DIABÈTE
Marchai, de Calvi (Recherches sur les accklents diabétiques, 1863) a décrit sous le nom de g-ingivite expulsive une altération très fréquente qui n'est autre que l'ostéopériostite alvéolo-dentaire étudiée par Magitot. Nous ne voulons pas décrire ici cette affection, nous dirons simplement les lésions dentaires qu'elle peut entraîner. Ce qui caractérise essentiellement l'ostéopériostite ou la pyorrhée alvéolo-dentaire causée par le diabète, c'est que g-énéralement elle amène la chute d'un grand nombre de dents, parfois même de la totalité.
Magitot (Mémoire sitr la valeur diagnostique dans le Diabète sucréde la périostite alvéolo-dentaire, Académie de médecine, 1882) qui a étudié l'affection buccale dont nous venons de parler au point de vue de sa valeur pronostique, dit qu'elle fournit un signe de grande valeur.
Elle se caractérise comme signe initial du diabète par une première période ou période de simple déviation des dents ; par sa deuxième période ou période d'ébranlement des dents, de catarrhe alvéolaire, elle répond à la phase d'état de la maladie générale; et par sa troisième période ou chute des dents, elle correspond à la phase la plus avancée de la maladie.
Au delà de ce dernier terme, si le diabète continue son évolution, les bords alvéolaires peuvent devenir le siège d'une résorption osseuse consécutive ou non à la gangrène de la gencive ; ce dernier signe est critique et précède ordinairement de peu la terminaison fatale du diabète.
Outre la lésion gingivale, le diabète produit des altérations de la dent elle-même. La carie est très fréquente et débute ordinairement par les dernières molaires, marchant d'arrière en avant, et ne laissant au malade que des racines déchiquetées.
Ce mode de début serait dû à la disposition du canal de Sténon, qui s'ouvre au niveau de la seconde molaire; quant à la carie, elle est attribuée à une action chimique de l'acide lactique, produit par la fermentation du sucre.