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PANNEAUX SCULPTÉS REPRESENTANT DES SUJETS D'ANIMAUX

Hôtel de Soubise (Archives nationales).

connu comme peintre que comme sculpteur, était attaché au port de Toulon (0 où il travaillait à la décoration des vaisseaux qui s'exécutait dans l'arsenal, avec les sculpteurs Puget, Girardon, Toro et Vassé. Il suivit certainement ces deux derniers maîtres à Paris quand ils vinrent s'y établir, et ils exercèrent en commun leurs talents dans plus d'une somptueuse demeure de la capitale. Antoine Vassé obtint une grande célébrité comme sculpteur ornemaniste et il fut employé fréquemment à Versailles. Il est permis de supposer qu'il s'est parfois adjoint dans ses travaux son compatriote Harpin. Il est cependant présumable que la majeure partie des boiseries de l'hôtel de Soubise avaient été sculptées par N. Pineau. En comparant les gravures de Mariette avec les boiseries encore en place dans l'hôtel Soubise, on reconnaît qu'aucune des décorations inventées par Harpin n'a survécu. On observe également une différence de style très tranchée entre la majeure partie des dessins de Harpin et les compositions de Boffrand. L'ordonnance des lignes de Harpin est plus sévère, et ses larges pilastres saillants et séparés par des trophées ioniques, rappellent l'aspect des salons du grand roi à Versailles; tandis que la grâce coquette et la fantaisie inépuisable des motifs créés par Boffrand pour les appartements de la princesse de Soubise, étaient le cadre qui convenait le mieux pour accompagner les peintures de Boucher et de Natoire. Il est à présumer que les décorations de Harpin étaient antérieures de quelques années à celles de Boffrand, achevées seulement en 1745, et qu'elles remontent à l'époque où De La Maire avait commencé la reconstruction de l'hôtel.

Le Musée des Arts Décoratifs avait également reçu à litre de dépôt la décoration d'un salon comprenant une série de panneaux conservés auparavant dans les magasins, et où des sujets tirés des fables de La Fontaine remplissent des médaillons sculptés et dorés qui se détachent sur un fond vert d'eau. Cette boiserie que le livre de Boffrand et les gravures de Mariette ne reproduisent pas, peut être citée comme l'une des plus parfaites et des plus harmonieuses sculptures décoratives du règne de Louis XV.

Les appartements du garde général des Archives nationales qui occupent une partie de l'hôtel d'Assy où est établie l'École des Chartes, conservent un salon de l'époque de la Régence, décoré de panneaux sculptés à encadrements et à figures mythologiques et d'une bordure de glace terminée par deux torses de femmes en espagnolettes, au-dessus desquels règne une voussure de plafond à arabesques.

(1) V. Ginoux, La Décoration navale. A Toulon, Harpin était appelé Herpin (1718).

Ch.

Le jardin de l'hôtel de Soubise communiquait avec l'hôtel de Strasbourg construit aussi par De La Maire pour Armand-Gaston de Rohan, grand aumônier de France et évêque de Strasbourg, et dont l'entrée principale est dans la rue Vieille-du-Temple. Cette vaste demeure est occupée actuellement par l'Imprimerie nationale. La cour de l'hôtel de Rohan n'offre pas l'élégance de celle de l'hôtel de Soubise; toute l'ornementation architecturale ayant été réservée pour la façade du jardin dont deux ordres superposés de colonnes ioniques supportent un avant-corps à fronton. Dans la cour des écuries, Le Lorrain a sculpté sur pierre un grand bas-relief représentant les Chevaux du Soleil, composition pleine de vie et d'originalité, à laquelle on 'a fait les honneurs du moulage pour le Musée du Trocadéro.

Bien que l'hôtel de Rohan ait été l'objet d'une récente publication due à l'administration de l'Imprimerie nationale (*), et qui fait connaître les détails de sa décoration intérieure, nous mentionnerons le grand salon qui a conservé une corniche de plafond avec des médaillons angulaires à sujets mythologiques se détachant sur fond doré. Quatre portes à beaux vantaux sculptés et dorés, et surmontées de trumeaux mythologiques peints par Pierre, donnaient accès dans celte pièce. Deux seules de ces portes ont gardé jusqu'à nous leurs ferrures et leurs serrures en cuivre ciselé et doré; des quatre tableaux de Pierre, un seul est resté intact, ainsi que la cheminée dans laquelle sont des plaques de fonte et des chenets en cuivre du xvme siècle. Une grande pièce peinte par Brunetti pour servir de salle à manger n'existe plus. A la suite de celte pièce est un grand cabinet peint par Christophe Huet. La décoration de Huet comprend une série de panneaux représentant des scènes chinoises et tartares est accompagnée d'arabesques, de singeries et de guirlandes, qui sont entourées de bordures en bois sculpté. C. Huet s'était admirablement assimilé le goût spirituel des compositions inventées par Gillot, et s'il ne peut pas prendre rang parmi les artistes renommés du xviii0 siècle, il fut au moins un très habile décorateur et tenu en haute estime par ses contemporains. Le cabinet de l'hôtel de Rohan est la seule peinture de Huet qui soit conservée à Paris dans son intégralité presque complète. Il faudrait aller dans les châteaux de Champs et de Chantilly pour en rencontrer d'autres exemples aussi importants. A l'époque des travaux d'installation de l'Imprimerie nationale, un des panneaux de cet ensemble avait été remplacé par une porte de service. Notre habile peinlre-déco-

(1) Voy. Henry Jouin, Y Hôtel de Rohan, Paris, Imprimerie nationale, un vol. infolio.

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rateur, M. Galland, a été récemment chargé de le rétablir et il s'est acquitté avec succès de cette tâche difficile. On aurait peine à croire que ce salon tout rempli de badinages galants ait pu avoir une destination religieuse, si l'on ne voyait en face de la porte d'entrée et dans une embrasure, un petit oratoire à lambris sculptés disposé derrière un panneau mobile sur lequel est représentée la Main chaude. L'Imprimerie nationale possède deux paysages de Boucher qui décoraient un des salons, mais par contre elle a perdu les grisailles dont Brunetti avait revêtu les murailles de sa salle à manger.

On y trouve, ainsi que dans les appartements des Archives nationales, plusieurs beaux meubles anciens de bois précieux, et ornés de bronzes ciselés. Nous ne pouvons citer tous ces fragments du luxe des Rohan, que d'après des ouvrages déjà publiés; l'Imprimerie nationale étant la seule administration qui n'ait pas voulu nous permettre de visiter ces salles inoccupées par les ouvriers, sous le prétexte vague du secret que réclament les documents qui lui sont confiés par le Gouvernement, alors que cette autorisation est accordée facilement à des étrangers appuyés par leurs ministres.

