‹ L'art de vivreChapitre 48 sur 168 · AGE MU II — 36 A 30 ANS · texte numérisé non relu

AGE MU II — 36 A 30 ANS

à garder, pendant ces pertes sanguines (métrorragies), un repos absolu au lit. On lui donne des boissons froides, acidulées; des aliments froids, succulents, mais peu aromatisés; et on lui fait prendre d’un à quatre grammes d’extrait de ratanhia par jour.

Ce traitement est applicable, d’ailleurs, à toute espèce d’hémorragies'provenant de l’intérieur du corps : de la bouche, du nez, des poumons, de l’estomac ou de l’intestin, aussi bien que de la matrice.

Le ratanhia est un produit végétal, très astringent, que nous préférons à tous les astringents connus aujourd’hui, tels que le perchlorure de fer, le seigle ergoté et les acides, quand il s’agit de reconstituer le sang et de lui donner plus de plasticité dans l’intérieur des vaisseaux, seul moyen de s’opposer à son extravasion à travers les tissus et les muqueuses. Il constitue le remède principal dans toutes les grandes pertes de sang par suite de maladies ou de perturbations fonctionnelles, ainsi que dans. toutes les altérations profondes de ce liquide sous l’action des causes les plus diverses ; donc, dans le purpura, le scorbut, la chlorose, la phtisie pulmonaire, les convalescences difficiles, de même que dans les épistaxis abondantes, les métrorragies, etc. (Voir la Seconde partie).

Autres soins. — Dans le cas où il existerait une maladie antérieure quelconque, les femmes feraient diriger leur retour d’âge par un bon praticien.

Elles se surveilleront davantage et observeront avec plus d’exactitude qu’elles ne le faisaient durant la vie menstruelle, la sobriété, la continence, le calme physique et moral, si pas d’une manière absolue, au moins le mieux et le plus possible.

L’âge mûr, aussi bien que l’âge viril, oflre a 1 observateur les maladies les plus diverses, aiguës ou chroniques, constitutionnelles ou accidentelles, épidémiques ou spontanées. Cependant on remarque déjà, dans la marche et la nature de ces affections, certaines nuances qui sont plutôt à l’avantage qu au désavantage des sujets parvenus à la maturité.

La résistance vitale est arrivée, chez eux, à son maximum. Les maladies aiguës ont moins de prise sur leur constitution, en général, et sur chacun de leurs organes en particulier, que chez les sujets de 18 à 36 ans. Mais les affections chroniques cpmmen-

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oent à devenir plus tenaces, plus rebelles et à provoquer des lésions organiques durables, si on ne s’attache pas à les traiter sérieusement dès leur début.

Nous voici entré dans la période de l’existence où l’homme étend de plus en plus son activité personnelle et ses relations sociales. Ouvrier ou patron, privé de ressources ou enrichi, tantôt il se fixe définitivement sur le sol de sa patrie; tantôt il porte ses pénates à l’étranger; tantôt il court le monde pour les besoins de son commerce, les exigences de son état ou l’intérêt de sa santé.

Nous avons, en conséquence, à traiter ici quelques questions : les villes (Peaux, les villes d'air et l’ acclimatement.

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Tout le monde, malheureusement, ne peut pas se rendre dans les villes d’eaux pour retremper ou restaurer sa santé. Est-ce à dire que les gens peu aisés ne puissent recueillir une partie des avantages de ce genre de médication héroïque et salutaire? Nullement.

Les cures d’eaux et d’air sont excessivement utiles; mais il est possible, depuis les progrès réalisés par la chimie et la médecine, de mettre à la portée du pauvre les bienfaits physiques ou matériels de cette thérapeutique salutaire, sans l’astreindre à des voyages et à des déplacements qu’il ne pourrait effectuer.

On peut ranger en deux grandes classes toutes les eaux minérales : les eaux réconfortantes, toniques, excitantes, et les eaux spoliatrices, évacuantes, altérantes.

Les premières conviennent aux sujets faibles, ou momentanément affaiblis, nerveux, délicats, épuisés par les plaisirs, l’étude ou les maladies passagères.

Les secondes aux individus replets, pléthoriques, ou porteurs d’affections chroniques résultant d’obstruction , d’engouement viscéral.

