‹ L'art des accouchemens (volume 2)Chapitre 27 sur 45 · À CE · texte numérisé non relu

À CE

(1) Peu, Pratique des accouchemens, \iv. X, pag. 79.

(2) Saviard, observ. ; M. Thibault, Journal de médecine Ë tom. I, 17954; M. Chevreul et M. fhaussier, ainsi que beauconp d’autres, ont vu de ces ruptures, <

attention à la différence que présentent ces deux cas. Aprés lasortie de l'enfant, la plaie du corps de la matrice se rétrécit en proportion de la réduction du volume de ce viscère, au point qu’on a eu peine à y faire pénétrer le doigt deux jours après l'instant où elle s'étoit faite, quoique assez large d'abord pour avoir pu laisser passer la moitié de l'enfant dans l’abdomen, et avec cette partie, la main de l’opérateur(1): mais, quelle que soit la contraction de ce viscère, la rupture de la partie supérieure du vagin ne diminue pas de même.

Geux qui ont été chercher l'enfant en entier dans l'abdomen, et quilont extrait parlavoienatu relle, quelques heures après l'instant où s’étoit faite la rupture, ont pris celle du vagin pour celle de la matrice, ou bien ils ont trouvé de ces ruptures transversales, de ces plaies gangréneuses dont nous venons de parler : car la chose ne nous paroît praticable que dans ces derniers cas.

2297. La gastrotomie n’est pas indiquée seulement pour extraire l’enfant etson arrière-faix dela cavité du ventre où ils ont pénétré, elle peut devenir nécessaire encore pour donnerissue au sang etaux eaux qui ont pus yépancher et qui ne pourroient s'écouler autrement. Elle est plus facile à exécuter que l'opération césarienne proprement dite, et ne paroît pas plus dangereuse ; puisque, d'une part, lon n'a point à ouvrir la matrice, et que de l’autre part la rupture de ce viscère n’est pas essentiellement mortelle. Sans faire valoir ici

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(1) Voyez Delamotte, observ. CCCXCIT, et le fait com= muniqué par M, Percy, note du 8 2284.

memes

ces nombreuses observations qui en attestent les avantages dans ces cas où l’on n’a eu qu’à agrandir, au moyen d’une incision, ces ulcères, par lesquels la nature se seroit efforcée vainement d’expulser le fœtus ou ses débris, cette opération a été faite peu d'instans apres la rupture de la matrice, a eu des succes heureux pour la femme, et il est vraisemblable qu’elle n’en auroit pas eu moins pour l’enfant,si on l’eût pratiquée plustôtencoreaprés cette | rupture, au lieu de la différer de quelques henres, comme on l'a fait, 'hibault des Bois, chirurgien de la ville du Mans, en a publié le premier exemple en 1768 (1), et l’Académie de chirurgie en a recueilli deux autres depuis qui semblent bien plus intéressans,

2208. Dansle faitde Thibault, les choses étoient des mieux disposées pour l'accouchement et sembloientannoncer une prom ptedélivrance, lorsque la femme ressentitune douleur aigué et trés courte vers la partie supérieure et latérale gauche de la matrice, après laquelle la tête du fœtus, qui se présentoit favorablement, disparut. Ne trouvant alors ni l'enfant ni le placenta dans ce viscère. Thibault ne craignit pas de proposer la gastrotomie, et de faire connoître tout le danger qu’il y auroit à la différer. Il la fit, mais après quelques heures encore, ce qui la rendit inutile pour l’enfant. La femme n’en éprouva, pour ainsi dire, d’autres suites que celles d’un accouchement,

2299. La gastrotomie, pratiquée deux fois sur

(1) Voyez Journal de médecine, mai 1968.

