‹ L'art des accouchemens (volume 2)Chapitre 21 sur 45 · r / ,] 2031. Lesujet étant placé sur le bord d’une ta · texte numérisé non relu

r / ,] 2031. Lesujet étant placé sur le bord d’une ta

dre

ble, les cuisses médiocrement écartées et soute- W

nues par des aides, les os pubis se sont éloignés de » trois à six lignes, à l'instant où la section à été.

faite, Ce n’est qu’en portant les cuisses fortement

en dehors et jusqu’à leur faire décrire sur plu-n

tes

sieurs femmes des angles droits avec le tronc, ou la forme dela lettre T, que nous avons pu obtenir un écartement de deux pouces et demi; encore a-

t-il fallu tirer sur les hanches dans le même sens”

qu'on écartoit les extrémités inférieures. Cet éçar-

tement n’a eu lieu sur aucune femme sans que less

symphyses sacro-iliaques se fussent déchirées;. et ce déchirement, qui a commencé plus tôt ou plus tard, a été plus ou moins considérable, selon

la forme particulière du bassin sur lequel nous”

opérions , et que les symphyses mêmes présen= toient plus ou moins de souplesse. É

2032. Sur un bassin dont le détroit supérieur n'avoit que trois pouces et un quart de petit diametre, et cinq pouces transversalement , les os pubis étoient à peine écartés d'un pouce, qu'une des symphyses sacro-iliaques parut ouverte d'une

FA

ligne et demie, et l’autre d’une ligne seulement. L'écartement de la première s’est augmenté jusqu’à cinq lignes, et celui de la seconde jusqu’à trois et demie; le périoste s'en est détaché assez au loin, et leurs ligamens antérieurs $e sont dé- Chirés bien auparavant que l'éloignement des os pubis füt de deux pouces et demi. Dans une autre expérience sur nn bassin de quatre pouces sept lignes de diamètre du pubis au sacrum , et de quatre pouces trois quartsdans l’autre sens, les os pubis n'ont pu s’écarter de vingt-une lignes sans que le périoste se füt également détaché des symphyses sacro-iliaques,et déchiré un pouce au-devant d'elles. Ces symphyses, entr'ouvertes au point d'admettre le bout du doigt, s’écartérent dans la suite de manière à recevoir librement l'extrémité du pouce. |

2033. Nous avons remarqué pareillement dans ces expériences, répétées sur un grand nombre de femmes, que les os pubis parcouroient rarement un chemin égal en s’éloignant; ce qui a donné une amphiation différente au bassin, considérée du centre de la saillie du sacrum à l'angle de chacun de ces os. C’est aussi pour cette raison que les symphyses sacro-iliaques ne se sont pas toujours déchirées également. La différence que nous avons observée de l’écartement de l’une à celui de l’autre a été depuis deux lignes jusqu’à sept.

2034. La plaie extérieure, qui étoit de deux pouces et demi, s’est déchirée, dans tous ces cas, tant du côté de son angle supérieur que de lPinférieur, et quelquefois de l'étendue de plusieurs travers de doigt,

4De l'ampliation qu’a donnée un écartement de deux pouces et demi.

30/4 4 L'ART | 5035. L'accroissement des diamètres du bassin n’a pas été non plus le même dans ces diverses expériences , quoique l'écartement des os pubis füt de deux pouces et demi; il a paru différent

selon la forme particulière qu’affectoient primitivement les détroits, l'étendue respective den

«fs 7

leurs diamètres , et le chemin qu'avoit parcouru

chaque os pubis. | 2036. Dans le premier bassin cité au $ 2052, la distance naturelle de langle du pubis droit au

centre de la saillie du sacrum, s’est augmentée dew

cinq lignes et demie; celle du pubis gauche, de

deux lignes seulement,-et le diamètre transversal”

en est devenu de deux lignes plus grand. Dans le second bassin', l’angle de chaque os pubis s’est éloigné de cinq lignes du centre de la saillie du sacrum, et l'accroissement du diametre transversal a été le mème que dans le premier. Nous avons remarqué à peu pres la même chose dans toutes les expériences que nous avons faites. 4 2037. Le diamètre tjansversal du détroit inférieur s’est augmenté beaucoup plus que celui du détroit supérieur, et le haut de l’arcade du pubis s’est élargi presque toujours dans les mêmes proportions que les os se sont écartés.

5038. La forme intérieure du bassin étant la”

même partout, à de légères modifications pres, et pouvant éprouver les mêmes altérations chez

toutes les femmes quel que soit le pays qu'elles

habitent, ceux qui ont cherché comme nous à déterminer le produit de la section de la symphyse du pubis, ont dû trouver le même résultat. On remarque, dans les expériences de M. Æipping,

DES ACCOUCHEMENS. 305 faites à l'Hôtel-Dieu de Paris, dans le temps où il suivoit mes leçons sur l’art des accouchemens, qu'un écartement d’un pouce entre les os pubis n a donné qu'une ligne et demie de plus au petit diamètre du détroit supérieur; qu'il a fallu, dans un autre cas, porter cet écartement à neuf lignes en sus, pour en obtenir le même produit; tandis que six lignes d’ouverturesur un troisième bassin ont donné ce résultat, et qu’un écartement de deux pouces et un quart ne produisit que trois lignes et demie chez une autre femme encore.

M. Serin, chirurgien-accoucheur à Strasbourg, ne trouva également que trois lignes de plus dans la direction du petit diamètre du détroit supérieur, quoiqu'il eut porté successivement l’écartement des os pubis à deux pouces et un quart; et trois pouces ne lui donnèrentsur ce même bassin que six lignes. M. Chevreul n'eut que deux lignes pour résultat d'un écartement de deux pouces, et n'en obtint pas davantage en le portant jusqu’à trois pouces (1); tandis que deux pouces huit lignes produisirent, sous les yeux de M. Desgranges (2), six lignes et demie à septlignes :dans ce dernier cas , le bassin n’avoit primitivement que deux pouces deux lignes de diamètre du pubis au sacrum, etc., etc. Tous ces auteurs font mention également de l’altération et du déchirement des symphyses sacro-iliaques, quoique quelques unes de leurs expériences eussent été faites

(1) M. Chevreul, chirurgien à Angers : expériences communiquées à l’Académie de chirurgie.

(2) Chirurgien très connu du Collége de Lyon,

à l'instant de la mort, et sur des femmes infiltrées, ou qu’on venoit de délivrer au moyen de l'opération césarienne.

2039. Excepté ce désordre dans les symphyses sacro-iliaques, les partisans de la section du pubis ont reconnu et admis les résultats dont nous venons de parler, quoiqu'il ne dût pasleur paroitre suffisant pour la plupart des cas dans lesquels ils croyoient cette opération recommandable. Les os pubis, dit M. /e Roy, se portent d'autant plus en devant qu’ils sont plus éloignés l'un de l’autre après la section de leur symphyse. À un pouce d'ouverture , ils divergent en devant de deux lignes ; à deux pouces, d'apres les observations de M. Lauverjat, is divergent de cinq lignes; et à deux pouces et demi , ils se portent en devant de huit lignes... ils divergeroient en devant d’un pouce au moins, dans le cas d’un écartement de trois pouces (1).

2040. 1] paroît clairement, d’après le résultat de tant d’expériences,quele petitdiamètre du détroit supérieur, qui est celui qui metle plus constamment obstacle à l'accouchement, ne peuts’accroitre que de quatre à six lignes, au moyen d’un écartement de deux pouces et demi de la part des os pubis; ce qui ne sauroit, dans tous les cas, faire cesser la disproportion qui existe entre ce diamètre et celui que la téte de l'enfant doit y présenter ; quand même on pourroit obtenir, sans inconvéniens, cet écartement de deux pouces et

SR nement UE

(1) Rech, hist, et prat, sur la sect, de la symph, a pub.,

pag. 71 et 72.

demi sur la femme vivante. Deventer et Rœderer avoient annoncé cetteimportante vérité, que lobservation a confirmée tant de fois depuis la découverte de M. Ségaulr. Ce n’est pas de l’écartement des os pubis, dit le premier, qu'on doit attendre l’ampliationnécessaireà l'accouchement, mais de larétrocession du sacrum, soit en totalité, soiten partie (1): Rœderer ajoute que l’écartement des os pubis ne peut augmenter que le dia mètre transversal du bassin (2).

