‹ L'art decoratif dans le vieux ParisChapitre 9 sur 49 · LE SALON DES MUSES A L'HÔTEL LAMBERT (X V 1 1 I L" S I ÈC L K · texte numérisé non relu

LE SALON DES MUSES A L'HÔTEL LAMBERT (X V 1 1 I L" S I ÈC L K

(Les tableaux de Lesueur ont été enlevés et sont placés au Musée du Louvre).

Ch.

sur les quatre portes de ce salon, dont la cheminée, de même que celle de la pièce suivante, est surmontée de glaces avec encadrements du style de Louis XIV. Le second salon offre un plafond carré dans les angles duquel sont quatre médaillons de groupes d'enfants attribués à Lesueur. Quatre caissons rectangulaires sont occupés par des figures allégoriques assises sur des socles ornés de bas-reliefs en grisaille; le motif central représente le Triomphe de Flore et de Zéphire. Toutes ces compositions sont attribuées à Lesueur qui n'en a peut-être exécuté que les dessins. Le reste de la décoration était formé par des peintures imitant des bas-reliefs bronzés, accompagnées d'arabesques et de figures d'enfants se détachant sur fond d'or. Les ornements des portes seuls existent encore (*)..

On entrait de là dans le salon des Muses, servant de chambre à coucher à Mme de Thorigny. C'était l'une des pièces pour lesquelles le génie de Lesueur avait trouvé ses plus heureuses inspirations. Les gravures de Bernard Picart nous montrent toute la grâce de cette décoration dont l'école de Watteau semble avoir hérité. La voussure du plafond restée en place offre quatre longs cartouches par Perrier, représentant Apollon et Daphné, Apollon et Midas, la Chute de Phaëlon et le Parnasse. Dans le sujet central, Lesueur avait représenté Apollon confiant son char à Phaëlon. Ce tableau peint sur plâtre fut acquis en 1786 par le roi Louis XVI et transporté sur toile; il figure actuellement au Louvre et il a été remplacé à l'hôtel Lambert par un plafond provenant d'une autre pièce et attribué à Lesueur, où l'on voit Jupiter choisissant Ganymède comme échanson de l'Olympe en remplacement d'Hébé. La décoration du cabinet des Muses était entièrement composée de motifs d'arabesques d'un goût charmant, que plus tard, Bérain et les Audran vinrent étudier pour composer leurs œuvres. Ces panneaux de formes et de dimensions variées, s'étageaient les uns au-dessus des autres, dans un ordre comprenant quatre registres. Ils s'harmonisaient de style avec la voussure du plafond, avec la corniche peinte et avec les entourages sculptés des glaces, de même qu'avec les bordures ovales des tableaux entourés de feuillages dorés. L'alcôve de la chambre de Mme de Thorigny était entourée de cinq tableaux représentant les Muses, qui font

(1) M. Eugène Féral possède un panneau qui provient probablement de l'un des salons de l'hôtel Laiu!>ert. M. Habert conserve dans son hôtel de la rue de Berlin (n° 9) des panneaux décoratifs qu'il a placés dans son salon, et une grande figure de la lienommée provenant de l'hôtel Lambert et acquis il y a environ cinquante ans, lors de travaux de restauration qui y ont été exécutés. — Note communiquée par M. Augé de Lassus.

ILE SAINT- LOUIS

aussi partie du Musée du Louvre. Au plafond était le Triomphe de Diane, peinture oblongue sur plùtre, qui a été mise sur toile et que l'un voit actuellement dans un des salons de l'hôtel Lambert. Plusieurs des arabesques et des sujets allégoriques du cabinet des Muses sont restés en place; ce sont presque les seules compositions qui permettent de pénétrer la grâce poétique et l'esprit philosophique que notre Raphaël français avait déployés dans cette décoration. Il est facile de reconstituer l'aspect original de cet appartement et des autres salles de l'hôtel Lambert, au moyen des gravures publiées par Bernard Picart, d'après les peintures de Lebrun et de Lesueur. On y voit que dès le xvne siècle, l'alcôve de la chambre des Muses avait été supprimée pour devenir un petit cabinet où les panneaux de Lesueur étaient devenus invisibles.

A l'étage supérieur, Lesueur avait orné de peintures en grisaille le cabinet des bains, petite pièce où Voltaire a demeuré, pendant que Mme du Châtelet possédait l'hôtel. Quatre bas-reliefs en grisaille soutenus par des Termes décorent la voussure du plafond, seule partie conservée, de même que l'entourage de la fenêtre. Ce sont : le Triomphe de Neptune et celui d'Amphitrite, Diane et Actéon, Diane et Calisto. Aux angles du plafond sont huit petites figures de fleuves et sur la corniche se tiennent plusieurs enfants portant des tiges de corail. Une copie de ce plafond a été placée il y a quelques années au Musée de Cluny, dans une salle du premier étage, avant qu'on ait entrepris la restauration.

La chapelle de l'hôtel avait été décorée par Lesueur. Il avait peint dans la voûte le Père Éternel dans sa gloire et sur les lambris dix sujets en grisaille de la Vie de la Vierge. M. le Marquis de Chennevières a cru rencontrer l'un de ces tableaux dans un panneau qui faisait autrefois partie de la collection de M. Wilson père.

Toutes ces œuvres étaient surpassées par le cabinet de l'Amour, situé au rez-de-chaussée dans l'appartement de M. de Thorigny et dont les tableaux ne sont plus dans l'hôtel. On y accédait par un salon à plafond dont les solives et la poutre sont ornés de médaillons et d'arabesques en grisaille dans le goût du xvne siècle. La ruine du cabinet de l'Amour a été causée par l'admiration qu'excitaient ses peintures qui sont aujourd'hui dispersées. Cinq tableaux remplissaient les caissons du plafond. C'étaient : La Naissance de V Amour, Vénus présentant l'Amour à Jupiter, Y Amour se réfugiant dans les bras de Gérés, l'Amour recevant l'hommage des Dieux, Y Amour annonçant son pouvoir à Jupiter (sujet central). Au-dessus de la cheminée on voyait Jupiter confiant la foudre à l'Amour. Dans ces six compositions qui font partie du Musée du Louvre, Lesueur joint à la manière légère de Vouet, la grâce de

