‹ L'art decoratif dans le vieux ParisChapitre 30 sur 49 · FAÇADE DU VIEUX LOUVRE · texte numérisé non relu

FAÇADE DU VIEUX LOUVRE

(Construite par Pierre Lescot et sculptée par Jean Gou]on et par Paul Ponea Tribatti) (xvif siiVle).

La façade du Louvre des Valois abonde en motifs décoratifs qui ont été bien souvent reproduits par la gravure et par la photographie.

LE LOUVRE ET LES TUILERIES

Pierre Lescot avait chargé les sculpteurs Jean Goujon, les frères L'Heureux, Martin le Fort, Pierre Nanyn, Etienne Carmoy, François du Han et Ponce Jacquio, d'exécuter les dessins qu'il avait composés pour ce palais. Les trois œils-de-bœuf du rez-de-chaussée du côté gauche de cette partie du palais sont entourés de bas-reliefs qui comptent parmi les chefs-d'œuvre de Jean Goujon; ils représentent : la Victoire et la Renommée ; Y Histoire et la Victoire ; la Paix et la Navigation. Deux autres œils-de-bœuf du même artiste sont disposés sur la façade septentrionale achevée sous Charles IX; ce sont des figures allégoriques qui semblent symboliser la Guerre et le Commerce maritimes; la Victoire et l'Histoire. L'attique qui surmonte la façade principale est surmonté de trois frontons à figures colossales, exécutés par Ponce, où l'on voit Y Abondance avec Y Agriculture, Y Océan et deux Satures; Deux gémes de la Gloire accompagnés de Mars, de Minerve et de captifs enchaînés, et enfin le Commerce auprès duquel se tiennent l'Astronomie, la Géométrie et des Génies étudiant. Ponce avait sculpté pour l'aile de Charles IX deux autres frontons qui ont été supprimés quand on suréleva cette partie de la cour, par suite de la construction de la colonnade de Perrault. L'un de ces groupes est aujourd'hui encastré dans le mur du jardin de l'école des Beaux-Arts; deux figures, provenant du second fronton, sont disposées au-dessus des portes d'entrée des collections égyptienne et assyrienne, sous le guichet du Louvre qui fait face à Saint-Germain-l'Auxerrois.

Le pavillon central de la façade du Louvre a été commencé par Lemercier sous le règne de Louis XIII, lorsqu'on se résolut à quadrupler l'étendue du Louvre de Charles V et François Ier. Les Cariatides qui le décorent sont de Jacques Sarrazin qui s'est efforcé de se rapprocher, dans cette œuvre, du style du xvi° siècle. On continua en même temps la sculpture des œils-de-bœuf de la cour et celle des frontons de la façade principale, pour faire suite aux bas-reliefs de Jean Goujon et à ceux de Ponce; mais ce travail ne fut achevé que sôus Napoléon Ie', et son ensemble offre les styles de trois siècles différents. Il en est de même pour les frontons des trois avant-corps des autres façades dont l'un est de Nicolas Coustou, tandis que les autres sont dus à Lesueur et à Ramey. La grande composition, la Gloire de Louis XIV, qui occupe le fronton de la façade regardant l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, est de Lemot; au-dessous est un beau quadrige que dirige la Victoire, bas-relief dans lequel Cartellier s'est inspiré des camées antiques et qui vient compléter le grandiose placage architectônique de Claude Perrault, que Louis XIV avait laissé inachevé.

La grande galerie du Louvre fut commencée sous Charles IX par Catherine de Médicis qui désirait réunir cette partie du palais avec celui des Tuileries, et s'assurer ainsi une sortie en dehors des murs de la ville. Toutefois elle ne fut terminée que sous Henri IV. Les travaux entrepris par Chambiges, en furent achevés par Du Perac et par Metezeau, qui s'efforcèrent de conserver le style de leur prédécesseur. Les murailles du rez-de-chaussée, de l'entresol et du pavillon central, sont revêtues d'ornements vermiculés aux chiffres de Henri IV et de Marie de Médicis, restaurés avec un respectueux talent par Duban; au-dessus s'étend une longue frise d'enfants jouant avec des dauphins et des dragons, dont la délicieuse exécution est attribuée aux deux frères L'Heureux. Le bel étage est décoré de trophées et de frontons, assez gracieusement composés pour supporter le voisinage des chefs-d'œuvre de la cour du Louvre. Henri IV fit également terminer la petite galerie, qui porte mieux écrit encore, le caractère de l'architecture de son règne, et pour laquelle Barthélémy Prieur et Pierre Biart ont sculpté les figures des grandes baies cintrées du rez-de-chaussée, ainsi que celles du fronton central et des lucarnes du comble.

