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FAUBOURG SA1NT-HONORÉ

dans l'alcôve duquel est encastrée une grande toile de Largillière; et une série de quatorze panneaux représentant des enfants debouts sous des pavillons et tenant un écusson aux armes de France. Chez le baron Edmond, sont d'autres merveilles de sculpture décorative dont nous avons cité, les principales : le salon de l'hôtel de Samuel Bernard; les boiseries du Sacré-Cœur, qui accompagnent des meubles, chefs-d'œuvre des ébénistes du xvme siècle. Le baron Gustave de Rothschild a aussi employé dans la construction de son hôtel de belles boiseries et la façade de l'ancien hôtel de Choi'seul (direction de l'Opéra). — Comme nous l'avons déjà dit, le baron Hirsch possède dans son hôtel de la rue de l'Élysée, le salon acquis par l'Impératrice au château de Bercy, qui a été remonté par M. Lesoufaché. Il sert de salle à manger et, le style des peintures des dessus de portes forme disparate avec l'époque de ce salon. Cet hôtel a été décoré d'un escalier dessiné par M. Peyre et qui fait penser aux belles dispositions de l'ancien Degré de Versailles.

En suivant le faubourg Saint-Honoré, on arrive à l'Église Saint- Philippe-du-Roule, construite par Chalgrin, et dont le fronton a été sculpté par Duret, sous Louis XVI. Au rond-point de l'avenue de Marigny s'ouvre la grille, soutenue par des colonnes cannelées, de l'ancien hôtel de Beauvau qu'on aperçoit au fond d'une longue cour et qui a été modernisé pour sa transformation en ministère. Plus loin est la maison d'éducation fondée en 1780 par M. de Beaujon, en faveur des enfants pauvres du quartier, et qui est devenue l'un des principaux hôpitaux de Paris. Ce grand bâtiment, construit par l'architecte Gérard, sur l'ancienne rue du Roule, n'offre de remarquable qu'une imposte en fer forgé, de forme cintrée et du plus beau travail, qui surmonte la grille d'entrée. Près de là s'élevait la Chartreuse ou petite maison de M. de Beaujon, où cet amateur avait rassemblé une précieuse collection de tableaux et d'objets d'art (*). L'intérieur de cette petite ferme hollandaise avait été décoré par les peintres Le Barbier, Bocquet et Sarrazin. Le pavillon était entouré 'd'un vaste jardin qui a appartenu au peintre Gudin, avant d'être acquis par la baronne Salomon de Rothschild pour y faire bâtir un magnifique hôtel qui regorge d'objets d'art de toute sorte. M. Arsène Houssaye possédait dans le jardin de sa demeure plusieurs statues et une fontaine dite la Fontaine à Marion, qui faisait partie de la décoration de cette Chartreuse. La collection de portraits de M. Arsène Houssaye, a été vendue l'année dernière. A l'extrémité de sa demeure, M. de Beaujon, avait fait con-

(1) V. Krafft et Ransonnette, Les plus belles maisons de Paris.

struire une chapelle particulière, dont il céda plus tard la jouissance au collège de Saint-Nicolas. Cette chapelle se terminait par une rotonde transformée en une maison particulière dans laquelle le romancier Balzac .est mort. Elle a été, il y a peu d'années, acquise également par Mmo de Rothschild, qui l'a réunie à son jardin et qui a fait élever sur son emplacement un kiosque à galerie de forme arrondie, faisant l'angle du faubourg Saint-Honoré et de la rue de Balzac. Nous avons vu pendant longtemps dans la cour de M. Montvallat, où ils attendaient un acquéreur, des panneaux décorés d'arabesques et des portes peintes en grisaille qui ornaient cette chapelle et le salon d'un petit appartement particulier qui y était joint.

LA MADELEINE

Bien qu'elle date de la fin du xvme siècle, tous les détails de cette église commencée par Contant d'Ivry, portent le caractère de l'architecture du xixe; nous n'en parlerons donc que pour signaler le beau groupe de Rude placé dans la chapelle des fonts baptismaux et que l'obscurilé de l'édifice empêche de voir le plus souvent. La chapelle de l'ancien couvent de l'Assomption sert de salle de catéchisme à la Madeleine; c'est un dôme de proportions bien pondérées dû à Errard. On y voit plusieurs toiles du xviii0 siècle; six autres du siècle précédent sont revêtues d'une couche de peinture blanche. Le plafond est de Delafosse.