Raphaël et la noblesse de Poussin, tout en conservant la distinction poétique qui lui est personnelle. 11 s'était montré tout aussi habile, tout aussi ingénieux dans la partie décorative qui venait très heureusement compléter ce sanctuaire artistique. A la suite des enlèvements ordonnés par M. d'Angiviller sous Louis XVI, le cabinet de l'Amour ne présentait plus qu'un intérêt restreint, lorsque M. le comte de Montalivet devint propriétaire de l'hôtel Lambert. Il fit détacher tout ce qui restait des panneaux de Lesueur, et les fit transporter dans une des pièces de son château de Lagrange, près Sancerre, en Berry, à laquelle il donna le nom de chambre de Lesueur, après l'avoir fait compléter par le peintre Alaux. Quelque regret que nous éprouvions de cette translation, c'est probablement à cette mesure que l'on doit la préservation de ces précieux débris mis ainsi à l'abri de la destruction. La frise du cabinet de l'Amour était embellie de figures d'enfants jouant avec des festons, et de grotesques en camaïeu. Le lambris était divisé en trois sections superposées : dans la plinthe du soubassement se voyaient des panneaux allégoriques à figures en camaïeu sur fond d'or, célébrant la puissance de l'Amour vainqueur, et des trophées; au-dessus se développait une rangée de paysages alternativement rectangulaires et ovales dus à Patel, à Swanevelt et à Asselyn, dont quelques-uns ont été recueillis par le Musée du Louvre; le registre supérieur était occupé par des toiles plus vastes sur lesquelles Perrier avait peint des scènes tirées de Y Enéide. Ces panneaux étaient encastrés ainsi que les paysages dans des pilastres et dans des panneaux rectangulaires semés d'arabesques. Au-dessus de la porte était placé X Enlèvement de Ganimède, aujourd'hui au Louvre, et sur la cheminée Mercure désarmant l'Amour, belle composition qui semble être perdue. Les délicieuses arabesques du cabinet de l'Amour recueillies au château de Lagrange, ont été soigneusement décrites par M. le marquis de Chennevières W, qui en a indiqué les sujets et la composition, en faisant ressortir la savante originalité de leur invention et la délicatesse exquise de leur exécution.

(1) De Chennevières-Pointel, Archives de l'Art français; Eustache Lesueur.

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La rive gauche de Paris n'a plus la même importance qu'à l'époque romaine et qu'à celle du Moyen âge. Après la conquête de Jules César, la ville des Parisii se développa rapidement sur la pente du mont Leucoticius, qui se couvrit de thermes, de palais, de cirques, de cimetières et de monuments dont les vestiges ont été retrouvés dans les derniers travaux de percement des rues nouvelles. Les thermes de Julien servent d'annexé au Musée de Gluny, et on y remarque une grande salle où la retombée des voûtes s'appuie sur des proues de navire. Les traces d'un grand palais situé le long de la rue des Écoles ont été récemment relevées, tandis que l'on découvrait dans le jardin du Palais du Luxembourg tout un ensemble de substructions romaines qui ont été depuis recouvertes. Non loin de là, les ruines imposantes d'un amphithéâtre parisien situé rue Monge ont été exhumées et converties en square public, mais une partie du monument découvert en 1870 n'a malheureusement pas été acquise par l'administration municipale et se trouve actuellement cachée à nouveau sous les fondations d'un dépôt d'omnibus. Enfin, la rue du faubourg Saint-Jacques, qui fut le principal cimetière de Paris depuis la période gallo-romaine jusqu'à l'époque du Moyen âge, a été retrouvée presque dans son entier, lors de la rectification de la rue Nicole. On démolissait en même temps ce qui restait de l'antique église de Saint-Marcel, et là encore on rendait au jour une quantité de sarcophages chrétiens dont quelques-uns étaient entaillés dans des colonnes antiques, des inscriptions et des sculptures qui forment le principal fonds du musée lapidaire de l'hôtel Carnavalet.

Ravagée par les Barbares, la ville se releva à l'ombre des grandes abbayes de Sainte-Geneviève, de Saint-Germain-des-Prés et de Saint- Victor, que leurs murailles avaient sauvegardées de la ruine. Le voisinage de ces centres de civilisation donna naissance à l'Université de Paris qui devint la plus célèbre de l'Europe. Sur tous les points de

l'enceinte élevée par Philippe Auguste, s'élevèrent des collèges, des chapelles et des couvents, où l'on enseignait le droit canonique, et d'où sont sorties nos grandes écoles. Ces établissements n'existent plus aujourd'hui; presque tous ont été impitoyablement rasés, mais si l'ancien quartier de l'Université de Paris n'a pas conservé l'aspect pittoresque que lui donnaient les fondations pieuses en faveur des pauvres clercs du Moyen âge, il est resté le centre des études qui gravitent autour de la Sorbonne et des Facultés.

Il ne faut pas chercher, dans les rues étroites et tortueuses de la rive gauche, les demeures élégantes que l'on rencontre dans les quartiers plus récemment construits du faubourg Saint-Germain et du faubourg Saint-Honoré. L'espace y était trop restreint pour se prêter à des constructions étendues. On n'y trouve pas non plus une réunion d'hôtels datant de la même époque et dont la décoration ait été entreprise par un seul architecte, comme dans certains quartiers de la ville. Les œuvres décoratives de la rive gauche sont clairsemées, et leur récolte sera plus abondante dans les édifices publics que dans les demeures particulières. C'étaient surtout des établissements religieux et des collèges qui y étaient construits, et la plupart sont aujourd'hui disparus.

La zone qui s'étend entre la vieille muraille et la nouvelle enceinte stratégique, renferme plusieurs quartiers relativement récents, où on a pu relever d'intéressants spécimens d'art décoratif. Le lieutenant général de police, M. de Sartine, avait fait construire en 1760 un pavillon carré à rez-de-chaussée, avec fronton à cartouche central accosté de palmes, destiné à servir de demeure à l'inspecteur général du Marché aux Chevaux, établi boulevard de l'Hôpital. Ce pavillon fut démoli lors de la nouvelle disposition donnée au marché dont il occupait le fond. Les boiseries qui l'ornaient ont été transportées en partie à l'hôtel Carnavalet. Les plus remarquables servaient de dessus de porte; elles sont de style Louis XVI et d'une très fine exécution.

La découverte récente de toute une collection de panneaux sculptés faite dans une maison du quartier du Jardin des Plantes, a été un événement inattendu pour le monde des collectionneurs. Il s'agissait d'une cinquantaine de motifs d'époque et de travail différents, recouverts de badigeon grossier, qui avaient été sciés ou découpés comme bois de menuiserie, pour garnir les murailles de trois pièces d'un immeuble de la rue Duméril. D'après une ancienne tradition cette propriété aurait autrefois servi de pavillon de chasse ou de petite maison à quelque grand seigneur. Elle aurait été confisquée et vendue comme bien national, puis aménagée par les acquéreurs qui auraient tiré parti des boiseries,

llOISEIilES d'une maison ue la rue duméhii, ixviii" siècle).

il)

en les employant comme matériaux, pour y établir une habitation à leur convenance. L'une des pièces conserve encore une corniche sculptée

dont la présence semble confirmer cette opinion. On peut toutefois supposer que l'un des anciens propriétaires, M. Sagerel, éditeur d'objets d'art, rue de l'École-de- Médecine, aurait eu l'occasion d'acheter à bon marché des boiseries provenant de la démolition de quelque château , et dont il avait reconnu la valeur, avec l'intention de les utiliser dans son appartement. Quoi qu'il en soit, le Musée des Arts décoratifs, prévenu de la découverte offrit une somme assez importante pour l'acquisition de ces boiseries, mais elles furent achetées à un prix supérieur par M. Monvallat, l'un des principaux marchands d'objets d'art de Paris, dans les mains duquel sont passées, la majeure partie des belles décorations intérieures des anciens hôtels démolis ou aliénés.