20/1. Quelques partisans de lasection du PUbis premièreobobjectent que les expériences qui ont donné ce jection conrésultat ne pouvoient faire connoître an juste le ie produit d’un écartement de deux pouces et demi dessus. Chez la femme vivante et sur les bassins mal conformés, soit qu’onles considère du côtéde l'ampliation du canal, ou de l’altération des.symphyses sacro-iliaques, parce qu’elles ont été faites sur le cadavre,et presque toutes sur des bassins de gran: deur naturelle, et bien conformés. Une observation funeste a dû leur démontrer peu de temps après que les symphyses dont il s'agit n’étoient pas exemptes de rupture sur la femme vivante, et que l'opération qu’ils préconisoient tant ne pouvoit rendre Île bassin très défectueux assez large pour le libre passage de l'enfant, puisqu'on a remarqué sur la femme Vespres, où l'écartement des os pubis n'a étéque de dix-huit lignes à peu pres, les mêmes désordres qu’onavoit observés surles cadavres qui ont servi à ces expériences. C’est par erreur, ou Re

(3) Deventer, Novum lumen exhib. obstut,, pag. 18,

(2) Rornerer , Element, obst., 8 28, pag. 8.

Seconde objection sur nos expériences.

308 L'ART par modération, qu'on a inséré dans le procesverbal de visite après la mort de cette femme, que les symphyses postérieures étotent intactes; que Le perioste en étoit seulement détaché de l'étendue de sept lignes, et les os désunis(1).Ues symphyses, déjà manifestementaltérées, quoique l'écartement des os pubis n’eût été que de dix-huit lignes, seroient-elles restées aussi iatactes, si Ces mêmes os se fussent éloignés de deux pouces et demi (2)? 2042. Le produit de la section du pubis, considéré dans la direction du petit diamètre du détroit supérieur, doit être d'autant plus grand selon l’opinion des plus zélés défenseurs de cette opération, que ce détroit sera naturellement plus resserrédans cette direction ; ce quiest généralement vrai. Mais s'agit-il ici de déterminer un produit géométrique avec la plus grande précision ? N’estce pas relativement à l’'excédant du volume de la tête de l'enfant sur les détroits du bassin de la mère, qu'il faut considérer celui de la section du pubis, et sur ce produit relatif qu'il falloit établir les avantages de cette nouvelle opération? Admettous que le petit diamètre du détroit supérieur s’augmente de huit lignes dans le bassin, où il n’a primitivement qu'un pouce.et demi d’étendue, au lieu de quatre à cinq lignes d’am pliation qu'un

(1) Voyez les remarques de M. Lauverjat, au sujet de cette opération , intitulées : £xamen d’une brochure qui a pour

titre : Procés-verbaux et réflexions à l’occasion de la sec-.

tion de la symphryse, etc.

(2) Nous rapporterons dans la suite beaucoup d'autres faits à l'appui de celui de la femme Fespres.

PONTS A gr oi

pareil écartement lui procure dans un bassin de trois pouces, qui offre à peu pres le terme moyen de la mauvaise conformation, que pourra-t-on en conclure? Lequel de ces deux bassins deviendra le plus propre à l'accouchement? Sera-ce le prenier, parce qu'il aura reçu huit lignes d’ampliation du pubis au sacrum, ou celui qui n'aura obtenu que quatre à cinq lignes ? En accordant aux partisans de lopinion que nous combattons, que l'accroissement du petit diamètre du détroit supérieur soitd’autant plus grand après la section du pubis qu’il aura primitivement moins de longueur, ils seront encore forcés de convenir que cette Opération fera cesser d'autant moinsle défant de rapport de dimension qui s'oppose à l'accouchement, que le bassin sera plus resserré. Un exemple va mettre cette vérité hors de doute. 2043.Supposons un bassin dont l'entrée n’a de petit diamètre que quatorze à quinze lignes, tel qu’on le voit sur la seizième planche , et qu’au moyen d’un écartement de deux pouces et demi, les angles des os pubis s’éloignent de neuf lignes au-delà de leur distance naturelle du centre de la saillie du sacrum, ainsi qu'on le remarque sur la même planche; admettons même que le petit diamètre de ce bassin, prolongé dans l’écartement des os pubis, jusqu’au point où l'on assure avoir engagé la tête de l'enfant, s’accroisse d’un pouce, au lieu de sept à huit lignes (1), quel sera le rapport qui existera alors entre ce diamètre et le plus petit que la tête puisse y présenter ? Si l’on accorde

(1) Voyez l'explication de la planche indiquée,

à celle-ci une épaisseur ordinaire, qui est d’environ trois pouces et demi, il est évident que le défaut de proportion sera encore de seize lignes après la section de la symphyse et l'écartement des os pubis, c'est-à-dire que le plus petit diamètre de la tête surpassera encore de cette étendue le petit diametre du bassin. Quel sera donc le fruit de cette opération dans un cas semblable ? Quelles en seront les suites sur un bassin qui seroit beaucoup plus étroit encore , comme il en existe quelques uns ? Les auteürs de cette opération prouvent clairement, à leur iwaniere, qu'un écartement de deux pouces et demi doit procurer au bassin toute l'amplitude nécessaire au passage de l'enfant , quand le diamètre n'est en défaut que de douze à quatorze lignes.

2044. Dans l'accouchement de la femme Souchot , un des côtés de la tête s’est engagé dans l'écartement des os pubis au point de paroître audehors, si l'on en croit le confrère de M. Sisault, tandis que chez la femme du Belloy, opérée le 24 juillet 1779, c'est l'occiput que M. le Roy dit y avoir engrené; mais On n'a rien fait de semblable chez la femme Julie Collet (1), quoique la tête de l'enfant füt beaucoup plus grosse, et l’écartement des os pubis moins grand que chez ces premieres, En supposant qu'une partie de la tête puisse s’en: gager réellement entre les os pubis, ce re seroit au plus que de quelques lignes, et c'est en l’admettant, quoique rien.ne soit moins assuré, que Le

(1) Cette femme a été opérée également par M, {e Roy, sept jours avant la femme du Belloy.

nous avons accordé un pouce d’accroissement au nu” diamètre du bassin, pris pour exemple dans le paragraphe précédent.

SECTION IT

Sources de l'opinion favorable qu’on a eue trop prématurément de la

section du pubis, et de l’erreur de ses partisans.

2045. Le but qu’on se proposoit dans lasection

de la symphyse du pubis étant de rendre le bassin q

mal conformé assez spacieux pour donner un

Du produit

ue devroit onner la section du pubis

libre passage à l’enfant, l’on ne devoit attendre pour remplir cetavantage que de l'accroissement des diamètres s0n objet.

qui manquoient de l'étendue nécessaire. Le plus souvent un seul des diamètres du bassin est affecté de ce vice, et presque toujours c'est celui du détroit supérieur, qui s'étend du pubis à la saillie du sacrum. Ce n’est pas le contour intérieur du bassin mal conformé qu'il faut augmenter, mais ce diamètre seulement. Dans la plupart des cas, il faudroit faire tourner entièrement à son profit tout le produit de l’écartement des os pubis pour faire cesser le défaut de proportion qui s'oppose à l'accouchement : encore un accroissement de deux pouces et demi ne seroit-il pas toujours suffisant, puisqu'il existe des bassins qui n’ont que quatorze lignes de petit diamètre, d’autres dix seulement, et même six. Qu'arrivera-t-il donc , dans tous ces cas, si ce diametre, loin de s’accroître de deux pouces et demi, ne reçoit au plus que la cinquieme, la sixième , même la septième

Source d’erreurs.

partie de cet accroissement, et si le reste du produit de l’écartement des os pubis est à l'avantage des diamètres qui sont déjà trop grands, ou tout au moins dont l'étendue est suffisante?

2046. Ce n’est pas la circonférence ou le con-,

tour intérieur de l’espèce d’ellipse que forme le détroit supérieur, trop resserré de devant en arrière, qui manque d’étendue relativement à l'accouchement dans la plupart des bassins mal conformés, même dans ceux qui paroissent les plus irréguliers. Un bassin dont l'entrée n’a qu'un pouce et un quart, ou un peu plus, de petit diamètre, et cinq pouces d'un côté à l’autre, comme celui que représente la planche XVI, auroit presque ‘tout le développement nécessaire à l'accouchement, si sa forme irrégulière pouvoit changer

et devenir ronde: caril ne faut à la rigueur, pour :

le passage de la tête d’un enfant de volume ordi-

naire , qu’une ouverture dedix pouces à dixpouces :

et demi de développement. Mais dans l’état où est

ce bassin, ils’en faut de deux pouces quatrelignes | que le diamètre qui va du pubis au sacrum supé-

rieurement n'égale celui de la tête du fœtus, qu'on estime communément de trois pouces et demi, et qui doit passer dans cette direction.

