui alimentent toute la machine humaine en concourant à la digestion, à la respiration et à la nutrition.

Ce problème est facilement résolu au moyen des opiacés donnés à doses légères, graduées, intermittentes.

L’opium, habilement ordonné, est le véritable antidote de la folie, aussi longtemps que la substance nerveuse n’est pas complètement désorganisée.

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Durant le traitement opiacé, il est urgent de tenir les malades isolés, d éloigner d’eux tous les sujets et tous les objets qui pourraient leur rappelei les idées dominantes de leur égarement, et d’attirer, au contraire, leiu attention sur les personnes, les choses, les laits ou les questions, qui n éveillent en eux que des catégories d’idées raisonnables.

Pour saisir la portée de cette dernière recommandation, il est bon de remarquer que, saul dans certaines clémences générales, le cerveau de l’aliéné n’est que 'partiellement malade. Un certain nombre de cellules nerveuses sont, seules, irritées au point de ne produire que des vibrations discordantes, tandis qu’un plus ou moins grand nombre d’autres cellules sont restées intactes.

C’est pour cela qu’il y a tant de variétés de folies, et que tant de tous ne déraisonnent que sur tel ou tel sujet particulier, sur lequel ils reviennent volontiers, obstinément même, tout en conservant sur tout autre sujet une présence d’esprit, une lucidité, un fonds de jugement et de raison, qui n’étonnent que les spiritualistes et les personnes étrangères aux sciences anthropologiques.

Régime alimentaire. — Le régime alimentaire de l'aliéné durant le traiement opiacé doit être en rapport avec son état général : tonique, ferrugineux, alcalin, azoté ou farineux, selon le tempérament et la constitution propres à chaque sujet.

J’ai appliqué la méthode de traitement de l’aliénation mentale, qui vient d’être exposée, dans un grand nombre de cas, avec un succès si marqué que je compte par douzaines les monomanes, les fous, que j’ai guéris et qui sont, depuis de longues années, redevenus aussi sensés, aussi raisonnables et intelligents qu’ils l’étaient auparavant.

Mesures préventives ( maisons (l'aliénés). — C’est seulement en cas d’absolue nécessité, et faute de moyens curatifs suffisants, qu’il est permis ou sage d’envoyer les aliénés dans des maisons de santé, parce qu’ils ont toutes chances d’y rester, et bien peu de guérir, vu le milieu d’insensés dans lequel ils végètent et les soins plus ou moins routiniers, dont ils sont encore l’objet, si pas de la part des médecins, au moins de celle du personnel mercenaire de ces établissements.

Lorsqu’on a affaire à un fou violent, on le colloque chez lui dans une chambre spéciale. On lui fait laver la tête à l’eau froide, de temps en temps. On le saigne, on lui applique des sangsues, s’il le faut. On lui met, au besoin, un gilet de sûreté, ou des entraves aux mains et aux pieds, et on lui administre, par tous les moyens possibles, des doses graduées d’opium (sirop de morphine, par exemple), selon les prescriptions d’un médecin intelligent.

On tient le malade dans un état de demi-somnolence pendant dix jours, un mois, six semaines et plus, en le nourrissant convenablement, selon ses besoins et sa nature.

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Ce traitement si rationnel est loin d’être ponctuellement appliqué clans les maisons de santé; aussi y guérit-on peu de véritables fous.

Folie ( ses variétés). — La folie est une maladie si personnelle qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura jamais deux fous semblables. Dans les ouvrages classiques on range tous les cas de folie par groupes ou catégories, à chacun desquels on donne un nom spécial. Tout cela, en pratique, ne signifie absolument rien. Il n’y a pas deux, ni trois, ni cent traitements possibles pour les cas si variés de folie : il n’y en a qu’un, à la fois physique et moral; c’est celui que je viens d’indiquer. Le traitement physique doit être approprié h la santé générale de chaque malade ; le traitement moral est le même pour tous les fous sans exception, depuis le simple distrait et l’homme de génie jusqu’au maniaque et au ramolli.

III. Maladies oculaires. — Les oculistes ont eu l’habileté de faire un épouvantail, même pour les médecins, des maladies des yeux; or, comme on va le voir, il n’existe pas, dans le cadre nosologique, d’affections spéciales dont le traitement soit plus simple, plus facile, plus rationnel, plus réellement mathématique que celui des affections oculaires.