Les boiseries de la rue Duméril peuvent se classer en plusieurs séries différentes; la première est composée de quatre vantaux de portes, dont la sculpture rappelle le style des compositions de Robert de Cotte. Une autre suite se compose seulement d'un grand panneau au centre duquel est représenté un sujet tiré de l'histoire de Don Quichotte, d'après Antoine Coypel. Dans quatre panneaux plus étroits sont placées des figures de femmes gracieusement habillées dans le goût de Boucher. Quatre autres fragments de lambris sont décorés de trophées de fleurs

boiserie d'une maison de la hue duméiiii.

(xviiic siècle).

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et d'attributs entourés d'encadrements presque identiques à ceux qui se voient dans les petits appartements du roi Louis XV à Versailles. On y comptait encore des fragments nombreux de panneaux détachés et de pilastres d'un travail très délicat, parmi lesquels deux lambris frappaient par l'originalité de leur composition. Des groupes d'amours y étaient sculptés dans un médaillon central en forme de losange , disposition à laquelle nous ne connaissons pas d'analogue. Après avoir été lavées avec soin et remises en état, ces boiseries ont pris une valeur artistique que l'on ne pouvait que soupçonner sous les empâtements de peinture qui les salissaient.

M. Monvallat a conservé des spécimens de chacune de ces séries, avant de céder les panneaux les plus importants relatifs à l'épopée burlesque de Don Quichotte à M. le baron Ferdinand de Rothschild pour son château de Wadesdon , près Aylesbury, où se trouve réuni un véritable musée de sculpture décorative française; d'autres médaillons en losange ont été acquis par M. Beurdeley qui les a fait entrer dans la décoration du salon de sa maison située rue Blanche. Plus loin sur le boulevard d'Italie est un ancien hôtel du xviii0 siècle ayant appartenu à M. Mailleux.

L'ancien jardin du Roi ne présente aucun motif décoratif qui mérite d'être cité, à l'exception d'une figure de marbre symbolisant 'l'Histoire naturelle qui occupe le fronton

Ch. G

boiserie'

d'osé maison de la rue duméhil (xvnie siècle).

du grand amphithéâtre (xvin° siècle), et du pavillon en fer revêtu de bronze qui surmonte le belvédère du jardin anglais. Celte rotonde a été exécutée sur les dessins de l'architecte Verniquet, par le serruriermécanicien Mille. Les serres possèdent une belle statue de Buffon due à Pajou. On y rencontre un groupe d'enfants jouant avec une chèvre par Jacques Sarrazin, qui est placé sur un socle en forme de table également en marbre blanc, dû à Jean-Baptiste Théodon. Cette sculpture après avoir été placée dans les jardins de Marly, et postérieurement dans la salle des Antiques au Louvre, fut apportée au Jardin des Plantes lors de la Révolution. La grande galerie de minéralogie est ornée de tables en mosaïque de pierres dures datant du xvne siècle, qui proviennent vraisemblablement de l'ancien atelier de mosaïstes établi par Louis XIV aux Gobelins. On y voit aussi des vases en matières précieuses, dont le plus important est une grande coupe ovale à pied en cristal de roche, qui est décrite dans l'inventaire des objets précieux de la Couronne, dressé par ordre de l'Assemblée nationale. La véritable place de ces pièces artistiques serait les vitrines de la galerie d'Apollon, avec les autres morceaux du trésor royal. La bibliothèque compte, parmi ses richesses, la célèbre collection connue sous le nom de « vélins du Muséum » dont l'origine remonte à Gaston d'Orléans frère de Louis XIII. Ces dessins représentent des animaux et des plantes, tous achevés avec une exactitude de détails qui en fait de véritables miniatures t1). Certains d'entre eux, peints par Daniel Rabel, par Nicolas Robert et par Claude Aubriet, sont entourés d'encadrements largement composés. Plusieurs toiles décoratives par Jean-Baptiste Oudry sont conservées dans le cabinet du directeur.

Les travaux de percement de la rue Monge ont entraîné la démolition d'une maison de la rue Lacépède, où le Musée de l'hôtel Carnavalet a recueilli les deux vantaux ajourés d'une porte en bois sculpté dans le style de la fin du xvie siècle. Non loin de là, la boulangerie centrale des hospices de Paris est établie dans un hôtel bâti au xvi° siècle par le financier Scipion Sardini. De nombreux remaniements ont rendu la maison presque méconnaissable, mais on aperçoit encore, dans la cour, un corps de logis de la Renaissance, des arcades, des armoiries et des médaillons contenant des fragments de bustes de femmes en terre cuite, suivant le mode de décoration emprunté à l'Italie et qui était employé partout où avait pénétré l'influence artistique d'outre-mont, au commencement du xvi° siècle.

(1) Voir le travail publié dans la Gazette, t. III, 3 pér., p. 290.

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Malgré son humble aspect extérieur, l'église Saint-Médard réserve aux curieux une partie de son ancien mobilier religieux. Le buffet d'orgues qui surmonte la porte d'entrée, est orné d'une figure de Christ qu'adorent des anges se détachant sur des panneaux à grands rinceaux, dans le style du xvne siècle. Le banc d'œuvre et la chaire sont un peu postérieurs. La cuve de la chaire sur laquelle sont sculptées les figures de sainte Geneviève, du Bon Pasteur et de saint Augustin, porte la date 1718. La chapelle des fonts baptismaux a conservé un beau plafond à caissons de bois sculpté et doré, dont le motif central est occupé par une peinture représentant le baptême de Jésus. L'auteur inconnu qui l'a peint, était peut-être employé aux Gobelins sous Louis XIV.

Nous nous souvenons avoir vu, vers 1868, dans un chantier de démolition, plusieurs grands fragments de fresques du xvnc siècle détachés de la voûte de la chapelle des Cordelières Saint-Marcel. Ce n'étaient pas des œuvres assez recommandables pour mériter d'être sauvées de la destruction, malgré l'intérêt de l'origine royale de cette ancienne abbaye. A la même époque, on supprima une vieille maison de la rue Saint-Ilippolyte, connue sous le nom de l'hôtel de la reine Blanche, en réservant pour l'hôtel Carnavalet les poutres sculptées des plafonds et une vis d'escalier en bois, du xvc siècle. Nous avons vu longtemps ces fragments abandonnés dans le jardin de l'hôtel, au milieu des matériaux de construction. A l'angle des rues Mouffetard et du Potde-fer-Saint- Marcel, existe une fontaine à deux arcades décorées de bossages et d'un attique, construite en 1671. C'est l'un des derniers édicules affectés à la distribution de l'eau, autrefois si nombreux à Paris, et dont la plupart ont disparu.