Le duc de Chartres avait fait créer un de ces jardins anglais dont la vogue devint universelle dans la seconde moitié du xviii6 siècle. Un grand pavillon d'habitation, des serres chaudes, des fabriques, des jeux et des ruines factices complétaient ce séjour, qui est devenu le parc Monceau. Tous les anciens bâtiments décorés richement ont été rasés ; ils étaient ornés de plafonds peints par Pierre, dont l'une des exquisses, représentant Flore et Zéphire entourés d'Amours, a appartenu à M. Paul de Saint-Victor. Vers l'époque de la Restauration, on avait remplacé ces constructions par un petit pavillon de repos carré décoré d'arabesques peintes dans le style de Louis XVI, qui a été supprimé à son tour lorsque le parc, confisqué par l'État en 1851, a été acquis par la Société immobilière et plus tard par la Ville de Paris pour l'établissement d'un grand square public. Des bâtiments primitifs il ne reste qu'une rotonde à colonnes et une naumachie entourée de colonnes de style corinthien, provenant de l'ancienne chapelle funéraire des Valois laissée inachevée par Catherine de Médicis, et démolie par les ordres du Régent qui s'en était approprié les beaux débris. Les statues, les œuvres d'art et les monuments qui subsistaient encore dans ce parc furent alors enlevés par la Ville, en raison de leur vétusté et comme ne rentrant pas dans le nouveau dessin du jardin.

Ch. 40

Nous avons dit que le maréchal de Richelieu possédait un jardin dans la rue de l'Union au faubourg du Roule où étaient déposées une partie des sculptures qui lui appartenaient. Nous ne saurions préciser davantage la situation de cette petite maison. Sainl-James en avait également une dans le même quartier dont Lagrenée le jeune avait peint le plafond et les dessus de portes de salon.

On voyait autrefois dans la rue d'Anjou-Saint-Honoré un vaste hôtel possédé successivement par la famille de Créqui et par celle de Talleyrand-Périgord. Il a été démoli par suite du percement du boulevard Haussmann, mais Mmc la comtesse de Talleyrand-Périgord en avait fait enlever les boiseries et les cheminées, qu'elle a fait restituer avec soin clans son hôtel de la rue de Babylone, n° 32 (U. La salle à manger, à portes surmontées de bas-reliefs à médaillons ovales soutenus par deux enfanls, et un salon à impostes occupées par des trépieds et des arabesques, rentrent dans la série des œuvres courantes de l'époque de Louis XVI ; mais le grand salon qui fait suite à ces pièces est une des plus belles créations de l'art décoratif français de la fin du même siècle que nous connaissions à Paris. Il est disposé en ovale et divisé en huit baies séparées par des pilastres et des colonnes d'ordre corinthien. Trois de ces baies ouvrent sur le jardin; deux autres placées au centre servent de portes; au fond, en regard des fenêtres, est disposée une cheminée de marbre blanc, sur laquelle se détache le masque rayonné du soleil au milieu d'une guirlande. De chaque côté des deux porles s'étend un panneau terminé par deux pilastres, dont les bas-reliefs dorés représentent de longs trépieds reposant sur des lambrequins et surmontés d'arabesques et de couronnes suspendues. Le sommet de chacune des huit baies forme une voussure en cul-de-four, dans laquelle est placé un trophée d'armes qui rappelle les compositions gravées de Cauvet, de même que le style des ornements sculptés sur les panneaux. Une corniche gracieusement cintrée, s'appuyant sur des chapiteaux un peu massifs, contourne le plafond plat. Mme la comtesse de Talleyrand- Périgord a en même temps recueilli une belle cheminée de marbre de couleur garnie de bronzes ciselés et d'une couronne de fleurs tressées se détachant des montants, dont elle a orné sa chambre à coucher, et trois autres cheminées également incrustées de bronzes datant de la même époque.

(1) Nous devons ces renseignements à l'obligeance de M. Le Tourneau, architecte, qui a bien voulu nous faciliter la visite des boiseries appartenant à Mme la comtesse de Porigord, et qui nous a donné nombre d'autres indications très intéressantes sur divers hôtels du faubourg Saint-Germain.

LA MADELEINE

L'hôtel où est mort le général Lafayette, et situé dans la même rue (n° 8), est resté debout. On y voit, dans un appartement occupé jadis par la Duthé et par Mme Pastré (*), une série importante de boiseries, que la tradition croit avoir été exécutées pour cette actrice galante de la fin du xvme siècle. Non loin de là (rue d'Astorg), M. le prince d'Arenberg occupe un hôtel moderne, dans lequel il a fait remonter un beau salon sculpté provenant de l'hôtel Nourrissart, à Limoges, qui a été publié par MM. Rouyer et DarceK2).

On trouve dans X Encyclopédie (ï architecture (3) la reproduction de la porte d'un hôtel de la rue d'Anjou-Saint-Honoré (hôtel d'Esclignac?) dont la partie supérieure formait une baie cintrée, au milieu de laquelle s'ouvrait une fenêtre à cartouche godronné, accostée de deux consoles à fleurons et à volutes de style Louis XVI. La maison est actuellement disparue par suite des travaux de percement du boulevard Malesherbes.

