‹ L'art des accouchemens (volume 3)Chapitre 48 sur 62 · E ART · texte numérisé non relu

E ART

faisceau d'observations (1), semble bien propre à prouver que ce bassin n’étoit pas très - difforme , et que l’écartement des os pubis n’a pas été aussi grand que l'annonce lauteur, puisqu'il a eu des suites aussi peu fâcheuses.

2095. La femme qui fait le sujet de cette quatrième observation étoit contrefaite, et de la hauteur de trois pieds de France. Une Sage-femme et deux accoucheurs, M. Xnap et son élève, avoient déjà tenté vammement de porter la main dans la matrice pour retourner l'enfant, dont la tête, précédée d’une anse de cordon, se présentoit; on avoit appliqué le foreeps avec aussi peu de succès : la cause qui s’opposoit à l'introduction de la main ne permettant pas à la tête de descendre , on avoit laissé l'instrument en place en attendant de nouveaux consultans qui ne purent en tirer meilleur parti; et certain de la mort de l'enfant, comme on l’étoit de la mauvaise conformation du bassin, M. Xnap venoit de proposer l'usage des crochets, lorsque M. de Cambon arriva et voulut qu'on y substituât la section du pubis, gspérant en obtenir le même succès que chez les premières femmes. Plus laborieuse qu'on ne s’y attendoit, le scalpel passa successivement entre les mains des trois personnes avant qu’elle ne fût achevée. On n’évalua d’abord l'écartement qu’à deux travers de doigt ; mais il s'étendit brusquement jusqu'à quatre, et se

rm

(x) Ce fait est postérieur à la lettre qui contient les trois premières Observations de M. de Cambon , adressée à M. Prambilla , premier Chirurgien de Sa Majesté l'Empereur Joseph IE.

fit avec un bruit de déchirement remarquable, à l'instant où la tête entraînée par le forceps qu’on avoit réappliqué, franchit le détroit supérieur. L'on ne fut pas étonné de ne voir naître qu'un enfant mort , bien convaincu qu'il l’étoit auparavant ; mais on ne pensoit pas que la mère succomberoit avant la révolution du sixième jour, aux suites inévitables d’un écartement aussi grand que celui qu'on venoit d'obtenir. Un dépôt de matière sanieuse et ichorcuse, prenant sa source dans la symphyse sacro-iliaque droite entr’ouverte de sept à huit lignes, inondoit toute la fosse iliaque de ce côté, de même que la cavité du petit bassin, et s’étendoit au-dessous de lParcade crurale jusque sur l'articulation du fémur ; la symphyse gauche n’avoit souffert qu’une violente distension ; le bassin, régulier dans sa forme et son pourtour intérieur, n'offroit que deux pouces et quelques lignes de diamètre du pubis à la saillie dusacrum, etc.(1).

2006. Les succès obtenus par M. J’an-Damme, chirurgien à Saint-Omer (2), par M. Damien, à a Haye (3), M. ’erdier-Duclos, médecin à la Ferté-

(x) Ce bassin a deux pouces sept lignes de petit diamètre au détroit supérieur : je lai eu sous les yeux pendant une douzaine de jours , dans un voyage que M. Knap fit à Paris peu de sèmaines après Ja mort de la femme ,et peut-être l’aurois je encore , si M. Prambilla ne l’eût pas demandé jour le cabinet de l'Académie impériale de Vienne.

(2) Le 30 juin 1779 , sur une femme du village de Racquenghen , à deux lieues de Saint-Omer.

(3) Le 20 octobre 1783, et le 11 août 1785.