Les appartements du vieux Louvre nous réservent d'autres richesses artistiques. L'escalier de Henri II offre une progression rectiligne de quatre voûtes en berceau reliées par quatre paliers plats, dont les plafonds enrichis d'une profusion de sculptures sont attribués à Ponce aidé de ses élèves et travaillant sous la direction de Pierre Lescot et de Jean Goujon. On y voit des caissons à têtes de cerfs et de lions, des groupes d'enfants jouant des pipeaux et entourés de guirlandes, des faunes, des animaux, des attributs et des couronnes d'une invention parfois bizarre, mais de l'exécution la plus magistrale. Plusieurs dessus de portes aux armes royales et des cartouches complètent ce bel ensemble. La salle des gardes au rez-de-chaussée doit son nom aux quatre grandes Cariatides que Jean Goujon a sculptées pour soutenir la tribune où se tenaient les musiciens de la cour des Valois, lors des fêtes qui y étaient données. Entre ces grandioses figures, dans lesquelles l'artiste semble avoir pressenti les œuvres de l'art grec, sont appliqués sur le mur deux cartouches surmontés chacun d'une délicieuse figure d'enfant jouant de la double flûte. A l'autre extrémité de la salle des CariatiJes, l'architecte Percier a construit, dans un style pseudo- Renaissance, une cheminée monumentale où il a fait entrer comme motif principal, deux figures également de Jean Goujon qui proviennent de l'une des cheminées disposées au xvie siècle dans les salles du premier étage. Percier avait reçu la tâche difficile de terminer la décoration

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de cette salle laissée inachevée par la Renaissance et il en remplaça le plafond en bois sculpté par une voûte de pierre.

Le rez-de-chaussée de la petite galerie avait été disposé pour servir d'appartement à la reine Anne d'Autriche. Eustache Lesueur y avait exécuté une suite de peintures qui sont aujourd'hui toutes détruites ou disparues, au grand détriment de l'art français, tandis que Francesco Romanelli en décorait les plafonds à la manière des palais italiens. Dans la chambre à coucher Lesueur avait peint au plafond des grotesques sur fond d'or; au milieu on voyait trois enfants couronnés de fleurs et tenant des guirlandes; dans les embrasures étaient des arabesques; dans l'alcôve, plusieurs sujets de la vie de Junon; au plafond de l'alcôve, Junon envoyant Iris trouver le sommeil, et plusieurs panneaux se rapportant à Junon; sur le lambris deux autres panneaux, Junon protégeant Carlkage et Junon commandant l'embrasement de Troie. Le plafond de la salle de bains, de forme octogonale, était orné de deux tableaux en camaïeu bleu sur fond d'or : Jupiter dans l'Olympe avec Mercure et Minerve et les Muses; sur les lambris, les Vertus en camaïeu. Dans le plafond de la baignoire, plusieurs camaïeux représentaient l'histoire de Cupidon et Psyché; avec des nymphes sur les lambris. Une partie de ces peintures était de Poerson le père. Elles sont décrites par Guillet de Saint-Georges dans les Mémoires des membres de l'ancienne Académie. Ces peintures restèrent en place jusqu'à la Révolution où elles * furent supprimées par suite de l'établissement des salles des antiques. Dans les appartements des bains figuraient encore les tableaux suivants de Lesueur : La magnificence royale; Les vertus royales; Une femme couronnée avec le sceptre royal; trois enfants avec un vase d'or; trois autres enfants avec un vase d'or; ainsi qu'un plafond : Junon et Iris; qu'un second plafond : enfants couronnés de fleurs; et qu'enfin un troisième : le Temps enlevant une femme tenant un lis. Nous indiquerons rapidement les peintures qui ont survécu aux travaux du commencement de ce siècle : dans la salle des Saisons et celle de la Paix, une réunion assez confuse de grandes figures peintes par Romanelli, dont les caissons et les corniches sont modelés en stuc par Michel Anguier; ainsi que la Salle des Romains, œuvre des mêmes artistes, et que celle du Centaure, dont un compartiment représentant deux Génies des Arts est peint par Prud'hon. Originairement cette pièce était partagée en deux, et la partie qui donne sur le balcon, vis-à-vis la Seine, servait de cabinet à la Reine. Ce cabinet avait été décoré d'arabesques très délicatement peintes par Errard, dont nous avons retrouvé les principaux fragments dans la salle du Livre d'or au Luxembourg, où