2047. C'est l’ignorance, ou le mépris de ces vérités, qui a trompé le plus grand nombre des partisans de la section du pubis. Eblouis par les apparences, ils ont cru qu'un écartement de deux pouces et demi feroit cesser un pareil défaut de proportion entre le petit diamètre du bassin et celui dela tête del’enfant, etqu'un moindre écartement conduiroit au même but, quand ledétroit

LES

se trouve moins resserré. Lasource de cette erreur est clairement exprimée dans une observation communiquée à l'Académie de chirurgie, par M. Siébold, professeur en médecine, d'anatomie, de chirurgie, et en l'art des accouchemens à l’hôpital de Wurtzbourg. De nombreuses expériences , bien antérieures au premier succès dela Expériences section du pubis faite par M. Sigault, lui avoient ne | Fe appris, dit-il, qu'on pouvoit obtenir un écartement de dix-huit lignes; savoir, six lignes spontanément après la section, et un pouce artificiel- . lement ou en éloignant les cuisses du sujet : mais que ce dernier devoit être dangereux sur la femme vivante , à cause des déchiremens intérieurs, tant du côté du col de la vessie, que des symphyses sacro-iliaques. D'après ces observations , il crut pouvoir fixer les bornes dans lesquelles devroient être circonscrites les trois méthodes suivantes d’accoucher ; savoir, l'usage du forceps, la section de la symphyse du pubis, et l'opération césarienne, et déterminer en même temps les cas où l’une d’elles seroit indiquée à l'exclusion des deux autres. Voici comment il s’exprime.

2048. « D’après le résultat de mes expériences, Opinion de » dit M. Stébold, j'ai cru pouvoir conclure qu’une M. Siébola. » connoissance exacte du degré d'étroitesse ac- » tuelle du bassin, de sa proportion avec la gros- » seur de la tête de l’enfant, et de la valeur d’am- » plitude à obtenir pour un heureux passage, pou- » voit devenir un guide infaillible à l’accoucheur, » pour se décider dans tous les cas à lemploi » nécessaire et absolu de l’un des trois moyens » indiqués, à l'exclusion des deux autres; savoir,

Section du pubis faite par M. Stébold.

» continue-t-il, pour six lignes et. au-dessous , le » forceps de Levret; de six à dix-huit, et même » vingt lignes , la section du pubis; et au-delà de » ce terme, l'opération césarienne (1). » On remarque ici que l’auteur est dans l'opinion qu'on peut comprimer la tête de l'enfant à peu pres de l'étendue de six lignes, avec le forceps de Levret, auquel il donne la préférence , et qu'il seroit extrémement dangereux de porter l'écartement des

os pubis au-delà de dix-huit à vingt lignes. «Je

» sais bien, ajoute-t.il, que-M. Sigault et d'autres

» prétendent avoir obtenu deux pouces et même .

» deux pouces et deini passés : mais ici Je ne dois » raisonner que d'apres mes propres expériences » qui m'ont toujours donné le niême résultat, » tant sur les cadavres, que sur le sujet vivant » que j'ai opéré. » :

2049. Ce fut d’après ce plan que M. Siéboldfit la section du pubis à une femme de trente-cinq ans, le 4 février 1778. Elle avoit déjà eu sept enfans , tous nés morts, dont six étoient venus naturellement, et le septième avoit été arraché par morceaux. Le bassin ayant trente-trois lignes d'ouverture du pubis au sacrum , et l’'augmentation d'amplitude nécessaire au passage de l'enfant setrouvant par la déterminée a un pouceou quinze lignes au plus (2), i n’hésita pas, dit-il, à faire la

(1) Ce passage est pris de l'observation de M. Stébold , qui est consignée dans les archives de la ci-devant Académie de chirurgie.

(2) M. Siébold n'accorde cependant que trois pouces et demi

pee

section du pubis. Elle fut laborieuse , parce qu’il fallat employer la scie pour séparer les os, entièrement soudés par lossification de leur symphyse. Il retourna l'enfant, et l’amena par les pieds, mais avec tant de difficulté qu'il fut obligé de lui comprimer la tête fortement et sans miséricorde (1); qu’il se crut plus d’une fois au terme de l’art; qu'il regretta vivement , comme je m'en répens peut-être encore, continue-t-il, de s'être laissé séduire aux appas de l'opération nouvelle, et de ne pas lui avoir préféré la césarienne. Malgré les accidens qui suivirent cette opération , et ses suites extrémement longues, la femme s’en retira très bien.

2050. On sera sans doute surpris qu’un homme tel que M. Siébold , que le mérite semble avoir élevé aux plus dignes emplois de son art, ait cru pouvoir augmenter de douze à quinze lignes le petit diamètre de l’ellipse que formoit l’entrée du bassin de la femme qui fait le sujet de son observation, en écartant les os pubis seulement de quinze à vingt lignes. Ses expériences auroient dû le mettre à couvert de cette erreur, et Jui découvrir les vérités importantes que nous venons d’établir, s’il n’eüt été déja prévenu favorablement pour cette nouvelle opération. Lin accordant une forme circulaire au détroit supérieur , et en sup-

de petit diamètre à la tête de l’enfant; mais il n’ignore pas que quelques uns l'ont plus grossé : c’est pourquoi il en porte ici Pexcédant sur le détroit du bassin au plus haut.

(1) M, Siébold présuma dans ce moment que l'enfant étoit mort avant l'opération.

posant qu'il la conservât après la section du pubis, M. Siébold ne devoit attendre d’un pareil écartement que six lignes au plus d'amplitude pour le diamètre dont il s’agit: mais ils’en falloit de beaucoup qu'il püt les acquérir, comme on l’a démon-

Re ee Less

tré ci-devant. Si un homme véritablement ins 4

struit n'a pu résister aux appas de cette nouvelle

méthode d’accoucher, malgré les expériences aux- M

quelles il s’étoit livré avant qu'il eüt entendu parler des premiers succés de cette opération, faut-il s'étonner du grand nombre de ses partisans, et de ce qu’on l’a pratiquée tant de fois en si

peu de temps? La plupart n'avoient jamais été à

même d'en examiner le produit sur le cadavre ,

et une Faculté presque entière, d’après le témoi-

gnage de quelques uns de ses membres, assuroit qu’elle étoit aussi sûre dans ses effets que facile à pratiquer.

Le contour 2051. Non seulement le produit del’écartement da bassin ne des os pubis, dans aucun cas, ne peut tourner Eos pes entiérement à l’avantage du petit diamètre du tendue der. détroit supérieur, mais on seroit encore dans l’ercartement reur si on pensoit que le contour intérieur du se bassin s’augmente exactement de toute l'étendue

de cet écartement, comme le feroit un cercle formé d'une seule pièce. Le rapport des trois os qui forment le détroit supérieur , et la maniere dont le sacrum est enchâssé entre les os desiles, prouvent évidemment la vérité de cette nouvelle assertion. L'on ne peut écarter les os pubis, que la partie postérieure des os des iles ne presse la base du sacrum de derrière en devant, et ne la porte un peu en dedans. La situation qu’on donne

à la femme pendant l'opération tend également

à produire cet effet, puisque c’est alors la partie

postérieure du bassin quiestappuyée sur le bord du lit, la pression qu’exerce l'enfant en dedans ne pouvant contre-balancer cet effort. Nous avons supposé néanmoins dans toutes nos expériences que la base du sacrum étoit immobile, afin de considérer le produit de la section du pubis sous le rapport le plus favorable à l'opinion de ses partisans.

