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y ajoutait la moitié du produit des journées qu’il perd par suite des orgies auxquelles il se livre trop souvent, et des maladies occasionnées par ces orgies; si, d’un autre côté, sa femme, mieux élevée, plus instruite, plus propre et plus sage, douée des qualités d’une bonne ménagère, parvenait à utiliser avec méthode les ressources de la famille, on ne les verrait plus l’un et l’autre aussi généralement, dans leurs vieux jours, tomber à la charge de leurs enfants, ou des hospices et des hôpitaux.
A ce propos, nous ne pouvons nous empêcher de protester contre la vieille routine de solder les journées dues aux ouvriers, seulement à la fin de chaque quinzaine. C’est l’une des causes principales du désordre et de la misère qui affligent parfois les classes laborieuses.
11 faut en arriver à payer tous les ouvriers au jour le jour.
La quinzaine les oblige à subir des crédits onéreux, les habitue à contracter des dettes, ne leur permet pas de choisir, à volonté, les objets de consommation journalière ni- de les marchander, leur met trop d’argent à la fois dans les mains et les pousse, éblouis par leur petit pécule, à se griser dans les cantines, à jouer gros jeu aux cartes et aux quilles, à faire de sots paris.
Parmi les hommes d’un âge mûr, il en est, c’est le grand nombre heureusement, qui parviennent à tirer bon parti de leur profession et à se procurer, pour eux et leur famille, cette douce et calme aisance, cette médiocrité dorée, qui est et restera toujours le fondement du bonheur individuel et le gage de. la paix publique, dans les nations éclairées; il en est d’autres qui, par suite de circonstances diverses, revers, maladies, entreprises malheureuses, défaut de capacité ou inconduite, voient crouler tout à coup l’échafaudage de leur fortune.
Les déceptions, la ruine, l’anéantissement des projets et des espérances poursuivis pendant de longues années, peuvent provoquer, même chez des hommes assez fortement trempés, le découragement, des défaillances physiques et morales, l’hypocondrie, diverses altérations du sang ou des viscères, le dégoût de la vie et le suicide.
On doit réagir contre ces sinistres impressions dans toutes les grandes catastrophes, quelles qu’en soient les causes, par un
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retour rapide sur soi-même et sur son passé, pour se rendre compte des faits accomplis.
Celui qui est victime de ses erreurs doit les reconnaître en sa conscience, et s’amender. Celui qui ne peut imputer sa triste situation qu’à des circonstances indépendantes de sa volonté doit se résigner.
Mais l’un aussi bien que l’autre, après avoir dressé le bilan exact des moyens matériels et intellectuels d’existence qui leur restent, doivent envisager l’avenir de sang-froid et recommencer leur vie, leur carrière, même après l’âge mûr, avec la certitude que la sympathie, la considération et l’estime des honnêtes gens s’attachent volontiers à l’infortune, imméritée ou non, qui est noblement supportée et vaillamment combattue.
Comme la religion, la politique peut engendrer la folie. L’homme qui aspire à y jouer un rôle actif doit posséder un caractère ferme, des convictions parfaitement définies et un grand esprit d’abnégation. S’il ne s’inspire pas exclusivement de l’intérêt général et de l’amour du progrès, il n’y trouvera que déboires et déceptions. Les honneurs fatiguent, la popularité, comme l’Océan, a ses heures de tlux et de rellux. La plupart des grands hommes d’État, emportés par l’orgueil et l’ambition, finissent par rouler du Capitole au fond de la roche tarpéienne.
Ceux-là, au contraire, qui ne sont possédés que de l’amour du vrai, du bon et de l’utile, gardent toujours au fond de leur cœur cette satisfaction intime du devoir accompli, qui fait le bonheur du sage et qui est sa plus douce récompense.
Autant il est requis d’avoir des convictions politiques bien raisonnées, nettes et fermes, autant il est bon, dans la pratique ordinaire de la vie sociale, de se montrer bienveillant, même pour ses adversaires.
C’est par la persuasion de la parole et non par la violence des actes, qu’il faut assurer dans le monde le règne des idées de justice, de confraternité et de progrès. Catéchisez vos semblables, les plus égarés, les plus pervers même; ne les frappez pas, ne les aigrissez point. L’intolérance ne doit exister que pour soi-même, pour les principes qu’on professe, pour les maximes et les convictions personnelles : ce qui est vrai est inconciliable avec ce
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qui ne l’est pas, le blanc ne peut être noir, la (erre tourne!
