DES ANIMAUX A L’HOMME
Parmi les maladies que les animaux peuvent transmettre à l’homme, citons :
Le farcin, la morve, le charbon, la rage, la petite vérole (clavelée des moutons), la vaccine, les affections venimeuses résultant de piqûres des serpents, vipères, abeilles, etc.
Moyens préservatifs et préventifs. — Les maladies qui se communiquent par morsures ou piqûres pourraient être déracinées dès le principe, si l’on prenait soin de cautériser largement les blessures avec une solution très concentrée d’azotate d’argent ou d’acide sulfurique; ou, faute de mieux, avec de l’eau bouillante ou un fer chauffé à blanc.
Ces procédés sont infaillibles et se trouvent partout sous la main, à la campagne comme à la ville.
Lorsqu’on a négligé de prendre immédiatement cette sage précaution, la plaie de la piqûre ou morsure se ferme plus ou moins, et devient le siège d’un gonflement dur.
En ce cas, il ne faut pas hésiter : on ouvre cette petite tumeur à l’aide d’un bistouri, dans toute son épaisseur, de gauche à droite et de haut en bas, ou vice versa; puis on en cautérise le fond.
Cette pratique sera efficace, même deux ou trois jours après l’accident, pour le charbon, la morve, le farcin, la rage, la clavelée et la vaccine.
Quant aux conséquences de la morsure des serpents et vipères, elles ne peuvent être conjurées qu’au moment où elles se produisent, en recourant soit aux cautérisations, soit à une succion énergique de la plaie, et en appliquant une ligature fortement serrée au-dessus du point qu’elle occupe, s’il s’agit d’un bras ou d’une jambe.
Les piqûres d’abeilles sont rarement suivies de phénomènes sérieux. Cependant si c’est la lèvre, la bouche, le tuyau de l’oreille ou l’intérieur d’une narine qui ont été piqués par un insecte, il sera toujours prudent de faire une incision légère sur ce point avec une lancette, et d’y laisser couler une solution caustique à l’aide d’un petit pinceau ou d’une petite baguette.
INOCULATIONS ET VACCINS.
INOCULATIONS ET VACCINS.
La science, jusque dans ces derniers temps, ne recommandait que les moyens que je viens de signaler pour empêcher la propagation de certaines maladies virulentes graves de l’animal à l’homme.
Mais les préjugés classiques — répandus depuis les tentatives de Jenner avec le vaccin pour mettre l’homme à l’abri des atteintes de la variole ou de la clavelée (petite vérole des moutons), et depuis les théories émises par Raspail sur l’origine et la nature de nos maladies qu’il attribuait à des animalcules microscopiques (microbes) — ont exalté l'imagination de quelques chimistes, plus habitués à manier le microscope qu’à traiter des malades, et ont fait naître une doctrine absurde, mais séduisante, puisqu’elle a fasciné longtemps la plupart des sociétés savantes et des médecins de Paris et de l’Europe.
C’est ainsi qu’un chimiste halluciné, étranger aux sciences positives, est parvenu à faire école en France, en promettant de rendre tous les hommes et tous les animaux réfractaires à l’action des microbes, au moyen de l’inoculation des germes atténués de toutes les maladies contagieuses.
Pour parvenir à ses fins, il a fait miroiter aux yeux de ses compatriotes l’honneur qui rejaillirait sur leur pays, s’il dotait la science et l’humanité de cette merveilleuse découverte. Et le gouvernement français s’empressa de lui ouvrir les caisses de l’Etat, tandis que les journalistes de toutes les opinions politiques entonnaient ses louanges. Heureusement, une réaction judicieuse n’a pas tardé de se produire, même à Paris.