2092. Pour exprimer les principales vérités que nous venons d'établir concernant cette nouvelle opération, etlesrendre sensibles par la démonstra-

tion même aux yeux de ceux quise refuseroient à

l'évidence du raisonnement, nous avons fait dessiner deux bassins dont la mauvaise conformation auroit exigé l'opération césarienne exclusivement à toute autre méthode connue avant la section du pubis, quoiqu'ils ne présentent pas encore

lPimage de la plus grande défectuosité, puisqu'il

RE

en existe de plus étroits que nous eussions préférés, si nous avions pu les obtenir (1). Mais si

LA

(1) M. Camper, médecin hollandais, écrivit, il ÿ a quelques années , qu’il venoit de pratiquer l’opération césarienne à une femme qui étoit morte quelques heures apres, dont le bassin n’avoit pas un pouce de pelit diamètre. M, Zouis fit part de la lettre de ce médecin à l'Académie de chirurgie. Le célèbre

M. William Hunter en conservoit plusieurs qui ne sont pas.

moins contrefaits : l’un d'eux n’offrant que cinq huitièmes de pouce, c’est-à-dire six lignes et demie ou à peu prés, de petit diamètre ; un autre , onze lignes ; et il s'en est trouvé de plus difformes encore depuis la première édition de cet ouvrage.

Te. L si

nous parvenons à démontrer l'inutilité et le danger de la section du pubis dans le cas de semblables bassins (1), il sera facile de prononcer sur sa véritable valeur, à l'égard des femmes chez lesquelles ce canal seroit plus défectueux.

2053. Nous n’espérons cependant pas ramener à notre sentiment tous ceux qui ont été séduits par la nouveauté de cette opération , et par les louanges exagérées qu'on a prodiguées à ses an: teurs, parce qu'il en coûte trop à quelques personnes pour abjurer leurs erreurs, même lorsqu’elles sont involontaires; mais nous serons satisfait si nous pouvons fixer l’opinion des jeunes gens qui n'ont encore pris aucun parti et qui n’attendent qu’une décision éclairée. C’est en leur faveur, et à l'appui de tout ce que nous venons de dire, que nous rapportons ici les faits qu'ils ne pourroient recueillir eux-mêmes : nous les examinerons sans prévention , quoiqu'on nous ait taxé d’y en avoir mis beaucoup dans noire M première édition , et d'y avoir même substitué de la mauvaise foi. É-

(1) Dans l’un de ces bassins, le petit diamètre du détroit supérieur est de deux pouces six à sept lignes, et dans le second, de quatorze à quinze lignes seulement. (Foyez la quinzième et la seizième planches, et leur explication.) |

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SECTION III

Des principaux faits qui concernent la section de la symphyse du pubis.

2004. Comme l’on ne s’est proposé d’autre but que celui de conserver la mèreet l'enfant en pratiquant cette nouvelle opération, elle n’a eu réellement de succès qu'autant qu'elle la remph parfaitement,et il ne suffisoit pas pour lui en accorder, comme l'ont fait la plupart de ses défenseurs ,

qu'un de ces deux individus eût donné de foibles

signes de vie après sa naissance, ou que l’autre eût survécu quelques instans, même quelques jours, à cette opération ; car en le prenant dans un sens aussi peu resserré , la césarienne, sur un nombre égal de femmes, en auroit obtenu bien plus, puisqu'elle met constamment à couvert les jours de l'enfant, et qu'il est excessivement rare que la mere y succombe dès les premiers momens. ’ 2009. Parmi ces succès qu’on attribue à la section du pubis, et qui sont en bien petit nombre encore respectivement à celui des femmes qu'on a soumises à cette opération, à peine s’en trouvet-il un seul qui ne puisse être justement contesté, ou contre lequel on ne puisse faire de solides objections; soit parce que leurs auteurs se sont trompés dans l'estimation des diamètres du bassin de la femme et de ceux de la tête de fœtus, en accordant à ces derniers plus d’étendue qu'ils n'en avoient,et aux premiers souvent beaucou p moins, soit parce qu'ils ont mis la plus grande exagéra-

320 "L'ART d

tion dans l'évaluation de l’écartement qu'ils assurent avoir obtenu de la part des os pubis. Puisque la nécessité d'une pareille opération ne peut être déterminée que par l’excédant des diamètres de la tète de l'enfant sur ceux du bassin de la mére; que ses avantages, ses inconvéniens , ses succes enfin, sont subordonnés à ce rapport primitif de dimensions, et au degré d'écartement des os pubis, nous tàcherons de faire connoitre quels out dü étrel’un et l’autre, pour apprécier l'emploi qu’'ona fait de cette nouvelle méthode, et lessucces les plus frappans qu'elle a eus. Nous n’entrerons pas dans le même détail à égard de chaque fait, parce que cela nous mèneroit trop loin , le nombre de ceux qu’on a recueillis étant déjà tres grand : nous nous arrêterons spécialement à quelques uns qui nous sont mieux connus. Il suffira d’ailleurs d'expliquer pourquoi le succès qu’on se promettoit de l'opération a eu lieu dans un cas, tandis qu’elle a pleinement manqué son but dans un autre, pour que tous ceux dont nous ferons mention se classent facilement et se rangent dans l'ordre qui leur convient. Nous examinerons, par exemple, le fait quia rapport à la femme Souchot, et celui qui concerne la femme Vespres, toutes deux opérées par M. Sigault; parce que l'un présente le succès attendu , et l’autre, l’ensemble de tous les désordres qui paroissoient devoir résulter d’une pareille opération , dans le cas où la mauvaise conformation du bassin met les plus grands obstacles à l'accouchement, et ne laisse véritablement de ressource que dans l'opération césarienne : casquiestexclusivement celui pourlequel

Ce ; 2 »

DES ACCOUCHEMENS. 991 on avoit d'abord recommandé la section du pubis.

2096. Ce premiersuccès,auquelnousnousatta- Faits qui chons d'abord, a été vivement discuté par tous | es les écrivains qui se sont élevés contre la nouvelle ‘ ” opération, et quelques uns n'ont pas craint de publier qu'on ne lavoit obtenu que parce que cette opération n'étoit pas nécessaire chez la femme Souchot. Mais en s’avançant à ce point, on n'a rien prouvé, et on a Jaissé subsister dans toute sa force l'argument que fournissoient en faveur de ce succès la défectuosité du bassin, et les quatre premiers accouchemens dans lesquels l'enfant a constamment été sacrifié, quelque soin qu'on eût donné à sa conservation. Nous n’entreprendrons pas de prouver si cette opération étoit inutile ou nécessaire, si la femme Souchot pouvoit être accouchée de toute autre manière, avec moins d'inconvéniens pour elle, et le mème avantage pour son enfant (1), mais seulement comment la section du pubis qui a été pratiquée a pu rendre accessible au cinquième enfant de cette femme, un passage qui avoit été si funeste aux quatre premiers.

2097. Quel que soit l’écartement qui a eu lieu de la part des os pubis aprés la section de la sym-

(1) La circonstance n’étoit pas de celles qui laissent le choix entre plusieurs méthodes, L'enfant présentoit les pieds ; il falloit les dégager, et le forceps ne pouvoit être employé qu'après Ja sortie du corps. On sait que cette espèce d'accouchement est dangereuse pour l'enfant, quand le bassin est mal conformé; celui de la femme Souchot l'étoit réellement.

physe, ila dû augmenter la largeur de ce passage: c’est un fait incontestable ; mais de combien l'at-il élargi dans le sens où il se trouvoit primitivement trop étroit? C'est ce point-qu'il est important de discuter:et la solution du problème deviendroit facile , si l'on connoissoit aussi bien les dimensions du bassin de la femme Souchot, qu'on a connu celles de la tête de son enfant. D'apres l'estimation qu’en ont faite les médecins qui ont opéré cette femme, le diamètre de ce bassin n'avoit que deux pouces et demi dans la direction du pubis au sacrum supérieurement (1), et celui de la tête de l'enfant étoit de trois pouces et demi juste. L’excédant de ce dernier se trouvoit conséquemment d’un pouce, ainsi que l'amplitude à procurer au premier. Un écartement de deux pouces et demi entre les os pubis , le plus grand qu’on croyoit alors pouvoir obtenir, ne pouvant donner au plus que six lignes au diametre du bassin dans le sens indiqué, on imagina d’engrener un des côtés de la tête dans l’écartement même des 6s, et de faire passer ensuite successivement les protubérances pariétales à travers le détroit, pour se ménager une autre ligne en sus:

Es ee < PeS- : +

(1) MM. Sigault et Alph. le Roy s'appuient du témoignage de Levret et de plusieurs autres accoucheurs connus, Mais si ces deux médecins n’ont mesuré, comme ils le disent, que deux pouces et demi juste depuis la saillie du sacrnm jusqu'au bord inférieur de la symphyse du pubis, ils ne devoient pas accorder la même étendue au petit diamètre du détroit supérieur, qui est constamment de quelques lignes plus court que la distance de l’un de ces points à l’autre, ( Voyez notre pre- :| mier volume, $ 132.)

de sorte que dans ce système, la section du pubis a produit un résultat de treize lignes au moins, en le considérant respectivement à l'accouchement. Malgré cette ingénieuse combinaison, et ce grand produit qui surpassoit déjà, comme on le voit, l’excédant du diamètre de la tête sur celui du bassin, la voie se trouva néanmoins assez étroite encore pour apporter (le grands obstacles à la sortie de l'enfant, et mettre sa vie en danger (1).