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ils ont été transportés sous la Restauration. Charles Errard dont les ouvrages ont péri pour la plupart, avait beaucoup travaillé au Louvre. 11 y avait décoré les appartements de Mazarin, du Roi, d'Anne d'Autriche et de Marie-Thérèse au premier étage. Le détail de ces travaux se trouve dans (juillet de Saint- Georges. Romanelli y avait peint aussi sept panneaux relatifs à la vie de Moïse, qui, longtemps conservés dans les magasins du Louvre, ont été donnés à des musées de province, avec des paysages par Patel, provenant du même cabinet.

La décoration de la salle grecque [Salle de la Diane) remonte au premier Empire, mais on doit s'y arrêter pour en admirer le plafond, l'une des plus belles œuvres de Prud'hon qui y a représenté Diane priant Jupiter de ne pas l'assujettir aux lois de l'hymen.

On montait jadis du Musée Napoléon dans les salles du premier étage par un escalier à deux degrés de proportions monumentales, que l'on considérait comme la conception la plus distinguée de l'architecture française au commencement du xixe siècle. Percier y avait déployé toutes les ressources de son talent, trop ami de la correction, mais que n'abandonnait jamais le sentiment de la noblesse. Il faut regretter que cette belle ordonnance ait été démolie sans nécessité et remplacée par un escalier inachevé à coupoles revêtues de mosaïques du style le plus banal, dont l'usage, quoi qu'on puisse ♦faire, sera toujours aussi incommode que l'aspect en est disgracieux. Le vaisseau de l'escalier de Percier offrait la longue perspective d'une double colonnade formant deux salons dont le premier avait un plafond peint par Abel de Pujol et représentant le Génie des Beaux-Arts, travail commandé d'abord à Prud'hon, dont le sujet esquissé par lui devait être : Minerve conduisant le génie des Arts à l'Immortalité. Dans le second, Meynier avait retracé la France protégeant les Beaux-Arts. La peinture d'Abel de Pujol, déposée lors de la démolition de l'escalier, avait été restituée dans l'escalier de la Eibliothèque du Louvre, mais par un second hasard malencontreux, elle a été détruite en 1871. Des bas-reliefs symbolisant les Arts par Caillouette, Guersant, Guillois et "Laitié, étaient encastrés dans les murailles de l'escalier, et deux autres bas-reliefs de Cartellier et de Petitot fils : le Génie d'Apollon et le Génie de Minerve, en remplissaient les lunettes. L'attention du public était sollicitée principalement par une suite de frises de petits génies et d'ornements peints en grisaille, dans laquelle Plantard s'était efforcé avec succès d'imiter les bas-reliefs en marbre de l'antiquité.