Pour notre part, nous nous sommes insurgé contre les prétentions et les procédés de M. Pasteur, dès 1879. Dans une série de mémoires, nous avons démontré à l’Académie de médecine de Belgique :
1° Que M. Pasteur est simplement le continuateur servile de Jenner et de Raspail; 2° que sa découverte des virus atténués n’est qu’une extension des anciens procédés de dilution homéopathique aux poisons organiques et aux virus; 3° que sa méthode
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de culture des vaccins est l’imitation ou la reproduction de ce qui se passe, chaque jour, dans la nature, où le soleil, la chaleur, les vents et la pluie disséminent, atténuent, dispersent et tuent même les microbes; 4° que, dans tous les cas, les inoculations de virus atténués ont tué beaucoup d’hommes et d’animaux, et n’ont jamais préservé aucun sujet, ni des races humaines, ni des races animales, de n’importe quellqjnaladie contagieuse ou virulente.
Je l’ai fait remarquer depuis longtemps : si la science contemporaine se fût trouvée en présence des seuls préjugés que la pratique de Jenner est parvenue à rendre populaires, elle aurait lutté pendant de nombreuses années pour les déraciner. Mais les exagérations et les généralisations de l’École française de Pasteur sont venues faciliter et simplifier la tâche humanitaire que les antivaccinateurs s’étaient imposée. La doctrine des inoculations à outrance avec des vaccins cultivés ou des virus atténués pour imprégner le sang de tous les sujets des races humaines et animales domestiquées, à diverses reprises durant le cours de l’existence de chacun, dans le but de les prémunir contre les atteintes éventuelles des microbes de la rage, du choléra, de la variole, en un mot, de toutes les maladies susceptibles de se propager par des germes quelconques, est si révoltante, si contraire au bon sens le plus vulgaire, si insoutenable devant la science, si odieuse et si funeste en pratique, qu’elle a suscité une indignation, une réprobation universelle.
Les théories fantastiques de l’École inoculatrice ou vaccinatrice de Paris, avant peu, seront à jamais répudiées du monde entier; et, avec elles, les procédés de Jenner et les abus de la vivisection animale tomberont dans l’oubli, à la grande satisfaction de tous les gens sensés.
Pour aider à cette réaction philanthropique, à laquelle j’ai consacré depuis 1879 tant de travaux et tant de veilles, résumons les principaux arguments par lesquels les savants antivaccinateurs de tous pays ont combattu et démoli les assertions si hasardées et les pratiques si funestes de l’École française de M. Pasteur, qui, on ne pourrait trop le redire, n’a fait que copier, imiter, étendre et commenter les idées de Jenner, d’Hahnemann et de Raspail.
Ces questions sont du ressort de l’hygiène privée autant que de
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l'hygiène publique, parce qu’elles intéressent la santé et la vie de chaque représentant non seulement des sociétés humaines, mais aussi des espèces animales qui vivent au milieu d’elles.
M. Pasteur, disait-on, a d’abord découvert les secrets de la fermentation. — Sa théorie des ferments est tombée dans l’oubli,, devant les faits et les expériences rapportés par les chimistes anglais, allemands et français, qui ont voulu la confirmer ou la vérifier.
M. Pasteur a inventé le chauffage des vins et des bières, pour les conserver. — Tous les fabricants et marchands qui ont suivi ses conseils ont perdu leurs bières et leurs vins, qui se sont décomposés plus rapidement au lieu de se conserver plus longtemps.
M. Pasteur a découvert le moyen de combattre sûrement la maladie des vers à soie. — En choisissant au microscope les germes reproducteurs, sans se soucier des conditions hygiéniques dans lesquelles doivent se développer et vivre les vers à soie et les mûriers dont ils se nourrissent, M. Pasteur a fait preuve d’une insigne ignorance. Tous les sériciculteurs qui ont délaissé l’hygiène pour s’en rapporter aux indications du microscope sur les conseils de M. Pasteur se sont ruinés. Cet inventeur a été le mauvais génie de la sériciculture, a dit M. Eugène de Masquard, de Nîmes.