Dans l'hôtel construit par l'architecte Cottard pour Amelot de Biseuil et longtemps habité par le résident de Hollande, revit tout entier le style du xvn° siècle. On a signalé souvent comme d'excellents motifs de sculpture décorative dus à Thomas Regnauldin, le portail qui s'ouvre sur la rue Yieille-du-Temple (n° 47j, avec ses deux vantaux, dont se détachent des masques de Méduse, des groupes d'enfants tenant un cartouche, des médaillons à figures et la voussure de pierre dans laquelle sont disposées les figures de la Paix et de la Guerre. Sur le revers de ce portail, est un grand bas-relief représentant Remus et Romulus retrouvés par Faustus. La façade de la première cour offre un fronton supporté par quatre consoles à tètes d'enfants, et celle de la cour postérieure à laquelle on parvient par un passage voûté, présente un fronton soutenu par des colonnes, des impostes de fenêtres et des lucarnes décorées de mascarons et de draperies. Deux grands cadrans solaires, inventés par le père Truchet, sont tracés sur les murs de la cour d'entrée. Bien que conservée dans ses parties principales, la décoration intérieure a subi des remaniements et des suppressions qui ne permettent plus d'y retrouver les magnificences qu'Amelot de Biseui y avait entassées. L'hôtel appartient actuellement à des possesseurs éclairés qui s'attachent à respecter ce que leurs devanciers leur ont laissé. Les fragments les plus intéressants ont été réunis dans un grand salon orné de quatre portes à panneaux encadrés dans lesquels Van

Boucle a peint des vases de Heurs sur fond doré, entourés d'arabesques, d'oiseaux et d'insectes; sur les chambranles sont des bas-reliefs en bois sculpté dus primitivement à Sarrazin et dont Thiery attribue la réfection à Guibert. D'autres panneaux longitudinaux rappellent par leurs sujets les ornements du cabinet d'Anne d'Autriche transportés au palais du Luxembourg. Une troisième série de panneaux représente des animaux au milieu d'arabesques peints dans le goût du xvme siècle. Au plafond s'étend un grand tableau de Vien : le Triomphe de Flore et de Zéphire, qui tient la place d'un plafond primitif à voussures détruit par un incendie postérieur. Auprès est une salle oblongue dont les parois sont revêtues d'une suite de bas-reliefs allégoriques et de trophées dus à Regnauldin, avec un grand plafond autour duquel courent des groupes d'enfants au milieu de fleurs, que l'on peut attribuer à Michel Dorigny. Nous signalerons encore des consoles et des mascarons à guirlandes sculptés par Regnauldin dans l'un des escaliers. Le reste de l'hôtel, longtemps négligé, a gardé çà et là des traces de sa décoration originale. La grande galerie entre autres a perdu les neuf tableaux de l'histoire de Psyché peints par J.-B. Corneille, mais on y découvre encore les vestiges des camaïeux et des arabesques peints en bleu sur fond blanc que Cotelle (*\ peintre d'ornement, y avait exécutés et qui ont été retrouvés derrière d'anciens rayons de menuiserie.

A la rencontre de la rue Vieille-du-Temple et de la rue des Francs- Bourgeois se dresse la tourelle d'angle de l'hôtel Hérouet, pittoresque construction de la fin du xv" siècle récemment restaurée et recouverte d'un toit conique, dont M. Sellier a rappelé les vicissitudes historiques (2). Un second hôtel dit Lepelletier de Saint-Fargeau (n° 26), tombé maintenant dans les mains de l'industrie, offre une grande cour à rez-de-chaussée surbaissé de style Henri IV, au-dessus duquel s'élèvent des fenêtres à frises et à mascarons reliés par des arabesques et une double lucarne à fronton cintré dans lequel deux génies couchés accostent des lettres entrelacées (3). La manufacture de bronzes de M. Raingo occupe l'ancien hôtel d'Epernon. Les murailles seules en ont été conservées et on ne retrouve plus à l'intérieur que quelques boiseries

(1) G. Brice, Description de Paris, attribue probablement par erreur, ces camaïeux à un peintre nommé Duhamel qui aurait travaillé à Fontainebleau dans l'appartement des Reines-Mères, et dont on ne trouve nulle part la trace, tandis qu'on sait que Cotelle fut chargé de cette décoration qui existe encore à Fontainebleau.

(2) Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris de 1886, p. 130 ; Daly, Revue générale d'architecture, 1875.

(3) Calliat et Lance, Enci/clopédie d 'Architecture, t. IV.

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peu importantes et des dessus de portes peints dans Je style d'Oudry. Un nouvel hôtel d'Argenson construit par de Wailly est à moitié dissimulé par des bâtiments parasites qui forment une sorte d'impasse dans la rue Vieille-du-Temple entre les nos 22 et 2G. On doit s'arrêter quelques instants devant la grande porte du n° 110, qui est un beau spécimen de la sculpture décorative à l'époque de Louis XV. Ses deux vantaux forment une voussure à deux écoinçons avec encadrements contournés dans lesquels sont placées les figures de Mars et de Minerve; au-dessous est une tête de guerrier; autour des panneaux sont des baguettes gracieusement infléchies qu'accompagnent un heurtoir et des plaques de fer du même temps.

L'hôtel qu'habitait, sous le règne de Louis XVI, le trésorier-payeur général des dépenses de la guerre, Maigret de Serilly (n° 106), avait reçu une décoration attribuée à l'architecte Ledoux et dont les détails avaient été confiés aux artistes les plus habiles de l'époque. La cour est entourée de constructions en briques encadrées de bossages en pierre datant des premières années du xvne siècle; dans cette cour aboutit un large escalier à rampe en fer forgé de l'époque de Louis XIV. Le rez-de-chaussée, occupé dernièrement par M. Dasson, bronzier, avait conservé jusqu'en 1867 un délicieux boudoir qui est restitué maintenant dans les salles du South-Kensington Muséum à Londres, comme l'un des spécimens les plus complets de l'art décoratif français. Cette petite pièce est entourée de panneaux à arabesques peints par Rousseau de la Rottière, l'un des meilleurs ornemanistes de la seconde moitié du XVIIIe siècle, qui, avec l'aide de son frère, Antoine Rousseau, sculpteur, avait été chargé des principaux motifs de l'ornementation des petits appartements de Marie-Antoinette à Versailles. M. Gillet, petit-fils de Rousseau de la Rottière, possède un recueil de dessins de son aïeul dans lequel se trouve l'esquisse du boudoir de Mmc de Serilly. Les arabesques des panneaux entourant des médaillons et des attributs à chimères, sont complétés par un plafond clans lequel Lagrenée le jeune a représenté Jupiter et V Olympe; d'autres divinités sont inscrites dans les compartiments de la voussure. La merveille de cette pièce est une cheminée de marbre blanc dont les deux figures de vieillards, terminées en gaines et reliées par une guirlande à rosace de cuivre ciselé, sont sculptées avec une intensité d'expression trop mouvementée pour être attribuées à une autre main qu'à celle de Clodion (*).

Plusieurs appartements du premier étage étaient revêtus de boise -

(1) V. C. Daly, Motifs intérieurs, %. II, 1. XVI, pl. 9 et 10 (corniche et cheminée).

ries de style Louis XV, qui sont aujourd'hui en partie démontées. A la suite se trouve un grand salon carré dont les lambris sculptés et dorés ont dù leur conservation aux rayons de sapin qui les rendaient invisibles. Quatre portes en bois sculpté donnent accès dans cette pièce. Elles sont surmontées d'un bandeau à rosaces dorées et de consoles à feuilles d'acanthe, sur la corniche desquelles s'appuient quatre basreliefs de bois sculpté et doré représentant les Attributs des Arts et des Sciences. Des glaces à encadrements de feuillages sculptés occupent le milieu de chacun des côtés. Sur la paroi opposée aux deux fenêtres et de chaque côté de la glace centrale, s'étendent deux panneaux disposés en trophées soutenus par des rubans à glands, s'écartant pour former une console où s'appuient deux ouvertures de cartel destinées à la pendule et au baromètre. Des branchages de bois doré complètent ces deux motifs délicieux ciselés comme des œuvres de bronze, dans le style des planches de l'ornemaniste Forly.