504 À L'ART Bernard (1),M. Després de Menmeur , près Saint- Paul-de-F.éon en Bretagne (2), celui dont fait mention la Gazette de Madrid, du 24 novembre 1780(3), un autre cité par M. Lauverjat, (4), et plusieurs encore qui nous sont sans doute inconnus, doivent ètre rangés dans la même série que les précédens : car on ne trouve que de foibles marques de mauvaise conformation du bassin chez les femmes qui font le sujet de ces observations ; presque toutes étant accouchées naturellement avant l’époque où elles furent soumises à l’opération, ou l'ayant fait depuis très-heureusement. Partout, comme dans les observations précédentes, c’est l'événement de quelques accouchemens difficiles, ou l’application infructueuse du forceps, qui détermine à recourir à ce nouveau procédé ; on n’en obtient ce qu’on n'avoit pu obtenir du forceps appliqué d’abord , que parce qu'elle rend le bassin naturellement assez grand, plus grand encore, et que cet excès de largeur dispense de toute méthode. Les personnes peu instruites la jugent préférable, parce que l’exécution en est souvent plus facile pour elles que l’application des autres moyens, qui exigent généralement une grande étendue de connoissances. 2097. La femme qui fait le sujet de l’observation de M. /’an-Damme étoit mère de trois enfans à l'instant où elle fut soumise à la section du pubis,

(x) Le 20 janvier 1789.

(2) Le 21 février 1778.

(3) Le 9 août 1780.

(4) Nouvelle méthode de faire l’opération césarienne , page 292.

el ces trois enfans se portoient bien , quoique leur naissance , d'après le rapport de ce Chirurgien , eût été un peu laborieuse. Celle du quatrième ne le devint davantage encore, que parce que la tête de cet enfant ne se présentoit pas aussi favorablement que celle des autres, étant située de manière que la face, tournée de côté, regardoit le pubis droit. M. Van-Damme la trouvant fixée, et se persuadant qu’elle ne pouvoit descendre au-delà, d'après le temps que la femme avoit employé à faire des efforts infructueux, essaya plusieurs fois de la saisir et de l’extraire avec le forceps ; ensuite de la refouler pour aller prendre les pieds : ce que firent également avec aussi peu de succès, deux de ses confrères qu’il fut chercher lui-même à Saint-Omer. La section de la symphyse avant procuré un pouce et demi d’écartement , on réappliqua le forceps, et plus heureux, uniquement parce que la voie étoit alors plus large , on amena l’enfant, dont la tête offroit de toutes parts les marques du mauvais usage qu’on avoit fait auparavant de cet instrument ; il mourut des suites de ces mêmes blessures trois semaines après Sa naissance ; mais la mère se rétablit après avoir donné de vives alarmes.

2098. M. J’an-Damme ne sauroit se disculper d’avoir fait un mauvais emploi du forceps dans le cas dont il s’agit; et ce qu'il y a d’affligeant, c’est qu'il n’est pas le seul de ceux qui ont eu recours à la section du pubis à qui on puisse faire le même reproche. Il ne dit pas comment il le placa sur la tête de l'enfant; mais cette plaie, qu'il remarqua sur le côté du coronal d’une part, et celle qu'il vit

Fait de M. l’an-Damme.

366 L'ART de lPautre côté près l’occiput, et au-dessous de laquelle il se forma une grosse tumeur qu'il fallut ouvrir après quelques jours, dénotent clairement que les cuillers embrassoient la tête obliquement du front à l’occiput, et du côté droit au côté gauche. Ce rapport entre elles et avec la tête devient inévitable d’ailleurs dans la situation où étoit cette tête, toutes les fois qu’on les insinue sur les parties latérales du bassin. Ce cas, qui n'est pas fort rare, est un de ceux où la plupart des Accoucheurs, moins instruits que guidés par la routine, substituent celle-ci à la méthode, et augmentent les obstacles en raison des forces qu’ils emploient pour les vaincre; de manière qu'une tête qui auroit franchi librement le bassin, étant mieux dirigée, ne sauroit le traverser sl n’est pas très-vaste. C’est une vérité que nous avons soumise plus d'une fois à la démonstration , sur le mannequin, pour la graver plus profondément dans la mémoire de nos élèves , et l’un d'eux nous assura en avoir convaincu M. J’an-Damine son compatriote, peu de temps après l'opération dontnous venons deparler. 2099. La section du pubis ne nous paroît pas avoir été plus nécessaire chez la femme qui y fut soumise deux fois par M. Damien, parce que la mauvaise conformation du bassin n'est pas mieux démontrée dans ce double fait que dans celui de M. J’an-Damme. Le chirurgien de la Haye évalue à trois pouces seulement le diamètre qui va d'un ischium à l’autre, et à quatre pouces le plus grand qui aille du pubis au sacrum. Il n'y avoit donc de défaut de largeur qu'au détroit inférieur ; encore ce défaut existeroit:l dans le sens où il est

