‹ L'art dentaire en médecine légaleChapitre 9 sur 113 · Chapitre II · texte numérisé non relu

Chapitre II

PREMIERE DEXTJIIOX

La vie humaine envisag'ée au point de vue de la dentition se trouve ainsi divisée, d'après le tableau de Magi tôt, en cinq périodes, parmi lesquelles la dentition temporaire forme un seul groupe.

Nous parlerons des quatre autres groupes au sujet de la dentition permanente :

De ce tableau toutefois, le médecin-légiste pourra tirer d'utiles indications en ce qui concerne l'âge d'un iiou veau-né.

Malgré l'affirmation de Tomes relatée plus haut, c'est bien vers le septième mois environ que presque tous les anatomistes placent l'époque d'éruption des incisives inférieures centrales.

Sappey, Testut donnent comme dates du sixième au huitième mois. Les écarts les plus considérables qu'on trouve chez ces auteurs concernent l'apparition des canines.

Pour Testut, elles apparaissent du 'vingt-huitième au trentième mois pour les canines inférieures et du trentième au trente- quatrième mois pour les supérieures. Sappey, au contraire, place leur éruption du seizième au vingt -quatrième mois. Fr. Harris, dans son article du Traité de Médecine légale de Hamilton, s'accorde avec Sappey pour placer l'éruption vers le dix-huitième mois. Le tableau de Testut se rapproche davantage des chiffres fixés par Magitot.

Enfin, au sujet des canines, nous ajouterons une dernière remarque intéressante. C'est que leur follicule apparaît en même temps que celui des incisives, avant celui des molaires, et cependant leur date d'éruption est généralement plus tardive que celle de ces dernières.

En résumé, les dents temporaires apparaissent du septième au

trente-troisième mois, les inférieures précédant toujours les supérieures qui d'ailleurs les suivent de près. C'est donc vers l'âg-e de 2 ans et demi qu'elles sont au complet, si la dentition est normale.

Nous ne dirons rien ici, en effet, des anomalies de l'éruption auxquelles nous consacrons un chapitre.

Ajoutons seulement que le médecin-légiste peut, avec une assurance suffisante de certitude, prendre le tableau de Magitot comme base de la détermination de l'âge d'un enfant. Sans doute, il devra tenir compte des variations individuelles possibles i mais, outre qu'elles ne portent jamais, ou très rarement, sur l'ensemble de la dentition (on a pourtant cité des cas où les dents manquaient complètement), elles seront accompagnées d'autres troubles qui n'échapperont pas à un œil exercé (atrophie des maxillaires, signes de rachitisme, etc.).

Les auteurs de traités de médecine légale n'ont point, à notre avis, insisté suffisamment sur la valeur des signes fournis par la dentition.

Même M. Rehfuss (de Philadelphie), dans son Traité de Jurisprudence dentaire ne consacre que quelques lignes à la détermination de l'âge par les dents.

Dans le Traité d'Ânatomie dentaire de Decaudin et Demontporcelet, nous trouvons pourtant d'excellents aperçus sur la valeur de ces signes. M. Brouardel, dans la préface de ce livre fait de même remarquer l'importance de l'examen des dents dans le but d'établir une identité. Mais les traités spéciaux de médecine légale, même les plus récents, semblent n'avoir pas entendu les paroles de notre maître.

Et cependant, quelle précieuse ressource le médecin-légiste a dans les mains.

Fr. Harris dit à ce sujet : « L'éruption des dents de lait apporte un signe très important de l'âge d'un enfant. » Il cite un cas que nous rapportons plus loin où des ossements trouvés dans une maison furent reconnjis pour ceux d'un enfant de 3 à 4 ans par l'examen de la dentition. (Voir Obs. XXVI.)

La littérature médicale est riche de faits de ce genre, et nos observations montreront toute l'importance de ces données.

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