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de Roquelaure, dont l'entrée, située autrefois dans la rue Saint-Dominique, donne actuellement sur le boulevard Saint-Germain. Cette demeure, construite sur les dessins de Lassurance, fut acquise en 1740 par le comte Molé, gendre du financier Bernard. L'architecte Leroux en avait achevé la décoration en 1726 et Mariette en a gravé les pièces principales. L'hôtel de Molé-Roquelaure est demeuré presque intact sauf la porte cochère d'un bon travail, disparue récemment et ses lambris permettent d'apprécier tout le talent décoratif de Leroux (*). La suite de ces appartements comprend un petit salon appelé le salon Rouge, dans les panneaux duquel sont encastrés deux dessus de porte. Il est suivi par un salon plus grand à larges panneaux ornés de corbeilles de fleurs entourées de bordures d'un style large, qui sont séparés par des pilastres d'une invention exquise. Au-dessus des portes sont d'autres peintures mythologiques. Une troisième pièce donnant sur la cour, et plus simple de composition, avec dessus de porte formés par des panneaux sculptés, a été récemment l'objet d'une restauration discrètement dirigée. On passe par un salon d'attente à lambris brodés, pour arriver à un petit boudoir occupé actuellement par le chef de cabinet du Ministre, qui est la pièce la plus remarquable de l'hôtel et l'une des œuvres les mieux gracieuses de Leroux. Il serait difficile de décrire tous les détails charmants des panneaux sculptés, des pilastres, des entourages de glaces et de la corniche du plafond de ce dernier salon. Le bois y est travaillé comme de la dentelle. Le peintre Natoire a été chargé de compléter ce délicieux réduit dans lequel il a laissé quatre dessus de porte et deux médaillons allégoriques au-dessus de la cheminée et de la glace. Nous aurions dû citer, en commençant, l'antichambre qui est ornée de pilastres, de trophées et de voussures sculptés dans la pierre avec un style large et majestueux.
On peut étudier une autre œuvre de Leroux en interrompant pendant un instant notre marche régulière, pour aller dans la rue de l'Université, au n° 51. Nous y trouvons le grand et bel hôtel, construit en 1709 par Lassurance pour le président de Longueil-Maisons, possédé ensuite par le comte de Soyecourt et appartenait aujourd'hui au duc Pozzo di Borgo. Malgré cette date, la décoration intérieure porte tous les caractères de l'art à l'époque de Louis XV, et bien qu'elle ne soit pas attribuée à Leroux par les descriptions anciennes de Paris, il y a des rapports trop étroits entre les sculptures de l'hôtel de Roquelaure et celles de l'hôtel de Soyecourt, pour que le même crayon ne les ait pas
(1) Rouyer et Darcel, L'art architectural, t. II, pl. 75, 79.
LE FAUBOURG SAINT-GERMAIN
tracées toutes les deux. La pièce principale de cette demeure est un grand salon dont les trophées, la corniche sculptée et les pilastres sont d'une somptuosité sans rivale. M. le duc Pozzo di Borgo, désirant joindre à son hôtel, d'ailleurs conservé dans ses parties principales, une grande galerie de fêtes, n'a pas cru pouvoir trouver pour cette décoration, de meilleurs motifs que ceux des panneaux de ce grand salon, en les