‹ L'art de vivreChapitre 81 sur 168 · INSOMNIE — MALADIES DES OS · texte numérisé non relu

INSOMNIE — MALADIES DES OS

causes possibles de cette affection; ils comprendront ce qu’ils ont h faire pour empêcher leurs rejetons de naitre et de devenir hydrocéphales; mais ils ne' s’empresseront pas de se soupçonner réciproquement, comme j’en ai vu des exemples regreLtables, quand, ce qui est le cas le plus fréquent, c’est dame nature et non pas eux-mêmes qu’il faudrait accuser.

INSOMNIE. — « Les enfants qui naissent le matin, dorment le jour et veillent la nuit, pendant six semaines », dit un proverbe wallon. C’est assez vrai.

Que faire à cela? Rien : attendre.

Mais l 'insomnie est quelquefois due à d 'autres causes. Il suffira de les signaler pour que chacun sache quelles mesures il doit prendre dans ces divers cas. Ainsi, un maillot trop serré, des linges humides, des cuisses gercées par le froid ou l’urine, une digestion laborieuse par l’usage du biberon, une constipation habituelle, la diarrhée, des oxyures rongeant l’anus, le froid de l’appartement, l’absence de petit bonnet de nuit en hiver, l’immobilité trop grande du corps durant le jour, les potages affreux au beurre, pain et eau d’orge, des punaises, des secousses insensées de berceau, une hernie.

Il n’est pas une de ces causes que je n’aie rencontrée auprès des enfants atteints d 'insomnie, et dont je n’aie triomphé lestement en les supprimant.

Qu’on en soit convaincu, il n’y a pas d’insomnie sans cause. La nuit succède au jour; le repos a l’activité organique.

Nul n’enfreint impunément les alternatives nécessaires de la vie. Ne restons donc jamais indifférents devant l’insomnie habituelle. C’est une incommodité très sérieuse, surtout chez les sujets nerveux, les enfants et les femmes.

MALADIES DES OS ( courbure , difformités, rachitisme). — 1° La courbure des os est fréquente chez l’enfant. Cela tient à ce que le système osseux, dans le jeune âge, est encore en partie à l’état cartilagineux, souple, peu rigide et peu élastique.

Cela explique la facilité avec laquelle les jambes des jeunes houilleurs et des hiercheuses se cambrent tant dans les fosses à charbon, et pourquoi, au lieu de se briser toujours dans les efforts et les accidents, les os des bras et des jambes se tordent ou se courbent simplement quelquefois, et gardent cette forme vicieuse.

C’est la gymnastique (voir Première partie) qui redresse les courbures et qui atténue le plus possible les autres difformités osseuses, congénitales ou vicieuses.

2» Les difformités osseuses les plus pénibles sont celles qui atteignent les côtes cl. la colonne vertébrale. Ces lésions sont généralement la conséquence d’une mauvaise constitution ou d’attitudes vicieuses, soit dans la famille, soit à l’école. L’usage des petits chariots pour apprendre aux enfants h marcher, des petites voitures pour les promener, des pupitres mal conformés ou

MALADIES DE LA PEAU

mal placés, à contre-jour, pour les instruire, causent de nombreuses difformités costales et vertébrales, surtout aux filles, plus dociles, plus sédentaires que les garçons et pourvues d’un système osseux plus souple et plus flexible que celui du sexe fort.

Nous avons dit, dans la Gymnastique, ce qu’il faut penser des appareils orthopédiques; et la manière de s’en servir quand ils peuvent être utiles.

3° Le rachitisme (ramollissement des os). Le mot rachitisme est plutôt une expression littéraire que médicale, qui résume un état morbide caractérisé par une constitution chétive ou une mauvaise santé, par un arrêt de développement organique, ou des difformités osseuses diverses ; en un mot, un enfant mal venant et mal conformé est un rachitique.

Causes. — L’hérédité paternelle ou maternelle, un allaitement mal réglé, des aliments en trop grande quantité ou de mauvaise qualité, des maladies incomplètement guéries, telles que la bronchite, la croûte de lait, la rougeole, etc., sont les causes principales du rachitisme.

Traitement, régime alimentaire et mesures préventives. — Les particularités propres à chacun de ces trois points dérivent évidemment de la cause directe de la maladie.

Dans tous les cas, il faut s’attacher à refaire la constitution du sujet rachitique par une hygiène bien ordonnée et par une alimentation convenable. On recommande souvent les médicaments amers, le phosphate de chaux, les ferrugineux et les excitants, agrémentés de mille moyens topiques, pour combattre cette affection. Nous ne blâmons nullement l’usage modéré et circonspect de ces ingrédients, mais nous avons la certitude qu’un régime alimentaire bien conçu, les soins de l’hygiène familiale et publique ordinaires, le soleil, l’air pur, le mouvement, la gymnastique, triompheront plus facilement du mal, à eux seuls, qu’avec le concours d’un tas de drogues, dont le moindre inconvénient est de déranger les voies digestives si délicates de ces petits êtres.

MALADIES DE LA PEAU. — On pourrait comprendre, sous le nom de maladies de la peau, toutes les affections fébriles aiguës qui envahissent cette tunique, telles que l’érésipèle, la rougeole, la scarlatine, etc. Ce serait un abus de langage. Nous ne considérons comme maladies réelles de la peau que les affections aiguës ou chroniques, qui intéressent l’enveloppe humaine et qui n intéressent qu’elle. Ainsi, comme on le verra plus loin, les svphilides et les vaccinides, dépendant exclusivement d’une altération du sang et des tissus internes, ne doivent pas'ètre considérées comme de simples affections cutanées.

Les maladies proprement dites de la peau dont il sera question ici sont les suivantes : 1" croûtes de lait, 2» dartres, 3° gale, 4° lèpre, 5° sclérème (endurcissement de la peau), G» teigne.

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