‹ L'art de vivreChapitre 70 sur 168 · ANGINE · texte numérisé non relu

ANGINE

créant d’autres produits de même espèce que la leur, en vertu de la loi biologique universelle : Similia similibus nascuntur, qui est rigoureusement vraie, même pour les substances minérales. Pus fait pus, comme chair fait chair, quand ces éléments organiques se trouvent en contact avec des substances et dans des conditions climatériques favorables à leur évolution. Cela étant, lorsqu’un sujet atteint de croup, d’angine couenneuse ou dipbthéritique, rejette des mucosités âcres, celles-ci ou leurs émanations volatilisées peuvent donner naissance au croup, si elles se trouvent en contact avec la gorge d’un sujet sain.

Ce mode de propagation des angines par contagion directe ou indirecte est assez rare, quoi qu’en aient dit les partisans aveugles du microbisme anté-diluvien. Presque toujours elles surgissent spontanément, comme je l’ai dit plus haut, sous l’influence d’un refroidissement subit ou prolongé de la peau.

Traitement. — Le traitement des angines soit simples, soit croupales, est d’une simplicité mathématique. Qu’elles proviennent d’un vice de fonctionnement de la peau ou de contagion, les soins doivent être identiquement les mêmes.

D’abord, il faut exciter les fonctions cutanées qui constituent le plus grand et le plus puissant révulsif de l’économie animale , en plaçant le malade dans un lit bien chauffé et dans un appartement d’une température d’au moins 18°, soit l’hiver, soit l’été. Ensuite, on fait dégager dans cet appartement de la vapeur d’eau simple, en grande quantité, pour imbiber l’air d’une humidité tiède; et on donne à boire des infusions ou tisanes chaudes.

Après cela, on enduit tout le cou de l'enfant d’huile de colza, et on lui met une légère cravate de soie. S’il tarde à transpirer on lui donne un vomitif léger, fait de sirop et de poudre d’ipécacuana, et non d’êmétique.

Quand la transpiration se produit, une détente notable se manifeste dans la fièvre, et bientôt la toux tend de plus en plus à devenir grasse. C’est le moment de faire prendre à l’enfant, entre les gorgées de tisane sudorifique de mélisse, de tilleul ou de sureau, de petites cuillerées de jus de fruits acides (framboises, groseilles, pommes, oranges).

Lorsqu’enfin la toux est décidément grasse, on pourra renouveler le petit vomitif indiqué plus haut; et on donne du lait, du café, du bouillon et du vin de Tours au petit malade, en attendant qu’il demande à manger.

Tel est le traitement rationnel de toutes les angines infantiles, sans exception. Employé d’emblée par les familles, il guérirait sûrement presque tous les malades. Les drogues infernales, les cataplasmes au cou, les sangsues, les vésicatoires, les badigeonnages caustiques, astringents, spécifiques, au dedans et au dehors de la gorge, les diètes absolues, les vomitifs violents de cuivre ou d’antimoine, les prétendus antiseptiques, constituent autant de moyens funestes, plus propres à tuer qu’à guérir les enfants atteints d’angine, de croup, etc.

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