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Ne mangez pas sans appétit

13. — Reposez-vous une demi-heure après chaque repas, livrezvous ensuite à un exercice corporel.

14. — Ne vous servez, en fait d’eau à boire ou pour la cuisine, que d’eau de source ou de l’eau de rivière, mais bien clarifiée au charbon pilé de bois ou de braise. L’eau trouble est une eau ou saumâtre, ou putride, ou vermineuse. Gardez-vous, dans les champs, de vous désaltérer à l’eau des fossés ou des mares : on peut y avaler jusqu’à de petites sangsues sans s’en apercevoir.

15. — Il est des épidémies qui ne viennent que par le véhicule des eaux.

16. — Les boissons chaudes pèsent sur l’estomac, parce quelles sont dépouillées d’air, ce principe vital de toute fermentation, et surtout de la fermentation digestive. Plus les boissons sont froides, plus grande est la quantité d’air qu’elles apportent dans l’estomac; de là vient que les glaces, après les festins, et pour les estomacs chargés de mets qui ont dû être servis chauds, que les glaces, dis-je, sont si digestives; et cela non pas tant en rafraîchissant les parois échauffées de l’estomac qu’en imprégnant le bol alimentaire d’une plus grande quantité d’air atmosphérique, sous un moindre volume de liquide. Mais, à côté de cet avantage, se place l’inconvénient d’un abaissement trop rapide de la température, qui, en certains cas et sur certaines personnes, est capable de produire des accidents désastreux.

GYMNASTIQUE PHYSIOLOGIQUE ET THÉRAPEUTIQUE

17. D’où il faut conclure que l’on doit rarement dépasser le nombre de deux ou trois cuillerées de ces sorbets.

18. — Si pauvre que vous soyez, faites quelques économies pour vous approvisionner devin qui soit du vin. Le vin de Suresnes est mille fois préférable aux plus agréables semblants de vin que le commerce nous vend au poids de l’or; il n’est pas nuisible, s’il n’est pas agréable; on s’y fait peu à peu; l’autre vous empoisonne en vous enivrant.

19. — Le pain bis de bonne qualité (seigle, orge et froment) est le pain le meilleur.

20. — Vêtement. — Ne sortez jamais, en hiver, de vos habitations sans vous mettre sur le dos un vêtement de plus; n’y rentrez jamais sans avoir un vêtement de moins.

GYMNASTIQUE PHYSIOLOGIQUE ET THÉRAPEUTIQUE

A partir de l’âge viril, nous confondons la gymnastique avec l’hygiène professionnelle. Au delà de l’école moyenne, garçons et filles doivent être entraînés peu à peu à remplir convenablement et sûrement les devoirs de leurs professions respectives, actuelles ou futures.

L’étudiant en droit s’exercera à l’art de la parole. L’avocat et le magistrat feront de la gymnastique de chambre ou se livreront à des distractions actives dans leurs moments de loisir, pour entretenir l’équilibre et l’harmonie organiques et fonctionnels entre tous les éléments constitutifs de la charpente animale.

La jeune fille vaquera avec méthode aux multiples occupations du ménage; ou, si elle vise à une profession particulière, elle en étudiera, avec ses directeurs ou directrices, le mécanisme corporel et intellectuel, afin de s’y façonner graduellement et de combattre, dans ses heures de repos, les inconvénients ou les conséquences nuisibles qui pourraient résulter de ses occupations journalières.

Chaque profession, sans exception aucune, a sa gymnastique propre, ses exercices spéciaux; et, par suite, ses petits ou grands inconvénients pour la santé de ceux qui s’y adonnent, et quelquefois pour les gens du voisinage.

GYMNASTIQUE PHYSIOLOGIQUE ET THÉRAPEUTIQUE

On conçoit qu’il faudrait vingt volumes et de continuelles redites si l’on voulait écrire l’histoire hygiénique de chaque métier et de chaque état social.

Mais il n’est pas un individu, tant soit peu intelligent, qui ne soit en état, par lui-même, après avoir saisi les notions que nous avons exposées jusqu’ici, de déterminer le genre d'entraînement physiologique que réclame la profession de son choix, ainsi que la nature des inconvénients divers qu’elle comporte.

Maladies de l’âge viril. — Les affections qui se manifestent plus spécialement durant la virilité sont plutôt aiguës que chroniques, telles que : les pneumonies, les catarrhes, les congestions viscérales, les rhumatismes articulaires, les hémorroïdes, Y albuminurie, la syphilis, le choléra, Y hypocondrie, la manie et toutes les formes d’aliénation mentale.

De 18 à 36 ans, en effet, ces maladies prennent généralement un degré d’acuité en rapport avec la vigueur de la constitution et l’activité déployée tant dans les travaux que dans les plaisirs.

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