le plus difficile de lapprécier, même de le reconnoître, dans le sens d’ailleurs qui seroit le plus favorable au succès de la nouvelle opération. Ce vice dépendant du peu d'intervalle que laissent entre elles les tubérosités des os ischions , est trop rare pour croire que M. Damen l'eût rencontré, et ses nuances trop difficiles à calculer pour se persuader qu'il leût fait avec précision. Pourquoi MM. Camper et Van-de-Laar n'ont-ils donc trouvé ce bassin resserré que dans sa partie supérieure? [l paroïît encore que c’est l'événement seul de deux accouchemens opérés précédemment avec le crochet, qui a décidé en faveur de la section du pubis, lors du troisième; comme Île’ succès qu'elle a eu dans ce cas, a déterminé à la pratiquer de nouveau, pour assurer la vie du quatrième enfant. C'est au mpyen d’un écartement assez large seulement pour admettre le doigt, qu’on procure ce précieux, avantage à l’un des enfans, et d’un écartement une fois plus grand, que l’autre l’obtent : il n’en coûte chaque fois que peu de douleurs à la mère, et elle se rétablit promptement. 2100. Le fait du médecin dela Ferté-Bernard Fait de M. paroîtroit bien plus extraordinaire, s’il n’étoit ee précédé ici de l'analyse de celui de la femme du Belloy, dont le bassin n’avoit été également évalué qu'à dix-huit ou vingt lignes de petit diamètre; si l'exemple de la femme Yespres, celui de la cinquième femme opérée par M. le Roy, et l’événement qui suivit depuis la même opération chez . celle qui fait le sujet de la quatrième observation de M. de Cambon, ne démontroient déjà sans réplique le danger de la section du pubis , dans le

cas où la mauvaise conformation du bassin rend véritablement l'accouchement impossible par cette voie. M. ’erdier-Duclos, qui n'admet qu'un diamètre.de vinset-une lignes , assure que la tête de l'enfant s'y trouvoit engagée au point qu’il ne put l'ébranler avec le forceps appliqué à deux reprises vers les côtés du détroit, ni la refouler avec la main pour aller prendre les pieds, quelque force qu'il y mit. Un écartement de deux pouces deux lignes entre les os pubis procure à ce diamètre assez d’étendue , et la femme se délivre seule d’un enfant dont la tête avoit douze pouces six lignes de circonférence en passant sur les protubérances pariétales, et conséquemment un diamètre de quatre pouces deux lignes de l’une de ces protubérances à l’autre. M. J’erdier-Dueclos ne se seroit pas contenté, sans doute, d'annoncer un écartement aussi borné, s’il eût connu les observations de M. le Roy ; ear il auroit été prévenu qu’il falloit le porter au-delà de trois pouces pour rendre un pareil bassin accessible à un enfant dont la tête auroit été beaucoup plus petite que celle dont il parle, puisque celle de l'enfant de la femme du Belloy n’avoit que trois pouces huit lignes. e dernier vécut, il est vrai, pendant quatorze mois , et celui de M. Ferdier mourut aussitôt qu'il fût né. Les praticiens qui n’oseraient porter de jJugemens sur ce fait , d’après les détails qu'en donne lauteur et l’analyse des précédens , pourront consulter les savantes et judicieuses réflexions de M. es-

granges (1).