Le premier étage de la Petite galerie avait été disposé par Henri IV

DÉCORATION n V. LA O A I, H R I E D 'A P 0 L L O X AT LOUVRE

(xvii" siècle).

en une longue salle voûtée, pour laquelle F. Porbus, Bunel et Dubreuil avaient peint les portraits en pied des rois et des reines de France, avec des sujets de la Gigantomachie dans le plafond. Toutes ces peintures furent détruites par un incendie en d6f>1, à l'exception du portrait de Marie de Médicis par Porbus qui est conservé dans le Musée du Louvre. Louis XIV en fit entreprendre la réfection et il en confia la direction à Charles Lebrun. Cet artiste prit pour thème principal de la décoration : le Triomphe d'Apollon-Phébus, dont le monarque avait adopté les attributs et la devise, mais il ne put achever qu'une partie seulement de cette grande œuvre. Le sujet central de la nouvelle galerie d'Apollon devait représenter Apollon dirigeant le char du Soleil. Les Saisons devaient occuper les quatre grands cartouches de la voûte; deux caissons ovales représentaient le Soir et le Matin et deux de forme octogonale la Nuit et Y Aurore. Dans les voussures disposées aux deux extrémités de la galerie, étaient le Réveil des Eaux et le Réveil de la Terre. La corniche et les encadrements qui sont encore en place, sont décorés de figures et d'attributs en stuc exécutés par Gaspard et Balthasar de Marsy, François Girardon et Thomas Regnauldin. Les peintures du lambris sont des modèles exquis d'art décoratif ; Jean-Baptiste Monnoyer en a exécuté les bouquets de fleurs et Jacques Gervaise les sujets des Mois en camaïeu imitant des bas-reliefs; Léonard Gontier, les frères Lemoyne, Delare et Ballin en ont inventé les arabesques d'un grand goût et délicatement enrichies de dorures par Goujon de la Baronnière, qui ont été gravées par de Saint-André, élève de Lebrun, et par Jean Bérain. Quatre grands cabinets d'écaillé incrustée de cuivre dont deux : le Temple d'Apollon et le Temple de Diane, œuvres desDomenico Cucci, et deux autres dus à l'ébéniste Goller, complétaient ce magnifique ensemble.

La galerie de Versailles remplaça celle d'Apollon dans la faveur de Louis XIV, et Lebrun dut l'interrompre, alors qu'il n'avait achevé que le Réveil des Eaux et trois des cartouches de la voûte. La galerie d'Apollon délaissée fut attribuée à l'Académie royale de peinture qui en fit peindre plusieurs caissons par ses membres. En 1848, son état de dégradation était devenu si menaçant que l'on dut en entreprendre la réfection totale sous la direction de Duban. Le peintre Eugène Delacroix plaça dans le cartouche central sa belle composition d'Apollon vainqueur du serpent Python, l'un des chefs-d'œuvre de l'École française, tandis que Muller, Joseph Guichard, Diéterle, Clément, Derchy, Arbant, Fouquet et Ilaumont complétaient les peintures des voûtes, et faisaient revivre les arabesques effacées sur les murailles de la galerie qui retrou-

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vàit la magnificence que Lebrun avait rêvée pour elle, sans pouvoir la lui donner.

On avait formé le projet, sous Louis XIII, de décorer de peintures murales les longues parois intérieures de la grande galerie. L'entreprise avait été confiée à Poussin qui y avait retracé plusieurs sujets de la Vie d'Hercule et avait exécuté de nombreux dessins pour cette destination; mais l'artiste, dégoûté par les intrigues de ses rivaux, partit pour Rome d'où il ne revint plus et ses compositions incomplètes furent détruites; il n'en reste plus qu'un certain nombre de gravures. Les dessins de Poussin devaient être exécutés par les stucateurs Arudini et Rranchi appelés de Rome ainsi que Ponti et Tritani pour les arabesques rehaussées d'or. Après le départ de Poussin, quelques-uns de ces artistes restèrent à Paris.

Les biographes de Charles Errard racontent qu'après avoir décoré les appartements d'Anne d'Autriche, il avait peint également ceux du Roi, de la Reine et du cardinal Mazarin ; ces derniers étaient situés au deuxième étage à droite de l'horloge et ceux de la Reine au-dessus de la chambre à coucher du Roi. Nous nous demandons si l'on ne retrouverait pas les traces de ces peintures disparues aujourd'hui, dans une suite de portes ornées d'arabesques qui donnent accès dans les cabinets des conservateurs de la peinture, où elles auraient été utilisées au commencement de ce siècle, lors de la mise en état de cette partie du palais.

