‹ L'art dentaire en médecine légaleChapitre 8 sur 113 · ÉKUPTION DES DENTS CADUQUES · texte numérisé non relu

ÉKUPTION DES DENTS CADUQUES

Nous ne voulons pas étudier ici le mécanisme de l'éruption. Il n'a en lui-même aucune application médico-légale.

Disons seulement qu'il est variable de rapidité, suivant certaines circonstances, qui sont sous la dépendance de la nature des dents, de la précocité, du tempérament du sujet, des états pathologiques, etc.

Cependant, l'éruption suit des lois qu'il est nécessaire de connaître pour arriver, dans certains cas, à comprendre et à expliquer des anomalies que le médecin-légiste peut rencontrer.

Magitot, dans son article « Dents » du Dictionnaire

encycJopé(li<iac des Sciences médicales, résume ainsi les lois d'éruption :

l'' La dentition humaine est invariablement composée de deux grandes périodes : l'une dentition temporaire^ l'autre dentition permanente ;

2° La précocité de l'éruption, considérée au point de vue des espèces animales, est en raison directe de la brièveté de la vie, de la précocité de l'âge adulte et de la nutrition générale ;

3° Au point de vue des races, la précocité est en raison directe du degré de supériorité et de culture ;

4° A l'égard des maladies et des diathèses, la tardiveté de l'éruption est proportionnelle à l'intensité et à la durée des phénomènes morbides généraux ;

5° La chute des dents temporaires à l'époque de leur remplacement par les permanentes, est le résultat de la résorption molléculaire de leurs racines, laquelle résorption est le tait de la compression qu'elles subissent de la part de la couronne permanente.

Les époques fixées pour l'éruption des dents de lait sont très variables, dit Tomes dans son Traité cVAnatomie dentaire; il n'y a pas deux auteurs donnant les mêmes, mais ce qu'on peut dire, c'est que toutes les dents de lait sont généralement sorties à la fin de la troisième année.

Ces divergences s'expliquent par ce ûiit qu'on n'a pas tenu jusqu'ici un compte suffisant des conditions de races auxquelles on accorde, il est vrai, un rôle assez restreint, mais surtout de celles qui résultent des diathèses héréditaires ou acquises, des arrêts de développement, etc.

En 1825, Mœckel avait tenté d'établir une loi d'après laquelle l'éruption des dents se ferait dans le même ordre que l'apparition successive des follicules. Mais nous avons vu que les follicules de la première dentition apparaissent presque simultanément, tandis que l'éruption se fait par séries successives.

Trousseau^ dont les données ont été acceptées par nombre d'auteurs, indique l'ordre suivant d'éruption des dents :

Premier groupe. — Les incisives médianes inférieures.

Deuxième groupe. — Les incisives supérieures, les médianes d'abord, les latérales ensuite*

Troisième groupe. — Les incisives latérales inférieures et les premières molaires.

Quatrième groupe. — Les grosses molaires et les canines.

Cet ordre de succession subit d'ailleurs de nombreuses exceptions.

Quant aux époques d'éruption, Trousseau les base sur la sortie du premier groupe, qui se fait au septième mois; les autres groupes se suivent de six mois en six mois.

Magitot reprit bientôt la question, et après une étendue approfondie arriva à des conclusions un peu différentes de celles de Trousseau.

Elles sont résumées dans les deux tableaux suivants, qui indiquent :

1° L'ordre de suocession physiologique des dents pour les deux dentitions-,

2° L'époque d'apparition première du follicule, c'est-à-dire la genèse du cordon épithélial primitif-

3° L'époque normale d'éruption, fixée en moyenne sur un minimum de 500 observations;

4° L'époque de la chute spontanée.

Mais ces derniers documents sont spéciaux à la dentition temporaire, car il est évident qu'il est impossible de fixer la date de la chute sénile des dents permanentes.

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