TUBERCULOSE
Dans la tuberculose, on peut aussi trouver des lésions dentaires.
Ritter a décrit [Mercredi médical, 1891) la tuberculose gingivale, qui débute souvent sous la trompeuse apparence d'une simple périostite al véolo-den taire.
Le D"" Giraudeau a communiqué à la Société médicale des hôpitaux, en 1894, une observation d'ulcération tuberculeuse des gencives avec ostéopériostite du maxillaire inférieur.
Il s'agissait d'un homme de 42 ans, dont les dents étaient tombées ou avaient été enlevées facilement et sans douleur. Au moment où le malade a été examiné, il lui manquait les incisives les canines et les petites molaires de la mâchoire inférieureaucune de ces dents n'était cariée au moment de sa chute.
Tout l'espace édenté était occupé par une vaste ulcération, dont le bord antérieur bourg-eonnant était parsemé de nombreux points jaunes comparables à ceux des ulcérations tuberculeuses linguales. La surface correspondant aux cavités alvéolaires était recouverte d'une sanie purulente entremêlée de mucosités et de débris alimentaires.
A l'autopsie de ce malade, on put constater que les alvéoles avaient disparu 5 le corps du maxillaire inférieur mesurait sur la ligne médiane 11 milimètres de hauteur au lieu de 25 qu'il mesure en général. Dans les produits de raclage au ciseau de l'ulcération, on trouva de nombreux bacilles de Koch.
EACHITISME.
Les altérations dentaires dues au rachitisme sont indiscutables. Elles ne sont pas constantes mais leur existence n'en est pas moins fréquente. Les travaux sur ce point sont nombreux.
On trouvera dans la thèse de Thérvc (1872) toutes les indications bibliographiques sur cette importante question. Depuis, Nicati a publié une étude dans le Marseille médical de 1878. Heitzmann et Bodeker ont de leur côté étudié les altérations dentaires dans le cours de cette affection.
Leur travail a été analysé dans le journal V Odontologie de 1889. Les troubles les plus fréquents qu'ils ont rencontrés sont les anomalies de l'émail et de la dentine.
Les interstices entre les prismes de l'émail sont larges et les fibres ont souvent une direction indépendante des contours des prismes de l'émail. Ceux-ci sont finement granuleux sans lignes
transversales. Ces traits sont expliqués par une calcification insuffisante de l'émail, qui permet la section de minces couches d'émail après avoir été amolli dans une solution d'acide chromique, tandis qu'il est impossible d'obtenir des sections d'émail normal de la même manière. Sur un fœtus rachitique de <S mois, ils ont observé des portions brun sombre dans l'émail, qui doivent être considérées comme des pigments de la racine.
Une autre caractéristique est la direction sinueuse des prismes de l'émail, de telle sorte que dans une section longitudinale, des couches de prismes d'émail se montrent longitudinales, tandis que d'autres sont transversales.
La dentine des dents rachitiques est remarquable par ses larges canalicules dans lesquels les fibres dentinaires et leurs prolongements latéraux sont aisément discernables. La substance de la base montre une structure réticulaire plus ou moins marquée sans l'application d'aucun réactif.
Dans un fœtus de 8 mois, ils ont remarqué des formations particulières de dentine causées évidemment par une calcification insuffisante de ce tissu.
Nous avons déjà signalé dans le chapitre des anomalies dentaires les différents troubles qu'apporte le rachitisme dans la dentition. Il est donc inutile d'y revenir spécialement. Nous dirons seulement que le rachitisme est un des facteurs importants dans les éruptions tardives des dents et dans les caries dentaires.
Le rachitisme, en effet, arrête le travail d'ossification et réduit les os à un état de mollesse et de flexibilité incompatibles avec leurs fonctions. Cette altération ne se produit pas plus impunément dans les maxillaires que partout ailleurs; elle crée des conditions nouvelles souverainement défavorables à l'éruption dentaire. La sortie des dents devient impossible, et les autres troubles ont pour résultat l'arrêt de l'évolution.
La carie dentaire dans le rachitisme peut s'expliquer par un vice de nutrition. Moins fréquente que l'anomalie d'éruption, elle n'est toutefois pas rare et doit entrer en ligne de compte.