DÉPLACEMENT DE LA MATRICE — ÉCLAMPSIE
Il (-y i me alimen taire. — C’est celui des accouchées, dont il a été question dans la Première partie.
Si l’avortement se compliquait d’une maladie traumatique ou naturelle, le régime alimentaire serait réglé d’après les caractères et la marche de celle-ci.
DLPLACLMLrNI S DI. LA TI AT 15 1 C 11 ( antéversion et rétroversion, chute, hernie, prolapsus de l’utérus ou du vagin). — Il arrive quelquefois que la matrice, inclinée en avant ( antéversion ) ou en arrière (rétroversion) à l’état ordinaire, conserve cette sa position vicieuse durant la grossesse et devient cause de douleurs telles que l’avortement peut en être la conséquence.
Un accoucheur habile parvient facilement à remédier, avec la main, à ces vices de position, si on ,1e consulte à temps.
Les infirmités qu’on nomme chute, hernie ou prolapsus de la matrice ou du vagin, réclament des soins différents selon que la femme est ou n’est pas à l’état de grossesse.
Généralement la grossesse fait disparaître, au moins momentanément, ces infirmités, la matrice remontant naturellement dans l’abdomen h mesure qu’elle se développe. Cependant, j'ai vu des cas de prolapsus utérin complet se produire, malgré toutes les précautions, au moment de l’accouchement et la matrice sortir complètement du vagin avec l’enfant.
Dans ce cas, il suffit de refouler cet organe vers l’intérieur du corps après avoir fait coucher la femme les pieds plus haut que la tête.
En dehors de l’état de grossesse, toute chute ou hernie de la matrice ou de la paroi supérieure du vagin doit être corrigée par des moyens mécaniques. Autrefois, on appliquait à demeure dans le vagin des anneaux (pessaires) pour maintenir l’organe en place. On conçoit les inconvénients nombreux que ces • instruments devaient occasionner aux femmes. J’ai retiré un jour du vagin i d’une femme un pessaire en caoutchouc, qui s’y trouvait quasi incrusté * depuis 9 années. L’orthopédie remplace aujourd’hui les vieux pessaires par un appareil composé d’une ceinture abdominale élastique, à laquelle s’adaptent quatre cordons destinés à maintenir un support vaginal pourvu d’une cuvette de petite dimension, qui maintient parfaitement la matrice et le vagin.
Cet appareil offre le grand avantage de ne se placer que le matin, et de s’enlever le soir, au moment du coucher.
ÉCLAMPSIE. — L’éclampsie est une attaque de nerfs de nature épileptiforme, qui est provoquée chez certaines personnes par le développement de l’enfant dans la matrice, ou par un commencement de travail précurseur soit d’un avortement, soit d’un accouchement prochains.
Dans le premier cas, il faut combattre l’éclampsie par des bains chauds, des sangsues sur le ventre ou de petites saignées; dans les deux autres cas, si les bains ne calment pas l’accès, l’accoucheur verra s’il n’est pas nécessaire d’accélérer mécaniquement le travail commencé.
ÉCOULEMENTS VAGINAUX.
ÉCOULEMENTS VAGINAUX ( vaginite , flueurs blanchis, leucorrhée). — Quelles que soient les causes des écoulements vaginaux, qui affligent tant de jeunes filles et de jeunes femmes, le traitement qu’on doit leur opposer est absolument le même. Et comme c’est au moment de l’accouchement que l’existence d’un écoulement vaginal (vaginite aiguë ou chronique) peut occasionner le plus de conséquences désagréables, au moins pour l’enfant à naitre, c’est dans le présent chapitre qu’il est bon d’étudier cette maladie.
Causes. — Une constitution lymphatique, l'abus de la bière et des tisanes, une alimentation insuffisante en qualité, la vie sédentaire, le froid persistant des pieds et des jambes, ainsi que les maladies chroniques, prédisposent les personnes du sexe à contracter des écoulements vaginaux plus ou moins abondants, généralement indolores. Mais il est des écoulements vaginaux souvent très douloureux, qui proviennent de l’abus des fonctions conjugales ou de rapports sexuels avec des individus malades.
Que ces écoulements viennent des parois du vagin seulement ou de l’intérieur de la matrice, ils sont dits chroniques quand ils sont indolores; et aigus quand ils sont accompagnés de douleurs ou A' inflammations locales ardentes.