A l'extrémité de la rue Barbette (n° 2) se trouve un grand hôtel de style Louis XIV, construit sur l'emplacement de l'ancien hôtel Barbette, qui, après avoir appartenu au maréchal d'Estrées, avait été acquis par le Président Corberon. Un perron, situé dans le fond d'une vaste cour, donne accès dans un vestibule où débouche un escalier à rampe en fer de l'époque de Louis XV. Dans les angles sont des trophées en forme de trompes d'une belle disposition. Il existe encore dans l'intérieur trois pièces décorées de boiseries sculptées et des dessus de portes peints représentant des jeux d'enfants. Nous présumons que ce n'est là qu'une partie de la décoration primitive et qu'il fallait y joindre les importantes boiseries de deux grands salons (Louis XV), que M. le comte de Greffulhe a fait transporter dans son hôtel. Ces panneaux ont été acquis comme provenant de l'hôtel de Biré, trésorierpayeur de la guerre, que Thiery cite comme étant situé à l'extrémité gauche de la rue Barbette, emplacement qui semble répondre à celui de l'hôtel de Corberon.

Un chapitre, peu connu de l'histoire artistique sous le règne révolutionnaire, se rattache à l'hôtel de Corberon. Pendant ces temps troublés, il avait été occupé par un collectionneur courageux qui avait réussi à recueillir une partie des plus importants tableaux des églises de Paris, que le gouvernement mettait journellement en vente au dépôt de l'hôtel de Nesle, accomplissant pour la peinture ce qu'Alexandre Lenoir faisait pour les monuments de la sculpture. Cet amateur intrépide — nous pensons que c'était le peintre expert Lebrun, auquel ses fonctions de membre de la Commission des Arts donnaient des facilités

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TEMPLE

toutes particulières — mit à son tour cette collection en vente à l'hôtel Corberon, clans l'année 1810, en annonçant que la vente en détail n'aurait lieu que s'il n'y avait pas acquéreur pour la totalité. Le catalogue imprimé à cette occasion O comprend 162 peintures dont les plus importantes sont venues reprendre leur place dans les églises pour lesquelles elles avaient été exécutées, c'étaient : La mort de Louis XIII et Saint Vincent de Paul dans un concile, provenant de Saint-Lazare, par Jean-Baptiste de Troy ; — La mort de saint Augustin et la translation de ses reliques, provenant des Petits-Pères, par Carie Vanloo; — deux tableaux par Jean-Baptiste de Troy et Largillière représentant des vœux des échevins de la ville à sainte Geneviève, provenant du chœur de l'ancienne abbaye; plusieurs tableaux offerts à Notre-Dame par la confrérie des orfèvres, et connus sous le nom de Mais, et nombre de toiles provenant des églises ou des couvents de Paris parmi lesquelles se trouvaient des œuvres de Philippe de Champaigne et des peintres du xvmc siècle; des tableaux ayant décoré des châteaux ou des établissements publics des environs de la capitale, et enfin un certain nombre de compositions de Rubens ou de son école, et d'œuvres de l'école italienne du xvne siècle. La grande Aumônerie impériale comprit que ces tableaux, sauvés presque miraculeusement, ne devaient pas être dispersés à nouveau; elle acquit la collection et renvoya les toiles dans les églises pour lesquelles elles avaient été peintes ou dans les paroisses qui les remplaçaient. Toutefois le cardinal Fesch était trop friand de peinture pour ne pas se faire une part et il en garda pour lui quelques-unes qui n'étaient pas les plus mauvaises, entre autres le martyre de saint Eustache, par Simon Vouet, qui fut racheté après la mort du cardinal par la ville pour l'église Saint-Eustache.

La rue Chariot a absorbé l'ancienne rue d'Orléans où était située, au n° 12, la maison de M. de Tourolle. Thiery, dans son Guide de l'Amateur, a donné la description d'un grand salon d'ordre ionique à renfoncement central et décoré sur les dessins de l'architecte Boullée, qui se voyait dans cet hôtel. Il était revêtu d'une boiserie sculptée à feuilles de chêne d'un faire vigoureux, et à médaillons entourés de guirlandes retombantes, au-dessus de laquelle régnait un vaste plafond où Deshays avait représenté le Triomphe de Vénus. Sur les portes étaient des médaillons peints également par Deshays qui figuraient les Quatre Saisons, et qui sont aujourd'hui effacés. Cette décoration

(1) M. le baron Pichon possède un exemplaire de ce catalogue qu'il a bien voulu mettre à notre disposition.

fut acquise, il y a environ vingt-cinq ans, par M. Mombro; lors de la vente qu'il fît en cessant son commerce, elle fut achetée pour le Musée municipal, alors en préparation. Après les événements de 1871, elle fut remise en vente et divisée. M. Ménier se rendit acquéreur du plafond qu'il plaça dans son hôtel du parc Monceau, tandis que Mme la baronne Nathaniel de Rothschild devenait propriétaire des boiseries dont elle ornait la salle à manger de son hôtel du faubourg Saint- Ilonoré. Elle faisait en même temps remonler dans un de ses salons la cheminée monumentale de marbre blanc à feuilles de chêne en cuivre admirablement ciselé qui les accompagnait. Avant de vendre cet ensemble à M. Mombro, le propriétaire avait cédé à M. le duc de Trévise deux consoles de cuivre ciselé, et à M. le baron Adolphe de Rothschild une seconde cheminée ornée de bronze, qui se trouvaient dans l'hôtel de Tourolle.

Située en regard, l'église Saint-Jean et Saint-François, édifice du xvne siècle, sans caractère artistique, n'offre au curieux que deux morceaux de sculpture : un Saint François agenouillé, par Germain Pilon, provenant de la Salle des antiques au Louvre et commandé probablement, à l'origine, pour la chapelle funéraire des Valois à Saint-Denis, et un Saint Denis également agenouillé, par Jacques Sarrazin, qui avait été offert à l'abbaye de Montmartre. Une vasque de marbre blanc àgodrons, datant du xvine siècle, y sert de fonts baptismaux.

La longue rue du Temple, envahie chaque jour par l'industrie, n'a conservé qu'un nombre bien restreint des hôtels qui la bordaient autrefois. Le plus remarquable (n° 71) par la grandeur de ses proportions est l'ancien hôtel du duc de Beauvilliers-Saint-Aignan. Un majestueux portail introduit dans une cour entourée de longs pilastres corinthiens dessinés par l'architecte Le Muet. Toutes les dispositions intérieures de cette vaste et fastueuse habitation ont été bouleversées pour y établir des logements particuliers. Plus loin s'élevait l'hôtel de Vie qui a été remplacé, il y a quelques années, par des maisons de rapport. On y voyait une belle porte à vantaux sculptés surmontée d'une voussure en pierre dont le tympan montrait les figures assises de la Paix et de la Guerre accostant un cartouche. La date et la légende en sont modernes. Ce curieux spécimen de l'art du xviii" siècle, pour la préservation duquel la Société des monuments parisiens a fait des efforts infructueux, a été sauvé de la démolition, par M. le comte Pillet-Will, qui l'a fait remonter dans son hôtel du faubourg Saint-Honoré. On trouvait çà et là, dans les appartements intérieurs, des fragments incomplets de boiserie d'une fine exécution qui ont disparu avec les matériaux de la maison. On distingue,

L'^Arl 'Décoratif dans le Vieux Taris.