Toutes ces prétend ues découvertes sont, depuis plusieurs années, absolument rejetées de la pratique, malgré les sommes fabuleuses que le gouvernement français a gaspillées pour les propager par l’intermédiaire de l’inventeur et de ses disciples.
Battu et repoussé de ce côté, M. Pasteur s’est tourné vers la méthode de Jenner, et, généralisant les idées deRaspail, il a prétendu que toutes les maladies graves sont dues à des insectes microscopiques, aux microbes, et que pour empêc.her ces insectes d’attaquer l’homme et les animaux sains, il fallait les insinuer dans le sang de ceux-ci, mais par petits groupes, en petits bataillons. A cette fin, il délaye, cultive, dilue les grandes armées microbiques qui se trouvent dans les virus naturels ; et, après cette opération homéopathique, il fait inoculer dans les organismes de l’homme et de l’animal, par petites quantités, les microbes de la rage, du choléra, du charbon, etc., sous le nom de vaccin de culture ou de virus atténués !
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A-t-on connu jamais rien de plus absurde, de plus insensé?
Cependant, envisageons froidement, scientifiquement, cette méthode de vaccination universelle.
M. Pasteur, étant chimiste, a tenu ce langage : Quand un verre d’eau est saturé de sel, on a beau y mettre encore du sel, celui-ci ne se dissout plus. De môme, quand un individu est saturé d’un virus quelconque, syphilitique ou autre, on a beau lui inoculer le même virus, atténué ou non, celui-ci ne prend plus.
« Sans doute, M. Pasteur, pas plus que Jenner, ne veut saturer les hommes, les animaux et les plantes de chacun de ces virus; il ne leur en inocule, dit-on à Paris et répète-t-on parmi toute la France, pas assez pour les rendre malades, mais juste ce qu’il faut pour les préserver de toute atteinte virulente nouvelle. »
Or, c’est justement ce que la biologie, d’une part, et les faits, de l’autre, contredisent de la manière la plus péremptoire.
Il est parfaitement établi que tout organisme vivant, qui a été saturé d’un virus quelconque et qui n’en est pas mort, finit par s’en débarrasser plus ou moins complètement, et redevient apte à contracter de nouveau la même maladie.
Donc, les virus atténués, s’ils avaient une vertu prophylactique réelle, ne pourraient l’exercer que pour un temps limité, d’autant plus court qu’ils auraient été plus atténués.
Mais qui vous assure qu’en insinuant une petite quantité de virus dans un corps sain, vous ne prédisposez pas ce dernier à s’imprégner plus facilement de ce même virus jusqu’à la saturation complète du sang et des tissus? That is the question.
Eh bien ! c’est ce que les faits révèlent : tout sujet vacciné à l’aide des virus, artificiellement atténués, est d’autant plus exposé à devenir rapidement malade du fait des mêmes virus naturels, que le vaccin était plus faible. C’est un corollaire de la grande loi biologique dont nous avons déjà tant parlé : Similia similibus nascunlur. Un virus introduit dans un organisme vivant qui lui est favorable s’y développe plus ou moins rapidement.
En définitive, tout le système de M. Pasteur se réduit à ces trois procédés : Atténuer si bien les virus qu’ils ne produisent aucun effet sensible. — Soutiendra -t-on qu’il en résulte la moindre préservation dans ce cas ? Ou les atténuer si peu qu’ils
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provoquent des symptômes absolument analogues à ceux qu’engendrent les virus naturels eux-mêmes. — Prétendra-t-on alors que, pour prémunir 1,000 individus contre une maladie, dont un seul d’entre eux peut-être sera atteint tôt ou tard, il faille leur communiquer, à tous, cette maladie, avec tous ses risques et périls? Ou bien atténuer le virus juste à tel point qu’il infecte, en partie, l’organisme, sans y développer immédiatement une maladie sérieuse. — Ce cas, difficile à déterminer, même dans les mains les plus expérimentées des inoculateurs, est précisément celui qui, comme nous l’avons dit tout à l’heure, crée chez les sujets vaccinés une aptitude spéciale à être saturés, à bref délai, des virus naturels correspondant aux virus atténués, qui leur ont été inoculés. C’est donc ouvrir la porte aux épidémies de variole et à la transmission des virus.