Traitement. — La vaginite aiguë (écoulements vaginaux aigus) sera traitée de la manière suivante : repos à la chambre ou au lit, lotions fréquentes d’eau chaude au bas-ventre et bains de siège également chauds, une ou deux fois par jour. Injections d’eau tiède deux ou trois fois dans les 24 heures. Boissons douces, tièdes.et alimentation exclusivement végétale et féculente.
Qu’on s’abstienne de tout onguent, de toute graisse, de toute drogue et surtout de toute injection irritante, quoi qu’en disent les spécialistes et la quatrième page des journaux.
La vaginite chronique (leucorrhée, etc.) doit être l’objet d’un traitement plus complexe, principalement hygiénique et tonique. Il faut rendre du ton à toute l’économie, en même temps qu’aux organes malades. L’hydrothérapie sagement entendue, les bains froids courts, les bains de mer suivis d’énergiques frictions sur le bassin et les membres inférieurs, l’exercice en plein air, une alimentation tonique, tantôt astringente, tantôt ferrugineuse, selon les particularités propres aux malades, des vêtements convenables en laine ou en soie autour du ventre et des jambes pour y entretenir une douce chaleur, seront successivement ou concurremment employés.
J’ai guéri beaucoup de leucorrhéiques en leur faisant adopter de chauds caleçons en hiver et de légers pantalons en été.
On vante contre les /lueurs blanches chroniques de toute nature et de causes diverses, une foule de topiques merveilleux et d’injections miraculeuses. Beaucoup de médecins, dits spécialistes, pratiquent la méthode infernale des cautérisations du col utérin et des muqueuses vaginales, où ils découvrent toujours, au spéculum, une multitude de crevasses!...
Que les femmes ne se laissent pas prendre à ces manœuvres charlata-
ÉPANCHEMENT DK LAIT.
ncsques, plus malfaisantes encore qu’inutiles. On abuse du spéculum de nos jours. Cet instrument indispensable pour pratiquer des opérations heureusement très rares à l’intérieur du vagin, l’extirpation des polypes de la matrice, par exemple, est absolument déplacé, inconvenant et dérisoire dans toute autre circonstance. C’est le doigt et non l’œil de l’accoucheur qui le renseigne sur tous les détails intimes qu’il a intérêt à connaître dans les affections vagino-utérines. J’ai vu des fillettes de six ans atteintes de leucorrhée insignifiante, qui avaient été déflorées à coups de bistouris par des médecins — pour pouvoir passer un petit spéculum et faire des injections antiseptiques dans le vagin !
Régime alimentaire et mesures préventives. — Dans les cas de vaginite aiguë, une demi-diète lactée et féculente. Dans ceux de vaginite chronique, une alimentation restaurante, tonique.
Quant aux mesures préventives, elles dérivent trop évidemment des causes que j'ai indiquées pour qu’il soit besoin de les énumérer.
■ ÉPANCIIlî MENT RE LAIT ( phlegmatia alba dolens). — On appelle épanchement de lait une affection étrange qui survient chez certaines femmes après les couches, h la période de l’allaitement, et qui est caractérisée par un gonflement douloureux d’un ou des deux membres inférieurs, plus rarement des bras, et quelquefois de tout le corps, avec fièvre et accablement.
Au début, l’épanchement de lait est toujours douloureux. Quand la maladie a duré quelques semaines ou est devenue chronique, la douleur peut devenir insignifiante, mais jamais on ne voit d'épanchement de lait, même ancien, absolument indolore.
La disparition ou la diminution notable de la sécrétion laiteuse est un e/jel de la maladie et non une cause, comme on l'a cru longtemps h tort. On sait que le liquide sanguin de l’économie animale converge par attraction vers le point où une irritation quelconque se produit, comme les eaux de l’océan se portent vers la lune.
La révulsion n’est rien qu’une marée, un transport liquide vers un centre d’appel, qui se forme spontanément, comme dans les flux et reflux de la goutte ou du rhumatisme aigu, ou qui est engendré artificiellement, par exemple avec les vésicatoires, les caustiques et les ventouses sèches, qui sont des révulsifs simples, et avec les ventouses scarifiées, les sangsues, la saignée et le séton, qui sont des remèdes à la fois révulsifs et éliminateurs.
Causes. — Le froid humide agissant sur les membres inférieurs ou supérieurs, ou sur tout le corps d’une femme qui allaite, peut occasionner l’inflammation des petits vaisseaux lymphatiques et veineux de la peau et, par suite, des veines du tissu cellulaire sous-cutané.