Première classe : eaux toniques. — Bains de mer, eaux de Spa, de \als, de Passy, et de cent autres villes d’eaux ferrugineuses, indiquées dans les guides ; eaux de Bussang, de Pougues, de Seltz)

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de Saint-Galmier et de cent autres villes d’eaux acidulés gazeuses, aussi indiquées partout.

Pour bien comprendre les effets et l’utilité de cette catégorie d’agents légèrement toniques, il est bon d’établir quelques principes préliminaires.

Parmi ces eaux, il en est qui ne servent qu’à faire des bains; d’autres sont prises en boissons seulement, d’autres enfin sont utilisées des deux manières à la fois.

En bains, elles agissent par leur température qui est, pour la plupart, peu élevée, et par leur nature saline ou gazeuse. Leurs effets sont analogues à ceux des bains froids en général.

En boissons, elles agissent comme toniques légers, si on les prend en quantités modérées ; et comme délayants, évacuants même, cutanés et vésicaux, en grandes quantités.

Leurs effets, dans ce dernier cas, sont analogues à ceux de l’e.iu ordinaire.

On arrive donc facilement à procurer sur place à tous les sujets riches ou pauvres, qui ne veulent ou ne peuvent pas se déplacer, les principaux bienfaits de ces nombreuses eaux minérales plus ou moins toniques.

Mais ce qui ne peut se donner que dans les villes d’eaux ellesmêmes, c’est l’air particulier qui les imprègne, et le mouvement, la distraction, le changement de régime et d’habitudes qu’elles nécessitent, et qui exercent une si grande influence sur tous les organes et toutes les fonctions du corps humain.

Autant donc que vos ressources le permettent, gens du monde, valétudinaires ou affaiblis n’importe par quelles causes, rendezvous, en temps convenable, aux bains de mer, à Spa, à Seltz, à Pougues, etc.

Quand nous aurons dit qu’il faut approprier à ses besoins personnels, sur les indications des hommes de l’art, la quantité d’eaux gazeuses toniques qu’on doit boire, nous aurons épuisé ce sujet.

11 nous reste à parler des bains de mer et des bains froids, en général.

Tout le monde, sans exception, peut aller respirer sur les bords de la mer, durant la bonne saison.

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Mais n’y prendront pas de bains : les petits enfants, les femmes enceintes, les sujets atteints de crachements de sang ou de maladie organique du cœur.

Le bain froid doit être de courte durée pour les sujets faibles.

On ne peut le prendre qu’une heure ou deux après le repas.

Avant d’entrer dans l’eau, on s’arrose légèrement et rapidement la tête et la poitrine, puis on se couche de son long. — Jamais la tête la première, comme le recommandent à tort certains ouvrages.

Après le bain, un exercice modéré est de rigueur.

L’eau de mer, à l’intérieur, est un mauvais médicament, qui renferme beaucoup de substances organiques et qui se putréfie vite : il faut s'abstenir d’en boire.

Si des eaux minérales salines, en boissons, étaient nécessaires, ce ne sont pas Jes villes d’eaux de mer que les médecins recommanderaient, mais celles de la classe suivante.

Deuxième classe : eaux altérantes. — Contrexéville, Vichy, Aixla-Chapelle, Bagnerre, Saint-Amand, Enghien et mille autres localités analogues.

On pourrait établir plusieurs catégories dans ces différentes villes d’eaux. Contentons-nous de les distinguer en eaux salines simples, telles que celles de Vichy; et en eaux principalement sulfureuses, comme à Aix-la-Chapelle.

Cette distinction est très importante.

C’est aux eaux chargées de sels de soude ou de potasse qu’il faut envoyer les goutteux et les calculeux ; tandis que les rhumatisants, les diabétiques, les syphilitiques et les cancéreux, iront s’imbiber des eaux sulfureuses, chaudes ou froides, qu’on rencontre, en Europe, dans certaines contrées volcaniques de l’Allemagne et de la France.

Nous attachons à la recommandation précédente une grande importance. Il y a 30 ans, la plupart des goutteux belges allaient, chaque année, taire une saison d’eaux de quinze jours à six semaines à Aix-la-Chapelle; et presque tous succombaient à un âge relativement peu avancé, par suite de congestions cardiaques ou pulmonaires, qui se déclaraient, tantôt durant leur séjour à 1 etranger, le plus souvent quelques semaines après leur retour.