Mais on ne comprend pas l’intolérance entre les hommes, entre les citoyens. Libéraux et ultramontains, francs-maçons et jésuites, maires et curés, protecteurs et libres-échangistes, athées et spiritualistes, juges et plaideurs, vivez côte à côte sans vous bousculer les uns les autres.
Propageons de notre mieux nos croyances, mais sachons respecter ceux qui ne les partagent point.
— Nous avons dit que l’adulte, arrivé à la fin de l’âge mûr, subit une métamorphose organique, qui a quelque analogie avec ce qu’on nomme l’âge critique de retour chez les femmes.
C’est un point sur lequel il est bon d’insister.
Est-ce fatigue physique, morale et intellectuelle, suite d’une carrière laborieuse déjà longue? Est-ce épuisement partiel des appareils de l’économie qui ont le plus fonctionné? Est-ce un cemmencement d’usure de certains organes? Est-ce perte progressive de diverses propriétés inhérentes aux tissus vivants, telles que l’élasticité, la souplesse, la conductibilité, la perméabilité? Toujours est-il que, pendant une, deux ou trois années, l’adulte qui approche de la cinquantaine sent plus ou moins vivement le poids des années. 11 s’aperçoit qu’il perd de sa puissance physique et de son énergie vitale. C’est un avertissement naturel. Modérez vos allures; un peu de sobriété, de continence; un peu plus de repos, de calme, de tranquillité; ralentissez le fonctionnement de toute la machine, et vous traverserez sans secousses inquiétantes ces jours intermédiaires entre la période la plus active de l’existence et celle qui mène peu à peu à la décadence.
Femme. — De 36 à 50 ans, les femmes qui ont le bonheur d’être mères de famille sont généralement plus absorbées par les soins du ménage et par l’éducation des enfants que par l’exercice de l’une ou l’autre des professions qui leur sont propres.
C’est l’époque du dévouement maternel, de l’abnégation conjugale. La femme, alors, vit moins pour elle que pour tous ceux qui l’entourent.
Quelle sainte mission! Et avec quels charmes intimes et quelles inépuisables tendresses elle est remplie ! Maris, pères et fils, n’oubliez jamais le rôle divin de la femme, de la mère dans la famille.
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Dirigez la société, gouvernez le monde, c’est votre lot; le sien, c’est de gouverner, de diriger son ménage et sa jeune famille, et cela lui suffît.
Ménopause. — L’âge de retour est infiniment moins pénible et moins critique pour les femmes que celui de la puberté.
C’est donc à tort qu’elles le redoutent tant.
Vieillir n’est certainement pas plus agréable pour un sexe que pour l’autre ; mais chacun doit s’y résigner. Et les filles d’Eve, qui perdent peu à peu les grâces et les charmes physiques auxquels elles attachaient tant de prix, doivent se convaincre que l’homme, arrivé à un certain âge, apprécie bien plus, dans sa compagne, les qualités élevées du cœur et de l’esprit que les attraits passagers ou le modelé de la forme plastique.
Elles doivent aussi se convaincre, et ce sera pour elle une grande consolation, que si elles abordent toujours â regret le seuil du déclin de la vie, elles le franchissent souvent sans danger.
Les règles cessent quelquefois brusquement. Mais, dans la plupart des cas, elles diminuent peu à peu, et reviennent irrégulièrement, à de plus ou moins longs intervalles.
Quand elles cessent tout d’un coup, la femme doit prendre, pendant 5 ou 6 mois, de grandes précautions pour éviter tout ce qui congestionnerait la matrice. Elle s’abstiendra des longues marches, des fatigues corporelles, d’un séjour prolongé au lit ou sur des fauteuils.
Si un point douloureux survenait dans la poitrine ou dans l’abdomen, on ne devrait pas hésiter défaire une application de cinq ou six sangsues, même chez les femmes d’un tempérament nerveux.
Quand, au contraire, la fluxion menstruelle diminue insensiblement, les précautions qui précèdent seront toujours observées, mais avec moins de rigueur et de sévérité.
Métrorragies. — 11 peut se faire que la ménopause, au lieu d’une diminution graduelle, s’accompagne d’un redoublement de flux sanguin. La matrice se dégorge, alors, sous forme d’hémorragies abondantes ou fréquentes, qui altéreraient rapidement la santé, si on n’y remédiait sans tarder.
Lorsque ce phénomène insolite se produit, on engage la femme