2058. Il paroït évident que ce plan n’a étérédigé qu'aprèscoup,et qu'on n’a cherché qu’à expliquer ce qu'on a dû faire , dans l’opinion où l’on étoit qu'il y avoit un pouce d'excédant de la part du dia- metre de la tête du fœtus sur celui du bassin, et non pas ce qu'on a fait et observé : 1° parce que personne n'avoitencoredéterminéle produit d'un écartement de deux pouces et demi entre les os pubis, à l'égard des différens diamètres du bassin, etspécialementde celui qui va dedevantenarrière; 2° parce qu'on n'a pas mesuré cet écartement, comme on assure l'avoir mesuré (2), ni dans le cas de la femme Souchot ni dans aucun autre; 3° parce que les accoucheurs de cette femme étoient alors énus, et très émus, comme ils en

(1) On a oublié sans doute de publier ces petits détails, que M. le Roy nous a communiqués verbalement dans le temps, ainsi qu’à beaucoup d’autres personnes,

(2) C’est en présentant à l’écartement la tête du métacarpe, les doigts étant fléchis, que M. /e Roy en détermine l'étendue, comme tout le monde le sait d’après ses écrits: laissons à chacun à apprécier ce procédé. Q

ont publiquement fait l’aveu; 4° enfin, parce que ce grand produit et ces sages combinaisons qu’on admire dans leurs observations, n'étoient alors pas nécessaires.

2039. S'ils n’ont accordé que deux pouces et demi de petit diamètre au détroit supérieur, des accoucheurs également instruits lui ont assigné six lignes de plus, et ils ne se sont trompés que de bien peu de chose, s'ils ont considéré ce diametre en suivant la ligne diagonale à laquelle se présente constamment le plus petit des diamètres de la tête du fœtus, dans son ‘passage à travers ce détroit, c'est-à-dire de l’un des côtés de la saillie même que forme la base du sacrum, à la symphyse du pubis. M. le Roy, que nous citerons plus souvent que M. Sigault, dans la suite, a fait cette observation comme nous, quoiqu'il ne s'exprime pas aussi clairement, puisqu'il dit que « le diamè- » tre transverse de la tête qui répond à celui de » devant en arrière de l'ouverture supérieure du » bassin, ne passe point comme Île grand dia- » mêtre qui s’avance d'une manière oblique qui » s'approche presque de la perpendiculaire ; qu'il » est vrai qu’une bosse pariétale descend avant » Pautre et un peu sur le côté du sacrum; de » cette sorte, ajoute-t-il, qu'un bassin qui, dans » son diametre de devant en arrière, a une à deux » lignes de moins que le diametre transverse de » la tête, peut livrer passage au moyen de ce » mécanisme (1). »

(1) Voyez M. Azpu. 1E Roy, Rech. hist. et prat, sur la sect, de la symph, du pubis, pag. 6g et suiv. À

.- 2000. Nousavonsexaminé lebassin dela femme Souchot à plusieurs reprises, et en présence d’un grandnombre d'élèves. Les pelvimets de MM. Coutouly et Trainel y ont été développés successivement : l’un et l’autre de ces instrumens ont donné le même résultat, et n’ont fait que confirmer celui que nous avions obtenu de l'application du doigt et du compas d'épaisseur. Appuyés sur la grañde convexité de la saillie du sacrum , nous n'avions pu les développer librement que de deux pouces six à sept lignes ; mais inclinés vers le côté gauche de cette saillie qui est très déjetée sur le côté droit de la femme, leur développement a été jusqu’à trois pouces. Comme c'est selon cette ligne que se présente communément le diamètre transverse de la tête du fœtus, ou qu’on doit le diriger dans les cas difficiles, on peut assurer, comme quelques uns l’ont déjà fait, et sans crainte de se tromper, que le petit diamètre du bassin de la femme Souchot a pres de trois pouces relativement à l’accouchement. Nous remarquerons de plus que ce bassin est très vastesinférieurement, et qu'aucun aulre ne nous paroit mieux conformé dans son détroit périnéal. Il est aisé maintenant de déterminer de combien se trouvoit l’excédant du diamètre de la tête du fœtus sur celui de ce bassin, ainsique le degré d'amplitude à procurer à ce dernier, et quela dû être l'écartement qui l’a procuré.

2061. La tête de cet enfant n'offrant, au quatrièmejourdela naissance, quetrois poucesquatre lignes d'épaisseur d’une protubérance pariétale à l'autre, lexcédant de cette épaisseur sur le diamètre du bassin de la mere ne devoit ètre que de

326 7 SPART quatre lignes. Ce n’est qu’au mépris de la vérité qu'on à osé publier que l'épaisseur de cette tête étoit plus grande de deux lignes à l'instant même de l'accouchement (1). Le casque osseux change constamment de forme en traversant un détroit un peu resserré; il s’aplatit plus où moins d'un côté à l’autre, selon le resserrement de ce détroit, et le fait plus facilement ou plus difficilement , selon que les os pariétaux et autres ont plus où moins de solidité, et sont liés entre eux d’une maniere pluslàche ou plus serrée. La tètene présente jamais moins d'épaisseur qu’à linstant où elle vient de traverser ce détroit, et elle reprend ensuite plus tôt ou plustard ceile qu'elleavoit perdue dans son passage. Si la face de l'enfant se flétrit et maigrit dans les premiers jours, le casque osseux ne perd rien de ses dimensions, comme on j'a supposé gratuitement dans le fait que nous examinons (2). Nous n'avons vu cet enfant qu'au treizième jour de sa naissance, et sa tête nous a paru présenter éminemment les conditions requises à la facilité de ce changement de forme. Toute l'habitude extérieure de cet enfant offroit un caractère d’immaturité qui ne se remarque généralement que chez les enfans du terme de huit mois, et il n'étoit pas plus gros que ne le sont la plupart de ceux-ci, sans qu'on puisse l'attribuer au dépérissement dans lequel on Île disoit tombé. 2062. Pour accorder qu'il y eùt quatre lignes

(1) Voyez Alph. le Roy, broch. déjà citée, pag. 61. | (2) M. le Roy paroit dans l'opinion contraire. {Voyez pag. 61.)

d'excédant de la part du diamètre transverse de la tète du fœtus sur celui du bassin de la mére, il faudroit supposer en même temps que cette tête {üt incapable de changer de forme et de dimensions, et ne püt éprouver la réduction que nous venons d'annoncer; ilfaudroit, ainsi que l'ont fait les partisans de la section du pubis, la considérer sous l'aspect d’un corps véritablement solide. Comme on ne peut déterminer au juste le degré de compression dont elle étoit susceptible d’une bosse pariétale à l’autre, ni celle qu’elle a éprouvée en passant à travers le détroit, quoique interrompu dans sa partie antérieure par la section de la symphyse et l’écartement des os, on ne nous taxera pas d'exagération en ne la supposant que de deux lignes. Dans cette supposition, l’excédant de son diamètre ne devoit plus être que de deux lignes, de même que le degré d'amplitude à procurer à celui du bassin.

2063. Un écartement d’un pouce entre les os pubis devoit paroître plus que suffisant pour faire cesser cette disproportion; et nous en appellerons sur ce point au témoignage même de ceux qui assurent l'avoir porté jusqu’à deux pouces et demi sur la femme Souchot. À un pouce, disent-ils, les pubis divergent en devant de deux lignes (1); et ailleurs, si le bassin ne se fût ouvert en devant que d'un pouce, il ne se fût engrené qu’une petite portion de la tubérosité pariétale, ce qui n’eût pas opéré plus de trois lignes de diminution au dia-

(1) Rech, historig. et pratiq. sur la sect, de la symph., pag. 71,

metre transverse de la tête (1). N'est-ce pas convenir d'un résultat de cinq lignes ou environ, dans le sens où ils prétendent en avoir obtenu treize d’un écartement de deux pouces et demi ? En n’admettant qu’un résultat de deux lignes, dans le cas d’un seul pouce d’écartement , tel qu'on l’a généralement obtenu dans toutes les expériences qu'onafaites,ces deux lignesdevoient suffire au passage de l'enfant, sans qu'il fût nécessaire d'engager une bosse pariétale entre les os, et que la tête éprouvât au-delà de deux lignes de réduction selon son diametre transversal. Un plus grand écartement chez la femme Souchot auroit été inutile, ou bien il auroit procuré plus de facilité qu’on n’en a eu à extraire l'enfant.