Ne nous occupons pas des corps étrangers, poussières, mouchelles, poils, etc., ni des blessures diverses qui peuvent atteindre les yeux et. qui réclament les mêmes soins que dans les cas où ils atteignent les oreilles, le nez, etc.; arrivons directement aux maladies spéciales, des yeux, qui ont reçu tant de noms, inutiles pour le diagnostic et la thérapeutique.

Inflammation des yeux. — Prenons tout le bagage des blépharites, conjonctivites, kératites et autres désignations semblables qui encombrent le dédale des traités d’ophtalmologie, et disons (pie dans la pratique médicale, dans la vraie clinique, auprès des malades, il n’y a que deux espèces d’inflammations des yeux : l’intlammation des tissus externes et l’inflammation des tissus ou tuniques internes.

Inflammations externes. — Quand les parties extérieures de l’œil, paupière, conjonctive, cornée, etc., deviennent rouges, douloureuses, larmoyantes, quelle qu’en soit la cause : un accident, un refroidissement ou une maladie telle que la rougeole, le rhumatisme, il faut placer le sujet dans une chambre obscure, il l’abri du contact, non pas de l’air, qui ne fait jamais de mal il personne, mais de la lumière; ou bien on laisse flotter au-devant de l’œil malade un petit linge de couleur sombre. Ensuite, on lave très fréquemment les parties sensibles h l’eau tiède simple.

Si la maladie ne disparait pas au bout de 8 à 10 jours et tend à devenir .chronique, on met un petit vésicatoire derrière l’oreille du côté de l’œil malade, et on l’entretient avec la pommade de garou pendant lù ù 50 jours.

Enfin, si malgré ces soins il survient des boutons ou des rougeurs aux paupières ou des taches (taies) sur la cornée, qui persistent après que l’inflammation a disparu, voici ce qu’on fait : ces taies (albugo, etc.) étant formées de sucs fibrineux coagulés, il s’agit de les dissoudre ou de les faire

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résorber au moyen d’un léger irritant acide. Ce léger irritant acide doit être composé de quelques gouttes d’un acide quelconque ( vinaigre ), un peu de laudanum et d’eau distillée, que tout pharmacien compose facilement. On imbibe de ce petit collyre, trois ou quatre fois par jour, l’œil dont la vue est troublée par ces taches ou ces nuages, appelés : taies, nvbecula.

Voilà toute la thérapeutique et la science oculistiques à propos des inflammations externes, aiguës ou chroniques, des yeux et de leurs reliquats, taies, etc.

Inflammations internes. — Les inflammations oculaires internes qui succèdent à de violentes contusions ou des maladies générales graves : la vaccination, la syphilis, le rhumatisme, l’emploi du calomel et des autres drogues ou onguents au mercure, sont caractérisées par une douleur profonde, sourde, intolérable, dans le fond de l’œil, par la vision complètement troublée et par d'atroces maux de tète.

Dans ces cas, il n’y a pas à hésiter; il faut employer un traitement décongestif de l’œil, énergique : une saignée chez les sujets forts, des sangsues derrière l’oreille ou dans les narines, chez les sujets jeunes et faibles; en outre, il faut recourir à des purgatifs drastiques, le repos au lit dans une chambre obscure, et des aliments doux exclusivement liquides.

Si l’inflammation résiste à ces soins, il passe à l’état chronique; alors, un vésicatoire ou un cautère au bras doit être immédiatement appliqué et entretenu pendant plusieurs mois; en même temps que la méthode purgative et le régime lacté seulement seront sagement appliqués avec persévérance, selon les cas et le tempérament des sujets.

Les collyres, onguents et autres moyens routiniers, qu’on conseille habituellement dans les ophtalmies internes ou externes sérieuses, font autant d'effet utile sur les yeux malades que sur une jambe de bois.

Maladies oculaires chroniques ( infirmités diverses des yeux). — Citons les principales infirmités, difformités ou affections chroniques des yeux :

1° Amaurose ( goutte sereine.)

2° Amblyopie. — Premier degré d’amaurose. Ces deux affections peuvent provenir d’une lésion cérébrale, d’une altération du sang (anémie), d’une inflammation oculaire chronique, d’une attitude vicieuse dans les travaux sur des objets brillants ou mal éclairés.

’l in item eut. — Supprimez, quand cela se peut, la cause qui produit l’amblvopie et qui conduit à l’amaurose — maladie incurable.