J ai mis fin à ces tristes accidents, en faisant comprendre à mes

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clients que les eaux sulfureuses actives ne sont pas seulement altérantes par la transpiration cutanée et les évacuations rénales qu’elles provoquent, mais qu’elles déterminent vers la peau et vers le cœur une excitation extrêmement prononcée, très préjudiciable à la constitution spéciale des goutteux.

Ceux-ci se rendent aujourd’hui aux eaux minérales exclusivement salines de Vichy, Contrexéville, etc.

Il serait impossible d’indiquer ici les noms de toutes les villes d’eaux auxquelles les malades peuvent être envoyés avec avantage. Chacun, à . cet égard, doit s’en rapporter à son médecin et, avant de se soumettre à la médication qui lui sera indiquée, s'informer de la manière de vivre et des précautions hygiéniques propres à la localité choisie, afin de s’y conformer le plus possible.

Toutes ces eaux, à peu d’exceptions près, sont l’objet d’un commerce d’exportation qui permet aux gens peu aisés d’en faire usage sans sortir de leur demeure.

On peut aussi les fabriquer artificiellement partout, pour les mettre à la portée de toutes les petites bourses. Il n’est donc aucun malade, si pauvre qu’il soit, qui ne puisse être soumis à celte salutaire thérapeutique.

Indiquons seulement quelques règles générales, qui aideront les gens du monde et les jeunes praticiens à s’orienter dans la carte si compliquée des eaux minérales de l’Europe, et à se fixer sur le mode d’emploi de ces précieux médicaments.

Les eaux salines et les eaux sulfureuses comprennent chacune deux espèces principales : les eaux de premier ordre (les plus fortes) et celles de second ordre (les plus faibles).

Appliquons cette remarque à un exemple :

Un sujet porteur de calculs de la vessie ira aux eaux salines de premier ordre, à Vichy, etc.

Un sujet atteint de gravelle (petits graviers dans la vessie) ira aux salines de second ordre, à la tête desquelles se place Contrexéville. Ces dernières peuvent être ingérées en quantités plus considérables que les premières; elles agissent ainsi, autant par la masse de liquide qui traverse les voies sécrétoires que par les sels qu’elles contiennent.

Parmi les eaux salines, il faut distinguer encore :

1° Les eaux très peu salines, dont la vertu principale réside dans

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la quantité plus ou moins élevée qu’on en peut absorber impunément. Elles sont éminemment délayantes, et conviennent surtout aux tempéraments bilieux qui ont une tendance à la goutte : Chaudfontaine, près de Liège, est le type de ces eaux légères;

2° Les eaux bicarbonatées, qui agissent plus particulièrement sur les reins et sont surtout favorables aux goutteux, aux calculeux, aux graveleux, aux gens surchargés d’embonpoint;

3° Les eaux sulfatées, dont Pulna est le spécimen le plus recommandable.

Leur action se fait surtout sentir sur les intestins, le pancréas et le foie. Elles sont excellentes pour les hémorroïdaires, les sujets atteints de maladies du cœur ou de congestions cérébrales, les apoplectiques, les maniaques, les enfants et adolescents rachitiques, scrofuleux ou porteurs de vaccin ides (accidents dus aux virus vaccinal).

On ne doit faire de ces eaux très actives qu’un usage méthodique, qui sera réglé par le médecin de la famille.

Toutes ces eaux minérales peuvent être ordonnées en bains et en boissons, à des températures différentes.

11 va sans dire qu’il faudra toujours tenir compte, dans l’administration de ces remèdes, du degré de chaleur auquel on les applique, le calorique étant par lui-même un excitant qui ajoute ses effets propres à ceux des substances qui le renferment.

Cette remarque mérite surtout d’être notée dans l’emploi des eaux sulfureuses. Celles-ci étant déjà excitantes autant qu’altérantes, par suite des composés sulfureux qu’elles contiennent et qui suscitent dans le sang et les tissus des réactions cutanées et viscérales très marquées, deviennent quelquefois trop actives pour un grand nombre d’individus, si on les administre à une température plus ou moins élevée.

Les bains chauds d’Aix-la-Chapelle ne sont pas facilement, ni longtemps supportés, par les malades auxquels les eaux sulfureuses sont le plus nécessaires.

Il faut donc tenir compte de cette particularité, qui a été l’une des principales causes des nombreux accidents que j’ai constatés et que beaucoup de médecins ont signalés avant moi, à la suite des cures d’eaux suivies dans cette localité.

VILLES D’Ail!.

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