'Décoration de l'appartement de la princesse de Soubise.

Hôtel de Soubise (Archives Nationales). Hpoque de Louis XV.

LE TEMPLE

in:!

au n° 77, deux consoles à volutes ornées de guirlandes qui faisaient autrefois partie du fronton d'un portail supprimé. Une maison portant

PORTAIT, DE L'HÔTEL I> E VIT (XVIIIe siècle)

(Rue d« Temple).

le n° Hi a conservé une porte à deux vantaux sculptés, contemporaine de Louis XIV.

Au point où la rue du Temple aboutissait au boulevard, demeurait Ch. 23

Rergeret de Grancourt, fermier général et ami de Fragonard avant de plaider avec lui. Il avait aussi acheté la Folie-Beaujon au fermier Saint- James et il possédait le château de Cassan. Quand il mourut, on vendit divers tableaux dont Fragonard avait orné l'hôtel de la rue du Temple : quatre dessus de porte représentant les Arts, achetés par Saint-Non; quatre autres allégories représentant des Jeux d'enfants; deux compositions, Jeunes garçons et jeunes filles se balançant, Bergers et bergères jouant de la palette. Ces dernières peintures rappellent que Fragonard avait peint dans son atelier du Louvre des guirlandes, des vases de fleurs, des pièces d'eau, des balançoires et des draperies, de manière à donner l'illusion d'un décor théâtral; un groupe d'enfants et un plafond dont l'esquisse a figuré dans la collection Walferdin.

Il ne reste plus de traces de la vaste et curieuse maisôn du Temple fondée au commencement du xmc siècle et qui a donné son nom à la rue que nous suivons. En dehors des souvenirs historiques qu'il réveillait, le donjon se recommandait par l'originalité de sa construction, si parfaite, qu'elle avait traversé sept siècles sans recevoir la moindre atteinte. Entourée de nombreux bâtiments conventuels, son église formait une rotonde imitée de celle qui protège l'emplacement du Saint- Sépulcre à Jérusalem, disposition que l'on retrouve dans quelques monuments bâtis à la même époque. On y voyait des vitraux et des peintures de l'ancienne École française et des tombeaux qui avaient déjà disparu lors de la démolition du Temple ordonnée en 1805. Alexandre Lenoir y avait recueilli la statue en albâtre de Villiers de lTle- Adam (xvi° siècle), et celle d'Amador de la Porte par Michel Bourdin (xvne siècle), qui font partie du Musée de Versailles.

A la droite du donjon s'élevait un vaste hôtel habité par le grand prieur de France. Cette demeure, commencée par Jacques de Souvré, sur les dessins de l'architecte Pierre de Lisle et par Mansard (1667), avait été continuée par le chevalier d'Orléans qui, en 1720, avait fait changer les dispositions intérieures par Gilles-Marie Oppenordt, architecte du Bégent. Ces travaux n'étaient pas achevés à la mort du chevalier d'Orléans, et le peintre Nattier, qui demeura dans l'enclos du Temple jusqu'en 1760, et qui avait été choisi pour compléter la décoration de la grande Galerie commencée par Baoux, dut reprendre ses ouvrages. C'étaient six tableaux représentant les Muses et un portrait du grand prieur. Le prince de Conti qui vint ensuite, fit de cet hôtel un centre artistique et littéraire où il réunissait la société la plus élégante de son temps. Il y avait également formé une collection de tableaux dispersés après sa mort, dont le catalogue fait connaître les richesses nombreuses

LE TEMPLE

en tout genre. Conservé pendant la Révolution et affecté sous la Restauration au couvent des Dames de l'Adoration perpétuelle du Saint- Sacrement, fondé par la princesse de Condé/ce grand palais ne fut détruit qu'en 18o3, pour établir sur son emplacement le square actuel du Temple.

Le portail arrondi de l'entrée rappelait la disposition de celui de l'hôtel de Soubise Une colonnade entourant la cour aboutissait au logis principal ayant un avant-corps et flanqué de deux pavillons, au portail étaient deux grandes statues couchées et un cartouche contenant le nom de l'hôtel en lettres d'or qui n'a été démoli qu'en 1853. Sur la façade étaient des bas-reliefs où l'on voyait des enfants domptant des monstres marins. Les appartements intérieurs, dont il reste des descriptions, se composaient, au rez-de-chaussée, d'un large vestibule, d'un grand escalier de pierre et deux salons principaux : la chambre des Nobles (grande antichambre) et la salle de jeu, ornés de boiseries sculptées et dorées. Auprès, s'ouvrait la chambre à coucher du grand prieur, à alcôve et à boiseries dorées, puis le cabinet turc (sans doute orné de sujets orientaux dans le goût du temps) et une bibliothèque. La « salle des Nobles » et les deux autres pièces lui faisant suite, formaient trois immenses salons qui occupaient toute la façade donnant à la fois sur la cour et sur le jardin. La salle des Nobles et la salle de billard avaient chacune quatre fenêtres opposées deux par deux, le grand salon central en comptait huit; toutes ces pièces étaient parquetées, plafonnées, boisées et sculptées. A la suite était une seconde salle des jeux par où Ton passait dans une galerie communiquant avec le donjon. Le premier étage comprenait plusieurs grands appartements complets sur lesquels nous n'avons pas de renseignement.

Tout ce qui restait de ces belles boiseries a été mis en vente par le Domaine à l'époque de la démolition. La part la plus importante était tombée dans les. mains d'un marchand de Paris, nommé Colomb; il la céda plus tard au marchand anglais Pratt qui a fait d'importants travaux de décoration artistique dans les résidences de la Grande-Bretagne. Jusqu'à ce jour nous n'avions pu savoir positivement ce qu'elles étaient devenues, mais d'après un renseignement qui nous a été communiqué par M. Donaldson de Londres, elles seraient à Francfort chez un membre de la famille Rothschild.

Deux charmants tableaux de Michel-Barthélémy Olivier, peintre

(1) X. Barillet, Recherches historiques sur le Temple; H. de Curzon, La Maison du Temple de Paris.

attitré du prince de Conti, représentent les salons du Temple, en joignant à la fidélité d'un procès-verbal, le charme de l'exécution la plus spirituelle. Ce sont des pages historiques empreintes du goût raffiné et de l'élégance de cette petite cour. L'une représente Le soupe)" du prince de Conti entouré de huit convives, dans un des salons du Temple; plus loin est une autre table de huit personnes placée dans une sorte d'alcôve à panneaux surperposés et ornés d'arabesques sur fond doré dans la manière d'Audran; à chaque extrémité de la table principale sont des musiciens et des chanteurs. Le dessus des portes est garni de trumeaux peints entourés de sculptures finement découpées.