Il reste bien peu de traces des somptueuses demeures qui avaient été construites dans la rue du Mont-Blanc (Chaussée-d'Antin), vers les dernières années du xvin" siècle. La régularisation des abords du nouvel Opéra, la suppression de la rue Basse-du-Rempart et l'établissement du square de la Trinité, ont presque complètement modernisé le quartier. Nous nous rappelons y avoir vu ce qui restait des demeures de la Guimard et du duc de Montmorency transformé en administrations financières et en casinos, avant d'être remplacé par des rues ou par des maisons de rapport. Le plus connu de ces hôtels était celui de la danseuse Guimard, construit par Ledoux, et qui, mis en loterie en 1786, fut gagné par la marquise du Lan. Il fut ensuite acquis par le banquier Perregaux. Le salon était décoré de boiseries peintes en tons vert d'eau et crème, sur lesquels se détachaient des vases, des trépieds, des buires, des guirlandes et des arabesques. Au-dessus étaient des médaillons en camaïeu représentant des jeux de satyres et d'amours et des nymphes dont les attitudes gracieuses sont dues à Fragonard. Ce bel ensemble qui appartient à Mme Abel Laurent est aujourd'hui mis en vente W. Au-dessus de la cheminée était encastré le portrait de la danseuse, qui était possédé récemment par un autre amateur de Paris. Mme Denain avait recueilli également d'autres panneaux qui passaient pour avoir la même provenance et où l'on voit la Danse et la Marchande

(1) Renseignement communiqué par M. Metman, attaché au Musée des Arts décoratifs.

(2) Rouyer et Darcel, L'Art architectural en France.

(3) Calliat et Lance, Encyclopédie d'architecture, t. XII.

(4) V. Baron Portalis, Honoré Fragonard.

d'amour. Le plafond avait été commence par Fragonard, mais le peintre et l'actrice s'étant brouillés, ce fat David qui fut chargé de le terminer.

La grande curiosité de l'hôtel était le théâtre, sur lequel la déesse déployait son double talent de danseuse et de comédienne aux yeux de ses admirateurs. Krafft et Ransonnette f1) ont reproduit ce petit temple imité de l'antique et orné d'un long bas-relief, le Triomphe de la danse, ainsi que d'un groupe : Terpsichore couronnée par Apollon, sculpté par Lecomte; le plafond était dû au peintre Taraval.

Une autre « impure », la Duthé, dont la célébrité a balancé celle de la danseuse, habitait également un hôtel de la Chàussée-d'Antin, présent du comte d'Artois, qui est disparu après avoir appartenu à M. Talabot et à M. le comte Pillet-Will. Lors de la démolition, M. Double eut la bonne fortune de sauver de la destruction les peintures d'un boudoir, qui peuvent compter parmi les meilleures œuvres de G. van Spaendonc. Les panneaux qui composent cette décoration, où régnent des guirlandes de fleurs et des couronnes au-dessus desquelles des colombes font leur nid, ont été gravés dans la Gazette des Beaux-Arts (2) peu de temps après leur acquisition par l'amateur avisé. C'est le triomphe du joli et du précieux, et ces compositions rappellent les motifs de Berthault et de Bachelier. La pièce conservait encore sa cheminée de marbre blanc ornée de carquois en bronze doré et son alcôve entourée de glaces.

Quatre panneaux présentant les mêmes qualités décoratives (3), et qu'on croit provenir également de l'hôtel de la Duthé, sont entrés dans les collections du Musée des Arts décoratifs, après avoir passé par les mains de M. Virot et de M. Miallet.

Nous trouvons dans le catalogue de l'une des ventes faites par le marchand Mombro (1868), l'indication d'une boiserie de salon sculptée et dorée, comprenant quatre portes à vantaux pliants avec leurs impostes, deux encadrements de glaces et douze pilastres, qui provenaient de l'hôtel du cardinal Fesch démoli pour le percement de la rue de Chàteaudun. Bien qu'ayant assisté à la vente, nous n'avons pas gardé le souvenir de cette décoration. Le cardinal Fesch habitait l'ancien hôtel du président Hocquart de Montfermeil, construit par Ledoux et situé jadis à l'angle de la rue Saint-Lazare et de la Chaussée-d'Antin.

La banque de MM. de Rothschild est propriétaire de l'hôtel construit pour les fournisseurs Lanois et Saint-Julien, et habité ensuite par la reine

(1) Krafft et Ransonnette,C7io/.>: des plus beaux édifices.

(2) Gazette des Beaux-Arts, 1869, 2° série, t. I, p. 390.

(3) De Cliampeaux, Portefeuille des Arts décoratifs, 1890-1891, 1891-1892.

BOUDUlll PEINT PAS VAN" SPABNDONC, POUR Mlle DUTHK.

Hortense (17, rue LaffîUe), pour le salon duquel Prud'hon avait exécuté l'une de ses plus importantes décorations. Il y avait représenté dans quatre grands panneaux : la Richesse, les Arts, les Plaisirs et la Philosophie, personnifiés par des figures de femmes magistralement drapées. Au-dessus des portes étaient le Matin, le Midi, le Soir, la Nuit, peints en grisaille. Les quatre principaux sujets ont été transportés au château de Schlechsdorf, en Allemagne, mais les dessus de portes sont restés en place. Les esquisses des grandes figures font partie du Musée de Montpellier, et le Musée du Louvre a acquis à la vente Laperlier quatre magnifiques cartons sur papier bleu qui ont servi à l'achèvement de ces peintures. On a vu à la vente Péreire deux panneaux de Fragonard, la Main chaude et le Cheval fondu, provenant de cet hôtel. Ils ont été acquis par M. Pillet-Will (*).

