CHAPITRE V
DES ACCOUCHEMENS QUI NE PEUVENT S'OPÉRER QU'A L'AIDE D'UNE MAIN. ARMÉE DE QUELQUE INSTRUMENT TRANCHANT APPLICABLE SUR LE CORPS | DE L'ENFANT.
1899. La mèreet l'enfant ne sauroient toujours partager également les effets salntaires del’art des accouchemens , parce qu'il est des circonstances où l’on ne peut assurer le salut de l’un qu’en exposant plus ou moins la vie de l'autre.Quaique ces circonstances soient beaucoup plus rares aujourd'hui que dans le dix-septiéme siècle, même que dans les cinquante premières années du dix-huitième , ou l’on employoit fréquemment les crachets et autres instrumens destinés à ouvrir le crâne, on en rencontre encore quelques unes dans lesquelles on est obligé de porter ces instrumens sur l'enfant; commeil s’en présente aussi où l'on est dans la nécessité de faire des opérations douloureuses, et souvent même dangereuses, sur les parties de la mère, pour la soustraire, ainsi que son enfant, à la mort qui deviendroit#inévitable,
1900. Les crochets et les perce-crâne ne sont pas les seuls instrumens tranchans dont on doive faire usage sur l'enfant renfermé dans le sein de sa mère; le bistouri, le trocart ou les ciseaux, sont quelquefois mieux indiqués.L’enfant est presque
Différentes espèces d’ine sitrumens qui sont nécessaires,
Deleurs ef:
Lé
fets en géne- toujours vivant lorsque ces derniers méritent la
ral. préférence; et s’il périt à la suite de leur application, c’est moins leffet de la division qu'ils ont faite que de la maladie qui les exigeoit. Il n’en est pas de même de l’emploi des crochets et autres instrumens de ce genre, si différens dans leur manière d'agir : la mort de l’enfant doit seule en déterminer l'usage, quels que soient les obstacles qui s'opposent à l'accouchement , parce qu'ils manqueroient rarement d’être meurtriers s’il vivoit encore.Si l’on a extrait des enfans vivans par leur secours, on a eu la douleur de voir expirer la plupart, peu de minutes après, des suites de leurs blessures.
Des causes 1901. Les causes quiexigent l'emploi de ces inme pass. Strumens sont, en général, la mauvaise conforma- “on, tion du bassin dela mère, et cellede l'enfant même,
soit de sa tête ou du tronc; l'hydropisie du crâne, celle de la poitrine ou du bas-ventre, etc. Toutes ces causes seront développées dans la suite à mesure que nous traiterons des opérations qu'elles requierent. Avant tout, il nous paroïtimportant d'exposer les signes d'après lesquels onest fondé à croire que l'enfant renfermé dans le sein de la femme est vivant ou mort, parce qu’il y auroit autant d'ignorance et d’inhumanitéà mutiler celui qui est vivant, pour épargner à la mère les douleurs et le”danger d’une grande opération, qu’à pratiquer cetteopération pour donnerissueà celui qui est privé dela vie, et qu'on peut extraire par les voies ordinaires, après lavoir mutilé.Nous ne négligerons rien pour mettre les jeunes accoucheurs dans le cas d'éviter ces écueils fâcheux : si
DÉS ACCOUCHEMENS. pb | nous ne pouvons les en affranchir entierement , par rapport à l'incertitude que laissent quelquefois les signes que nous allons exposer, nous les rendrons au inoins plus circonspects dans l'emploi , trop familier encore, des moyens énoncés. :
ARTICLE PREMIER
Des signes d apres lesquels on prononce communement que l’enfant est vivant ou mort.
‘1902. L'accroissement successif du ventre dé la Signes qui anfemme, la bonne santé dont elle jouit, les Mo, De vemens qu’elle ressent en elle apres le quatrième sesse di mois de la grossesse, ou que l’'accoucheur dis- fant est vitingue en plaçant une main sur le lieu oùuils se "7 passent, sont, avant l’époque du travail de Vaccouchement , les signes d’après lesquels on Juge ordinairement que l'enfant est vivant. Mais combien de fois ne s’est-on pas trompé à ce sujet!