FIÈVRE PUERPÉRALE
Traitement. — Aussitôt qu’apparaît l’épanchement de lait — expression impropre s’il en fût, puisque le lait ne s’épanche pas en réalité dans le corps, mais se tarit dans les mamelles, la fluxion ou marée sanguine se portant vers les points affectés — la malade doit être tenue au lit chaudement. On appliquera des sangsues sur le point le plus douloureux. On mettra des cataplasmes tièdes, pas trop chauds, sur les membres malades, qu’on enduira en outre d’huile de colza. S’il se forme des abcès sous-cutanés, on les ouvrira de bonne heure très largement.
Lorsque l’affection est devenue chronique, on enveloppe les membres gonflés (œdématiés) de bandes de flanelle modérément serrées, jour et nuit; et l'on applique la méthode purga tive avec méthode et persévérance.
J’ai donné souvent, pendant quinze h trente jours, à des femmes atteintes d’épanchements de lait datant de six semaines, deux mois et plus, deux cuillerées h potage de teinture de jalap composée (eau-de-vie allemande des pharmaciens), de deux en deux jours, puis de trois en trois jours, puis enfin de quatre en quatre jours, en ayant soin de les nourrir avec d’excellent bouillon et de bon vin. Toutes ont radicalement et rapidement guéri.
Régime alimentaire. — Dans l’épanchement de lait h l’état aigu, la diète lactée simple et les tisanes sudorifiques sont indiquées. Dans les cas chroniques, l’alimentation doit être réconfortante.
Mesures préventives. — Toute femme qui allaite doit se prémunir contre le froid humide persistant. Si elle y a été exposée assez longtemps, elle doit se mettre au lit et se faire transpirer le plus tôt possible, pendant vingt-quatre heures au moins, pour rétablir les fonctions delà peau.
FIÈVRE PUERPÉRALE (péritonite, métrite, métro-péritonite, suites de coitfhes). — Dans les six ou huit premiers jours de l’accouchement, la mère est exposée à contracter des douleurs de ventre avec ralentissement ou arrêt de l'écoulement des lochies; bientôt surviennent : fièvre, frissons, maux de tête. C’est la péritonite, la métrite ou la métro-péritonite puerpérale.
Causes. — Les causes les plus fréquentes de cette maladie sont : -1° l’emploi du seigle ergoté dans les accouchements laborieux ou contre les hémorragies utérines. Cette infernale drogue, que je n’ai jamais eu besoin de prescrire dans aucun cas, a causé et cause encore, tous les jours, la mort d’unè foule d’àccouchées. Le seigle ergoté ni l’ergotine n'ont, en aucune circonstance, facilité l’àccoucliement — opération physiologique qui doit être, dans certains cas, aidée mécaniquement et non chimiquement, par un habile praticien. Quant aux hémorragies utérines sérieuses, on n’en viendrait jamais h bout si l’on n’avait que ce poison dangereux à sa disposition.
2° La funeste et vulgaire habitude, implantée par les gardes-couches du temps jadis, de faire changer aux accouchées les linges du corps et de lit, sans recourir aux minutieuses précautions requises pour éviter que la peau,
FIÈVRE PUERPÉRALE
en état de transpiration insensible au lit, ne soit brusquement saisie par l'humidité inhérente aux linges frais.
La fièvre puerpérale peut prendre les caractères d’une fièvre typhoïde grave, si les accouchées se trouvent dans des appartements malpropres, surtout en été. En ce cas, outre la métro-péritonite propre aux suites de couches, il existe une altération particulière du sang, qui double la gravité de la maladie.
Traitement. — Des applications de sangsues, des cataplasmes tièdes sur le ventre, des boissons mucilagineuses et de doux purgatifs, tels que l’huile de ricin, voilà les moyens rationnels les plus efficaces pour combattre d’emblée les fièvres puerpérales ordinaires, qui débutent par une inflammation des viscères de l’abdomen et du bassin.
Ne songez jamais, en aucun cas, grave ou bénin, à employer le calomel ni les onguents mercuriels. Ces ingrédients n’ont jamais guéri personne par eux-mêmes et ont toujours eu le triste privilège, quand ils ne tuent pas les malades — ce que j’ai vu souvent dans les familles où j’étais .appelé en consultation — de les accabler d’infirmités plus ou moins sérieuses pour le restant de leurs jours.
