ATAXIE LOCOMOTRICE
Léon Labbé signala le premier, en 1868, les altérations dentaires dans l'ataxie locomotrice. De nombreuses observations furent publiées dans la suite par Vallin {Société médicale des Hôpitaux j 1879), par Démange {Journal des Connaissances médicales, 1882). M. David publie en 1883, au Congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences tenu à La Rochelle, un mémoire sur les lésions dentaires dans la maladie de Duchenne.
Puis les observations se multiplient : Dubreuil (1885), Manoha {Thèse de Montpellier , 1885), Galippe {Gazette des Hôpitaux, 1886), Haie White (1887, Société de pathologie de Londres), Carrière {Thèse de Paris, 1892) s'occupent de la question.
MM. Hudelo et Wikham publient en 1893 dans les Annales de Dermatologie deux nouvelles observations prises dans le service du P"" Fournier.
Nous terminerons cette énumération par les travaux de Siegfried Kalister (1895), Galippe (1894, Revue d'Odontologie) et les mémoires de Baudet {Archives générales de médecine, 1895) et de Newmark {Médical Neios, 1895). Enfin, le D-" RosenthaL résume toute la question dans sa thèse {Des altérations secondaires de l'appareil dentaire, Nancy, 1896).
De l'ensemble de ces travaux, il ressort que dans le cours de l'ataxie locomotrice, on observe assez fréquemment la chute sans douleur, sans hémorragie, sans suppuration de presque toutes les dents, le plus souvent saines et quelquefois malades. La chute des dents commence toujours à la mâchoire supérieure, et quand elle est déjà avancée, il se fait un travail de résorption alvéolaire allant jusqu'à la perfection.
Les dents qui tombent ainsi sont le plus souvent sain3s; cependant Galippe a signalé la carie, et David même a décr:t une altération spéciale de la dent.
Sans étudier les théories qui sont en présence pour expliquer ces laits, nous dirons que pour les uns il s'agit de syphilis (Labbé), pourGalippe ce sont les microbes qui évoluent sur un terrain spécial. Enfin pour une troisième théorie^ la résorption progressive est une manifestation du tabès, surtout du tabès syphilitique.
îilous citerons une ties observations dont nous avons parlé plus haut: celle prise par M. Hudelo dans le service de Fournier (1893). .
Il s'agit d'un malade de 46 ans, entré a Saint-Louis pour des lésions buccales dont le début remonte au mois de juin 1892. A ce moment, douleurs dentaires légères, puis successivement ébranlement, déchaussement des dents, chute sans douleur de quartorze dents en quelques semaines aux deux mâchoires. Actuellement chute de toutes les dents, à l'exception des deux dernières molaires inférieures gauches.
Tous les signes du tabès existent chez ce malade, et un abcès avec nécrose sous-jacente de l'os est apparu sur la branche horizontale du maxillaire inférieur et a laissé une ulcération persistante.
La connaissance de ces faits si caractéristiques peut être d'une grande utilité pour le dentiste-expert, et nous avons cru devoir y insister. On trouvera dans notre Index h/bUograijhlque tous les renseignements sur cette question si intéressante.