DES ACCOUCHEMENS. 511 la même femme (1) par M. Zumbron, chirurgien d'Orléans, ne fut pas plus salutaire à l'enfant, parce qu'on y eut également recours trop tard. La premiere fois, on ne la fit que dix-huit heures après la rupture de la matrice (2). Au bout de trois semaines , la femme sembloit déjà toucher au terme de sa guérison, lorsqu'une tumeur de la grosseur du poing se manifesta à la région hypo- " gastrique, et parut disposée à s'ouvrir, comme elle lefiteneffet quatre joursensuite; maisnonobstant cet abcès gangréneux, par où il sortit dix-huit vers de la longueur de quatre à six pouces, et de lespece de cenxqui s’échappèrent dans le même ternps par l'anus et par le vagin, cette femme put reprendre Îles travaux de.la campagne après s/x setnaines, à compter du moment de l'opération. Enceinte de nouveau, quelques années après, elle éprouva le même accident ; Penfant pénétra égalementenentier dans lebas-ventre; et M. Lambron, alors témoin du fait, pratiqua une seconde fois la gastrotomie (3), en n'y mettant d'autre délai que celui qu'exigea la malade pour se faire adminisirer les sacremens, L'enfant donna des signes de vie pendant une demi-heure après l'opération, et celle-ci eut les suites les plus simples. La femme Dumont redevint encore grosse, et accoucha naturellement d’un enfant bien portant (4),

(1) La femme de Charles Dumont, vigneron à Saint-Jeande-la-Ruelle près d'Orléans.

(2) Le 9 août 1775.

(3) Le 30 décembre 17799.

(4) Le 3r août 1781,

2300. L'opération dont ils’agit n’est pas laseule ressource que puisse avoir la femme dont la matrice s’est rompue dans les efforts de l’accouchement: la nature, sans cesse occupée de notre conservation, met encore quelquefois à couvert les jours de cette infortunée, après lavoir conduite d'écueils en écueils, comme nous l'avons fait observer en parlantdes grossesses par erreur de lieu. Les succès que nous venons de citer de la gastrotomie n'en démontrent pas moins la prééminence de cette opération sur ces efforts singulièrement rares, et qui auroient été le plus souvent infructueux si la chirurgie ne les eût secondés à propos, soit en ouvrant les dépôts quis'étoient manifestés, soit en dilatant l'entrée des sinus qui recéloient l'enfant ou ses débris, soit en opérant l'extraction de ceux-ci. |

2301. L’extraction du fœtus, de son arrièrefaix, du sang et des eaux qui se sont épanchés à leur suite dans la cavité abdominale, n'est pas la seule indication pressante que puissent offrir les complications de la rupture de la matrice des ses premiers instans; la réduction de l’anse d’intestin qui s’est échappée par cette rupture pourroit paroitre plus pressante encore puisqu'elle peut s’étrangler promptement, soit qu'elle tombe au-dehors, soit qu'elles’arrète dans la cavité même de la matrice, à cause du resserrement qu'éprouve assez vite, en quelques cas, la plaie de ce viscère. Dans le fait communiqué par M. Percy, elle étoit à peine apparente, quoiqu'elle contint deux anses d’intestins,et quelle eut été très spacieuse avant l’accouchement; dans l'un de ceux de Delumotte, on Pa

DES ACCOUCHEMENS. . dr vue si petite, après la mort, que le doigt ne pouvoit y pénétrer, quoiqu'elle eût permis à la moitié de l'enfant de passer dans l'abdomen à Pinstant qu'elle s’est faite, et à la main de cet accoucheur d'en aller chercher les pieds , qui étaient appuyés contre le diaphragme, de les ramener par cette voie, et de terminer l'accouchement de cette manière. Re |

2302. Toutes les plaies de la matrice faites par rupture ne se resserrent pas de même,comme on l'a déjà fait observer au $ 2293, et ne peuvent conséquemmentétrangler au mème point lesintestins qui ont pu s’y insinuer, où s'échapper à travers, Les ruptures transversales qui se font dans le voisinage du col, celles qui sont la suite des froissemens, des contusions gangréneuses dont il est parlé au $ 2266, sont en même temps celles qui favorisent le plus, parleur formeetleur situation, Fissue des intestins, et les moins propres par cela méme à les étrangler. Si la réduction de ces intestins est moins difficile alors que dans tout autre cas , 11 est aussi plus difficile de les maintenir réduits ou de les empêcher de reparoître (1).

