‹ L'art decoratif dans le vieux ParisChapitre 17 sur 49 · FONTAINE DE LA RUE DE GRENELLE SCULPTÉE PAR BOUCHARDON · texte numérisé non relu

FONTAINE DE LA RUE DE GRENELLE SCULPTÉE PAR BOUCHARDON

(xvmB siècle).

Quatre Saisons. Au-dessous, quatre bas-reliefs où des enfants complètent ces allégories, sont ciselés avec toute la saveur que lexvni0 siècle savait donner aux charmes de la jeunesse. Le monument, achevé en 1739, est resté jusqu'ici sans avoir subi d'autre injure que celle du temps qui s'est montré heureusement clément envers lui, bien qu'à plusieurs reprises on ait agité la question de son transfert dans un espace plus large, où il perdrait vraisemblablement une partie de son effet.

Quelques motifs intéressants se montrent sur les façades d'anciennes maisons de la rue. Au n° 15, ce sont les chiffres entrelacés du cardinal de Bérulle, placés au-dessus de deux portes en hémicycle et accompagnés d'une frise à rinceaux. Un large mascaron à barbe et soutenant

deux guirlandes de feuilles de chêne, sert de clef au portail de la maison portant le n° 20. Une autre maison (n° 49), construite 0) à l'époque de Louis XVI, et occupée récemment par Mme Smith, possède plusieurs de ces bas-reliefs allégoriques qui étaient alors en grande faveur. Les plus remarquables représentant les Quatre Saisons, servent de voussures aux portes d'un grand salon. La devanture de la boutique d'un marchand de vins (n° 36), a conservé sur ses barreaux en fer forgé, l'enseigne A la petite chaise, qui remonte au xviii0 siècle.

Le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts occupe dans la rue de Grenelle, le grand hôtel construit par Cherpitel pour le duc de Rochechouart. Cette vasle demeure, qui porte tous les caractères de l'architecture des premières années de Louis XVI, a été modernisée lors de l'installation des services administratifs. On y a cependant respecté un immense salon à pilastres corinthiens situé au rez-de-chaussée, dont les ornements dorés sur fond blanc, sont largement traités. Vis-à-vis, une seconde résidence connue sous le nom d'hôtel de la Marche-Conty, est occupée par le ministère du Commerce et des Colonies. La grande cour intérieure a été refaite alors que l'édifice abritait le ministère de l'Intérieur; seule la façade donnant sur le jardin a été épargnée avec ses pilastres, son balcon et son fronton échancré, au milieu duquel est une figure de la Fécondité entourée de fruits, de fleurs et de deux génies. Les anciens salons de réception du rez-de-chaussée ont été refaits à l'exception d'une pièce décorée de panneaux sculptés et dorés dont les encadrements sont formés par des branchages, et sur les portes de laquelle sont placées quatre peintures de jeux d'enfants dans le goût des dernières années de Louis XIV. On retrouve dans les appartements du premier étage quelques portes et des entourages de fenêtres, débris de l'ancienne décoration qui font disparate avec les tentures de papier peint qui les entourent. Alors que cet hôtel, où se sont succédé tant d'administrations publiques, était affecté au ministère des Postes, on y a transporté des panneaux de bois sculpté de style Louis XV, provenant de la démolition de l'hôtel d'Armenonville et on en a revêtu les murailles d'une petite salle à manger. L'hôtel d'Estrées (n° 79), occupé actuellement par l'ambassade de Russie, a été construit en 1719 par G. Boffrand. On y voit encore de grands salons aux boiseries dorées datant de cette époque. De beaux panneaux de style Louis XV, existent également au n° 50, dans un appartement occupé par M. Catusse, député. L'ambassade d'Italie a loué récemment l'ancien hôtel de Galiffet, datant de Louis XVI,

(1) V. Lefeuve, Les Anciennes maisons de Paris, t. IV, p. 85.

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