Une autre danseuse de l'Opéra, Mlle Dhervieux, s'était fait élever dans la rue de la Victoire une petite maison décorée avec la délicatesse raffinée des dernières années du règne de Louis XVI. C'était le chef-d'œuvre de l'architecte Bellanger, devenu plus tard le mari de M"° Dhervieux, et de Dugourc, dessinateur-décorateur, beau-frère de Bellanger. Krafft et Ransonnette (2) nous ont conservé le plan et les détails de cette demeure, qui appartint après la Révolution au banquier Vilain XIV et à Louis Bonaparte. L'hùtel est actuellement démoli, mais M. le comte de Greffulhe possède des panneaux de porte enrichis d'arabesques et de médaillons allégoriques qui en proviennent. Le style de ces peintures, que l'on a attribuées à tort à Prud'hon (3) et que M. Gueullette croyait avoir été commandées pour la Mal maison, rappelle la suite d'arabesques dessinées par Bugourc. Elles sont, de plus, reproduites dans l'ouvrage de Krafft représentant l'hôtel de la Dhervieux.

Ledoux avait construit dans la môme rue, qui portait alors le nom de rue Chantereine, pour le marquis de Condorcet (n° 60), un hôtel auquel on pouvait donner la qualification d'historique. C'est là que Bonaparte, qui s'en était rendu acquéreur après la campagne d'Italie, prépara la journée du 18 brumaire, qui le rendit dictateur de la France. Sur la façade du jardin était un long bas-relief de Clodion représentant un cortège bachique qui rappelle celui que M. Lebaudy possède dans sa maison de la place Vendôme. Le percement de la rue de Chàteaudun a fait disparaître les derniers vestiges de cet hôtel, dont le salon devait être orné d'un

(1) Krafft et Ransonnette, Choix des plus belles maisons de Paris; — Calliat et Lance, Encyclopédie d'architecture, t. X.

(2) Krafft et Ransonnette, Choix des jjIus belles maisons de Paris, p. 97-98.

(3) Gazette des Beaux- Arts, 1877, t. XV.

LA MADELEINE

plafond peint par Prud'hon. Celte composition ne fut pas exécutée; l'esquisse, qui n'est pas une des meilleures inspirations de notre admirable peintre, appartient à Mmc Adolphe Moreau. Elle représente le Génie de la paix et on lit sur le châssis : « Dédié à Mme Bonaparte par Prud'hon ». On a mis récemment en vente (mai 1892) une longue frise peinte sur plâtre, représentant les Dieux et les Déesses de l'Olympe accompagnés des Sciences et des Arts, qui avait été réservée par le propriétaire, lors des travaux de démolition de l'hôtel Récamier situé rue Chantereine et rue de la Victoire. Celte frise était offerte au public sous le nom de David, mais on y reconnaissait facilement plusieurs mains différentes, et en même temps la froideur de l'exécution et la pauvreté du dessin ne permettaient pas de lui conserver une attribution aussi illustre. Elle se trouve actuellement la propriété du prince Roland Bonaparte qui l'a fait placer dans son hôtel de l'avenue d'Iéna.

Nous venons de voir disparaître l'hôtel construit par Ledoux pour M. Hostein, citoyen américain, au point de rencontre de la rue de la Victoire et de la rue Saint-Georges. Occupé dans les derniers temps par un notaire, cet hôtel avait conservé sa décoration intérieure telle qu'elle se trouve gravée dans l'ouvrage de Krafft ('). La pièce centrale formait un vaste salon carré à arcades occupées par des glaces, entre lesquelles étaient des pilastres revêtus d'arabesques à fond doré et de médaillons, dont l'un portait la date de 1792 ; au-dessus régnait un plafond peint sur toile marouflée représentant un sujet mythologique dans le goût de Lagrenée; vis-à-vis les fenêtres était placée une cheminée monumentale en marbre, ornée de bronzes précieusement ciselés. A gauche s'ouvrait une chambre à coucher, sur les murs de laquelle se déroulait un long bas-relief en grisaille qu'accompagnaient un plafond et des pilastres brodés d'arabesques. A droite du grand salon était une pièce servant de cabinet au notaire qui habitait l'appartement, dont les pilastres étaient décorés d'arabesques modelées en stuc, au milieu desquelles se trouvaient de grands paysages peints dans le style d'Hubert Robert. L'ensemble de cette belle décoration a été acquis par Mmc Lelong.

Une maison voisine, dans la même rue (n° 6), conservait encore, il y a quelques années, un salon-boudoir de forme octogonale orné d'arabesques peintes sur panneaux de bois et de larges portes en marqueterie de bois de couleurs diverses sur un fond d'acajou, curieux travail dessiné par l'ingénieur Mandar, qui montre les progrès du mauvais goût prédominant en France à l'époque du Directoire.

(1) V. Krafït et Ransonnette, Choix des plus belles maisons de Paris, t. I, p. 1.

