‹ L'art des accouchemens (volume 2)Chapitre 8 sur 45 · IL, Ô · texte numérisé non relu

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» bablemeut l’unique eause de l’empêchement...» (Voyez la Disserilation de Camper déjà citée. ) | ;

1657. Si la position de la tête et la nature de l'obstacle qui en émpêchoit la sortie, dans le cas où les auteurs du levier se servoient de cet instrument, ne sont pas exposées aussi clairement dans la dissertation qui est insérée à la fin des œuvres de Smellie que de celle du docteur Camper, et dans notre $ 1655, on ne peut s'empêcher de croire que Fischer et Van-de-Poll les ont regardées comme telles , d’après la description même qu'ils ont donnée du manuel de fopération, comme nous le remarquerons dans les notes ciaprès. En supposant la tête de l’enfant dans l’'excavation du bassin, comme yous venons de le faire, l’occiput contre le pubis, c'est la considérer d’ailleurs sous le point de vue Le plus favorable à l'application du levier. Si nous démontrons qu'il ne peut en opérer l'extraction dans ce cas , il sera démontré surabondamment qu'on ne sauroit en tirer ineilleur parti dans celui où la tête est encore au-dessus du détroit supérieur : cas infiniment plus rare que le premier, quoique celui-ci le soit tellement, qu'un accoucheur instruit et de bonne foi, quelque employé qu'il ait été, n’oseroit assurer l'avoir trouvé une seule fois dans le cours de chaque année.

1658. Dans la persuasion où ils étoient que la tête de l’enfantse présentoit dela manière indiquée au $ 1655, et que le levier ne devoit agir que sur l’occiput, les auteurs de cet instrument l’introduisoient vers le sacrum de la mére, et assez loin

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pour que sa courbure embrassât fe front de l’enfant; d’où ils le ramenoient sur l’occiput, situé derrière le pubis, en passant par le côté du bassin

où ils trouvoient le moins d'obstacles, et en allant

en tâtonnant. Titsingh, lun des copossesseurs du levier, alors encore secret, l’insinuoit cependant directement sur le derrière de la tête, d’après le texte de Camper(1); et quelques autres le portoient vers l’un des côtés du bassin ,'entre l'ischium et la tempe de l'enfant; mais ils opéroient du reste de la même manière et selon les mêmes principes. Quand l'instrument étoit parvenu sous le pubis, ils en relevoient l'extrémité qui étoit audehors, vers le ventre de la femme, et en tirant un peu, pour forcer l'occiput de descendre et de se dégager ; le milieu de l'instrument, appuyé contre le bord inférieur de la symphyse du pubis,

rouloit alors sur ce point comme sur le centre de son inouverment,.

1659. Pour dispenser ceux qui ont lu l’ouvrage de M. Herbiniaux (2), et qui ne seroient pas plus instruits que lui, de nous demander aussi dans quelle source nousatons puisé la connoissance de la méthode de Roonhuisen, et nous justifier en même temps desi imputations injurieuses qu'ils’est permise contre nous, nous donnerons l'extrait de ce qui est inséré à la fin des OEuvres de Smellie;

(1) Voyez Camper, dissert. déjà citée , et le désaveu de Titsingh dans une lettre adressée à M, Herbiniaux , chirurgien de Bruxelles, et insérée dans l’ouvrage de ce dernier sur les accouchemens laborieux , pag. 111,

(2) Cet ouvrage, imprimé à Bruxelles en 1782, a pour titre : Traité sur divers accouchemens laborieux et sur les polypes de la matrice.

et nous nous étaierons d'ailleurs de l'autorité de Camper. « L'accoucheur, dit le traducteur de la » Dissertation de ’ischer et Van-de-Poll, porte » l'index de la main gauche dans le vagin, du côté » de l’anus, jusqu’au sinciput nu de l'enfant, dont » le visage, dans ce cas, est tourné vers l'anus (1). » De la main droite , il prend l'instrument... Île » glisse le long de l’index de la main gauche contre » le sinciput nu de l'enfant, jusque dans l’orifice » de Ja matrice, au cas qu’il soit encore aussi bas; »ce qui, n'étant presque pas.possible, arrive » fort rarement, parce qu'il s’est ordinairement » déjà retiré derriere la tête (2)... Quand l'instru- » ment est ainsi couché avec sa partie concave » contre le sinciput de lenfant..…, l’'accoucheur » tourne son instrument tantôt à droite, tantôt à » gauche, vers le côté de la tête, en cherchant » ce quel côté il y a le plus de jour pour cet in- »strument, qui doit entourer pour ainsi dire la » calotte.... Quand, à force de tâtonner,onaavancé » instrument au point qu'il ait atteint Pocciput, » alors, en levant doucement le bout du dehors, »on le porte si avant que l'occiput est couché » dans sa concavité (3). Plus cette concavité est » couchée fermement contre la tête, mieux elle

(1) Ceci ne prouve-t-il pas que nous étions fondé à donner à Ja tête la position énoncée au $& 1655?

(2) Il est également démontré par ceci que les Roonhuisen supposoient la tête dans le fond du bassin.

(3) Personne ne doutera , d’après cet exposé, que l’intention des partisans du levier ne füt de Pappliquer sur locciput.

» s’y ajuste, plus la délivrance est prompte et fa- » cile.… Pour l’opérer, l’accoucheur lève le de- » hors 4e l’instrument lentement et uniformé- » ment, sans choc ni bonds, en tirant en même » temps, et en pressant un peu... Par ce mouve- » ment, il faut que le bout concave qui entoure » la tête soit nécessairement pressé vers le bas du » bassin... En continuant ainsi à lever en dehors

»et à déprimer en dedans, une partie du mor- » ceau droit, entre les deux courbures, presse » contre la marge et le dedans de l'union des os » pubis, comme sur son point d'appui... Quel- » quefois, pour parvenir à faire sortir la tête , il » faut Le monter linstrument si haut, que e » bout qui reste au-dehors approche tout contre » le ventre de la femme. » (f’oyez la Dissertation même à la fin du tome IV de Smellie ; et Camper, au lieu déjà cité(1).

1660. Sicette méthode, malgré tant d’autorités, n'est pas véritablement celle de Roonhuisen, du moins a-t-elle été publiée comme telle; et c’est d'apres elle que nous argumenterons contre le levier, dans l'espèce d’enclavement pour laquelle on l’a spécialement recommandé. En l’examinant dans tous ses points, on cessera d’être étonné du grand nombre de femmes accouchées par de Bruyn au moyen du levier; l'on ne pourra s'empècher d’avouer que la p lupart se seroient déli-

(1) D’après cet extrait, croira-t on, avec M. Herbiniaux, que nous n'avons cherché qu’à tromper grossièrement le public dans tout ce que nous avons dit de la méthode de Roonhuisen, et que nous ne sommes qu’un vil imposteur ?

Notre jugementsur cette méthode.

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