(x) Journal de Médecine de Paris, mai 1788. M. Des-

2107, La femme qui fait le sujet de l’observation de M. Després de Menmeur, présenteroit l’exemple d’un succès bien plus extraordinaire encore que celui de M. Ferdier, et de M. Ze Roy même chez la femme du Belloy, s'il n’étoit démontré par deux accouchemens postérieurs à l’époque où la section du pubis aété pratiquée, que l'opération étoit moins nécessaire encore que chez ces femmes (1); et par le fait lui-même, qu’elle n’a pas été faite complètement. Comme les deux Praticiens que nous venons de citer, le Chirurgien de S. Pol de Léon ne trouve qu’un bassin de dix-huit à vingt lignes de diamètre supérieurement , et le rend assez vaste pour le passage d’un gros enfant, sans que la mère en éprouve le moindre accident. Ce qu'il y a de plus étonnant encore que dans le fait de M. J’erdier, c'est que malgré ce peu d'ouverture, la tête de l'enfant , précédée d’une main, s'étoit avancée au point de paroître à la vulve (2); non pas en s’alongeant comme dans ce dernier, mais sans éprouver la moindre altération dans sa

granges n’a pas manifesté moins de savoir dans la discussién d’un grand nombre d’autres faits relatifs à la section du pubis, dans un petit ouvrage intitulé : Réflexions sur la section de la symphyse des os pubts , suivies d’obsereations sur Ll'emptoi de l’alkali volatil dans le traitement des maladies vénériennes , imprimé en 1781.

(x) Cette femme , opérée le 21 février 1 78, est accouchée naturellement le 10 juillet 1779 & plus naturellement encore l’année suivante.

(2) Cette assertion est prise d’une lettre de M. Després de Menmeur à un Chirurgien de ses amis ; qui Pa fait communiquer à l’Académie,

Tone IT. | 2 À

Fait de M.

Després de

Pfenmeur.

forme et ses dimensions. M. Després s’armoit du forceps pour l’extraire, lorsque le succès de la nouvelle opération, obtenu récemment sur la femme Souchot, se retrace fortement à sa mémoire, et le porte à préférer cette opération à l'instrument. Il l’exéeute à l’instant, et presque en un seul coup de bistouri, quoique dans " de obseur , dans une soupente où espèce d'arloire , qui servoit de chambre ou de lit à la femme. 11 lexécute aussi promptement et aussi sûrement, quoique la mère, attirée par les cris de sa fille, se soit jetée précipitamment sur le bras de ce Chirurgien au moment où il tranchoit la symphyse. À peine la section estelle faite, que l'enfant, poussé par la douleur , franchit en entier le passage; mais il étoit déjà mort. Sa mère, plus heureuse, se lève dès le premier jour, sort de sa soupente au troisième , et surprise alors au coin de son feu par M. Després qui venoit la panser, elle y remonte promptement et sans aide, quoiqu’elle fût élevée de douze ou treize échelons au-dessus du foyer (1), et elle se remet au lit pour le quitter de nouveau après le départ de ce Chirurgien. Les partisans de la section du pubis moins prévenus aujourd'hui que dans les preniiers temps , n'oseroient sans doute avouer un pareil fait, et se feroient un devoir de le retrancher de la liste de ceux qu'ils ont publiés, surtout s'ils avoient connoissance des détails que l'Académie de Chirurgie en a recus dans la suite (2),

(1) Voyez ces détails dans les rech. hist, et prat. sur la section du pubis , par M. Z Roy. | (2) La femme qui ne s’est soumise à l’opération que

2102. La femme de Bationy opérée par M. G.

et accouchée à l'instant même au moyen du forceps, a fourni également, depuis, la preuve Ja plus complète de linutilité de cette opération, et de l'abus qu'on en a fait à son égard, puisqu'elle est accouchée si promptement l’année suivante, que la Sage-femime n’a pu se rendre assez tôt auprès d'elle pour recevoir son enfant. I y à lieu de pré: sumer que celle qui fut opérée sous les yeux du Vice-Président du Collége de Chirurgie de Cadix, en 1700, par un Elève de ce Collége , aura donné depuis les mêmes marques de fécondité, et ne se sera pas moins heureusement délivrée ; car les suites de l'opération nous contirment dans l’opinion que son bassin n’étoit pas plus mal conformé que celui des autres femmes.