Krafft et Ransonnelle onl publié quelques maisons de ce quartier portant le caractère du style du commencement de notre siècle. Rue Saint-Lazare c'était la salle à manger de l'intendant général des Ponts et Chaussées (n° 102), la maison du trésorier Boutin (la Folie Boutin) devenue plus tard le jardin Tivoli célèbre par ses montagnes russes et sur lequel on créa tout un quartier nouveau ; rue de la Pépinière les demeures de Pajou, de Wailly, et d'Olivier; rue Pigalle celle de Mme Adeline, et de, M. Vassal.

M. Daly a consacré plusieurs planches de son ouvrage à la décoration du salon de l'une des maisons de la rue Neuve-des-Mathurins (n° 42) (0. On y voit des vases de fleurs et des guirlandes peintes en grisaille sur fond clair, entourant des sujets champêtres et mythologiques à bordure en bois sculpté qui ont été ajoutées postérieurement. Deux portes cintrées à panneaux semés d'arabesques complètent cet ensemble plein d'élégante harmonie. Dans un second hôtel de la même rue, le corps de logis cenlral situé au fond de la cour est éclairé par des fenêtres surmontées de bas-reliefs rectangulaires à personnages allégoriques, avec des ornements de style Louis XVI. L'intérieur, qui répondait à la disposition arehitectonique, a été récemment modernisé.

Il y a déjà longtemps qu'a disparu l'hôtel de Castellane, situé rue de l'Arcade, et dont MM. Calliat et Lance (2) ont reproduit, en ajoutant que l'hôtel était déjà en démolition pour le passage du boulevard Haussmann, un grand panneau de bois sculpté dans le style du décorateur Leroux, dont le sommet présentait des médaillons en forme de cœurs à coquilles et à enroulements que flanquaient de chaque côté deux panneaux étroits à couronnes de roses avec des branches de laurier soutenues par des rubans.

Dans une maison possédée par la famille de Saint-Albin, à l'angle des rues Boudreau et Caumartin, Mme Jubinal avait retrouvé, sous des papiers de tenture, quatre grands panneaux peints sur toile, offrant des arabesques, des guirlandes et des rinceaux qui rappellent les plus gracieux modèles du dessinateur Salembier. Cette décoration, d'une Finesse exquise, était complétée par un couronnement d'alcôve et par d'autres pilastres étroits sur lesquels se détachaient des enroulements de roses, d'une moins bonne exécution. Elle a été transportée par Mme

(1) V. César Daly, Motifs d'intérieurs, t. II, Louis XVI, fol. 24-29 ; — De Champeaux, Portefeuille des Arts décoratifs, 1894-1895.

(2) Calliat et Lance, Encyclopédie d'architecture, I, 10.

Ujlrt 'Décoratif dans le Vieux Taris.

LA MADELEINE

Georges Duruy dans son habitation de l'avenue des Champs-Elysées. A l'extrémité de la rue Caumartin, L'église Saint- Louis-d'Antin et le lycée Condorcet se partagent les bâtiments de l'ancien , couvent des Capucins bâti par Brongniart, dont la façade était décorée de deux longs bas-reliefs en pierre, sculptés par Clodion, qui ont été détruits en 1791, pour faire place à des fenêtres et à des tuyaux de cheminées.

L'église de la Trinité s'élève sur l'emplacement d'une maison de la rue Blanche (ancien n° 5), clans laquelle se trouvait un plafond de salon peint par Lagrenée, représentant le Triomphe de Flore. Béservée par l'Administration municipale lors de sa démolition, cette peinture décore actuellement l'intérieur du pavillon de l'ancien hôtel de Choiseul reconstruit dans le jardin de l'hôtel Carnavalet.

Les journaux nous ont appris récemment que M. Joseph Blanc avait recueilli dans son atelier de l'avenue des Tilleuls, à Montmartre, une série de bas-reliefs provenant du pavillon bâti par l'architecte Le Carpentier pour M. de la Boéxière, dans la rue de Clichy. Ce pavillon, situé au milieu d'un vaste jardin anglais, était orné de pilastres d'ordre ionique et couronné d'une balustrade (0. L'entablement du porche était soutenu par quatre colonnes du môme ordre élevées sur un large perron. Entre ces colonnes étaient placés des bas-reliefs en pierre sculptés par l'un des Adam et représentant : Apollon et Daphné, Latone et les paysans, Apollon el la Sibylle, Apollon et Coronis. Ces sculptures, qui ne sont pas arrivées sans avaries entre les mains de M. Blanc, ont été reproduites par M. Sellier, dans le Bulletin de la Société des Amis des Monuments Parisiens t2).