1903. Ces signes ne paroitront pas décisifs, si l'on fait attention que le volume du ventre de la mère s’aceroit quelquefois après la mort de l’enfant; que bien des femmes ressentent intérieure- ment des mouvemens semblables à ceux d'un enfant, quoiqu’elles ne soient pas grosses; que d’autres, qui le sont véritablement, n’en distinguent que de tres obscurs, quoiqu'il se porte bien; enfin que plusieurs sont accôuchées d'un enfant mortet putréfié, un jour,même un instant après qu'elles ont cru le sentir remuer (1).
EN DO 20 MN ET (1) Nous n'avañçons rien à ce sujet qui ne soit le résultat de l'observation.
Autres s1gnes qui se manifestent dans le temps de l’accouchement,
Remarques sur quelques uns de ces signes:
299 L'ART “ , » . >) L] 1904. Quand enfantest vivant, d’autres signes le font connoitre dans le cours du travail de l’accouchement. Bien des accoucheurs pensent que
les douleurs se soutiennent mieux, et que les eaux
de l’amnios sont claires et limpides : mais l'on ne
sauroit encore établir de jugement sur de pareils.
symptômes, et les suivans paroissent bien plus sûrs, La peau du crâne est serrée, elle jouit de l’élasticité propre aux tégumens, et il s'y forme un empâtement ou un engorgement plus ou moins considérable toutes les fois que la tête s'engage difficilement.On distingue le battement du cœur et celui des artères du cordon, lorsque le doigt peut toucher l’un et parvenir à la région de Pautre ; on reconnoit de même les mouvemens de la langue et de la wächoire quand on introduit ce doigt dans la bouche : mais malheureusement
le cordon ne se présente pas toujours à la portée
du doigt, et l’on ne peut introduire celui-ci assez loin pour distinguer les autres symptômes, datis la circonstafice fâcheuse où l’art n’offre d’autres ressources que l'opération césarienne, par exemple, ou la sectionde l’enfantdansle sein de sa mére.ll faut donc s’en rapporter alors aux signes commémoratifs, et à ceux qui se déduisent de la partieque l'enfant présenteà l’orifice dela matrice. Le moinséquivoquede tousest la tuméfactionqui se forme sur la tête pendant les efforts du travail , de même que celle qui survient à la partie qui s’engage, où qui est pressée contre l'entrée du bassin.
1909. Nous avons fait observer au $ 459 que la fontanelle antérieure ne jouissoit d'aucun mouvement pulsatif avant la naissance, et nous ferons
remarquer ici, 1°qu'on attribue souvent aux artères de la partie de l'enfant soumise au toucher, des pulsations des artères du doigt dont on sesert pour faire ces recherches; 2° que l'irrégularité des douleurs de l’accouchement et leur lenteur sont le plus souvent indépendantes de la vie ou de la * mort de l'enfant, ainsi que la couleur et l'odeur des eaux de l’'amnios. Nous avons trouvé fréquemment ces dernières très,claires et sans odeur extraordinaire, quoique l'enfant füt mort, tandis qu’elles étoient troubles, verdâtres ou grisâtres, et d’une fétidité insupportable, en d’autres cas où il étoit vivant et bien portant.
