‹ L'art dentaire en médecine légaleChapitre 49 sur 113 · MALADIES INFECTIEUSES · texte numérisé non relu

MALADIES INFECTIEUSES

Grippe, scarlatine, variole, fièvre typhoïde, érysixjele, embarras gastrique, etc.

Ces différentes maladies peuvent occasionner, du côté des dents, des troubles variables suivant l'âge de l'individu.

Chez l'enfant, pendant la période d'évolution dentaire, elles peuvent entraîner des troubles trophiques folliculaires qui , suivant

leur degrré d'intensité, produisent soit des érosions, soit la perte totale du germe. Nous étudions ces phénomènes dans le chapitre des érosions dentaires.

Tant chez l'enfant que chez l'adulte, lorsqu'il existe des dents à pulpe morte, ces affections peuvent très souvent donner lieu à des abcès alvéolo-dentaires, et à des engorgements ganglionnaires. Ces abcès peuvent prendre des allures différentes selon leur siège. Les plus graves sont ceux qui se produisent du côté de la langue (angine de Ludwig ou phlegmon sublingual).

L'infection peut aussi gagner les sinus, d'où emp yèmes du sinus maxillaire..

Ewald signalait à la Société de médecine interne de Berlin un cas de ce genre. Il s'agissait d'un médecin qui eut, comme complication grippale, une névralgie du trijumeau avec empyème du sinus maxillaire et qui mourut de méningite purulente de la base.

La présence dans la bouche de dents à pulpe morte n'est pas, d'ailleurs, la condition sine qua non delà production d'une sinusite. Celle-ci peut survenir sans lésion dentaire d'aucune sorte. Le D-^ Natier en a présenté une observation à la Société de stomatologie. Il s'agissait d'une demoiselle qui à la suite d'une grippe pendant l'épidémie de 1889-1890, fut atteinte de sinusite double des sinus maxillaires. Cette malade portait ses seize dents de la mâchoire supérieure absolument saines.

La grippe, en effet, est de toutes ces maladies infectieuses, celle qui s'accompagne le plus souvent de troubles infectieux buccaux.

Les traités classiques signalent spécialement comme complications de la grippe les périostites alvéolo-dentaires.

Nous avons eu l'occasion d'observer nous-mêmes plusieurs cas d'infections dentaires survenues pendant le cours de la grippe de l'hiver dernier.

En particulier, nous avons eu une petite malade âgée de 7 ans qui présenta une suppuration des ganglions sous-maxillaires droits pendant le cours d'une grippe.

Nous ne doutons pas que la porte d'entrée de l'infection ganglionnaire ne soit la deuxième molaire inférieure droite dont la pulpe était morte et infectée.

Cette infection eut une allure très inquiétante, envahissant le

COU, et nécessita une intervention chirurgicale qui fut pratiquée par notre maître M. Seg-ond.

Dans un autre cas, un de nos malades âg-é de 50 ans, présenta, à la suite d'une grippe, un abcès alvéolo-dentaire autour de l'incisive centrale supérieure gauche. Cette dent avait sa pulpe morte non traitée. La dent fut extraite et nous avons dû, quelque temps après, enlever un séquestre de 2 centimètres de l'alvéole correspondante.

Notre collègue le D"" Rodier nous a communiqué un cas semblable. Il s'ag-issait d'un homme adulte qui à la suite d'une grippe présenta un abcès accompagné de nécrose de la première molaire supérieure gauche. La dent fut enlevée ainsi que le séquestre -, mais le malade revint quelque temps après se plaig-nant de la dent voisine. "SI. Rodier en pratiqua l'extraction, et ainsi de proche en proche, le malade perdit toutes ses dents supérieures de ce côté de la bouche. Pour arrêter l'infection M. Rodier dut extraire une dent saine, et la maladie s'arrêta.

Page 1