Le second tableau, bien connu de tous ceux qui ont étudié la biographie de Mozart, nous introduit au Thé à l'anglaise dans le salon des quatre glaces, au Temple, avec toute la cour du prince de Conti, le jour où le jeune prodige, âgé de dix ans, y avait été reçu (1766). 11 est décrit dans la notice des tableaux du Musée de Versailles par Eudore Soulié; depuis il a été transporté au Louvre. Moins favorisé que lui, le Souper du prince de Conti est resté à Versailles, avec deux autres tableaux d'Olivier représentant une fête et une chasse au château de l'Ile-Adam, propriété du prince de Conti. Lors de l'exposition du Thé au Salon de 1777, dans l'année qui suivit la mort du prince, le tableau était accompagné de la légende que nous reproduisons :

« A droite, une table à laquelle sont assis le bailli de Chabrillant et le mathématicien de Mairan; la princesse de Beauveau debout verse à boire à ce dernier. Sur le devant, les comtes de Jarnac et de Chabot, debout, le premier tenant un plat, l'autre mangeant un gâteau; plus loin la comtesse de Boufflers assise devant un paravent. La comtesse d'Egmont la jeune tient une serviette et porte un plat, et la comtesse d'Egmont la mère coupe un gâteau. Près d'elle est M. Pont de Vesle appuyé sur le dossier d'un fauteuil. Le prince d'Henin debout, appuie la main sur le dossier d'une chaise, sur laquelle est assise la maréchale de Luxembourg tenant une soucoupe; entre eux est Mme de Vierville. MIle Bagarotti est assise toute seule devant un petit guéridon, près duquel est une bouilloire posée sur un fourneau portatif. Le prince de Conty, vu de dos, est debout, près de Trudaine. Enfin à gauche, Mozart enfant touche du clavecin et Géliotte, debout, chante en s'accompagnant de la guitare. Le chevalier de La Laurency, gentilhomme du prince, est debout derrière Mozart et le prince de Beauveau assis lit une brochure. Le salon est orné de grandes glaces et de dessus de portes représentant des portraits de femmes. Un violoncelle et des

LE TEMPLE

cahiers de musique sont posés dans l'angle de gauche, et on lit sur un papier :

De la douce et vive gaieté Chacun icy donne l'exemple, On dresse des autes au thé ; Il méritait d'avoir un temple.

L'église Sainte-Elisabeth, construite sous le règne de Louis XIII, a recueilli une suite de cent bas-reliefs en bois sculpté, de la fin du xvc siècle, représentant des sujets de l'Ancien et du Nouveau Testament, que les hasards du commerce ont fait transporter de l'abbaye de Saint- Waast à Arras, dans cet édifice religieux de Paris. Elle conserve également une vasque ovale à godrons supportée par un pied taillé en balustre, dont le marbre porte la date de 1651. A l'époque où l'on a agrandi la place du Château-d'Eau pour en faire la place actuelle de la République, on a supprimé les derniers vestiges du grand hôtel de l'Hôpital reconstruit au xvne siècle, et qui s'étendait depuis la rue du Temple jusqu'au boulevard. Il en restait, dans les dernières années, un grand portail à colonnes surmontées de deux figures couchées de chaque côté d'un cartouche portant en lettres d'or le nom de l'hôtel, qui se trouvait sur le tracé actuel de la rue de Turbigo.

D'autres grands noms sont liés à l'histoire de la rue du Temple. Le premier est celui de la famille d'Effiat dont la vieille demeure conservait un grand bas-relief attribué à Sarrazin et donné au Louvre par M. Fouquiau. Au n° 79 était la maison des Montholon et plus tard des Caumartin avec un grand escalier, un très beau fronton et deux façades complètes sur deux cours correspondant entre elles; au n° 77, les belles consoles géminées d'une fenêtre d'entresol; aux nos 101-103, hôtel habité par Fouquet alors procureur général au Parlement; au n° 126, hôtel du chancelier Voisin.

Dans les voies aboutissant à la rue du Temple, on rencontre de curieux souvenirs de ce vieux quartier jadis aristocratique. Nous signalerons, au n° 5 de la rue Chapon, le portail à consoles et à cartouche (Louis XV), d'un petit hôtel, et au n° 33 une façade ornée de consoles et de mascarons. (Louis XIV), ayant fait partie de l'ancien couvent des Carmélites. L'hôtel portant le n° S de la rue de Montmorency est précédé d'un grand portail ouvrant sur une cour où se développe une façade de style Louis XV, surmontée d'un fronton dans lequel deux génies tiennent des écus veufs de leurs armoiries. M. Montvallat a enlevé de cette maison les boiseries d'un petit salon décoré de médaillons

sculptés, qui comptent parmi les plus belles pièces de la collection de M. le baron Ferdinand de Rothschild, si riche cependant en chefsd'œuvre décoratifs de l'art français. Il reste encore dans la demeure primitive des frontons, des mascarons et des consoles du xvne siècle. Les archéologues s'arrêtent devant deux maisons du xvc siècle (n° Si), qui ont appartenu à Nicolas Flamel, où sont les traces bien peu lisibles d'une inscription et des détails d'architecture.

L'hôtel de Bouligneux, rue Michel-Le-Comte, n° 28, a été reconstruit sous le règne de Louis XVI par l'architecte Ledoux, alors qu'il appartenait à la famille d'Hallwill. Aucune modification n'a été apportée aux dispositions de la façade et de la cour, spécimens très complets du style classique de la fin du xvme siècle. Deux colonnes corinthiennes décorent le portail dont le tympan est occupé par deux grands génies ailés sculptés en bas-relief et placés de chaque côté d'un vase ovoïde. Sous le passage de la porte on voit deux trophées d'armes sculptés dans la pierre. M. Guyot de Villeneuve a retiré de cette maison lès boiseries sculptées et dorées d'un grand salon et plusieurs cheminées décorées de bronze, qu'il a fait restituer dans son hôtel du square de Messine. La décoration générale de cette pièce comprend quatre portes à médaillons entourés de feuillages et surmontées de bas-reliefs à sujets d'enfants, de deux grands panneaux sur lesquels sont sculptées des arabesques et de sirènes soutenant des lyres, accompagnentla cheminée. La reproduction que nous publions de l'un de ces panneaux, permet d'en apprécier la belle ordonnance et toute la délicatesse de leur exécution. Il s'y trouvait également un groupe en terre cuite de deux femmes supportant une coquille, par Clodion, que M. de Villeneuve a joint aux belles pièces décoratives qui sont conservées dans sa nouvelle demeure du square de Messine. Sur la façade d'une maison voisine se voit un tympan cintré dans lequel sont deux génies placés de chaque côté d'un vase de style Louis XVI; sous le portail sont disposés deux trophées de la môme époque conduisant dans une grande cour qui a conservé le même caractère général de décoration.