. 1906. L'absence des signes apparens de la vie signes de la de l'enfant contenu dans le sein de sa mère ne mort de l'encaractérise pas toujours sa mort d’une maniere 2. assez évidente pour qu'on ne puisse commettre d'erreur à ce sujet ; et rien n’est plus capable de noug convaincre de cette vérité , que la difficulté et même l'impossibilité où nous sommes quelquefois de juger si celui qui est entièrement soumis
à nos sens, c’est-à-dire que nous pouvons voir et toucher, est véritablement mort ou en vie. Nous en avons recu de vivans qu’on avoit Jugés morts dans le premier moment,même qu'on avoitabandonnés comme tels après leur avoir donné des soins en apparence inutiles, pendant assez longtemps. S'il est alors si difficile de prononcer sur l'état de l'enfant, avec quelle prudence ne devons-nOus pas nous comporter quand on ne peut toucher, pour ainsi dire,qu’un point de sa surface, comme il arrive toujours lorsque le bassin est assez mal conformé pour exiger l'opération
Signes qui
224 L'ART césarienne, ou la section de cet enfant même dans le sein de sa mere! -
1907. La mort de l'enfant n’est pas l'effet d’une seule et unique cause; quelquefois elle est la suite des maladies dont il peut être atteint avant sa naissance; d’autres fois, de celles qui affectent la femme pendant la grossesse ; ou bien d’une cause extérieure, comme d’un coup, d’une chute, Parmi les premières, nous n’en.connoissons pas de plus redoutables pour l’enfant que les convulsions et la pléthore sanguine.
1908. Les signes commémoratifs ne pouvant servir au plus que dans le cas où l’enfant périt quelque temps avant l’époque ordinaire de sa naissance , l’on ne sauroit en tirer aucun parti quand sa mort n’a lieu que dans le cours du travail de l'accouchement. |
1909. Lorsque l'enfant meurt pendant la gros-
ont lieu avant sesse, si la mère le conserve encore quelque tem ps,
l’accouchement,
un ballottement incommode dans le ventre et un sentiment de pesanteur sur le côté où elle se couche, succèdent bientôt aux mouvemens qu'elle avoit coutume de ressentir. Du troisième au quatrième jour, pour l'ordinaire, le sein se gonfle et devient douloureux, pour s’affaisser ensuite, Peu de tempsaprès, le visage pälit, les yeux s’enfoncent ctles paupières se bordent d’un cercle noirâtre, livide où comme plombé ; la bouche devient mauvaise, la femme éprouve des bâillemens fréquens, des maux de tête, des tintemens d'oreilles, des nausées et des vomissemens, des syncopes et des lassitudes spontanées ; son ventre s’affaisse, et souvent une fièvre lente la consume sans relâche.
DES ACCOUCHEMENS. 295 1gio. Si ces effets manquent rârement de se manifester quand la mère conserve quelque temps en elle le cadavre de son enfant , nous les avons observés également et dans le même ordre à la | suite d’une chute que fit une femme au sixième mois de sa grossesse, quoique l'enfant ne fût pas mort. Cette femme resta quinze jours en cet état | sans distinguer le moindre mouvement qu’on püt attribuer à l’action des organes de l'enfant ; mais | elle en éprouva ensuite de légers qui se fortifièrent insensiblement , et elle n’accoucha que deux mois après d’un enfant, à la vérité, languissant et foible, qui se développa néanmoins, et vécut comme ceux qui paroissent les mieux constitués. Une autre femme, presque au terme de sa se- | conde grossesse, éveillée dans l'agitation d’un rêve | effrayant, dont elle crut encore voir le sujet, | s’élance hors du lit pour se défendre et appeler à | son secours. Plus éveillée alors, et plus calme, -elle ne se plaignit que des mouvemens extraordi- | naires de son enfant, qui ne donna dés le lende- | main d’autres signes de sa présence que le ballottement incommode dont il est parlé au $ 1909. | Les sympiomes énoncés an même paragraphe se développérent ensuite, et la femme, accablée de | ces accidens autant que de la perspective alar- | mante de voir naître un enfant mort, accoucha au dixième jour, non comme elle le craignoit, mais d'un enfant robuste, du poids de neuflivres au moins, et des mieux portans.