L'architecte Anloine-Mathurin Le Carpentier, dont peu d'oeuvres ont résisté au temps, fut l'un des meilleurs dessinateurs du règne de Louis XV. Son nom se trouve cité dans un roman du temps, la Petite maison (3), où l'auteur fait la description d'un intérieur idéal dont la décoration est censée exécutée par les meilleurs artistes à la mode :

<( La maison est précédée d'une avenue conduisant à une avant-cour, tapissée de verdure, de chaque côté de laquelle s'ouvrent une laiterie et une ménagerie de inarbre blanc. De la cour d'honneur on entre dans un salon circulaire voûté en calotte, peint par Hallé. Les lambris imprimés en' li las enferment de superbes glaces et des sujets galants, placés au-dessus des portes. Une sculpture de goût, rehaussée d'or, et

(1) Krafft et Ransonnette, Choix des plus belles maisons de Paris.

(2) Bulletin des Monuments parisiens, 1889, noa 11 et 12.

(3) De Goncourt, !\faiso» d'un Artiste, t. II, p. 22.

Ch. /, 1

des étoffes assorties en font un salon digne d'avoir été ordonné par Le Carpentier, qui entend le mieux la décoration du dedans et qui a fait le petit château de M. de la Boissière et la maison de M. Bouret (de Yézelay). Les lustres et les girandoles sont en porcelaine de Sèvres; les sculptures des lambris par Pineau, dont le peintre Dandrillon a ménagé les finesses les plus imperceptibles, Dandrillon l'admirable, qui a trouvé le secret de peindre les lambris sans odeur et d'appliquer l'or sur la sculpture sans blanc d'apprêt.

« La chambre à coucher est carrée et à pans coupés, aux quatre coins garnis de glaces. Le lit de pékin jonquille est dans une niche et le plafond terminé en voussure avec un encadrement circulaire est orné d'une peinture par Pierre, représentant Hercule dam les bras de Morphée, réveillé par l'Amour. Le lambris est imprimé couleur soufre tendre; la cheminée est en bleu turquin incrustée de bronze et le parquet est en marqueterie de cèdre et d'amaranthe.

« Le boudoir est complètement revêtu de glaces à joints masqués par des troncs d'arbres, et des girandoles y sont graduées de manière à donner l'illusion d'un bosquet illuminé. La niche de l'ottomane offre un parquet de bois de rose. La corniche et le plafond sont en glaces encadrées de crépines d'or. La peinture de la menuiserie et de la sculpture est odoriférante; elle est due à Dandrillon. La salle de bain est toute de marbre, de porcelaine, avec des panneaux peints par Perrot (Peyrotte) sur les dessins de Gillot, entourés de plantes marines montées en bronze par Caffieri; au milieu est un décor de cristaux, de pagodes et de coquillages qui entourent la baignoire et un lit de repos en mousseline d*es Indes. Sur les lambris du cabinet de toilette, Huet a représenté des fruits, des fleurs, des oiseaux entremêlés de guirlandes et de médaillons, où Boucher a peint en camaïeu des sujets galants, ainsi que dans les dessus des portes. On y admire des jattes de porcelaine, des meubles en bois recouverts d'un vernis aventurine par Martin, et sous un plafond à campane sculptée contenant une mosaïque en or égayé de fleurs par Bachelier, se dresse une toilette d'argent ciselée par Germain.

« Les murs de la salle à manger sont en stuc colorié par Clerissy (Clérisseau) qui a fait le salon de Neuilly pour le comte d'Argenson, et celui de Saint-Hubert pour le Boi. Des bas-reliefs en stuc par Falconnet représentent les fêtes de Bacchus et de Cornus, au milieu de douze trophées de chasse et de pêche dus à Vassé avec autant de girandoles à six branches. Le cabinet de jeu est tout en laque de Chine; des consoles dorées d'applique y soutiennent des vases de porcelaine. Le

LA MADELEINE

lambris du salon à prendre le café est de couleur vert d'eau parsemé de sujets pittoresques rehaussés d'or ; les meubles sont en moire brodée au point de chainelte ».

Tout n'est pas fantaisiste dans ce tableau et l'auteur avait dù s'inspirer des souvenirs que lui avaient laissés certains hôtels parisiens qu'il fréquentait.

Jusqu'à ces dernières années, on voyait dans la rue de Provence, ce qui restait de l'hôtel construit par le duc d'Orléans pour Mmc de Montesson. Brongniard y avait élevé une vaste salle de spectacle. On n'y retrouve plus rien de l'ancienne décoration, l'hôtel ayant été transformé en maison de banque.

LES BOULEVARDS

La, longue perspective des boulevards s'élendant de la Madeleine à la place de la République, que nous avons déjà suivie depuis ce vaste périmètre jusqu'à la colonne de Juillet, a bien changé d'aspect depuis le siècle dernier. Alors c'était un lieu de promenade, où les guinguettes pullulaient et que dominaient les terrasses des hôtels qui se terminaient vers la campagne. Aujourd'hui des magasins et des établissements financiers s'y pressent, et sur aucun point de Paris la circulation n'est plus active. On y voit les constructions se superposer, et les maisons du temps de l'Empire et de la Restauration y sont déjà remplacées par des édifices dont les proportions sont plus en rapport avec le prix croissant des terrains. On ne doit pas s'attendre, par suite de ces modifications, à y rencontrer beaucoup d'hôtels antérieurs à la Révolution ; il en subsiste cependant quelques-uns, que nous allons essayer de débarrasser des adjonctions modernes qui les dissimulent le plus souvent.