2064. Si l'on ne peut inférer de ces nouvelles réflexions que la section du pubis n’a eu de succes sur la femme dont il s’agit que parce que le bassin étoit primitivement assez grand pour le passage du cinquième enfant, comrue on l'a répété de toutes parts, dans les premiers temps, du moins serviront-eiles à faire apprécier ce succès et tous ceux de son espèce : car il n'existe pas un seul fait où l’on ait conservé la mère et l'enfant. auquel on ne puisse les appliquer, Ces succès n’en imposeront à l'avenir qu’à la multitude, qui ignore encore que le danger de la section du pubis, pour la femme, ne provient que du grand écartement des os, et qu'on peut éloigner ceux-ci jusqu’au terme d'un pouce sans qu’il en résulte de lésions mor-

(1) Rech. historig. et pratiqg. sur la sect, de la symph. , pag. 70.

telles dans les parties circonvoisines. Mais que produira ce foible écartement dans un bassin resserré au point de n'avoir aucune proportion avec la tête du fœtus, comme dans le cas où il exige l'opération césarienne?

2065. Toutesles femmes opérées par M. Srgautt n'en ont pas retiré le même avantage que celle dont nous venons de parler , quoique leur bassin, excépté celui de la fernme Vespres, parût aussi favorable au succès de l'opération. Si elles en éprouvèrent des suites moins fâcheuses que la femme Souchot, elles perdirent leurs enfans dans les efforts qu’ilfallut encore faire pour les extraire, malgré le développement qu'avoit dû procurer l'écartement des os pubis. La femme Blandin, opérée en 1778, ainsi que la nommée f’erderais, accouchérent les années suivantes, l’une des plus naturellement (1), et l’autre par le ministère

(1) Madame Pellami, maitresse sage-femme, a publié, en 1780, la relation de cet accouchement, qui est du 7 octobre 1779. Elle assure que M. Sigaule, appelé avant elle, ne s éloit retiré que parce que la femme Blandin ne voulut pas se soumettre une seconde fois à une opération qui avoit été laborieuse l’année précédente et sans succès; que le dernier ac= couchement s’est fait assez promplement; que l'enfant étoit plus gros que d'autres qui se trouvèrent en même temps à l’église pour y recevoir le baptême ; enfin , que le bassin ne lui a paru ni des plus vastes, ni des plus petits, et que les os pubis sont très rapprochés. M. Sigault, qui avoit ce bassin dans sa collection depuis la mort de la femme , nous a fait pressentir qu'il étoit d'environ trois pouces de petit diamètre,

d’une sage-femme (1) qui fut obligée de retourner l'enfant, parce qu'il présentoit une main avec la tête. Celui-ci expira peu de temps après sa naissance; mais celui de l’autre femme donna, dès l'instant où il parut , des signes de la plus grande force et de la meilleure constitution. On ne sait encore aucun détail sur ce qui est arrivé depuis la section du pubis, à l'égard de la nommée /a Forets; mais 1l y à toute apparence qu’elle sera redevenue enceinte comme les premieres , et accotichée de même; ayant eu bien moins à se plaindre encore des suites de l'opération , puisqu'elle a commencé à marcher des le quinzième jour.

2006. Aucune de ces femmes n’a été aussi malheureuse que la nommée Vespres , parce qu'aucune d'elles n’étoit aussi contrefaite, et dans la méme impossibilité d'accoucher : elles perdirent leurs enfans, mais elles se rétablirent, les unes plus tôt, les autres plus tard, et se virent en état de redevenir grosses. La femme l’espres ne survécut au sien que cinqjours, qu'elle passa dans les plus vives angoisses, et fut manifestément victime de cette opération, quoiqu'on eût publié dans le temps qu'elle étoit morte de toute autre cause (2).

(1) Madame Ridé, maitresse sage-femme, qui a communiqué ce fait à l'Académie de chirurgie en 1782, observe que le bassin est resserré de devant en arrière , Sans en déterminer la largeur, à cause de la grande saillie de la base du sacrum rs qui est, dit-elle, déjetée sur le côté gauche. É *

(2) Voyez les procès-verbaux rédigés avant et après cette

opération et celui de ouverture du cadavre : les réflexions cri-

On avait évalué, avant l'opération, le diametre du bassin à deux pouces et demi ou environ, et l'ouverture du cadavre fit voir qu'il n'étoit que de vingt-deux à vingt-troislignes. Deux chirurgiensaccoucheurs (1) avoient prononcé sur l'indispensable nécessité de l'opération césarienne, et l'événement les confirma, ainsi que bien d’autres, dans l’opinion où ils étoient qe la section du pubis ne pouvoit la remplacer. Quoiqu’on n’eût obtenu, d’après les procès-verbaux, qu'un pouce et demi d’écartement ou environ, les symphyses sacro-iliaques en étoient visiblement altérées , ainsi que les parties voisines. On a vu, à linspection du cadavre, que ces symphyses étoient entrouvertes , que le périoste en étoit détaché, qu'il existoit «un foyer de matière purulente d'un gris foncé, qui s’étendoit fort au loin dans le tissu cellulaire de la fosse iliaque gauche, etc. Quelles preuves veut-on de plus que la mort de lenfant et celle de la mère, sur l'insuffisance et le danger de cette nouvelle opération , dans le cas pour lequel on l'avoit exclusivement proposée ?

2067. Si ce fait confirme l'insuffisance et le danger de Ja section du pubis, dans le cas où la mauvaise conformation du bassin est extrême , celui de la femme Z/andin offre déjà l'exemple de abus qu’en avoit fait son auteur, et qu’il en auroit faituneseconde fois sur cette même femme,

tiques de M. Lauverjat, et la réplique de M. Sigault à ces mêmes réflexions.

(1) M. Lauverjat et M, Coutouty.

si elle eüt voulu s’y soumettre le 7 octobre 1779. Loin de détruire la bonne opinion qu'il avoit de celte nouvelle opération, croira-t-on que M. Scgault, d'après ces deux faits, en conçut de plus grandes espérances encore? « Cet événement dit- » il, parlant de celui de la femme espres, prouve » jusqu'à quel point peuvent s'étendre les avan- » tages de la section du pubis, puisque par cette » opération J'ai extrait un enfant très volumineux »et vivant d'un bassin très étroit et tres vicié. » Et à l’occasion de la femme B/andin, on lit dans le Journal de Paris du 21 octobre 1779, que cette femme à laquelle on avoit fait l'opération dont il s’agit, l’année précédente, venoit d’accoucher naturellement d'un enfant qui se portoit bien, ainsi que la mère; qu'en doit résumer de ce fait que la section du pubis une fois faite, peut n'être plus nécessaire pour les accouchemens laborieux provenant, ou d'un vice de conformation de la part de la femme, ou du volume trop considérable de la tête de l’enfant. La femme B/andin , ajoute-t-on, ayant eu, lors de son accouchement précédent, un enfant dont la tête avoit quatorze pouces de circonférence, et celle du nouveau n'étant que de douze pouces, l'opération ne s'est plus trouvée nécessaire.