1911. Quand la mort du fœtus précède de quelques jours l’époque desa sortie, les eaux de l'amnios sont, le plus souvent, troublesetbourbeuses,
Observation,
Signes qui ne se mani-
festent
que
dans l'accou. comme chargées de méconium plus ou moins dé- . chement. Jayé, etexhalent une odeur fétide et cadavéreuse, Les os du crâne sont väcillans, la peau qui les recouvre est très lâche, et forme quelquefois à l’endroit du sommet une espèce de poche qu'on
trouve remplie d'eau glaireuse et roussâtre. 1912. Si l’ensemble de tous ces signes ne laisse aucun doute sur la mort de l'enfant, comme ils ne sont que l'effet de sa putréfaction, ils n'ont pas. toujours lieu à l’époque de l'accouchement , soit parcequel’'enfant n'est mort qu'à cetteépoque,soit parce qu'il peut se conserver au milieu des eaux de l’amnios sans se putréfier(r). On exposeroit donc quelquefois la vie de la mere, si on attendoit Ja réunion de ces signes pour prendre un parti quelconque. La mort de l’enfant n’apportant jamais de changemens assez sensibles dans l’ordre naturel des choses qui l'ont précédée, pour qu'on puisse la reconnoitre dèslepremierinstant,la prudencedoit nous guider dansle choix des opérations qui pourroient influer sur sa vie ou sur celle de la mére. Remarques 1913. On sait déjà qu'il se forme une tumeur essentielles à Ja portion des tégumens du crâne qui répond à or l'orifice de la matrice, quand la tête est fortement ° presséecontrela margedu bassin ou serrée dans le détroit supérieur (2), et que cette tumeur ne peut avoir lieu lorsque la mort de l'enfant a précédé (1) Nous avons reçu de ces enfans qui n’ont été expulsés que plusieurs mois après leur mort. Ta peau en étoit blanche, et ridée comme dans un commencement de desséchement. Ces.
enfans étoient morts longtemps avant le terme naturel de la grossesse. ;
(2) Voyez$ 1721.
DES ACCOUCHEMENS. 297 d'un seul instant l’époque du travail de Faccouchement, même l'ouverture de la poche des eaux. On sait pareillement qu’elle s’amollit et devient flasque, si l'enfant, vivant au commencement du travail, périt dans le cours de celui-ci: Maïs l'absence de ‘cettetumeur ne caractérise pastoujours d'une manière certaine l’état de mort, comme quelques uns l'ont cru et publié, non plus que la flaccidité qui succède à l'élasticité dont elle à joui d'abord, quand elle a lieu , quoique la tété’reste enclavée. «Quand la tête menace de s’enclaver, .»dit le célèbre ZLevret, ilse forme , sur la partie » qui se présente la premiére, une tumeur qui va »toujours en augmentant de volume et de soli- » dité, jusqu'à son désenclavement ou à là mort » de l'enfant : dans ce dernier cas, non seulernent »la tumeur n’aügmente plus, mais elle s'amol- » lit, » Il ajoute plus loin : « Dans le cas de vie, » lorsqu'il y a tumeur, si elle cesse d'augmenter » avant le désenclavement, c’est un signe certain » de la mort de l'enfant.» |
1914. Si l’on se décidoit, d’après cela seul, à mutiler l'enfant, ou bien à lui ouvrir le crâne, on auroit quelquefois à se reprocher d’en avoir sacrifié de vivans. Latumeur dont il s’agit peuts’amollir à l'occasion d’une cause fort étrangère à la mort de l'enfant, et sans qu'il cesse de vivre. La flaccidité qui succède à l’élasticité dont elle jouissoit d'abord , est quelquefois l'effet de lépanchement des fluides qui n’étoient que simplementengorgés. À ces tumeurs élastiques, succède encore assez souvent une autre espèce de tumeur sanguine par épanchement, quiestla suite de a rupturede quel-
298 L'ART | ques vaisseaux veineux, Dans les accouchemens que la mauvaise con formation du bassin rend difficiles'et longs, le toucher pratiqué inconsidérément peut favoriser ces diverses espèces de tumeurs , et surtout amollir celle de la premiere, sans qu'il se forme de collection considérable , mais seulement extravasation dans le tissu cellulaire sous-cutané des régions voisines.