2103. D’après les preuves éclatantes de l'inutilité de la section du pubis chez la plupart des femmes dont nous venons de parler, et de l’abus qu'on en à fait dans le cours de très-peu d'années : d'après celles que nous avons déjà données de son insuffisance et de ses dangers, dans le cas où la défectuosité du bassin rend l'accouchement impossible, sur quelle base ses défenseurs en établiront-ils la pr'ééminence sur l'opération césarienne ? Citeront-ils le fait de la ville d'Arras,

le

dans l'espoir d’une récompensé pécuniaire , et qu’elle obtiendroit une pension comme la femme Souchot , à déclaré n’avoir gardé le lit aucun instant ;

; et bien d’autres circonstances encore qu’on voit dans les Mémoires qui

ont élé envoyés par les Médecins et Chirurgiens de la marine de Brest.

Autre fait.

Fait de Ca-

GX

Faits de la ville d'Arras; de M. Siebold, et de M.

dVagel.

publié par M. Retz (1); celui de M. Sebold dont nous avons parlé plus haut (2); celui de M. /Vagel (3), de M. Guérard (4), de M. Bonnard (4), de M. Duret(6),de M. duChaussoi(7),de M. Riollay(8), de M. Lavaguigno (9), de M. 7. (ro), etc. ete. ? Personne n’ignore que dans presque tous ces cas la mère ou l'enfant en ont été les tristes victimes, et que ces faits fournissent le complément des preuves que nous cherchons.

2104. La femme opérée dans la ville d'Arras, mourut vers la fin du troisième jour , et plusieurs jours avant que les papiers publics n'annonçassent ce nouveau succès : son enfant donna si peu de signes de vie, qu’on n'oseroit assurer qu'il eût été ondoyé vivant. Celle de Wisbourg éprouva Îles suites

(1) À Arras, le 24 avril 1778.

(2) Wisbourg , le 24 février 1778.

(3) Chirurgien du Prince-Evêque de Spire , le 5 avril 1778, et annoncé dans la Gazette de Francfort, du 15 du même mois.

(4) À Dusseldorf , le r0 mai 1778.

(5) Chirurgien à Hesdin , le 12 février 1778.

(6) Chirurgien de l'Hôpital de la Marine à Brest , le 12 février 1779.

(7) Chirurgien en chef du grand Hôtel-Dieu de Lyon , le écoutbre 1781.

(8) Chirurgieu-Accoucheur à Pimpol en Bretagne, le F1 février 1783.

(9) Chirurgien collégié à Gênes , et en fonctions alors à l'Hôpital, le 29 décembre 1782.

(xo) M. 7... Chirurgien à...., qui suivoit mes leçons en 1786, m'a communiqué le fait dont il s’agit, en me priant de ne pas le faire connoître pour en être l’auteur.

; DES ACCOUCHEMENS. PTS les plus fâcheuses , quoiqu’on n’eût porté lPécartement des os qu’à quinze ou dix-huit lignes , et ne dut sa conservation qu’à la prudence et à la sagacité de M. Siebold, qui n’osa étendre cet écartement au-delà ; étant assuré, d’après de nombreuses expériences, qu'il deviendroit infailliblement mortel (1). Malgré ces quinze à dix-huit lignes ajoutées à un bassin qui en avoit déjà trente-trois de diametre, il fallnt comprimer fortement la tête de l’enfant, et même l’écraser en quelque sorte pour * en obtenir la sortie. Dans le fait de M. Nagel, c’est une exostose de la saillie du sacrum, qui s’avance de quelques pouces dans le bassin, qui détermine à pratiquer la section du pubis. On ne fait pas connoître le degré d’écartement qu’elle produisit ; mais il paroît qu’on ne l’a porté qu’à un pouce et demi. On retourna l'enfant , eton en fit promptement l’extraction , malgré les difficultés qu’on eut encore à surmonter : 1l ne donna de signes de vie que pendant un quart d'heure , et la mère mourut avant la fin du huitième jour. Ce fut le lendemain de la mort de cette femme, et huit jours après celle de lenfant, que la Gazette de Francfort annonça que l'opération avoit eu le plas heareux succès. On ne retrouva point, à l'ouverture du cadavre, l’exosiose qui avoit déterminé à opérer; mais on vit unbassin de trois pouces de diamètre seulement. Les symphyses sacro-iliaques étoient très-mobiles les parties extérieures de la génération , les lèvres dela plaie, le vagin et la partie postérieure de la mairice gangrenées , et le tissu cellulaire CIrCONVOISIN,

nt

(r) Voyez $. 204g.