Les deux extrémités de la rue Caumartin sont terminées par des maisons à coins arrondis et contemporaines du règne de Louis XVI. L'une (n° 1) est décorée, dans son pourtour, de grandes figures allégoriques en demi-reliefs, de trophées, de frontons et de panneaux à guirlandes relevées. Celle qui lui fait face (n° 2), était autrefois couverte d'une terrasse formant un grand jardin où l'on voyait des colonnes, des arcs de triomphe en treillage, des pyramides et des ruines servant à cacher les conduites des cheminées, et même un ruisseau avec deux ponts chinois et une île. Cette fantaisie due à Hubert, architecte qui avait construit tout ce quartier, a été supprimée par suite de la surélévation des étages, mais on y aperçoit encore la partie supérieure des pyramides d'où s'échappaient les tuyaux des cheminées; au premier étage, sont sculptés trois grands bas-reliefs à figures de femmes et d'enfants symbolisant la Musique, avec des frontons et des guirlandes.

La construction du nouvel Opéra a entraîné la disparition de la rue

LES BOULEVARDS

Basse-du-Rempart, qui était bordée d'hôtels et de maisons luxueuses. Le plus imposant était l'hôtel de Saint-Foix, l'une des plus importantes œuvres de Brongniard, qui, après avoir appartenu à la famille d'Os-

mond, a été, quelques années avant sa démolition, le refuge des concerts Musard. Nous nous rappelons avoir parcouru ses vastes salons revêtus de boiseries dorées, qu'accompagnaient des plafonds peints (*). Non loin delà

(1) V. Krafft et Ransonnette, Choir des plus belles maisons (h- Paris.

au n° 42, MM. Calliat et Lance (*) ont relevé les boiseries d'un hôtel qui avait vraisemblablement appartenu à Verbrecht, sculpteur du roi, à qui l'on doit une partie des Petits Appartements de Versailles, et qui n'avait eu garde de négliger la décoration de sa demeure. Les principaux motifs de cette belle sculpture consistaient en une glace à baguettes entourée d'une guirlande de roses et surmontée d'un fronton à cartouche ailé, de chaque côté de laquelle étaient deux panneaux à coquilles et à bouquets de fleurs, ainsi qu'en dessus de portes à écoinçons, et en une imposte cintrée dans le style rocaille du règne de Louis XV. Sur la façade s'étendait une vaste Bacchanale, par Clodion, dont nous avons déjà parlé et qui a trouvé un refuge chez M. Lebaudy, sur la place Vendôme, après avoir été placée au château de Rosny.

Nous avons également cité le pavillon de Hanovre, à l'occasion de la rue d'Antin et de l'hôtel du maréchal de Richelieu. Il faut nous arrêter maintenant à la rue de Choiseul pour constater la disparition de l'hôtel de Boufflers, dont MM. Rouyer et Darcel ont publié une belle décoration, alors que le Cercle des Arts y était installé (2). Au deuxième étage était disposé un salon ovale divisé en huit travées ; sur l'un des grands côtés s'ouvraient trois fenêtres auxquelles faisaient vis-à-vis une cheminée centrale et deux portes flanquées chacune de deux glaces. Les pilastres de ces huit travées étaient décorés de grands bas-reliefs en bois sculpté figurant des femmes, la tète surmontée d'une corbeille de fleurs, audessus desquelles voltigeaient des génies. Le premier étage renfermait d'autres boiseries avec des trophées sculptés qui n'ont pas été relevés, et datant également de l'époque de Louis XVI.

Le Cercle des Deux-Mondes, qui occupe l'intersection de la rue de Grammont (n° 20) et du boulevard, montre les derniers vestiges de l'hôtel de Lévis, dont le rez-de-chaussée est aujourd'hui, heureusement pour lui, converti en maison de librairie. Son salon de lecture est disposé dans une pièce ovale dont les panneaux peinls sur fond blanc représentent des figures de femmes entourées d'arabesques, de palmes, de tiges de fleurs, de cartouches et de médaillons en camaïeu, composés dans le style froid et mièvre que Lavallée et plus tard Normand et Percier imposèrent à la mode. La cheminée en marbre avec des appliques en cuivre figurant des chars antiques, ainsi que les portes à deux vantaux décorés de losanges à doubles palmeltes, appartiennent à la période du premier Empire, tandis que la corniche de ce salon date

(1) Calliat et Lance, Encyclopédie d'architecture, t. XII.

(2) Rouyer et Darcel, L' Architecture française, t. II, pl. 92.

LES BOULEVARDS

du règne de Louis XV, prouvant ainsi que deux siècles se sont réunis pour donner à celte pièce son aspect actuel. L'un des salons du deuxième étage, de forme ronde, est décoré de panneaux en stuc peint représentant des arabesques du plus charmant style Louis XVI qui ont été reproduits par MM. Rouyer et Darcel (*).