1915. Nous avons observé dix à douze fois de cestumeurssanguines:tantôtiesang étoitépanché sous le péricrâne, et tantôt entre cette enveloppe et l’aponévrose péricränienne. Le plus souvent c'étoit à la suite d'un premier accouchement. Les tégumens du crâne s’étoient d’abord engorgés , tuméfiés, et la tumeur avoitoffert cette élasticité dont on a parlé, puis elle s'étoit amollie tout-àcoup,et avoitacquis une grosseur qui égaloit celle de la moitié d'un œuf de poule chez quelques uns des enfans, et un peu moins chez les autres. Tous ces enfans sont nés vivans; et sans ces épanchemens de sang à l’extérieur du crâne, ils eussent peut-être été victimes, comme bien d’autres, de l'engorgement ou de la rupture des vaisseaux du cerveau. Plusieursfoisausside semblables tumeurs onteu lieu, quoique la tête n’eût été ni pressée ni froissée dans le bassin, la femme ayant fait à peine quelques efforts pour s’en délivrer. Noûs publierons nos réflexions à ce sujet dansunautre temps.
1916. La sortie du méconium, l'irrégularité des douleurs et leur cessation ne sont pas des signes plus assurés de la mort de l'enfant que la fétidité des humeurs qui découlent du vagin, et la séparation mème del’épiderme de dessus la partie qui
DES ACCOUCHEMENS. 290 se présente au toucher; et malgréles observations multipliées quienattestent l'incertitude, en nous offrant presque autant d'exemples de victimes de l'usage des crochets, on ne laisse pas que de se servir souvent de ces instrumens, d'apres ces mêmes symptômes. Le fait suivant inspirera peutêtre plus de méfiance, parce qu'il n'en est pas un seul où ces symptômes se soient réunis en plus grand nombre, et où l’on ait paru mieux fondé à recourir aux crochets.
1917. Muni du forceps que je venois d'employer Gbsevation. avecsuccès pour délivrer madame D**, le 15 août 1782, sur lemilieu de la nuit, on implora le même secours pour une pauvre femme du voisinage; mais d’après le mauvais état où je la vis, et la certitude que je crus trouver de la mort de son enfant, je me déterminai à préférer les crochets, dont je remis cependant l'application à quelques heures plus tard, tant parce que je ne les avois pas sous la main que parce que la circonstance me parut offrir des indications plus pressantes que celle de terminer l’accouchement. Cette femme étoit en travail depuis deux jours entiers, et les douleurs se faisoient à peine sentir encore; le ventre étoitsingulièrement élevé et aussi douloureux que tendu; il se dégageoit de la matrice à chaque instant et avec bruitun gaz d'une puanteur insupportable, et les fluides quien découloientégalement n’étoient pas moins fétides. La tête de l'enfant, appuyée sur le détroit supérieur, n’y paroïissoit nullement engagée, et ce détroit n'offroit que trois pouces ou environ de petit diamètre. La peau du crâne étoit lâche, pendante, comme en putrilage : l’'épiderme
230 L'ART ge et les cheveux s’en détachoient aisément et restoient au doigt. Aucun mouvement dela part de l’enfant ne s’étoit, manifesté depuis plus de vingtquatre heures. Le pouls de Aa femme étoit foible et très accéléré; la langue, les lèvres et les gencives étoient noires et comme rôties; tout exhaloit une puanteur cadavéreuse. Jugeant que l'enfant étoit mort, je me décidai à l’extraire avec le crochet, et déjà je tenois cet instrument à la main, lorsqu'un pressentimentheureux me porta à ÿsubstituer le forceps, que j'appliquaicomme jeleprescris aux $$ 1824 et suivans; j'amenai l'enfant vivant et bien portant, à la réserve d’une escarre gangréneuse qu'il avoit au sommet de la tête, mais quine comprenoit que l'épaisseur dela peau,etqui se détacha à l'instant même. La mère, déjà gravement malade, eut de longues suites de couches, et étoit à peine en convalescence un mois après. M. Beauchesne, docteur en médecine, témoin de l'accouchement, donna ses soins généreusement à cette femme, etlui rendit lesplus grands services. 1918. Le défaut de chaleur dans le cordon ombilical, et sa putréfaction, joints à l’absence des pulsations artérielles , sont des indices plus certains dela mort; mais l’on ñe peut en juger que quand ce cordon est dehors, ou lorsqu'il forme une anse à travers le col de la matrice.