Dans la maison des Gobelins, rien ne rappelle le séjour de Charles Lebrun, ni celui des artistes qui y avaient été établis par Louis XIV, bien que l'ensemble des bâtiments date du xvne siècle. Une chapelle de l'époque de Louis XV, ornée de motifs décoratifs d'une grande élégance vient récemment d'être convertie en musée où sont exposés une partie des documents historiques sur la fabrication des tapisseries que possède la manufacture. Le reste des richesses de ce musée spécial est disposé dans d'autres salles d'exposition qui contiennent un choix de modèles et de tapisseries s'élendant depuis le Moyen âge jusqu'à l'époque actuelle; mais ces spécimens réunis à titre de documents techniques, ne rentrent pas dans l'étude des décorations fixes que nous poursuivons dans l'ancien Paris. Pour trouver une œuvre de sculpture décorative dans le vaste enclos qui entoure la manufacture, il faut traverser la ruelle des Gobelins. Une habitation particulière y a été aménagée dans

les ruines d'un petit pavillon ayant fait autrefois partie de la manufacture de draps et de teinture appartenant à l'amateur de Julienne, connu par ses relations avec Watteau. On voyait jadis dans ce pavillon, un plafond attribué àMignard qui a été jeté bas vers 1867; on y trouvait aussi des panneaux peints à fresque dans le goût des Huet; il n'y reste plus que trois dessus de porte dont les mascarons, formant clés, sont reliés à des consoles par des guirlandes de fleurs et de fruits sculptés avec l'élégance et le goût des premières années du xvm° siècle.

Les anciens amateurs se rappellent avoir vu dans la rue de Bièvre une porte à deux vantaux surmontée d'une imposte en fer ajouré à carlouche cintré entouré de coquilles à guirlandes de style Louis XIV U). Dans la rue supprimée des Marmousets s'ouvraient plusieurs portes ; l'une à simple vantail cintré dont la partie supérieure offrait deux figures d'hommes formant consoles de style Louis XV (2) ; l'autre à deux battants datant de la fin du xvinc siècle, dont l'imposte était d'une belle allure architecturale. Cette dernière porte réservée par la ville lors de la suppression de la rue, a été vendue par elle après 1671 ; nous ne savons ce qu'elle est devenue.

La demeure habituelle de Lebrun, construite par G. Boffrand, existe encore au n° 41 de la rue du Cardinal-Lemoine; elle est en ce moment l'objet de réparations qui dénatureront plus ou moins son caractère. Elle forme un vaste corps de logis bâti entre cour et jardin avec balcons, rampe d'escalier et marteau de porte du temps; on y voit, au milieu du fronton d'entrée, un grand écusson accosté de palmes, sur lequel étaient sculptées les armoiries du peintre; dans le fronton donnant sur le jardin, une figure de génie présente le portrait de Lebrun à l'Immortalité assise; ces sculptures sont d'Anselme Flamen. C'est dans ce jardin que s'était placé le chevalier de Lespinasse pour dessiner la curieuse vue de Paris qui est conservée au Musée du Louvre. Le souvenir de notre grand décorateur est encore tout vivant à l'église de Saint-Nicolas-du- Chardonnet, sa paroisse, où il avait établi sa sépulture de famille. La décoration de la chapelle Saint-Charles dont il avait obtenu la concession, est l'une des œuvres les plus parfaites de l'art français sous Louis XIV, et Lebrun y a développé son double talent de peintre et de dessinateur. Au plafond il a représenté l'archange Gabriel, tandis qu'il peignait sur l'autel son patron en prière. Au-dessous de la fenêtre est disposé le monument funéraire de Charles Lebrun et de sa femme, sculpté

(1) Calliat et Lance, Encyclopédie d'architecture, t. IX.

(2) lbid., t. II.

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par Antoine Coysevox*. Il se compose de son buste place au-dessous d'une pyramide et accompagné de deux statues en marbre : la Piété et la Pénitence. La tendresse filiale de l'artiste l'a mieux inspiré dans le mausolée qu'il a consacré à sa mère sur l'autre paroi. Malgré sa composition un peu théâtrale, ce monument produit un effet saisissant. A l'appel de l'ange du Jugement dernier, sonnant de la trompette, la morte soulève la pierre de son tombeau avec un beau mouvement de foi extatique ; deux anges placés de chaque côté d'un vase, au-dessous du tombeau, complètent cet ensemble dû à Jean-Baptiste Tuby et à Gaspard Collignon. On attribue également à Lebrun le dessin de la porte ouvrant sur la face latérale de l'église, l'un des plus parfaits spécimens de la sculpture sur bois du xvn° siècle, qui puisse se voir dans les édifices religieux de Paris.

Il y a quelques années, le presbytère de Sainl-Nicolas-du-Chardonnet était établi dans une ancienne maison de la rue des Bernardins atteinte depuis par le percement de la rue des Écoles. La pièce principale était une chambre à coucher dont les lambris ont été réservés par la ville de Paris, et qui sont actuellement déposés au Musée des Arts décoratifs. La décoration de cette chambre date du règne de Louis XIV; les peintures, maltraitées par le temps, qui garnissaient les parois et le fond de l'alcôve, sont d'une médiocre exécution, mais la partie sculpturale et principalement l'encadrement à feuillage ajouré de l'alcôve, révèlent une main plus habile.

Il reste de l'ancien couvent des Bernardins un grandiose réfectoire, majestueuse construction du xivc siècle qui est occupé aujourd'hui par une caserne de pompiers. 11 est en ce moment question de démolir ce beau vaisseau pour le remplacer par des bâtiments modernes qui seraient mieux aménagés pour les services urbains, d'après le dire des architectes intéressés à cette suppression. Tous les Parisiens qui s'intéressent à l'histoire monumentale de leur ville se sont émus en apprenant ce projet de suppression. Nous espérons que leurs protestations seront accueillies par l'administration d'une manière favorable.

Dans la même rue, on voyait autrefois l'hôtel Torpanne, l'une des plus importantes demeures particulières de Paris, et où avait longtemps séjourné la famille des Bignon. Cet hôtel qui renfermait' de grandes cheminées, fut démoli au commencement du siècle présent. Alexandre Lenoiry avait recueilli, pour le Musée des Monuments français, une série d'arcades, sur lesquelles sont sculptées des figures allégoriques accouplées, qui décoraient le rez-de-chaussée; on y lisait la date de 1567. Ces débris formant une sorte de portique à jour, sont restés dans le jardin

PARIS

de l'École des Beaux-Arts, après la suppression du Musée des Monuments français; ils ont été restitués dans la Statistique monumentale de Paris publi ée par M. Albert Lenoir.

Le sommet de la montagne de Sainte-Geneviève est occupé par plusieurs vastes constructions destinées à rappeler le culte voué à la patronne de Paris. L'antique église de l'abbaye n'existe plus; elle était déjà condamnée depuis le xvni" siècle, et elle fut rasée en 1807, pour l'ouverture de la rue Clovis. Il n'en subsiste que le clocher qui a été remanié à diverses époques successives, et plusieurs beaux chapiteaux du Xi° siècle, déposés clans la cour de l'École des Beaux-Arts. Le Musée du Louvre a recueilli les quatre grandes figures en bois sculpté par Germain Pilon, qui supporlaient la châsse d'orfèvrerie où étaient renfermées les reliques de la sainte. Le même musée a aussi reçu récemment une grande vierge en pierre de la fin du xme siècle qui avait été placée dans la chapelle du lycée.