3° Cataracte. — Cette infirmité est très commune chez les ouvriers qui travaillent devant des feux ardents. Elle est aussi la conséquence fréquente de chocs violents sur l’œil ou de la fatigue de cet organe et de ses inflammations mal traitées.

On opère la cataracte comme nous l’avons dit au chapitre : Maladies des enfants.

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4° Ectropion. — Maladie de la paupière dont le bord se tourne en dehors.

5° Entropion. — Maladie de la paupière dont le bord se tourne au dedans \ers le globe de l’œil. On ne peut remédier à ces deux infirmités chroniques que par une opération chirurgicale.

6° Myopie. — Vue courte.

7° Presbytie. — Vue longue.

Arrêtons-nous un instant à ces infirmités.

Les myopes ne porteront de lunettes que pour travailler sur de petits objets, hn promenade, en voyage, ils porteront leurs regards au loin, pour accommoder leurs yeux aux longues distances sans l’intermédiaire des verres concaves.

On a tort de considérer la myopie comme une vue faible. Vue courte, oui; mais puissante dans sa sphère d’activité, et généralement plus durable que la vue longue des presbytes. A mesure qu’il avance en âge, le myope voit son champ visuel s’élargir, surtout si, de temps en temps, il s’attache à exercer ses yeux de la manière que je viens d’indiquer, sans lunettes.

Les myopes, comme presque tout le monde, ont, comme il vient d’être dit, un œil plus faible que l’autre, le gauche le plus souvent. La vision y est moins nette et moins étendue.

Cette particularité provient en grande partie de l’éducation, qui met en mouvement la main droite et tout le côté droit plutôt que la moitié gauche du corps. L’œil gauche, étant plus éloigné que le droit des papiers sur lesquels on écrit ou dessine de la main privilégiée, s’affaiblit lentement et tend à s’atrophier.

Mais l’exercice de l’œil gauche, en fermant l’œil droit, si celui-ci est le plus fort, et en prenant l’habitude de se placer convenablement pour travailler, de manière que les deux yeux agissent simultanément, aux mêmes distances et avec la même quantité de lumière rayonnante, suffit pour remédier à cet inconvénient. v

Enfin, il faut toujours songer, pour sauvegarder ses yeux, à faire tomber la lumière du jour ou des lampes directement sur les objets de travail, en tournant le dos, ou au moins tantôt le côté droit, tantôt le côté gauche, à la source de la lumière, afin que les yeux soient à l’abri de son éclat et ne la reçoivent que par le rayonnement des points éclairés.

Cette précaution est de la plus haute importance.

J'ai vu des ingénieurs devenir aveugles parce qu’ils dessinaient du matin au soir, dans des bureaux très clairs en plaçant leurs grands papiers blancs sur une table, entre eux et la fenêtre.

8° Staphylôme. — Le staphylôme est l’une des difformités les plus fréquentes et les plus pénibles de l’œil. C’est un boursouflement qui proémine sur la cornée et qui résulte souvent d’une ophtalmie mal soignée, par exemple chez les enfants atteints de petite vérole.

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Le traitement de cette infirmité est analogue à celui des taies, avec cette addition qu'il faut parfois inciser ou ponctionner le staphylôme pour le réduire à un moindre volume, par la sortie de l’excès d’humeur aqueuse qu’il renferme.

9° Strabisme (faux trait de la vue). — On doit traiter cette infirmité par la gymnastique (voir Première partie) et n’en venir à l’opération (section des tendons musculeux) qu’en cas d’insuccès absolu.

Un fait à noter, c’est que tous les hommes et toutes les femmes, à peu d’exceptions près, louchent plus ou moins, parce que, règle générale, un de leurs yeux est plus fort, plus vif et plus actif que l’autre.

Il faut donc, à tout âge, obliger chaque œil h fonctionner de temps en temps seul, pendant quelques minutes. C’est un exercice très salutaire pour maintenir l’intégrité de la vision et prévenir le strabisme réel.

10° Taies ( nuages , ptérygions, taches sur la cornée ). — Tous les reliquats d’inflammations oculaires, plus ou moins anciennes, doivent être attaqués par de légers caustiques à doses simplement excitantes, qui avivent le travail de résorption organique. (Voir Inflammation des yeux, page 440.)

IV. Maladies syphilitiques. — Il ne faut pas confondre les inflammations des muqueuses génito-urinaires avec les maladies proprement dites : syphilitiques. Le pus fait pus, sans doute; il est des suppurations plus vives, plus facilement contagieuses les unes que les autres, mais jamais le pus d’une blennorragie ou d’une vaginite n’a donné lieu à la syphilis consécutive parce que le virus syphilitique est tout autre chose que le pus d’une inflammation des muqueuses, même violente.