.… 1919-Silessymptômesénoncés,considérésséparément, ne nous offrent que des signeséquivoq ues de la mort de l'enfant, leur réunion, ou celle de la plupart au moins, doit seule nous autoriser à employer les instrumens tranchans du genre des crochets et des perce-crâne : encore ne dévonse
DES ACCOUCHEMENS. ie A
notis Pen donner la préférence sur. le forceps qu’autant qu’on ne peut faire usage de celui-ci.
ARTICLE II
Des cas qui exigent l’usage des instrumens tranchans applicables sur l’enfant, et de la manière d'employer «ces instrumens.
SECTION PREMIÈRE
De l’usage des crochets et autres instrumens de cette espèce applicables | | sur la tête.
.. 1920. Si l’on fait attention à la forme des cro- De la machets et à leur maniere d'agir, on verra qu'ils ne us conviennent pour extraire l’ enfant qu ‘autant QUE en général. le rapport des dimensions de la tête avec celles du bassin est à peu pres dans l'ordre naturel; carleur action ne sauroit tendre directement à diminuer la grosseur de cette partie, comme le forceps, qui agit sur deux points de sa surface diamétralement opposés. Ce n’est donc que dans ce cas, et au défaut du forceps encore ,que l’on doit s’en servir. 1921, Quand le rapport des dimensions nécessaires à l’accouchement n'existe pas, le crochet ne sert d’abord qu’à ouvrir le crâne en le déchirant, età préparer une issue au cerveau, cen’est qu'au .moyen de l’affaissement qui en est une suite qu ‘en parvient à extraire |a tête. Mais cette maniéred'agirn'est pas toujours exempte d'accident, et.on peut ouvrir le crâne plus méthodiquement : nous dirons ci. ‘apres comment il faut y procéder.
1922. L'usage des crochets doit être très borné: quoiqu’ils puissent pénétrer également le tissu de toutes les parties de l'enfant, on ne doit les appliquer que sur la tête, et tout au plus sur le haut du trone quandil a été décapité au passage, c’està-dire quand on lui a arraché la tête.
Cas où il 1923. Les causes qui doiventnous engager à les , employer exclusivement sont toutes celles qui chet. exigent qu’on termine l’accouchement sans délai,
dans le temps où la tête de l'enfant mort occupe le fond du bassin, ou bien lorsqu'on ne peut, sans
danger pour la mère, la déplacer et aller chercher
les pieds, quoiqu'elle soit beaucoup moins engagée; comme dans le cas où les eaux sont écoulées depuis longtemps, où la matrice est fortement contractée, tendue et douloureuse; dans celui enfin où la tête se trouve déjà tellement amollie par la putréfaction, que le forceps ne sauroit y | trouver une prise assez forte pour l'entraîner. no 1924. Il n’est pas indifférent, pour obtenir le il faut l'appli- SUCCÈS qu'on se propose, d'appliquer le crochet quer. sur tel ou tel point du crâne. En le plaçant sur le rebord supérieur de lorbite,ou sur l'apophyse pierreuse du temporal, comuwe Pont fait la plupart des praticiens, soit anciens ou modernes, la tête ne peut avancer qu'en présentant san plus grand diamètre de front, et en se renversant sur le dos, ou sur l’une des épaules de l'enfant; ce qui fait, le plus souvent, qu’on ne peut l’ex-
traire sans la démembrer et donner issue au cer-.
veau, même quand elle est d’un volume ordinaire relativement à la capacité du bassin. C'est sur l’occiput qu'il faut implanter le crochet quand
la tête vient la première, et sur la mâchoire supérieure ou sur le front, lorsque nous sommes obligés de l'emploÿer dans les accouchemens contre nature, après la sortie du tronc. En agissant de cette manière, on fera descendre la tête en offrant une de ses extrémités, et elle ne présentera dans tous les temps de sa sortie que ses plus petits diamètres. Il faut avoir égard, de plus à la direction particuliere qu’elle doit suivre, dans chaque position où elle peut se présenter, pour traverser le bassin avec le moins de difficulté possible.