2068.0Onexcuseroitsans doute M.Sigaultd’avoir franchi, dès le second pas qu’ilfit dans la nouveile carrière qu'il sembloit ouvrir aux accoucheurs, les limites qu'il s’étoit inrposées , s'il eüt conservé l'enfant dont la tête avoit quatorze pouces de circonférence ; s’ileût reconnu dans la suite que le bassin, trop petit pour le passage de cet enfant,

étoit assez grand pour celui dont la tête n’étoit que de douze pouces, et s’il n’eût pas insisté dans ce dernier temps sur la nécessité de la même Opération. À ce mot de circonférence, bien des gens ont dù se demander comment on lavoit prise, et de quelle circonférence on entendoit parler; car bien peu, parmi nous, ignorent qu’on doit en considérer deux sur la tête du fœtus, relativement à accouchement; savoir: une de treize pouces et demi à quatorze pouces, et une autre de dix à onze au plus, chez un enfant dont la tête est de trois pouces et demi d'épaisseur d’un côté à l’autre, C'est celle-ci que la tête de 1 aux ouvertures du bassin en s’avançant dans l’accouchement naturel, et c’est elle également que l’accoucheur doit y faire présenter dans tous les cas où les choses se passent autrement : c’est en cela que consiste son art. Si l'auteur de la note que nous venons de rapporter a entendu parler de cette petite circonférence , il faut convenir que la tête du dernier enfant de la femme Z/andin étoit très grosse et celle du premier plus grosse encore,puisque l’une devoit avoir quatre pouces de petit diamètre, ce qui se voitrarement, et l’autre quatre pouces huit lignes, ce qui se rencontre bien plus rarement encore : elles prouveroient toutes deux que le bassin de la femme étoitau moins d’une grandeur naturelle. Si l’on a voulu parler de la grande circonférence , la première tête n’offroit rien de remarquable dans son volume, et la dernière étoit un tant soit peu plus petite que de coutume.

2069.Personnen’isnorequela grosseurextraordinaire de la tête de l'enfant ne puisse apporter de

grands obstacles à l'accouchement, même lorsque le bassin est assez bien conformé pour le passage de celle qui n’estque d’un volume ordinaire;mais l'on sait aussi qu'unetête plusgrosse et quiesten même temps plus molle et plus flexible, franchira aisément celui qu'une autre tête plussolide et de quelques lignes plus petite, ne sauroït traverser. Si M. Sigaulta cru qu'ilsuffisoit pour se disculper d’avoir pratiqué la section du pubis, sans succes,à une femme assez bien faite pour accoucher natnrellement l’année suivante, de n’opposer que la disproportionquise remarquoitentrelesdeuxenfans, il a eu tort; il falloit encore prouver que la tête de ces enfans avoit la nême solidité, ou que celle du dernier étoit plus molle, plus flexible quecelle de l'autre. Quelques sectateurs de sa nouvelle méthode ont expliquéle fait du secondaccouchement bien différemment, et n’ont pas craint d’en attribuer la facilité à ce que l’opération même avait rendu le bassin plus grand qu'ilne l'étoitaupara- . vant: les os pubis, dans leur opinion, ne pouvant se consolider et se réunir comme les os fracturés, mais seulement par l'intérmède d’un calus qui les tient toujours écartés, Cette opinion ridicule,que M. Sigault avoit paru adopter ensuite, n'est pas. différente de celle que bien des accoucheurs ont eue des traces que laissoit la tuméfaction qui survient quelquefois aux symphyses du bassin dans le cours de la grossesse, puisqu'ils ont également publié que les hanches en restoient plus évasées après l'accouchement, et que le bassin en demeuroit plus vaste dans toutes ses parties. Ceux qui ont admis cette opinion dans le cas de la section

du pubis, ignoroient sans douteque madame Ze. lammi a trouvé les os très rapprochés l’un de l’autre chez la femme Blandin, que les commissaires de la Faculté de médecine ont déclaré que ces mêmes os étoient dans un tekétat d'approximation chez la femme Souchot, au vingt-septième jour de l’opération, qu'on ne sentoit plus qu’un trait dans la longueur de la symphyse, et que leur rapprochement étoit sisensible dès le quatorzième que M. /e Roy les soupçonnoit déjà réunis. A quoi se réduiroit d’ailleurs le produit de ce calus pour le petit diamètre du détroit supérieur, quand on l’admettroit? Un calus-de six lignés , qui paroïtroit sans doute extraordinaire parson épaisseur, Ini procureroit-il au-delà d’une ligne d'augmentation ! Il faudroit être bien inconségitent pour assurer qu'une si foibleaugmentation puisse rendre praticable à l'enfant un bassin dont l'extrême défectuosité ne laissoit auparavant que la ressonrce de l'opération césarienne où de l#section du pubis.

2070. L'auteur de cette dernière opération en a obtenubien moins desuccèsque M. 4{p4. le Roy;

Faits qui

concernent

etle seul qu’il en ait eu paroît bien moins éclatant M: 4h. te q P Le

que le plus foible de ceux qu'a publiés celui-ci.Sur cinq femmes, M. Sigault en a perdu une, et quatre enfans; et M. le Roy, sur un nombre égal , en a conservé quatre , et cinq enfans. La premiere qu’il opéra étoit âgée de vingt-huit ans, haute de trois pieds trois pouces, dit-il(1), grosse deson premier enfant, etfatiguéededix-huitheures desouffrance, BR Tt D UTTTT em memes

(1) Elle avoit en mai 1785, lorsque nous l’examinämes, quatre pieds trois pouces. |

oy

lorsqu'elle le fit appeler, le 18juillet 1779: Elle fut opérée presque à l'instant, en présencedecinq personnes , pour qu’on ne püt pas direqu'ilyavoiteu clandestinité (1).Les os pubis s’éloignent de suite au-delà de deux poucesenuse retirantsous les tégumens;onaugmentegraduellementcetécartement, et on le porte presquejusqu'à trois pouces, en éloignant simplement les cuisses dela femme au moment où la tête de l’enfant devoit passer; on retourne celui-ci, dont la tête se préseutoit (2), on l'amène en ne tirant que sur le pied gauche, Île seul qu'on ait jugé à propos de dégager, et ilsort facilement moyennant la précaution qu’on prend d’engrener les fesses obliquement, ou l'une avant l'autre (3). M. {e Roy ajoute que cet enfant parut

(1) Parmi ces cinq personnes, on remarque trois femmes, l'élève de M. £ Roy et un homme de considération. Il y aura toujours clandestinité quand on n’aura que de pareils témoins dans une opération qui est entièrement du ressort des accoucheurs les plus instruits. Pourquoi M. Ze Roy n’en fit-il pas venir alors, comme il le fit depuis chez la femme qui fera le sujet de son observation V ? Tous ceux de la capitale se seroient fait un devoir de profiter de ses lumières , ou de l'aider de leurs conseils, ” (2) Cette tête étoit située transversalement, ayant l’occiput tourné du côté droit de sa mère; position que M. Ze Roy assùre être toujours laborieuse et souvent fâcheuse, même sur les bassins®les mieux conformés, à moins, dit-il, qu’ils ne soient très grands, Une plus longue expérience lui a sans doute appris depuis ce temps que cette position est une des plus fréquentes et des plus favorables, et que sur dix accouchemens, on la rencontre au moins deux fois,

(3) On ne peut se faire un mérite d’avoir engrené les fesses de cette manière, puisqu'elles ne peuvent s'engager autrement quand on tire l'enfant par un seul pied.

DES ACCOUCHEMENS, 337 d'abord comme mort, mais qu'ilse ranima noyennant les secours ordinaires; qu’il étoit fort gros, sa tête ayant quatre pouces moins une ligne de diamètre transversal, ou d’une bosse pariétale à l'autre ; de sorte que par cette opération il a fait passer, dit-il, un corps de quatre pouces moins une ligne sur un bassin qui n’avoit auparavant que deux pouces cinq lignes. La femme en ressentit si peu d’accidens, qu’elle se leva dès leneuvième jour, marcha au douzième , et fut se pré=. senter à la Faculté de médecinele vingt-huitième,

2071. On seroit dans l'erreur si on se persuadoit que M. Ze Roy n’en a commis aucune dans l'estimation des diamètres du bassin de la femme noMmée Julie Collet, et dans celle du diamètre de la tête de l'enfant. Cette femmé étant venue, le 28 mai 1789, réclamer mes soins pour une descente de matrice, portée au point que le col de ce viscère sortoit de plus de deux travers.de doigt, et pour laquelle je lui plaçai un pessaire, j’en examinai le bassin avec la plus grande attention, ce que je fis de nouveau le 11 juin suivant, en . présence de plusieurs médecins et chirurgiens (1), etje m'assurai par divers moyens employés successivement et par divers procédés pour mesurer l'étendue du petit diamètre du détroit supérieur, qu'il avoit au moins deux pouces six à huitlignes, du milieu de la saillie du sacrum à la symphyse

nt ms

(1) M. Audiberty et M. Assaliny, correspondans de l'A cadémie de chirurgie ; M. Rung, pensionnaire du roi de Suède et professeur en médecine ; MM, /e Bas, Verdier, etc.