La syphilis comprend deux degrés nommés : syphilis primitive et syphilis secondaire.

Syphilis primitive. — Toute personne qui, après des relations suspectes, s’aperçoit de l’existence d’une petite ulcération cuisante sur les parties génitales, doit cautériser cette ulcération ( chancre ) à l’aide du crayon ou d’une solution concentrée d’azotate d'argent, répétée deux, trois ou quatre fois au besoin en quelques jours.

Cela suffit pour empêcher tout développement ultérieur de la syphilis. Il n’est pas question, dans ce cas, d’absorber aucune drogue.

Le traitement des chancres, au début, est exclusivement topique, externe.

La syphilis a pour principe un suc âcre, un virus, avec ou sans microbe, qui prolifère dans l’épaisseur de la peau humaine, et se répand ensuite, au bout de huit à vingt jours, dans les vaisseaux lymphatiques, et, de là, dans tout l’organisme, pour produire ce qu’on nomme la syphilis ou la vérole constitutionnelle.

Ce virus se comporte absolument de la même manière que le vaccin, qui en est le diminutif. Seulement le premier est moins actif que le second parce qu’il a été atténué par sa migration â travers des organismes résistants.

Or, pour détruire ces virus, comme pour tuer tous les microbes, les fer-

MALADIES SPÉCIALES

ments, les miasmes, les germes de n’importe quelle maladie contagieuse il

n y a qu un moyen certain, infaillible : c’est de les désorganiser par le feu ou par les caustiques.

Cautérisez donc les ulcérations syphilitiques naissantes, et les piqûres vaccinales avant leur complet développement, et vous décomposerez sur plqce, dans la peau, le principe même de la vérole et de la vaccination.

C est ainsi, du reste, qu on agit pour détruire le virus de la rage chez les sujets mordus récemment.

Syphilis secondaire. Quand on a négligé la cautérisation rationnelle des chancres, la syphilis marche et envahit toute l’économie. Elle peut devenir alois constitutionnelle, c’est-à-dire que le malade arrive à Yinfection sxmhililique.

La médecine classique intervient, alors, avec ses prétendus spécifiques, avec le mercure, sous toutes les formes surtout.

Grave erreur, épouvantable abus !

Le mercure est cent fois, mille fois plus funeste pour la santé de l’homme et des animaux que la syphilis !

Après 1 empoisonnement syphilitique, comme après l’empoisonnement vaccinal, lorsque les ganglions lymphatiques sont engorgés, que la peau est tachetée et ulcérée, le sang appauvri, que les muqueuses sont enflammées, les chairs et les os engoués, endoloris, que toutes les humeurs, la salive, le lait, le sperme, les ovules, sont imprégnés de ces virus infects, n’ajoutez pas à l’infection constitutionnelle le poison le plus redoutable et le plus indéracinable, le mercure.

Le mercure a tué des milliers d’enfants à l’état fœtal, des milliers de nouveau-nés, de nourrissons, de nourrices, de jeunes gens et d’adultes, et il a compromis pour le reste de leurs jours la santé de ceux qu’il n’a pas fait directement succomber.

Quel doit être le traitement de ces empoisonnements virulents : syphilis, vaccine, morve, farcin, etc., lorsqu’il n’est plus possible d’en supprimer le germe par la cautérisation ?

Le voici : régime végétarien principalement. Purgatifs végétaux, pris pendant quelque jours à doses convenables et répétées, tous les mois. Dépuratifs salins, gymnastique musculaire, vie active, voyages, sagement combinés, pendant plusieurs mois, pendant même une année ou deux, s’il le faut.

Les classiques admettent une syphilis tertiaire, qui se manifeste dans les os, par des caries, etc. Nous rejetons celte classification, parce que la syphilis' secondaire ou constitutionnelle comprend tous les accidents consécutifs possibles de la syphilis et parce que, le plus souvent, les accidents dit tertiaires sont le fait de l’abus des mercuriaux, plutôt que de la maladie elle-même.

Complications de la syphilis. — On ne pourrait trop le répéter : les accidents de la syphilis, primitive ou secondaire, tels que les bubons (poulains), les choux-fleurs (crêtes-de-coq), les ulcérations des muqueuses à la gorge,

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