La vaste enceinte de l'abbaye a été affectée au Lycée Henri IV. Si défigurés que soient les bâtiments par suite de cette nouvelle appropriation, on y voit, çà et là, des façades et des salles qui rappellent leur destination primitive; à l'extérieur ce sont les contreforts et les baies de l'ancien réfectoire servant aujourd'hui de chapelle, des lucarnes du xviic siècle, et des fenêtres à balcons soutenus par des consoles dans le style de Louis XV; à l'intérieur un escalier à rampe reposant sur des balustres en bois de l'époque de Louis XIV, ainsi qu'un second escalier dont la rampe et les grilles de clôture sont d'un remarquable travail de ferronnerie.

Les Génovéfains avaient réuni une précieuse bibliothèque qu'ils avaient installée dans l'étage supérieur de leur maison. Elle y resta jusqu'au jour où elle fut transportée dans l'édifice incommode et sans style, construit sur la place du Panthéon par l'architecte Labrouste. Les galeries qui formaient l'ancienne bibliothèque du couvent, ont été conservées et elles sont transformées en larges dortoirs pour les élèves. Elles se composaient de quatre galeries venant aboutir à un dôme central dont le plafond, peint par Restout, représente la Glorification de saint Augustin. La coupole appuyée sur quatre pilastres à tiges de palmiers, au milieu desquels sont des têtes de chérubins, sert maintenant de cage à un escalier conduisant aux dortoirs. Cette modification, de même que la création de dortoirs fermés dans chacun des bras, a défiguré l'aspect d'ensemble de la galerie. Il est facile de rétablir son état primitif, au moyen des planches gravées par La Gardette en 1773, et qui représentent les armoires remplies de volumes, formant une

FOUTE LATÉRALE DE L'ÉGLISE S A I S T - NI C O L A S- D U - C H Alt D 0 S S ET

(xvii» siècle).

longue perspective animée de bustes posés sur des scabellons et de tables occupées par les lecteurs. Celte belle réunion de sculptures dues à Coyzevox, à Girardon, à Caffieri, est encore exposée clans les salons de la nouvelle bibliothèque. Toute la menuiserie existe, mais les rayons ilestinés aux livres sont recouverts de planches; dans le plafond se voient des caissons de plâtre à délicates bordures dans le style de Louis XIV, que les obus prussiens ont endommagés pendant le siège de Paris. A la suite de la bibliothèque, se trouve une pièce qui servait autrefois de cabinet des médailles, avant que cette collection numismatique ne fût réunie à celle de la Bibliothèque nationale. Celte salle a conservé un plafond du même style que celui des galeries et quelques encadrements sculptés de glaces et de dessus de porte, mais on n'y voit plus les beaux médailliers qui contenaient ses collections de monnaies, dont quelques-uns ont été transportés à la Bibliothèque delà rue de Richelieu. Une seconde pièce,- de plus vastes proportions et dans un parfait état de conservation, formait le cabinet des antiquités de l'ancienne abbaye. Elle est revêtue, dans tout son pourtour, de grandes vitrines à glace descendant jusqu'au sol et décorées de pilastres et d'encadrements à coquilles du plus beau caractère. Sur toute la longueur de la pièce règne un plafond à écoinçons et à frise que l'on peut recommander comme l'un des meilleurs spécimens de cetle branche de l'art décoratif français, au commencement du xvuP siècle. Les travaux d'établissement de la bibliothèque, commencés vers 1675, ne furent achevés qu'en 1730, mais les derniers artistes chargés de les continuer eurent soin de respecter les dispositions antérieures, afin de conserver l'unité de style. Les noms des ornemanistes, qui ont exécuté cette belle menuiserie, ne sont pas connus, mais il est présumable qu'ils ont pris part à la sculpture des stalles de Notre-Dame, avec lesquelles le cabinet de Sainte-Geneviève présente de grands rapports.

La nouvelle église de Sainte-Geneviève, aujourd'hui le Panthéon, qui depuis cent années a tant de fois perdu et retrouvé sa dénomination, ne nous arrêtera pas longtemps. Nous ne saurions recommencer, après M. le marquis de Chennevières, l'énumération des projets successivement adoptés pour la décoration de cet édifice qu'il a étudié dans la Gazette des Beaux-Arts. Nous signalerons cependant l'élégance du portique extérieur et le bel aspect des nefs intérieures, ainsi que le goût et la pureté de lignes de toute la sculpture ornementale. Ce sont les meilleurs titres que puisse faire valoir aux yeux de la postérité l'architecte Soufflot, surnommé le Romain, pour justifier la célébrité qu'il avait obtenue près de ses contemporains.

JJjLrt 'Décoratif dans le Vieux Taris.

Bas-reliefs allégoriques d'enfants soutenant des guirlandes. Hôtel de Salin. (Palais de la Légion d'Honneur ).

(Époque de Louis XVI)

L'UNIVERSITÉ

Le Musée du Louvre a reçu de l'ancienne abbaye quatre grandes figures de bois représentant les Vertus qui soutenaient la châsse de la patronne de Paris. Le chœur était orné de cinq vastes tableaux décoratifs commandés par la ville comme souvenir des vœux formés à l'occasion de disettes ou de malheurs publics. Deux seules de ces toiles dues à Largillière, datant de 1606 et à Jean François de Troy (1726), sont conservées actuellement dans l'église de Saint-Etienne du-.YIont, où elles sont parvenues à la suite de la Révolution. Elles étaient accompagnées d'un vœu à Sainte-Geneviève à l'occasion d'une disette, peint par De Troy le père, d'un autre dû à Tournières, en 1746, pour la convalescence de Louis XV, et d'un cinquième tableau peint par Philippe de Champaigne sur les dessins de Lallemand et représentant le prévôt des marchands en prière. Ces trois dernières toiles sont détruites maintenant. Ces compositions soutenaient la comparaison avec les meilleures représentations de banquets et d'assemblées civiques de la Flandre et de la Hollande.

L'église de Saint-Etienne-du-Mont est un des monuments les plus populaires de la capitale, grâce à la valeur des œuvres d'art décoratif qu'elle possède. Sa façade d'une architecture pittoresque, où les derniers efforts de la Renaissance se juxtaposent aux lignes nouvelles du xvn° siècle, donne accès dans la nef par trois portes dont les vantaux sont sculptés dans le style du règne de Henri IV. Au-dessus de la porte d'entrée intérieure, un grand tambour de menuiserie soutient un buffet d'orgues à tourelles et à clefs pendantes, dont le souhassement est orné de deux bas-reliefs représentant les vieillards de l'Apocalypse et le passage de la mer Rouge. La chaire, sculptée par Claude Lestocart d'Arras, sur les dessins du peintre Laurent de la Hire, est supportée par une figure de Samson, et enrichie de panneaux dans lesquels se déroule la vie de saint Etienne. Ce superbe morceau de sculpture rivalise avec le jubé en forme de voûte surbaissée qui est jeté au travers de la nef. De chaque côté, s'élève un escalier s'élançant en spirale dans l'espace, dont la balustrade ajourée rappelle les décorations de l'Orient. Les figures et les bas-reliefs de cet arceau sont dus à Pierre Riard; on lui attribue également les deux clôtures latérales du jubé qui ferment les bas côtés, et dont les portes sont ornées de têtes de chérubins et de colonettes à jour sculptées dans le bois. De chaque côté de la chapelle de la Vierge, on a placé deux colonnes de marbre noir aux armes de France et de l'antique abbaye de sainte Geneviève, surmontées d'un chapiteau en pierre.