L'hôtel Turgot, dans la rue Portefoin (n° 12), n'est qu'une vaste construction dans le style du xvnc siècle, dont les façades extérieures remaniées dans ces dernières années, sont seules debout. Cette voie sert de point d'arrivée à la nouvelle rue des Archives qui a absorbé celles du Chaume, du Grand-Chantier et des Enfants-Rouges. Des hôtels du règne de Louis XIV s'y voient aux nos 60, 62, 67. L'hôtel du duc de Tallard se trouve à l'angle de la rue Pastourelle. Quoique défiguré, il y reste encore un bel escalier dessiné par l'architecte Le Muet, dont nous devons citer

LE TEMPLE

les larges proportions, la rampe en fer, la corniche de plafond et deux statues qui occupent encore une partie de ses niches. Les n03 70 et 72, aujourd'hui séparés, ne formaient autrefois qu'une grande demeure dans laquelle on entrait par deux portails à tête casquée et empanachée. Au fond d'un magasin de papier qui occupe le rez-de-chaussée du n° 72, existe une grotte à coquille de la fin du xvne siècle, entourée de stalagmites, dont la niche est occupée par deux figures de divinités marines peintes de chaque côté d'une urne; monument oublié formant autrefois la perspective du jardin de l'hôtel. François Le Juge avait fait construire par Mansard et par Robert de Cotte, au n° GG de la même rue, une demeure à deux cours d'un grand style, que précédait un portail à voussure dont l'imposte offre de belles figures et des arabesques en bois sculpté. Le corps de logis principal est surmonté d'un fronlon de style Louis XIV. La façade donnant sur le jardin est ornée d'un balcon soutenu par des consoles d'une superbe allure attribuées à Coyzevox. Le premier étage, occupé dernièrement par M. Normand, bronzier, est décoré de deux plafonds peints, attribués à Mignard et à Coypel, mais que les Mémoires inédits des membres de l'Académie rangent parmi les œuvres de Charles de Lafosse. Le mieux conservé représente Flore et Ce'rès, allégories du Printemps et de l'Été, exécutées d'un pinceau clair et gracieux. Sur le second on voit : Le lever de l'Aurore, sujet central entouré d'une voussure à médaillons soutenus par des figures en grisaille. Un troisième cabinet oblong y faisait suite; il est aujourd'hui divisé en deux étages, mais sur la voûte on distingue encore le Triomphe d 'Apollon dirigeant le char du Soleil. L'hôtel de Le Juge possédé plus lard par les Choiseul-Stainville est en ce moment mis en vente sous le nom d'hôtel d'Anglade et sur son emplacement doivent être établis des magasins et des fabriques. Le grand plafond de l'hôtel d'Anglade a été vendu récemment 27.000 fr. à M George; les deux autres ont été acquis par le marchand de curiosités Jacob. Toutes les sculptures des façades ont élé vendues en détail. Ces peintures étaient aulrefois classées comme monuments historiques, mais elles ont été déclassées depuis la nouvelle loi qui a permis à tant de spécimens de notre ancien art de disparaître faute d'un veto suffisant imposé aux propriétaires.

Au n" 53 est une fontaine construite par Lenoir et ornée d'une délicieuse naïade couchée qui a été sculptée en 1765, parMignot. Le Bulletin de la Société des amis des Monuments parisiens a reproduit avant sa démolition le portail d'une maison de la rue du Chaume (n° 5), décoré de mascarons et de consoles avec vantaux sculptés dans un beau style

PARIS

de l'époque de Louis XIV ('). Nous avons vu, il y a quelques années, chez un marchand, M. Sewilz, les lambris sculptés d'une alcôve et d'une porte de l'époque de Louis XV, qui provenaient d'une maison de la rue du Chaume connue sous le nom d'hôtel de Chaulnes. Ces deux reliques artistiques pourraient bien provenir de la même demeure alors qu'elle était debout.

Deux maisons jumelles de la rue de Braque (4 et 6), ont conservé leurs grandes portes et leurs balcons, ainsi qu'un escalier de la fin du règne de Louis XIV. Un autre hôtel est annoncé par'une porte à deux vantaux dont les panneaux sont entourés de baguettes échancrées avec doubles coquilles et des enroulements fleuronnés. Une fenêtre d'imposte est disposée au-dessus d'un bandeau à fleurons et à guirlandes (2). L'entourage du portail et la façade sont ornés de masques de satyres, de clefs à têtes d'Hercule et de consoles sur lesquelles règne un grand balcon. Nous signalons encore une porte d'un beau caractère restant intacte sous les écriteaux qui la recouvrent ainsi que la cour de l'hôtel de la rue des Haudriettes (n° 4), et une boutique du xvme siècle (n° 87), et qu'une construction en trompe (n° 82). Des portes et des façades anciennes se voient également aux nos 20, 18 et 24, de la rue des Quatre-Fils.

L'église des Blancs-Manteaux, dont la façade était restée inachevée, a reçu dans ces dernières années le portail des Barnabites construit par l'architecte Carlaud, et démoli pour l'élargissement du boulevard du Palais. On a également transporté à l'entrée de la nef six colonnes d'ordre ionique en bois sculpté qui proviennent de l'ancienne décoration de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, pour y asseoir un buffet d'orgues moderne. Le Conseil de fabrique a acquis, en 1884, une chaire provenant d'une église de Belgique et qu'un marchand de curiosités avait envoyée l'année précédente au Palais de l'Industrie, lors de la première exposition organisée par la Société naissante de l'Union Centrale. Cette chaire est surmontée de la statue de Saint Michel et de celles des Quatre Evangélistes ; la cuve et l'escalier sont ornés de tableaux en marqueterie représentant des sujets religieux et accompagnés d'inscriptions en hollandais. Tous les encadrements et les détails de ce monument sont dorés et travaillés avec une consciencieuse recherche, dans le style rococo le plus lourd et le plus disgracieux, malgré sa richesse. L'église possède une seconde chaire portative du xviic siècle, ornée de médaillons

(1) Bulletin de lu Société des Monuments par hiens, 1888, n° 88.

(2) Tous les détails de cette porte sont gravés dans X Encyclopédie d'Architecture, t. VII, par Calliat et Lance.

LE TEMPLE

et portée sur des pieds-droits dont le caractère est bien mieux approprié à sa destination. Des monuments funéraires qui étaient placés aux Blancs-Manteaux avant la Révolution, il ne reste que la statue fragmentée du lieutenant civil Jean Le Camus, . par Simon Maizières, qui est au Musée de Versailles.

Le savant critique musical M. Adolphe Julien a décrit dans une notice la demeure patrimoniale (rue Aubriot n° 10), qu'il tient du contrôleur des rentes Havès ('). Il en a reproduit la porte cochère à marteau du xviie siècle, l'escalier à rampe de fer et les cheminées à trumeaux cintrés. L'hôtel de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie (n° 20), a conservé un très beau portail à deux vantaux et à imposte sculptés dans le style de la fin du xvn° siècle. On y avait installé pendant plusieurs années la mairie du IVe arrondissement, avant la construction de celle qui borde la rue de Rivoli. Au n° 22, on remarque des balcons en fer forgé, à figures de génies, clans le goût des gravures publiées par le serrurier Hasté; au n° 24, une porte cochère et une rampe d'escalier Louis XIV. MM. Calliat et Lance ont reproduit une grille en fer à deux vantaux d'une autre maison de la même rue (2). Au n° 19, près la ruelle de Moussy, se voyait une curieuse maison à porte surplombée de deux grandes consoles rappelant les constructions du Moyen âge, que l'on. est en train de démolir. Le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris a reproduit (ann. 1894, p. 36) le logis des évêques de Beauvais situé rue de Moussy n° 7, datant du xvn° siècle et qui a été abattu en 1874.