Deux magnifiques grilles en fer forgé et poli servent d'entrée à la galerie d'Apollon et à la salle des bronzes antiques (pavillon central). Ces portes proviennent de l'antichambre du château de Maisons-sur-Seine, construit par le président de Longueil. Les anciennes descriptions des environs de Paris attribuent leur exécution à deux serruriers différents, l'un français et l'autre allemand. Malgré cette assertion, elles nous paraissent toutes les deux de composition française, et travaillées probablement par la môme main. L'une d'elles se trouve gravée dans l'œuvre de Jean Marot publié à Paris.

L'ancien appartement du Roi était disposé dans la salle actuelle des Sept cheminées; il se composait d'une antichambre divisée en deux pièces; d'une grande chambre et de la chambre à coucher. L'antichambre est seule .restée en place; elle forme aujourd'hui une seule salle située entre la galerie Lacaze et la salle des Sept cheminées, et elle sert à l'exposition des tableaux de l'École française du xixe siècle. Malgré l'assertion de Sauvai il semble difficile qu'elle ait pu être divisée en deux, à moins que ce ne soit lors des remaniements ordonnés par Louis XIV, qui, en 1G66, y installa l'Académie des sciences. L'ouvrage de Rlondel,

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Architecture française, t. IV, p. 35, donne le plan de cet appartement et c'est le document le plus utile à consulter sur son ancienne disposition. Le plafond, qui offre une seule composition, est divisé en trois grands caissons, l'un carré et deux autres ovales, disposés à droite et à gauche du sujet central. Ces trois compartiments occupés par des peintures modernes qui ne s'harmonisent pas avec le style de la menuiserie, tiennent la place de bas-reliefs probablement sculptés par Ponce Jacquio, par Rolland Maillart et sa femme, par les Hardouyn, Francisque Seibecq et Biart, auxquels on devait le revêtement du lambris. L'ornementation compliquée de ce plafond rappelle la voûte de l'escalier de Henri II; ce sont des figures de satyres et d'enfants, des mascarons et des guirlandes de fruits vigoureusement entaillés dans le bois. Entre les panneaux se déroulent des frises de feuillages enlacés dont il est difficile de retrouver le caractère sous les couches superposées de peinture qu'elles ont reçues, mais qui semblent dater du xvn° siècle. L'architecte Percier y a aussi laissé des traces de son passage, en faisant graver dans deux cartouches, les inscriptions : Dianse Henricus H Rex ; — Donec totum impleat orbem. Guillet de Saint-Georges rapporte que Magnier avait été chargé de sculpter une porte pour cette antichambre, qu'il y avait reproduit fidèlement les ornements du lambris et des autres portes dessinées par Jean Goujon, sur lesquelles il avait représenté une Victoire assise sur des trophées. Blondeldit dans son traité d'architecture que la salle d'assemblée de l'Académie des sciences qui occupait l'antichambre du Roi était décorée par un plafond de menuiserie à compartiments chargés de sculptures d'un goût ancien et par un lambris d'appui régnant sur tout son pourtour dans lequel étaient pratiquées des tribunes pour les spectateurs. Dans cette salle se voyait un grand tableau d'Antoine Coypel représentant Minerve tenant le buste de Louis XIV. Le plafond de la seconde pièce était orné de sculptures dorées. La pièce faisant suite servait de chambre à coucher et Henri IV y fut transporté mourant. Une autre pièce à la suite est enrichie d'un plafond et de lambris chargés de sculptures et de peintures dorées comme dans la précédente salle.

On voit dans le plan de Blondel que l'appartement du Roi contenait au rez-de-chaussée une grande salle à quatre arcades, formant des porches dont les niches séparés par des colonnes géminées, supportaient une corniche avec voussures et une voûte à double nervure. C'était le tribunal actuellement réuni à la salle des Cariatides.

Au premier étage, trois niches étaient occupées par des figures ailées séparées par des colonnes formant pilastres sur lesquelles reposaient trois

LE LOUVRE ET LES TUILERIES. 251 tribunes placées dans les voussures entourées de guirlandes. A l'étage

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