1928. Comme les parties de la femme doivent Précautions être à couvert des atteintesde la pointe du crochet ail faut dans'tous les instans de l'opération, on la dirigera
ans S P , SET rant,
du bout de quelques doigts pour l'appliquer , et on placera le pouce au-dessous du lieu où elle sera implantée, pour la recevoir, en cas qu'elle vienne à s’en dégager dans les efforts qu'on fera pour entraîner la tête. L'accoucheur prendra d’ailleurs, dans ce dernier moment, les précautions nécessaires pour ne passe blesser les doigts. Le crochet à gaîne, inventé par Levret, n'avait d'autre avantage que celui d'épargner ces derniers soins à l'opérateur, et d'empècher que la pointe, en se dégageant inopinément , ne déchirât le col de la malrice ou d’autres parties : mais il étoit bien moins commode que le crochet simple.
1926. Il arrive souvent que les chirurgiens de la campagne, et les sages-femmes méme, substituent au crochet des accoucheurs une sorte de crochet destiné à des usages domestiques, comme celni qui suspend, en quelque lieu, la lampe du
paysan, etc.; ce qui en rend l'application plus difficile, et bien moins sûre pour la femme, Nous leur ferons connoitre ici un instrument qu'ils pourront se procurer partout, etqu'ilstrouveront au besoin, sous la main, dans la chaumière de lindigent comme dans l'habitation du riche. Il se compose d’un cylindre de bois, de la grosseur du petit doigt, long de deux pouces, et arrondi à ses extrémités, au milieu duquel on attache un ruban de fil de l'étendue d’une aune au moins. On ouvre le crâne de l'enfant avec la pointe des ciseaux ou d'un touteau ordinaire; on y introduit en entier le petit cylindre de bois, qui se place en travers sur l'ouverture, et l’on tire sur les deux chefs du ruban (1).
SECTION it.
"Des causes qui doivent déterminer à ouvrir le crâné de l’enfant.
Des cas où 1927. Le défaut de rapport de dimensions en-
il faut ouvrir £re Ja tête de l'enfant et le baësin de la mère, qui le crâne de
l'enfant. exige qu'on ait recours aux instrüumens de l’espèce des crochets, est bien différent de celui qui ne dépend que de la mauvaise situation de la tête même , et qu'on peut faire cesser en changearit sa
en RU, an bagess Lrosprepes ie I RENE .. (x) Cet instrument agit à la manière du tire-tête à bascule de Levret, très connu des accoucheurs , et ne sauroit avoir les mêmes inconvéniens que le crochet dont nous venons de parler en dés mains peu exercées, C’est à M; Danavia, chirurgieh-accous cheur à Surinam , que nous en devons l'idée,
| DES ACCOUCHEMENS. 239 direction; il est tel que les dimensions du crâne surpassent en longueur et dans toutes les directions possibles celles du détroit qu'il ne peut franchir. Ce défaut de rapport peut dépendre de ce que les dimensions du bassin sont plus petites que dans Fétat naturel, ou celles de la tête beaucoup plus grandes ; quelquefois aussi ces deux défauts se rencontrent en même temps.
1928. Il est rare que les diamètres de la tête surpassent les dimensions patürelles du bassin, à moins que l'enfant ne soit hydrocéphale; mais il arrive souvent que les dimensions du bassin vicié sont inférieures à celles dont la tête jouit ordindirement : ce qui constitue deux états bien différens , quoique présentant à peu près les mêmes indications relativement à l’accouchement.
1929. Toutes les personnes del’artsaventqu'on Del'hydro: . donne lenom d’hydrocéphale à la collection d’eau céphale. qui se forme dans l’intérieur du cräne,ertquelques fois aussi ane espèce d'anasarque qui se borne à la surface de la tête, quoiqu’elle ne soit pas une véritable hydropisie. Nous ne parlerons ici quede la première espece (1), et nous le ferons sans avoir égard à la distinction qu’en ont faite quelques auteurs, c’est-à-dire sans déterminer Île véritable