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ACTINOMYCOSE DES MACHOIEES

L'actinomycose est une maladie parasitaire provoquée par un champignon, l'actinomyces.

Chez l'homme, l'agent pathogène semble trouver dans la région des mâchoires un siège de prédilection pour son développement, ce qui explique le mode habituel de la contagion. C'est en effet en soignant les animaux, et particulièrement les bœufs atteints de tumeurs actinomycosiques, que les cultivateurs s'inoculent la bouche par l'intermédiaire de leurs mains.

La carie dentaire favorise la pénétration du parasite qui s'engage dans l'épaisseur des tissus de la gencive, puis atteint l'os. Pour d'autres auteurs, il pénètre par les canaux dentaires des dents mortes et envahit directement l'os sans passer par la gencive.

On a décrit plusieurs formes de l'actinomycose. Firket en admettait trois formes : la forme cervicale, la forme thoracique d'emblée, la forme lombo-abdominale. Cornil et Babès en admettent

cinq formes : maxillaire et cervicale, néoplasique limitée, thoracique, pyémique et péritonéale.

Nous n'avons en vue ici que la forme maxillaire ou buccale, à cause des troubles qu'elle occasionne du côté des dents.

L'actinomycose buccale et cervicale débute en eflet ordinairement en un point de la mâchoire inférieure voisin d'une dent cariée ou récemment extraite. Il se forme alorsau niveau delà faceexterne de l'os une petite tumeur qui évolue plus ou moins lentement.

Très souvent, les dents sont incriminées alors, et le patient les fait arracher, mais sans pour cela faire disparaître le mal.

Les D"^' Guermonprez et Bécue en rapportent de nombreux exemples dans leur ouvrage sur VActinoimjcose. (In Blbl. Cliarcot-Debove.)

La tumeur grossit peu à peu et envahit le maxillaire. Les dents deviennent mobiles et peuvent être expulsées, puis la tuméfaction se ramollit et Tabcès s'ouvre dans la bouche laissant une fistule.

Les phénomènes généraux varient beaucoup, mais peuvent être assez accentués pour emporter le malade.

Les troubles que cette affection entraîne du côté des dents se résument donc en une expulsion de ces organes. Le dentisteexpert doit être averti de ces chutes, mais elles seront toujours visibles puisqu'elles s'accompagnent de tumeur plus ou moins volumineuse des maxillaires.

Décrite pour la première fois, en 1868, par l'Italien Ri volta, et plus tard, en 1875, parle même auteur, l'actinomycose est actuellement bien connue. Bollinger (de Munich), en 1876, lui donna son nom d'actinomycose (champignon rayonné). L'école de Lyon, et en particulier les P^'^ Poneet et Lépine, ont dans ces derniers temps étudié cette question avec le plus grand soin.

Puis les observations se succédèrent, augmentant peu à peu de nombre chaque année, si bien qu'à l'heure actuelle les revues médicales en signalent à chaque instant de nouveaux cas.

S'agit-il d'une extension de la maladie? ou bien sait-on mieux la reconnaître ? Il est probable que nombre de faits d'actinomycose ont été faussement attribués jadis à la carie, à la tuberculose, à la scrofule et au cancer. Aussi grâce à la précision des moyens de

diag-nostic, il est certain que le nombre des cas ira croissant graduellement.

Cependant, d'après quelques auteurs, on devrait admettre une lég-ère extension de la maladie, car nos vétérinaires l'ont toujours soig-neusement recherchée sans la rencontrer souvent.

Quoi qu'il en soit, le dentiste-expert peut se trouver en face de cas semblables. Il peut même être appelé à donner son avis sur des faits comme ceux que nous avons signalés plus haut, et dans lesquels la maladie apparaissant après l'extraction d'une dent, le dentiste peut être accusé d'avoir inoculé le virus.

Deux cas sont alors à examiner : ou bien l'actinomycose existait avant l'extraction, ou bien elle lui est postérieure. Tant que la maladie n'a pas évolué et que l'abcès ne s'est pas ouvert, le diag-nostic est difficile et la tumeur peut être confondue avec une ostéopériostite alvéolaire. Mais plus tard quand l'abcès s'est ouvert, la présence des corps jaunes caractéristiques permettra de reconnaître l'affection et dég-ag^era la responsabilité du dentiste.

Cependant le diagnostic n'est pas toujours aussi facile, et si pour certains auteurs l'examen macroscopique amenant la découverte des grains jaunes comparés par les uns à des grains d'iodoforme, par les autres à des grains de moutarde, suffit pour faire le diagnostic, pour d'autres (voir Gruermonprez et Bécue, loc. cit.) l'examen microscopique est toujours nécessaire et souvent même assez difficile.

Le D"" Guder a même fait remarquer, dans le cas d'un malade observé par M. le P'^ Reverdin, que jamais on ne constata dans le pus des abcès les corps jaunâtres prétendus caractéristiques. - Ce qui peut intéresser le dentiste, c'est que très fréquemment, nous l'avons dit, l'actinomycose est prise pour une périostite consécutive à une affection dentaire. Or si cette dernière maladie est apparue chez un malade en traitement, le dentiste pourrait être accusé dans la suite d'avoir été cause de la maladie.

Il importe donc qu'un diagnostic ferme viennent dissiper l'erreur^ car le patient mal éclairé pourrait exiger des dommagesintérêts.

Malheureusement en l'état actuel de nos connaissances, le diag-

nostic n'est pas toujours facile, et Texamen microscopique sera nécessaire pour l'établir.

Cependant l'extraction peut être indirectement considérée comme ayant servi de porte d'entrée à l'infection. Mais même dans ce cas, on ne serait pas autorisé à incriminer l'opérateur, car il n'est pas probable qu'il possède dans son cabinet les champignons de l'actinomycose ; d'autre part, et surtout s'il s'agit d'un sujet vivant à la campagne, il peut s'inoculer lui-même la maladie.

On sait, en effet, que souvent des sujets ont contracté l'actinomycose en portant à leur bouche des brins de paille, d'herbes contenant le champignon.

Dans tous les cas, en présence d'accusations semblables, l'expert ne saurait agir avec trop de circonspection.

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