2303. Ces sortes de hernies à travers la rupture de la matrice doivent donc paroitre plus ou moins fâcheuses, selon la ferme, l'étendue et la situation de cette rupture, ét elles le sont aussi selon qu'elles auront été connues plus tôt ou plus tard, qu'on aura fait la gastrotomie-pour extraire l'enfant, ou que celui-ci aura été extrait par la voie

(1) Ces réflexions sont applicables aux ruptures du vagin qui pénètrent dans l’abdomen, (Voyez $ 2263.) ft. 99

naturelle. Dans ce dernier cas elles restent inconnues, si l’anse d’intestin ne s'échappe pas audehors ên traversant toute la cavité de la matrice, et on n'en soupçonne pas même l'existence, tant les accidens qui en dépendent ont derapports avec ceux qui naissent de la rupture même, On ne peut s’y tromper dans celui où l’on a recours à la gastrotomie , puisqu'on à la Plaie de la matrice sous les yeux.

2304. Dans le premier cas, celui où l’accouchement s’est fait par la voie ordinaire, il faut procéder à la réduction des intestins pendant que la plaie de la matrice est encore très large, comme l’ont fait plusieurs auteurs, au nombre desquels on nomme spécialement Rungius (1), et exciter ensuite ce viscere à se contracter, à se resserrer, à diminuer de volume, pour que sa rupture se resserre également, et que les parties réduites ne puissent s'y engager de nouveau, comme on la observé en quelques cas.

2305. Lorsque ces sortes de hernies, méconnues d'abord, se sont étranglées, comment en obtenir la réduction? Tentera-t-on, en portant la main dans la matrice , de dilater la plaie, de lui rendre ce qu'elle a perdu par la contraction de ce viscère? ou bien entreprendra-t-on de l'agrandir par une incision,en avançant la main armée d’un bistouri, comme on assure lavoir fait avec succès, trois jours après l'accouchement, dans un cas où les intestins reparurent à cette époque, ayant été

En RS CR S T TS (1) Observation citée par Heister : Instituts de chirurgie , tom, II, pag. 137.

DES ACGOUCHEMENS. 019 réduits sans peine immédiatement apres la délivrance (1)? Ne vaudroit-il pas mieux, dans une circonstance aussi facheuse, au lieu de tenter une opération de cette espèce, ouvrir le veñtre de la femme et retirer de la inatrice l’anse d’intestin, comme le proposait Pécrai, dans le cas de hernies inguinales , et comme l'ont fait quelques chirurgiens pour faire cesser des étranglemens intérieurs?

2306. Les difficultés ne sont plus les mêmes quand on a eu recours d'abord à la gastrotomie. Quelle que soit la contraction de la matrice, l’anneau qui étrangle l'intestin étant à découvert, peut être agrandi sûrement par une incision , et l'intestin retiré du lieu ou il s’est engagé , s’il n’y a pas contracté d’adhérences.

2307. La-plaie de la matrice résultante d’une simple rupture ou déchirure, ne présente par ellemême aucune indication: elle diminue insensiblement ei se resserre, comme on l'a remarqué dans quelques unes des observations citées précédemment, et se consolide de même qu’à la suite de l'opération césarienne. Ceux qui ont obtenu de la gastrotomie les succès que nous avons annoncés, n'ont donné aucun soin à cette plaie , et elle s’est consolidée:ilen a étédemémedansle cas rapporté au $ 2225, et en d'autres parfaitement analogues.

(1) Observation communiquée à l’Académie de chirurgie en 1777 par un chirurgien de campagne , et qui seroit des plus intéressantes, si les faits, quoique appuyés du témoignage de plusieurs personnes dignes de foi, étoient encore mieux constatés. °

Les plaies gangréneuses avec une grande déperdition de substance sont plus fâcheuses, ne guérissent pas aussi sûrement, et ne sauroient être soumises en aucune manière au traitement proposé par le docteur Crantz (1).

(1) Voyez la dissertation déjà citée. Crantz y assimile les plaies dont nous parlons à celles des parties extérieures, et veut qu’on lestraite de même; mais sa doctrine sur ce point a été rejetée unanimement par tous les auteurs.

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