Les verrières de Saint-Étienne-du-Mont sont, avec celles de Saint-

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Gervais et de Saint-Sévefin, les plus remarquables qu'il y ait à Paris. Plusieurs portent les armoiries des personnages qui les ont offertes à la paroisse, cl datent des dernières années du xvP siècle ou du commencement du siècle suivant. La plus connue représentant la parabole des conviés, a été exécutée par Robert Pinaigrier. Une autre, où Ton voit la légende de saint Etienne, est attribuée à Angrand le Prince. Ces peintures sont complétées par une seconde série de verrières qui sont enchâssées dans les baies de l'ancien charnier de l'église. Ce sont aussi de belles pages de l'art du xvie siècle, et on a souvent reproduit les deux panneaux de l'adoration du Saint-Sacrement et du Pressoir mystique, dont on fait aussi honneur à Robert Pinaigrier. On a mis récemment à jour, dans l'une des chapelles, des peintures murales cachées sous le badigeon, qui représentent la légende des dix mille martyrs, dont les personnages sont costumés dans le goût du xvic siècle.

Le presbytère de Saint-Etienne-du-Mont occupe un corps de logis construit pour le duc d'Orléans, fils du Régent, lorsqu'il s'était retiré à l'abbaye de Sainte-Geneviève. Plusieurs chambres de cette habitation ont conservé des lambris sculptés du xvin0 siècle, et quelques épaves du mobilier du prince. D'autres débris de cet ameublement, notamment une grande table en mosaïque et des bustes de marbre, font partie des collections de la Bibliothèque de sainte Geneviève. On a recueilli au presbytère une belle tapisserie représentant la Lapidation de saint Etienne; qui a fait partie d'une tenture de vingt-quatre pièces exécutées pour la décoration de l'église d'après les dessins de Laurent de la Mire, qui font partie du Musée du Louvre.

L'église de Saint-Séverin est supérieure à celle de Saint-Étienne-du- Mont, sous le rapport architectural, mais elle ne présente pas des œuvres d'art qui retiennent aussi longtemps les amateurs. Les verrières qu'elle possède sont nombreuses et importantes; elles datent de la fin du xve siècle, époque où l'art du vitrail jetait ses dernières lueurs; malheureusement elles ont été trop remaniées et trop restaurées pour être admirées sans restriction. On distingue, dans la chapelle Saint-Michel, les vestiges d'une fresque attribuée à Jacob Bunel et représentant la Prédication de saint Jean. M1Ie de Montpensier, fille de Gaston d'Orléans, fit en petit pour le sanctuaire de Saint-Séverin, ce que Louis XIV exécuta plus tard à Noire-Dame. Elle demanda en 1684 à Charles Lebrun, le dessin d'une nouvelle décoration du chœur et de l'autel, dont l'exécution fut confiée à Jean-Baptiste Tuby. Cette transformation qui entraîna la démolition du jubé de l'église, a été conservée en partie. Elle consiste en plaques de marbre dissimulant les colonnes du sanctuaire, sur les-

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quelles sont fixés des bas-reliefs et des ornements de bronze doré dont l'élégance fait penser aux trophées que Tuby a placés sur les pilastres de

CABINET DES CURIOSITES DE L'ANCIENNE ABBAYE DE S A I N T E- G EN E V I K V K.

(Lycée Henri IV, xvir* et XVIIIe siècles).

la grande galerie de Versailles. Plus pauvre encore que la précédente en œuvres décoratives, l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas a hérité

d'une partie de l'ameublement religieux de la collégiale de Saint-Benoit, qui avait été sculpté sur les dessins de Claude Perrault. Ce mobilier comprend un buffet d'orgues, une chaire à prêcher et un confessionnal qui, malgré le nom de cet architecte, ne sont que d'un ordre secondaire. Les collections du Musée de Cluny ont recueilli un assez grand nombre de débris de Saint-Benoît, lorsque la rue des Écoles a été tracée sur son emplacement.

Deux monuments de la rive gauche caractérisent le style de l'architecture française dans la première moitié du xvii° siècle. L'un est l'ancien collège de la Sorbonne, siège actuel du grand établissement scientifique de Paris, dont on doit la transformation au cardinal de Richelieu. Les travaux d'agrandissement qui s'y poursuivent actuellement, amèneront la suppression de tous les bâtiments dus à Jacques Lemercier, et ne laisseront debout que la vaste chapelle où le grand ministre avait établi sa sépulture. Cette église surmontée d'un dôme imité de celui de Saint-Pierre de Rome, a perdu tous les ornements que les sculpteurs Berlhelot, Guillain, Michel Anguier et les peintres Philippe de Champaigne et Lebrun y avaient prodigués. De beaux vantaux de portes en bois sculpté donnent entrée dans l'édifice qui a conservé le mausolée de son fondateur. Girardon a représenté le cardinal à demi couché sur un sarcophage et soutenu parla Religion, tandis qu'en avant du tombeau se tientla Science exprimant sa douleur. La noblesse des figures, la vérité des altitudes et le goût des ornements du sarcophage, seréunissent pourfairedece monument funéraire l'un des meilleurs morceaux de l'école française de sculpture.

M. C. Daly(1) a publié les vantaux de portes en bois sculpté de cette chapelle. Non loin de là, dans l'ancienne rue des Maçons-Sorbonne (rue Champollion) on remarque la porte d'une maison ornée de caissons surmontés d'un cartouche échancré à feuilles d'acanthe avec deux impostes à guirlandes et à cannelures qui a conservé son marteau du temps de Louis XIII (Caliiat et Lance, Encyclop. d'architecture, t. XII).

L'abbaye royale du Val-de-Gràce commencée par Anne d'Autriche, en reconnaissance de la naissance de son fils, et continuée plus activement pendant la régence de cette reine, sous les directions successives de François Mansard et de Le Muet, ne fut achevée que sous Louis XIV. La chapelle pourvue du dôme obligatoire à toutes les églises importantes du xvii° siècle, présente des modèles intéressants d'art décoratif. A l'extérieur ce sont des cartouches à médaillons entourés de guirlandes sculptées et une grande porte à vantaux fleurdelisés. Dans la nef intérieure se déroulent toute une suite d'arabesques formant le berceau

(1) Caliiat et Lance, Encyclopédie d'architecture.

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de la voûte, des pilastres cannelés d'ordre corinthien, et des bas-reliefs placés au-dessus des arcades des chapelles, qui sont sculptés par les frères Anguier. La grande porte d'entrée en bois sculpté est un beau travail du règne de Louis XIV.