M. de Boislile a signalé à la Société de l'histoire de Paris (3), la disparition du tympan d'une porte cochère en bois sculpté de l'époque de Louis XIV, qui décorait la façade de l'une des maisons de la rue des Billeltes, démolie pour le prolongement de la rue des Archives. Cette porte a été acquise par M. le marquis de Puygiron qui l'a fait entrer dans la construction de son hôtel de l'avenue Hoche. L'église des anciens Carmes-Billettes, aujourd'hui temple protestant, est un édifice du xvme siècle qui ne présente qu'un intérêt médiocre; mais elle est accompagnée d'un cloître datant des dernières années du xvc siècle, dont les clefs de voûte sont soutenues par des figures d'anges. C'est le seul édifice de ce genre que la Révolution et le besoin de rénovation aient épargné dans notre capitale. En se promenant sous ces délicats arceaux, l'archéologue peut éveiller pendant quelques instants les souvenirs du Moyen âge que

(1) A. Julien, Un vieil hôtel du Marais.

(2) Calliat et Lance, Encyclopédie d'Architecture, t. III.

(3) Bulletin de lu Sncié//- de l'Histoire de Paris, 1S8G.

la Renaissance allait bientôt remplacer. Le marteau de porte conservé jusqu'à nos jours est formé d'une plaque avec mascaron rayonnant au centre par un cartouche chantourné; le heurtoir se compose de deux enfants tenant un cartouche au-dessus d'un masque barbu, du style de Louis XIV. Dans la cave d'une maison voisine, occupée par une école municipale, ont été déposées plusieurs pierres tombales à personnages gravés, qui ont été retrouvées dans les travaux de fouille. MM. Lance et Calliat ont reproduit dans Y Encyclopédie d'architecture, M. Daly dans ses Motifs extérieurs un nombre considérable de fenêtres, de mascarons et de motifs de la rue des Billettes. La plupart des maisons d'où ils étaient tirés n'existant plus, il nous paraît inutile de reproduire des citations devenues sans objet.

HOTEL DE VILLE

Les diverses rues que nous venons de parcourir convergent toutes vers un centre commun : l'Hôtel de Ville. Nous n'avons rien à dire de l'édifice qui vient d'être reconstruit; il appartient à l'histoire de l'art moderne qui est en dehors de notre sujet. Nous nous bornerons à signaler les rares épaves arlistiques de l'ancien palais municipal que les torches incendiaires de 1871 ont plus ou moins compromises, sans les anéantir complètement. Lors de la démolition des ruines, on avait réservé les motifs les plus gracieux de la décoration que l'habile architecte Domenico de Cortone, dit le Boccador, avait imaginés, en 1333, pour la nouvelle maison commune. On a depuis transporté à l'hôtel Carnavalet deux rosaces de plafond en pierre sculptée d'une admirable composition, placées jadis dans l'escalier, et quelques-uns des meilleurs ornements qui les accompagnaient. On y a joint le délicieux arceau sculpté au chiffre et à la devise de François I", qui décorait la loggia primitive, aveuglée plus tard par la grande plaque sur laquelle se détachait la figure équestre de Henri IV. Découverte au cours des travaux de démolition, celte voûte présente les rapports les plus étroits avec les plafonds et les motifs sculptés du château de Chambord. On sait au reste que le Boccador avait longtemps séjourné à Amboise et sur les bords de la Loire, et qu'il y avait travaillé pour les résidences royales. 11 est regrettable que l'on n'ait pu conserver tout l'ordre du rez-de-chaussée dont les proportions et le style pouvaient être cités comme des modèles de goût. On a sauvegardé d'autres parties moins heureuses, notamment les consoles renversées et les niches du premier étage, ainsi que les lucarnes de la cour centrale, exécutées plus tard et qui sont d'un art moins délicat que les œuvres dues à l'architecte lui-même. Toute la menuiserie intérieure avait disparu, et il ne reste rien des douze bas-reliefs de l'école de Jean Goujon qui garnissaient la salle du Zodiaque. On a retrouvé dans les décombres les

deux beaux masques de Méduse jetés en bronze par Perlan, qui décoraient la porte centrale refaite sous Louis XIV, lors d'un premier incendie allumé par la Fronde; ils sont maintenant au Musée de l'hôtel Carnavalet, dans la cour duquel on a placé récemment la grande statue en bronze de Louis XIV, modelée par Coyzevox, qui occupait jadis une arcade de la cour intérieure soutenue par des colonnes de marbre à chapiteaux et à devises de bronze doré.

L'ancien bureau de la ville, se conformant à une tradition historique dont on retrouve l'existence dans les cités du Nord, aussi bien que dans celles du Midi, avait peuplé l'intérieur des salles de l'Hôtel de Ville, de compositions peintes, destinées à rappeler les noms des magistrats élus successivement pour veiller aux intérêts de la ville, et à conserver le souvenir des événements principaux auxquels ils avaient pris part. Commencée au xvie siècle, cette collection qui s'étendait jusqu'au règne de Louis XVI, fut dispersée en 1791 ; elle comprenait des œuvre&de Porbus, des de Troy, de Rigaud, de Largillière, de C. Vanloo, de Roslin, etc. Noustenterons de reconstiluercet ensemblecomparableà celuides grandes toiles historiques qui font l'orgueil des Hôtels de Ville d'Amsterdam, de Harlem et de la Haye, en nous aidant des fragments que nous avons retrouvés dans les Musées ou dans des collections privées et des renseignements extraits des registres des délibérations du bureau de la ville, et des descriptions de l'ancien Hôtel de Ville.

Nous n'avons pas de données sur les tableaux antérieurs au xvn° siècle qui décoraient les appartements intérieurs de l'Hôtel de Ville, bien que l'on sache qu'il en existait qui avaient été peints par des artistes portant le titre de peintre de la ville.

La plus ancienne composition connue, représentait Henri IV à cheval faisant son entrée dans Paris après la réduction de la Ligue et reçu à l'Hôtel de Ville par le prévôt des marchands et les échevins. Avant la Révolution ce tableau était placé dans la salle d'audience.

1602. — Jérôme Franceur est chargé de faire le portrait des magistrats en charge en 1601, moyennant la somme de six- vingt écus. Franceur est indubitablement une déformation de Franck, l'un des membres de la famille de ce nom qui était venu s'établir à Paris où Jérôme avait obtenu la charge de peintre du roi Henri III.

1603. — Jean d'Angers reçoit 115 livres t. pour le paiement des peintures et armoiries qu'il a faites, pour la ville (1602-1603).

1609. — Ferdinand Hellé reçoit 400 livres t. pour un grand tableau où le prévôt des marchands, les échevins, le procureur du Roi et le greffier sont représentés ensemble. Le peintre Hellé était Ferdi-

HOTEL DE VILLE

nand Elle d'origine flamande, grand-père du portraitiste vivant sous Louis XIV.

1610. — Le prévôt des marchands et les échevins prêtant serment de fidélité à Louis XIII. Nous donnons cette indication d'après une gravure signée : Ludov Bobrun, fac. 1610, sans savoir si la peinture a été exécutée pour l'Hôtel de Ville.