it. 22

333 L'ART du pubis , et que cette symphyse étoit très régulière en dedans. Comme ce n’est pas selon cette ligne que passe le petit diamètre de la tête du fœtus, mais en suivant celle qui descendroit de l'un des côtés de la saillie du sacrum à la même symphyse , on peut assurer que ce n'est pas un bassin de deux pouces cinq lignesque M. Z Roy à désymphysé, mais d'environ trois pouces relativement à l'accouchement : ce qui explique déjà très bien le succès qu'a eu la nouvelle opération chez Julie Collet. |

2079. On nes’est pas moins tronrpé dans d'estimation des diamètres de la tête du fœtus , puisque le lendemain de l'accouchement M. /e Roy ne la trouvé que de trois pouces huit lignes (1). Une erreur bien plus impardonnable sans doute , est celle qui a rapport à l'écartement des os pubis, qu'onassureavoirété porté presque à troispouces. L'importance dece pomt méritoit bien qu’en apprit au public comment on avoit mesuré cet écartement; quelle est celledes cinq personnes qu'on avoit pour témoins du fait qui l’amesuré, M. 4e Roy n'ayant pu le mesurer lui-même dans le momentou ila été jusqu'a trois pouces, puisqu'il étoit occupé, comme il ledit, à tirer de la main gauche sur la face et le menton de l'enfant, qu'il essayoit d'abaisser, tandis que de l’autre main äl relevoit le Corps qui étoit au-dehors. Si l’écartementin'a pas | été porté aussi loin qu'on l'annonce, bien des gens

(1) On<e rappellera que:celle de enfant de la femme Souhot -avoitatssi diminué d'épaisseur dès les premiers jours: on | peut voir mos réflexions à ce sujet au $ 2061. à |

di

DES ACCOUCHEMENS. 339 croiront pouvoir le faire, et ne ménageroni pas leurs efforts pour l'obtenir; comme d’autres auroient cru manquer leur but s'ils ne l’eussent pas étendu-jusqu'à deux pouces et demi juste. En conservant l'enfant au moyen d’un écartement aussi extraordinaire, ils peuventétre assurés qu'ils sacrifieront la mère, comme l'ont fait ceux qui se sont contentés de le porter à deux pouces et dem, et même un peu au-dessous (1).

. 2073. Encouragé par un succès aussi extraordinaire, sept Jours après avoir opéré Julie Collet , M. le Roy pratiqua la méme opération sur une femme duGros-Caillou,bien pluscontrefaite,selon lui, à l'égard du bassin, puisqu'il ne l'estima que

de dix-huit à dix-neuf lignes (2) de petit diamètre au détroit supérieur, et les suites en sont plus simplesencorequechez la première. Cette femme : d'ailleurs, d’une taille de,quatre pieds nenfpouces, étoit accouchée sixfoisauparayant,et chaque fois, dit-il, par des moyens emtrémes de l'art. La section de la symphyse fut difficile, et ne put être achevée qu'à plusieursreprises; parceque cette sy mphyse, fort épaisse, étoit si longue, qu'on se vit contraint d'aller couper sa partie supérieure et l’inférieure au-dessous destégumens,dont}l'incisionétoitnéanmoins de deux pouceset demiou environ (3). La RE

(1) Voyez l'observation qui fait le sujet du 8 2086.

(2) M. Goubelly, D.-M.-P., a Jugé, quelques Jours après lopération, que ce diametre étoit d’un pouce trois quarts, (Voyez M. Alph. le Roy.)

(3) Cette symphyse devoit donc avoir trois pouces d’étend ue, . Ge qui seroit un fait bien extraordinaire et peut-être l'unique de son espece. |

340 L'ART section en étant faite, on ouvrit la poche des eaux, on dégagea les pieds de lenfant, qui se présentoient , et on en obtint la sortie entière sans de grandes difficultés, moyennant le soin d’engrener la partie postérieure de la tête, lorsqu'elle s’approcha dudétroit, dans l’écartement des os pubis, qui étoit alors de trois pouces (1). Le diamètre transversal de cette tête se trouva de trois pouces huit lignes immédiatement après l'accouchement.

2074. La femme du Belloy ressentit de vives douleurs après cette opération ; mais elles se calmèrent des le même jour , et le lendemain elle se portoit assez bien pour remuerlibrement dans son lit, même se faire transporter dans un autre, ce qu’elle fit tous les jours sans exception d’un seul. La plaie extérieure (et la symphyse sans doute), “étoit cicatrisée des le cinquième; la femme commencça à marcher au dixième; sortit de sa cham- -bre au dix-septième; fut à l’église le vingtième, le vingt-unième à la Fäculté de médecine; et reprit ses pénibles occupations de blanchisseuse, huit jours après cette dernière époque, jouissant alors, dit M. /e Roy, de la santé la plus robuste. Parmi les médecins qui ne purent voir cette femme sans une sorte d’admiration au cinquième jour de l'opération, on cite M. Chaptal, dela Fa-

(1) M. Le Roy auroit dû nous instruire du motif qui l’a déterminé ici à engrener le derrière de la tête du fœtus dans l’écartement des os pubis, et non pas la protubérance pariétale, comme chez la femme Souchot; pourquoi il n’a pas eu besoin d’user de cette précaution à l'égard de Julie Collet, dont l'enfant étoit bien plus gros, etc.

DES ACCOUCHEMENS, rl

culté de médecine et de lPAcadémie des sciences de Montpellier (1).

2079. Si le succès qu'on avoit obtenu sur Julie Collet a dû surprendre la multitude, celui qui le suivit,de près chez la femme du Belloy devoit bien plus l'étonner, et paroiïssoit bien plus propre à augmenter le nombre des partisans de la section du pubis. Jusque [à on pouvoit croire que l'utilité de cette opération étoit bornée, et qu’elle ne pouvoit frayer un chemin assez large au fœtus qu’à travers des bassins médiocrement resserrés, M. /e Roy avoit même publié qu'il n'y auroit peut-être que l'opération Césarienne qui put sauver l’enfant dans le cas où ce canal ne présenteroit que vingt et une lignes de petit diamètre supérieurement, quoique cette dimension de vingt et une lignes et au-dessous lui parüt alors imaginaire ; et M. Sc. gault, comme on l’a déjà remarqué, n’auroit pas fait la section du pubis sur la femme Fespres, si on ne luieüt pas assuré que le bassin avoit deux pouces et demi de petit diamètre , s’il ne se le fût persuadé d’après ses recherches, et s'il n’eût considéré que ses propres intérêts. Si on mettoit avant ce temps des bornes à son utilité, l’exentple de la femme du Belloy devoit la faire adopter dans tous les cas de mauvaise conformation : car si le

KL (1) M. Chaptal, qui suivoit alors mes lecons sur l’art des accouchemens, me permit de publier qu’il doutoit que l’opération eut été faite, et plus encore, qu’une femme d'une aussi belle conformation extérieure eût un bassin aussi resserré qu'on le lui avoit annoncé, Le succès ne lui en a point imposé.

bassin de cette femme rr'offre pas l'empreinte de la plus grande défectuosité (1), l'écartement de trois pouces, obtenu si facilement et avec aussi peu d'inconvéniens, ne paroitra peut-être pas le plus grand terme où on puisse le porter.

2076. N'ayant rien de bien positif à opposer à M. le Roy sur Pétat de la femme du Belloy dans le temps de la premiere édition de notre ouvrage, nous nous étions contenté de rapporter le résultat d’ane expérience faite à l'Hôtel-Dieu de Paris, le 25 août 1779, sur une femme morte le onzième jour après l’opération césarienne pratiquée à la ligne blanche : cette femme étoit-infiltrée, ce qui rendoitla circonstance bien p'us favorable. Placée sur le bord d’une table, les jambes écartées et soutenues comme le recommandent les partisans de la section du pubis,nous enlevâmes la matrice afin d'engager dans le bassin les pieds d’un enfant qu'on avoit placé dans le ventre. Ge bassin n'avoit

. quevingtlignes de petit diametre,et quatre pouces

et un quart de diamètre transversal. Celui de la têtede l'enfant, mesuréd’une protubérance pariétale à l’autre, n’étoit que de trois pouces cinq à sixlignes; le tronc en étoit maigre, et nous en avions en quelque sorte pétri toutes les parties pour leur rendre la souplesse que la mortavoit pu leur enlever, On entreprit de faire passer cet enfant à travers le bassin, en tirant surles pieds,et malgré la force qu'on y mit, on ne put l’engager qu’à la hauteur de la poitrine : ce fut dans ce moment, et

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