La coupole est recouverte d'une immense peinture où Pierre Mignard a représenté Anne d'Autriche entourée de la cour céleste et offrant à Dieu le plan de l'édifice. Cette vaste fresque, dont le succès a été énorme et dont Molière a célébré en vers les beautés, est aujourd'hui bien pâlie; nous lui préférons les quatre caissons-pendentifs sculptés par les Anguier, et retraçant les évangélistes accompagnés d'attributs religieux d'un grand goût. L'autel, aujourd'hui privé des figures qui le décoraient, est surmonté d'un baldaquin à colonnes torses en marbre, rappelant les décorations italiennes. Les deux nefs latérales du sanctuaire sont fermées par des grilles dont le champ uni est encadré de bordures d'un beau travail (*). Celle qui sépare la nef du chœur est d'un dessin moins heureux. Les piliers de la porte sont composés de colonettes réunies qui paraissent à la fois lourdes et maigres, et les deux côtés ont perdu les corniches qui les surmontaient. Tout le pavage de marbre de la nef et du chœur est divisé en compartiments aux chiffres d'Anne d'Autriche et de Louis XIV, qui correspondent aux divisions de la voûte. Les appartements contenaient de nombreuses compositions de Philippe de Champaigne, dont les plus importantes font aujourd'hui partie du Musée du Louvre. On voit, dans une chapelle intérieure, une voussure peinte par son neveu Jean-Baptiste de Champaigne, et celte fresque montre en ce peintre secondaire, une disposition toute spéciale pour la peinture décorative, dont il a donné des preuves plus éclatantes dans les salons de l'ancienne résidence royale du château de Vincennes.

La colline de Sainte-Geneviève conserve dans ses rues solitaires, nombre de maisons anciennes, dont quelques-unes mériteraient une mention au puint de vue de l'art. Le séminaire des Irlandais, dans la rue du même nom, possède une grande porte à couronne de feuillages, spécimen du style des dernières années de Louis XV.

Une maison de la rue des Fossés-Saint-Victor a conservé sa porte à deux vantaux en forme de cadre contenant un cartouche échancré se détachant sur des liserés de feuillage Louis XIII (Calliat et Lance, Ëncyclop. d'architecture, t. II).

Un grand entourage de porte et un support de balcon qui consti-

(1) Les noms de tous les ornemanistes, qui ont pris part à ces travaux, ont été publiés par M. J. Guiffrey, dans les Comptes des bâtiments du Roi.

PARIS

tuent une décoration large et mouvementée du temps de Louis XIV, existe sur la façade de la maison 131 bis de la rue Saint-Jacques, dont le reste de la façade est modernisé. Jadis on y voyait une belle et grande porte à vantaux moulurés et ornés de feuillages qui donnait accès dans le lycée Louis-le-Grand. M. Daly a jugé digne d'être reproduite, la façade d'une autre maison du xviu0 siècle, située dans la rue de la Vieille-Estrapade, n° 11. Près de là se voit encore dans la rue des Irlandais, l'ancien collège de cette nation, grande maison du xvii0 siècle dont le fond de la cour est terminé par une chapelle à portail avançant et formant un péristyle elliptique soutenu par des pilastres, d'un bel effet décoratif. Nous nous arrêterons plus longtemps sur des boiseries sculptées provenant de l'hôtel des Stuart d'Aubigny, qui se voyait autrefois dans la rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel, aujourd'hui rue Malebranche. Cette ancienne demeure avait été atteinte en 1867, par les percements de la rue Soufflot et de la rue Gay-Lussac, mais la ville de Paris avait eu le soin de racheter le bel appui de balcon en fer forgé de la façade et les lambris sculptés d'un salon qui avaient été revêtus de nombreuses couches de peinture grossière et de papier. Nous ne savons ce qu'est devenu depuis le balcon, mais les panneaux restaurés et remontés revêtent les parois d'un pavillon élevé dans le jardin de l'hôtel Carnavalet et provenant d'une des dépendances de l'hôtel de Choiseul. Ces boiseries datent de la première moitié du xviii" siècle; elles offrent des trophées de musique et d'instruments champêtres disposés avec le charme et le goût qui distinguent les meilleures œuvres de cette époque. Jamais accord plus parfait n'a existé entre le contenant et le contenu, que celui qui règne entre les sculptures extérieures de ce pavillon et les sujets de ces charmants panneaux intérieurs.

Les travaux d'établissement des boulevards Saint-Michel et Saint- Germain, de la rue des Écoles et ceux de l'agrandissement de la Sorbonne, ont amené la disparition des derniers vestiges des anciens collèges et des maisons conventuelles qui abondaient dans ce quartier. La majeure partie des monuments funéraires qui y figuraient, avaient été recueillis antérieurement par Lenoir, et sont conservés actuellement à Saint-Denis, ou au Musée du Louvre. Le Musée de l'hôtel de Cluny a reçu en dépôt, en 1857, des spécimens de sculpture décorative tirés de la tour Saint-Jean-de-Latran, monument complet du xive siècle, unique dans ses dispositions, barbarement détruit sans nécessité, ainsi que de l'église Saint-Jean-de-Latran, dont le chœur conservait des restes de fresques murales du xvie siècle. Seule, la chapelle du collège de Beauvais n'a pas été atteinte, et elle a été l'objet d'une restauration entre-

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prise par les dominicains qui l'ont possédée pendant plusieurs années. Les effigies mortuaires des Dormans, qui y étaient placées, sont aujourd'hui dispersées entre le Musée du Louvre et la chapelle consacrée au

boiserie de l'hôtei. nus stuaut (xvina siècle). (A l'hôtel Carnavalet).

souvenir d'IIéloïse et d'Ahélard, dans le cimetière de l'Est. On voyait autrefois au n° 12 de la rue Saint-Jean-de-Beauvais une petite porle bâtarde à panneaux ajourés formés par des entrelacs entourant une têle de lion du xvne siècle (Calliat et Lance, Encyclopédie d'architecture,

t. II). On a également transporté au Musée de Cluny une jolie porte du xvie siècle, ornée de deux colonnes cannelées en pierre, supportant une corniche, et dont l'arc est formé par deux figures de femme en basrelief, qui provient d'une maison dite de la reine Blanche, existant dans la rue supprimée du Foin-Saint-Jacques. La rue Serpente renfermait autrefois une maison dans laquelle se trouvait un plafond du xvnc siècle, décoré de figures de génies et de médaillons en grisaille entourés d'un encadrement d'architecture, qui a été déposé à Cluny. On y a apporté, en même temps, une grande figure de bois formant encorbellement dans la cour d'une maison de la rue de la Harpe, ainsi qu'un plafond peint sur bois et divisé en caissons dont le centre représente le Triomphe de la Vérité ; les autres panneaux sont occupés par des génies tenant des gerbes de fleurs et se détachant sur un fond d'arabesques, avec une bordure de bois sculpté et doré dans le style du xvn° siècle. Non loin de là, on voyait dans la rue du "Plâtre, les vantaux surbaissés d'une curieuse porte de l'époque de Louis XIII, qui a été reproduite par M. t)aly. L'éditeur Delalain possède l'ancien hôtel de Catinat, situé dans la rue du Sommerard; le portrait de ce maréchal, qui était placé au-dessus de la cheminée du salon de cette maison, a été retrouvé lors de sa transformation en établissement industriel, et offert au Musée de Cluny.

