DIATHÈSE ARTHRITIQUE
La diathèse rhumatismale, goutteuse, retentit sur l'appareil dentaire de façon très variable.
Les auteurs ont depuis longtemps signalé les troubles dentaires dans le rhumatisme.
«Le Congrès dentaire de Paris (1889) s'est occupé de cette question.
D'après {in Rosenthal, loc. cit.) le D"" Dyce Dickworth (de Londres), chez les arthritiques, la première dentition est habituellement satisfaisante. Chez les goutteux, les dents sont très fortes, pourvues d'un émail excellent. Les incisives ont une tendance à être poussées en avant. Il y a chez les arthritiques une
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prédisposition au tartre souvent abondante, mais en réalité pas de forme spéciale de dents.
Le D>- Etchepareborda (de Buenos-Ayres) {Comptes rendus du Cojuirh dentaire de Paris, 1889, p. 221») a fait au même Congrès une intéressante communication sur ce sujet. Dans ses 85 observations il a relevé :
La résorption alvéolaire seule, 25 fois.
La résorption alvéolaire avec gingivite, 4U fois.
La résorption alvéolaire avec ostéopériostite, 15 fois.
La chute spontanée des dents, 8 fois.
La carie avec périostite alvéolo-dentaire, 2 fois.
Les conclusions du travail d'Etchepareborda sont les suivantes :
I. — Les dents, les maxillaires, les parties molles de la bouche sont fréquemment le siège d'accidents d'origine rhumatismale.
IL — Ces accidents peuvent précéder, accompagner ou suivre des manifestations articulaires, musculaires, fibreuses, etc., aiguës, subaiguës, chroniques.
Elles peuvent rester longtemps isolées et constituer la seule expression visible de la diathèse.
IIL — Les accidents les plus fréquents d'origine rhumatismale sont :
1° Du côté des dents : La périostite alvéolaire, la périostite alvéolo-dentaire, la nécrose dentaire et la chute spontanée des dents.
2° Du côté des gencives : Les inflammations simples ou aphteuses.
3" Du côté du système nerveux : La névralgie faciale.
4° Du côté du maxillaire : La résorption alvéolaire, la carie et la nécrose des maxillaires.
IV. — Aucune de ces affections locales ne peut être regardée comme propre au rhumatisme; on les observe, avec la même physionomie clinique, chez des sujets qui ne sont pas rhumatisants; elles peuvent avoir une origine locale ou génL-rale. Il est
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impossible de fixer leur place dans la chroiiolog'ie et l'ordre de succession des accidents rhumatismaux. En g-énéral pourtant, ces manifestations sont tardives. Leur maximum de fréquence correspond à l'âge moyen de la vie, de 25 à 40 ans.
V. — C'est surtout dans les formes vagues et chroniques, qu'on observe les manifestations rhumatismales.
La goutte enfin produit des lésions dentaires accompagnées d'une usure anormale considérable. Dans une observation de Saundby {British médical Journal of dental Sciences, 1886) l'usure était si prononcée que les dents dépassaient à peine la surface gingivale.
t). — SYPHILIS.
On appelle dents syphilitiques, celles qui présentent les stigmates de l'action pathologique exercée par la syphilis pendant leur développement intra-gingival (Fournier) .
Les malformations dentaires qui dérivent de l'hérédité syphilitique sont, en général, multiples et de plus symétriques. Cependant, elles peuvent porter sur quelques dents isolées.
Née en Angleterre avec Hutchinson, l'étude des dents syphilitiques a été poursuivie en France par Paget, Parrot, Fournier. Les deux dentitions peuvent être frappées, mais cependant, la dentition de lait paraît être bien moins influencée par l'hérédité syphilitique que la dentition permanente.
Les malformations dentaires sont rangées ainsi par Fournier : microdontisme, nanisme, amorphisme, vulnérabilité du système dentaire, anomalies diverses.
Nous avons déjà vu que la syphilis pouvait amener un retard dans l'éruption des dents. Ce trouble frappe soit la totalité de la denture, soit un groupe, les incisives par exemple.
Microdontisme : Certains syphilitiques héréditaires présentent de petites dents, tout à fait petites parfois^ contrastant avec les
dents saines, normales. Les cas de ce genre ne sont pas rares, quoique la syphilis ne doive pas toujours être incriminée.
Nanisme : Nous l'avons signalé à propos des anomalies de volume, ce n'est qu'une exagération du mierodontisme.
Amorphtsme : Ici les dents ont perdu leur forme normale. Il n'y a pas de règle générale, et on a vu des exemples de dents en tricorne (Hutchinson), de dents de poisson, de dents en corne (Fournier).
Vulnérabilité : Les dents de Thérédo-syphilitique frappées dans leur nutrition offrent peu de résistance aux divers processus morbides.
La carie est fréquente, l'usure, rapide, et à un degré extrême il peut y avoir édentation complète.
Nous consacrons un chapitre spécial a l'érosion dentaire. Il est hors de doute, en effet, a l'heure actuelle, qu'une foule de maladies soit héréditaires, soit acquises peuvent produire cette anomalie.
Nous avons visité le laboratoire de notre collègue M. Lawrence, professeur à l'Ecole Odontotechnique, qui s'est occupé tout spécialement de l'examen histologique des dents syphilitiques. Nous y avons vu des centaines de coupes de dents de cette sorte dont la description sera faite par lui dans une prochaine publication.