Il serait difficile à quelqu'un qui n'aurait pas suivi ses transformations de retrouver l'ancien hôtel de Brancas, devenu plus tard le Café de Paris et dont la façade donnait sur le boulevard des Italiens, à l'angle de la rue Taitbout, derrière les magasins qui en occupent le rez-dechaussée. Le Musée des Arts Décoratifs possède les dessins de Bellanger qui ont servi à sa construction.

La salle incendiée de l'Opéra-Comique dont la reconstruction est si lenle avait conservé quelques traces de la décoration primitive qu'un incendie antérieur avait déjà compromise. Le premier plafond représentait Apollon recevant la lyre de l'Amour, par Renou, autour duquel étaient des médaillons consacrés aux Muses. Le rideau montrait le Dieu du Jour entouré de divers genres du théâtre, par Monnet. Le théâtre possédait aussi de beaux bustes en marbre des compositeurs de la fin du xviii0 siècle.

On nous a dit que des peintures et des plafonds faisant partie de la décoration de l'ancien hôtel de Bondy, plus tard connu sous le nom de Frascati, à l'angle de la rue de Richelieu, se trouvaient dissimulés sous des revêtements modernes. Le ciseleur Gouthière y avait fait plusieurs ouvrages importants qui sont aujourd'hui perdus.

Nous rencontrons encore un autre cercle installé sur le boulevard Montmartre (n° 16) dans un hôtel ancien, celui du comle de Mercy- Argenteau, ambassadeur de Marie-Thérèse à la cour de France, lors du règne de Louis XVI.

S"ur l'un des côtés du rez-de-chaussée où s'ouvrent des cafés, un grand escalier, dont les niches contiennent des statues, conduit aux pièces du premier étage. Les principales sont deux salons récemment restaurés, à boiseries dorées et séparés par une simple glace sans tain. Dans le premier, des colonnes corinthiennes forment des arcades cintrées où sont disposées des portes surmontées de carLouches rectangulaires à frise de feuillages et de roses. Au-dessus de la porte principale est une couronne de roses. La cheminée de marbre blanc est ornée de grandes appliques de cuivre ciselé. Le plafond a été repeint plusieurs fois, comme celui de la pièce suivante, et l'on ne peut savoir si, à l'origine, ils avaient

(1) Eouyer et Darcel, L'Art architectural, t. II, pl. 92.

reçu un sujet décoratif. Le second salon est entouré des mêmes colonnes corinthiennes, entre lesquelles s'étendent de fausses fenêtres à glace. Au-dessus des quatre portes latérales on voit dos bas-reliefs en stuc où sont couchées des femmes allégoriques; sur le trumeau qui surmonte la cinquième entrée, au centre de la pièce, est placé un écu portant des armoiries. La cheminée présente dans son milieu un masque de femme en bronze doré ; la glace qui la surmonte et celle qui lui fait vis-à-vis, sont terminées par des figures de femmes soutenant la voussure du plafond. Les jardins qui dépendaient de cette hôlel ont, plus tard, fait partie de l'hôtel Aguado, devenu la mairie du IXe arrondissement.

Le bel hôtel de Montholon, construit par Soufflot le Romain sur la boulevard Poissonnière (n° 23) a conservé ses façades primordiales, mais les boutiques basses qui sont établies à l'alignement de la voie et la surélévation qu'il a subie s'opposent à ce que son architecture d'ordre ionique produise l'effet que devaient lui donner ses proportions monumentales W. Il ne reste guère à l'intérieur que des dessus de portes en stuc, à figures allégoriques de style Louis XVI, et un grand salon à panneaux de stuc ornés d'arabesques fieuronnées que complètent de grands bas-reliefs mythologiques et des vases. Au-dessus des quatre dessus de portes sont placés des bas-reliefs dans lesquels sont agenouillées des femmes devant des trépieds. On y voyait autrefois un plafond allégorique, peint par Robin, qui a disparu. M. H. Bouchot a bien voulu nous signaler un recueil de dessins fails pour la construction de cet hôtel qui est conservé au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale.

Nous avons vu disparaître, après l'incendie de 1871, l'ancienne salle de l'Opéra construite en 1781 par Lenoir et devenue plus tard le théâtre de la Porte Saint-Martin. La rue de Bondy, qui longe le boulevard Saint- Martin dans une partie de son parcours, est bordée de maisons dont les larges consoles et les frontons appartiennent à 'la période classique du règne de Louis XVI. L'une d'elles (n° oi), ancienne propriété de la famille d'Aligre, montrait sur sa façade, jusqu'à ces dernières années, quatre bas-reliefs représentant les Saiso?is sous les figures allégoriques de femmes à demi-couchées, auprès desquelles des Amours tressaient des guirlandes, tenaient des gerbes, ou attisaient un brasier. Ces basreliefs ont été vendus et remplacés par des reproductions en terre cuite, et ces reproductions elles-mêmes ont été aliénées à leur tour comme des œuvres originales de Clodion. Il en existe des moulages au Musée

(1) V. Krafft et Ransonnette, Choix des plus belles via/sont <h PftHs.

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