Lorsque les suites de couches se compliquent d’une fièvre infectieuse (typhoïde, putride, etc.), le traitement local isoins pour le ventre) doit être le même que dans la métro-péritonite aiguë simple; seulement, on changera toutes les mauvaises conditions hygiéniques qui ont occasionné la complication, et l’on fera prendre à la malade des boissons acidulées, antiseptiques, à la tête desquelles il faut placer I’eau de Rabel ( limonade sulfurique édulcorée).
L’engouement produit dans le corps médical par les travaux de Pasteur et j de Lister, si singulièrement exaltés et si radicalement surfaits, a fait naitre des procédés et des pratiques thérapeutiques insensés, contre lesquels, au nom de la science et de l’humanité, les biologistes ne pourraient protester trop vis ornent. On sait que les pourritures, les décompositions et fermentations organiques sont des foyers de production de germes, de virus, de microbes de toute espèce; et que ces germes morbides, en vertu de la loi universelle : Similia similibus nascuntur, tendent à se multiplier partout où ils rencontrent des milieux favorables à leur évolution. Partant de là, les médecins de l’école chimique moderne se sont attachés à détruire les germes ou les microbes à mesure qu’ils se produisent, au lieu de chercher, comme le recommandent et le font les disciples d’Hippocrate, les vrais biologistesthérapeutes, à guérir la maladie, c’est-à-dire à supprimer le foyer, la source même qui les produit.
Les pasteuriens et les listériens combattent des effets; les hippocratistes anéantissent les causes, sans négliger toutefois la destruction des agents nuisibles (pii en sofil déjà provenus. Laquelle de ces deux écoles médicales comprend le mieux la nature ?
FIÈVRE PUERPÉRALE
Mais les mierobistes ne se sont pas bornés à combattre des effets, ils ont voulu en prévenir l’apparition par des procédés exclusivement chimiques, qui, loin de combattre les maladies dans leur siège, les exaltent et les aggravent.
Ainsi, pour prévenir le développement des germes ou des microbes infects des lochies, ils veulent que toutes les accouchées se soumettent à des injections vaginales de sublimé corrosif, caustique qui tue les microbes comme tous les caustiques sans exception, mais qui ajoute à l’inflammation naturel e des muqueuses utéro-vaginales de la femme accouchée, une inflammation artificielle qui peut causer de graves accidents. A des écoulements inévitables, que les soins vulgaires de propreté rendent absolument inoffensifs, les mierobistes opposent des liquides irritants, toujours inutiles et souvent nuisibles!... De l’huile sur du feu.
Supprimons absolument tous les antiseptiques de Lister et de Pasteur, et remplaçons-les, partout au besoin, par de simples lavages à l’eau pure et des lotions au genièvre, ou à l’eau-de-vie camphrée, qui suffisent, dans tous les cas possibles, pour aviver, régénérer les tissus organiques malades, et pour empêcher les produits de leur décomposition de nuire aux sujets sains ou de propager les maladies.
Régime alimentaire. — Aussi longtemps que la fièvre puerpérale supprime l’appétit, on se borne h donner aux malades des boissons mueilagineuses (dans la métro-péritonite) ou rafraîchissantes, acidulées (dans la fièvre typhoïde puerpérale). Mais dès que l’estomac peut supporter des aliments légers, il faut en accorder.
Mesures préventives. — Un accoucheur ne doit jamais permettre à une femme de faire ses couches dans une chambre malsaine. 11 doit être excessivement sévère pour les changements de linge dans les quatre ou cinq premiers jours de l’accouchement. Jamais il ne laissera prendre de seigle ergoté aux parturientes.
Moyennant ces mesures préventives, il n’y aurait plus de fièvre puerpérale.
Contagiosité de la fièvre puerpérale. — A propos des mesures préventives, une question se présente : la fièvre puerpérale est-elle épidémique ? Elle est contagieuse, elle peut être propagée directement par les miasmes (microbes) qui s’exhalent des accouchées malades, et qui peuvent être transportés d'aceouchée à accouchée par des intermédiaires, par une salle d’accouchement, ou par des accoucheuses et des accoucheurs malpropres, tout imprégnés de ces miasmes; mais elle n'est nullement épidémique.
Ceci nous amène h dire un mot de la contagion en général.
Tous les produits morbides ont une propension h se multiplier s'ils se trouvent en contact avec des substances conformes avec leur nature. C’est toujours la loi universelle : Similia similibus nascuntur, qui est vraie en pathologie comme en physiologie. Il en résulte, comme premier corollaire,