Les faits recueillis en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et en Amérique ne laissent aucun doute à cet égard.
— Je passe sous silence, ici, les accidents et maladies plus ou moins graves qui sont fréquemment la conséquence de l’inoculation des virus, même les plus atténués : j’en ai parlé assez souvent à l’Académie de Belgique.
Malgré les réfutations qui lui sont tombées de toutes parts, M. Pasteur a continué d’affirmer qu’il avait trouvé le remède contre le choléra et contre la rage, toujours aux frais de l’Etat.
Il a publié des instructions ridicules à propos du choléra. Selon lui, pour éviter l’atteinte des microbes cholériques, il suffit de passer les mains, les cuillers et les fourchettes au feu avant de se mettre à table et d’appliquer une muselière de ouate phéniquée devant le nez et la bouche, quand on va visiter les malades.
Le docteur Thuillier, qu’il envoya en Égypte pendant le choléra de 1883 ne tenant point du tout à y aller lui-même, a suivi les conseils du maître : le choléra l’a tué.
Pour la rage, ce fut la même chose.
Sous prétexte de cultiver le virus rabique, M. Pasteur a massacré des milliers de chiens. Il a procédé à un système de vivisection tellement exagéré qu’il a soulevé une foule de protestations indignées à Paris même. Enfin, c’est par centaines qu’on compte les individus qui ont succombé à ses vaccinations de virus atténues pour guérir la rage !
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Adopter les idées de Jenner et de M. Pasteur, ce serait, en définitive, organiser la vaccination et la revaccination universelle et perpétuelle, rendre artificiellement tous les sujets des races humaines et animales sérieusement malades, et en tuer une bonne partie, pour espérer d’arriver à mettre quelques-uns d’entre eux, durant quelques semaines ou quelques mois, à l’abri de l’influence néfaste de certains germes morbides.
Est-il rien de plus absurde, au point de vue hygiénique et économique, alors que la science possède et permet d’appliquer des moyens sûrs, infaillibles et absolument inoffensifs, de se garantir contre la contagion des maladies épidémiques et contre la transmission des maladies virulentes, ainsi que nous l’avons vu plus haut ?
La vaccine humaine tue, chaque année, en Angleterre, 2o,000 enfants. C’est officiellement prouvé.
Et parmi ceux qui survivent au virus vaccinal, il en est qui deviennent syphilitiques, scrofuleux, malingres, ou qui sont atteints d’altérations diverses du sang, des humeurs et des tissus, dont on parvient néanmoins à les guérir plus ou moins radicalement par les dépuratifs. (Voir ce mot : Seconde partie.)
En France, où le gouvernement n’a pas encore songé à instituer une statistique vaccinale, le vaccin peut être considéré comme la cause principale de la grande mortalité infantile, qui empêche l’accroissement de la population de cette nation prolifique.
De toutes les contrées vaccinées à outrance, l’Allemagne est celle qui compte la plus faible mortalité infantile, parce que, mieux avisés que les Anglais, les Français et les Belges, les Allemands ne font généralement vacciner leurs enfants qu’après la première année, c’est-à-dire lorsque ces petits êtres ont déjà acquis un certain degré de résistance vitale.
En présence de ces faits, n’avons-nous pas le droit, aujourd’hui, de le déclarer à haute et intelligible voix, en dépit des Jenner et des Pasteur, qui empoisonnent les races humaines et animales de leurs dangereux virus atténués :
La vaccination est la plus abominable mystification qui ait été imaginée pour intéresser les médecins et les vétérinaires à exploiter la bonne foi et l’argent du peuple, au détriment de sa santé.