Une ancienne maison de la rue de la Parcheminerie qui porte aujourd'hui Je nom d'hôtel de Limoges, est l'un des rares spécimens du règne de Louis XV arrivé jusqu'à nous, sans aucune modification. Au rez-de-chaussée, sont une boutique et une porte cochère ; au-dessus plusieurs étages à deux fenêtres brodés de coquilles, de guirlandes et de cartouches composés avec un goût charmant et d'une exécution très fine (*).

Le logis des abbés de Cluny est l'un des plus intéressants monuments de Paris. Il a été construit dans les dernières années du xv° siècle sur les ruines des thermes de l'empereur Julien dont nous avons parlé plus haut, et bien que le style de son architecture soit resté fidèle aux traditions du Moyen âge français, on y remarque cependant des traces manifestes de l'influence italienne qui commençait à envahir notre école. Les arcades, les balcons et les couronnements des lucarnes de la cour présentent de charmants motifs de sculpture décorative; ils sont surpassés par l'originalité élégante de la chapelle dont le sanctuaire est disposé dans une tourelle en encorbellement soutenue par un pilier

(1) Daly, Motifs extérieurs.

L'UNIVERSITÉ. 57 formant au rez-de-chaussée une double arcade à nervures accentuées.

COUR DE L'HÔTEL DE CLUNY, CONSTRUIT DANS LES DERNIÈRES ANNÉES DU XVe SIÈCLE.

Un escalier à cage évidée dans la pierre, conduit à cette chapelle veuve aujourd'hui des statues agenouillées de la famille d'Amboise, qui rem- Cn. 8

L'ART

plissaient les niches surmontées de dais ouvragés dans le style flamboyant des dernières années de l'art ogival. 11 ne reste de la décoration intérieure que celle d'une pièce occupée par Marie d'Angleterre après la mort de Louis XII, et désignée sous le nom de chambre de la reine Blanche. Ces peintures qui ont été retrouvées sous une couche de badigeon, et qui ont dû, par suite, être restaurées, se développent en forme de frise dont les motifs sont empruntés aux arabesques qui venaient d'être découvertes récemment dans les ruines de Rome. Nous avons cité à plusieurs reprises divers monuments qui ont été transportés à l'hôtel de Cluny, après avoir été découverts ou réservés lors des démolitions opérées dans les divers quartiers de la capilale. Le Musée possède, en outre, des pièces nombreuses et intéressantes pour l'histoire de chacune des branches de la décoration. Toutes précieuses qu'elles soient pour les artistes et pour les amateurs, elles ne sauraient cependant trouver place dans cette étude rigoureusement consacrée aux monuments parisiens.

On a récemment mis en vente la décoration d'un salon provenant de l'une des maisons de la rue du Cloîlre-Saint-Benoît, aujourd'hui rue de Cluny. Ce salon avait été peint pour le graveur Demarleau qui habitait primitivement à l'enseigne de la Cloche rue de la Pelleterie. Il fut transporté après sa mort, par son fils également graveur, dans la rue du Cloître-Saint-Benoît, lorsque celui-ci vint l'habiter. D'une conservation irréprochable, cette pièce présentait le caracLère particulier d'une œuvre exécutée pour un artisle, par les plus habiles peintres de son temps pour lesquels il gravait sur cuivre, tels que Boucher et ses élèves. La décoration générale de ce salon simulait un berceau de jardin en treillage, dont les losanges dorés étaient recouverts de plantes grimpantes, de roses et de capucines. Au milieu de cet entourage étaient peints des panneaux dont les sujets semblaient ouvrir une vue sur la campagne. Les quatre plus étendus représentaient des molifs champêtres : un paysage animé par des chiens et des oiseaux, une bassecour avec un ptiits et des volait les, un étang sur lequel nageaient des cygnes et des grues, une rivière couverte par des canards accompagnés par des perroquets et des ibis. Quatre charmants panneaux rectangulaires ayant servi de dessus de porte ou de fenêtres, symbolisaient les phases de la vie de la colombe. On y voyait : l'union du couple, la couvée des œufs, l'autel de l'amour et l'éclosion des œufs. On accédait à ce salon par deux portes à deux vantaux. Sur l'une d'elles Boucher avait peint, avec sa verve savoureuse, une fontaine formée par deux Amours soutenant une coquille en forme de vasque, et deux Amours

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placés sur un rocher et supportant une autre coquille. La seconde porte de même disposition représentait deux figures d'un Amour debout sur un socle à fond de treillage, et d'un second Amour triomphant posé sur un piédestal et tenant une couronne et une flèche. Nous avons reproduit deux sujets de figures d'enfants supportant des vasques de fontaines, qui ont été composées par Boucher et qui font suite à ceux provenant de ce Salon.

Cet ensemble n'avait tout d'abord pas été conservé dans son intégrité, chacune des séries de panneaux ayant été vendue séparément; mais depuis la vente, M. Groult a pu réunir dans sa collection, si riche en œuvres françaises, les quatre dessus de porte et les deux portes peintes par Boucher avec les quatre autres grands panneaux qui complétaient cette décoration, et il a fait remonter ce bel ensemble dans son hôtel de l'avenue Malakof.

L'École normale gratuite de dessin établie dans l'ancien amphithéâtre de Saint-Corne, auprès du couvent des Cordeliers, n'a pas cessé, depuis sa création, d'exercer la plus efficace influence sur la production industrielle de Paris. Le peintre Bachelier en fut longtemps directeur, et 500 élèves en suivaient les cours dans les dernières années du xvin0 siècle. C'est dans leurs rangs que se recrutaient les dessinateurs et les ornemanistes employés dans les principales fabriques de Paris. Cette institution a été conservée, et sous le titre d'Ecole nationale des Arts décoratifs, elle continue à répandre les principes de dessin et les éléments du goût dans la jeunesse studieuse qui se destine à la composition industrielle. L'amphithéâtre en forme de pavillon rond à portique, où ils suivent leurs cours, est un charmant et gracieux édifice datant des dernières années de Louis XV, mais ses dimensions restreintes sont absolument insuffisantes pour recevoir les nombreux élèves qui se pressent dans son enceinte. Depuis plus de vingt ans la reconstruction de cette école est à l'étude, et il est très regrettable qu'aucun des projets proposés n'ait été adopté, afin de remédier à une situation devenue intolérable. Le cabinet de la direction de l'École est disposé dans une pièce de style Louis XVI, lambrissée de pilastres d'ordre ionique.

On trouve dans la rue de la Bùcherie un second pavillon à coupole, qui servait autrefois d'école à l'Académie royale de chirurgie. Cette construction dénaturée par des adjonctions parasites abritait dernièrement une industrie suspecte; elle vient d'èlre rachetée grâce aux nombreux efforts de la société des Amis des monuments parisiens, mais aucune destination ne lui a encore été donnée. L'École de chirurgie a été réunie à l'École royale de médecine édifiée sous le règne de Louis XV

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