1611. — Georges Lallemand peint moyennant 450 livres t. les portraits réunis du prévôt des marchands et des échevins. Ce tableau placé primitivement dans la grande salle de l'Hôtel de Ville, fut ensuite transporté aux Minimes de la place Royale. Recueilli par Lenoir, il fut retrouvé dans un grenier de l'Hôtel de Ville, plié en quatre et très écaillé. Le peintre Haro chargé de la restauration a refait plusieurs des têtes de cette toile qui est actuellement conservée à l'hôtel Carnavalet.

1612. — Guillaume Du Mée, maître-peintre, touche 500 livres t. pour un tableau représentant le prévôt des marchands et les échevins. Ce tableau qui a fait partie de la collection Aguado est maintenant dans les galeries du Musée de Versailles, sous le n° 4165.

1614. — Porbus (Franz dit le Jeune) le prévôt des marchands et les échevins agenouillés devant le roi déclaré majeur.

1616. — Porbus (Franz dit le Jeune). Le prévôt et les échevins complimentent le roi à l'occasion de son mariage.

Ces deux tableaux de Porbus étaient placés sur les portes de chaque côté de la cheminée dans la grande salle. Sauvai qui les a vus, les cite comme des chefs-d'œuvre et les met bien au-dessus de tous les autres que possédait la ville. On voit au Musée du Louvre un beau dessin terminé qui donne la composition du second tableau de Porbus (le mariage du Roi). La galerie de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg possède trois fragments de ces toiles historiques qu'elle a acquises par l'intermédiaire de Denon. L'un représente trois bustes d'hommes parmi lesquels sont le prévôt des marchands et l'artiste lui-même; dans le second sont deux bustes de magistrats dont l'un est le garde des sceaux Guillaume Duvair; sur le troisième on voit quatre personnages en justaucorps et en simarre, mais la description du catalogue russe n'est pas suffisante pour apprendre à laquelle des toiles de Porbus appartenaient ces fragments recueillis à la Révolution, lorsque les compositions furent lacérées.

1 62 i. — Louis Bobrun, 500 livres t. pour le paiement d'un tableau représentant le prévôt des marchands et les échevins.

164-3. — Louis de Boullongne, peintre de la ville, et domicilié à

l'Hôtel de Ville, fait un tableau représentant le prévôt des marchands et les échevins reçus par le roi assis sur son trône.

1649. — Philippe de Champaigne. Le prévôt des marchands et les échevins de Paris agenouillés. Le tableau provenant de la collection Lacaze est au Musée du Louvre. Il existe plusieurs portraits séparés des échevins représentés sur cette toile.

1652. — Philippe de Champaigne. Tableau représentant le prévôt des marchands et les échevins, réintégrés dans leurs charges par l'autorité royale.

1654. — La Hyre (Laurent de). Le roi Louis XIV recevant les hommages des échevins en 1653.

1654. — Philippe de Champaigne. Portrait de M. de Sèvre, prévôt des marchands et des échevins.

1660. — Beaubrun (Henri et Charles). Grande composition placée sur la porte Saint-Antoine et représentant le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Espagne (nous ne sommes pas certain que cette toile ait été envoyée postérieurement à l'Hôtel de Ville).

1681. — Coypel (Nicolas). Paiement de 1.800 livres pour un tableau relatif à la bataille de Sénef, destiné à la grande salle de l'Hôtel de Ville.

1682. — De Troy (François le père). Tableau commémoratif de la naissance du duc de Bourgogne.

1687. — Largillière (Nicolas de). Tableau commémoratif du banquet offert au roi à l'Hôtel de Ville, lors de son rétablissement, à son retour de Notre-Dame. Sur le devant les magistrats municipaux, dans le fond, la salle du festin royal et sur le côté, Coyzevox tenant le modèle de la statue du roi érigée dans la cour de l'Hôtel de Ville. Une esquisse de ce tableau provenant de la collection Lacaze, figure au Musée du Louvre. Une autre existe au Musée de l'Ermitage; une troisième a fait partie de la collection Lavalard.

1697. — Largillière (Nicolas de). Tableau commémoratif du mariage du duc de Bourgogne et de Marie-Adélaïde de Savoie. Le Musée du Louvre possède une esquisse à l'huile sur papier, par Largillière, représentant quatre personnages qui pourrait être une préparation pour ce tableau.

1702. — Largillière (Nicolas de). L'avènement du duc d'Anjou à la couronne d'Espagne, tableau commandé moyennant la somme de 5.300 livres.

.... — Mignard (Pierre) chargé de peindre un tableau d'apparat pour l'Hôtel de Ville. Aucun des auteurs qui signalent celte commande ne

HOTEL DE VILLE. 207

donne de détails sur le sujet qu'elle représentait et sur l'année de son exécution.

.... — Rigaud (Hyacinthe-François). A une époque que nous ne pouvons déterminer mais qui doit être voisine de 1700, Rigaud reçut de la ville la commande d'un tableau d'apparat. Lenoir dit qu'il l'avait recueilli en mauvais état sans en indiquer le sujet. Le Musée du Louvre possède le dessin de plusieurs magistrats qui nous semblent des croquis pour celte composilion.

1714. — De Troy (François). Tableau commémoralif de la paix d'Utrecht où sont représentés les officiers de la ville complimentant le Roi à cette occasion, commandé moyennant la somme de 6.000 livres.

(On lit dans le compte-rendu de la prévôté de M. Turgot que ce tableau avait été donné faute de place à la famille de M. Rignon, prévôt des marchands, en 1716).

1716. — Roullongne (Louis de, dit le fils). Tableau représentant le Roi donnant des lettres de noblesse à MM. de la Ville, payé S. 000 livres. Prévôté de M. Rignon. Le Roi y était représenté assis, ayant derrière lui le duc d'Orléans régent.

1719. — De Troy (François). La promulgation de la paix en 1719. Le prévôt et les échevins sortent de l'Hôtel de Ville pour se rendre en cortège à Notre-Dame.

M. le marquis de Chennevières possède le dessin terminé de cette composilion.

1722. — Largillière (Nicolas de). Tableau commémoratif de l'arrivée de Tlnfante d'Espagne à Paris, commandé pour la somme de 8.000 livres.

Lors du départ de l'Infante, après la rupture des négociations matrimoniales avec le roi, le tableau fut enlevé parce qu'il rappelait des souvenirs désagréables aux deux nations, l'Espagne et la France. Il fut sans doute découpé soit à cette époque soit lors de la Révolution, car la ville a pu acquérir à la vente de la collection Salamanca et à une autre vente, deux toiles, l'une représentant le prévôt des marchands M. deCastagnère de Chateauneuf assis dans un fauteuil et l'autre deux échevins réunis. Ces deux toiles sont conservées à l'hôtel Carnavalet.

1724. — Parrocel (Charles). Le prévôt des marchands et les échevins montant dans les carrosses du Roi, devant le perron de l'Hôtel de Ville.

Un dessin représentant celte épisode faisant partie des collections du Louvre.

1726. — De Troy (Jean -François). Le corps de la ville félicitant le Roi à l'occasion de son mariage avec Marie Leczinska (1725).

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