Fait de Dusseldorf,

574 L'ART n rempli d'un ichor très-fétide. M. Franck, Médecin Conseiller intime du Prince-Evêque de Spire, qui a publié cette observation, fait remarquer que la femme étoit accouchée depuis peu de son dernier enfant , et qu'elle en avoit eu plusieurs vivans. 2109. Celle qui fait le sujet de l’observation de M. Guérard étoit bien plus contrefaite , puisqu'on ne trouva son bassin, à l’ouverture du cadavre, que de deux pouces six lignes. Ne pouvant s’accorder sur la nécessité de l’opération, et l’un des consultans se persuadant qu'on pouvoit extraire enfant sans ce secours extraordinaire, on fut chercher un des pieds qui se présentoit dans le voisinage du col de la matrice, mais on ne put l’amener que très-difficilement dans le vagin; et æprès beaucoup d'efforts inutiles, soit pour le faire descendre au-delà, soit pour al'er prendre le second pied, on pratiqua la section du pubis. Quoiqu'elle eût donné un pouce et demi ou environ d'écaritement, l'extraction de l'enfant n’en devint pas plus aisée; on mit à contribution toutes les ressources de l’art, et toutes furent infructueuses. On arracha d'abord la jambe gauche, et on repoussa le tronçon de la cuisse dans la matrice, pour se frayer une route vers la seconde extrémité qu’on ne put dégager, quoique M. Guérard et deux consultans y travaillassent tour à tour. La tête paroïssant vouloir se rapprocher, on attendit, espérant qu’elle s engageroit; et trompé dans cette nouvelle attente, on ouvrit le crâne , on en évacua le cerveau , et on appliqua successivement le forceps et le crochet. On ne put en détacher que quelqnes pièces, au moyen d’une sorte de tenaille , et quoique le reste

parut inébranlable ; la nature , cependant, parvint à l'expulser après cinq heures de répos. Cette opération, commencée à uñe heure après-midi, ne fut terminée que sur les neuf heures du soir , et la femme y survécut onze jours. ;

21006. La conduite de M. Bonnard paroïtra sans doute plus sage : n'ayant pu couper complètement la symphyse du pubis qui lui parut ossifiée, et imaginant bien que ce seroit en vain qu'il Le feroit, par rapport à l’état des symphyses sacro-iliaques , qu devoient ètre, dit-il, également endurcies, il aima mieux abandoñner ce premier projet, et recourir de suite à l'opération césarienne, qu'il assure avoir faite en deux minutes. Il conserva l'enfant qui étoit très-gros ; mais la femme mourut quelques jours après : peut-être faute de de soins, M. Bonnard n'ayant pu la revoir. Si l’on ne peut attribuer sa mort à la section du pubis, qui we été que commencée, il n'est pas moins certain que la conservation de l’enfant a été je fruit de l'opération césarienne : le bassin n’ayant été évalué qu'à deux pouces de diamètre, et l’histoire de la section du pubis n’offrant pas encore aucun exemple de succès en pareil cas.

2107. Le fait de Brest, communiqué à l'Académie par M. Duref, n’est pas moins alarmant que celui de Spire, de Dusseldorf, et de plusieurs autres encore dont nous ferons mention ; quoique la femme n’eût pas succomhé aux suites excessivement fâcheuses de l'opération. Un travail déjà très-long, une exostose de la grosseur d'une noix, située à la partie latérale droite du sacrum , audessus de son nnion avec le coccix, et plusieurs

Fait de M.

Bonnard.

Fait de M..

urel.

applications infructueuses du forceps (1), quoique la tête alongée fût engagée jusqu’au milieu du bassin, furent les motifs qui déterminèrent à faire cette opération. On en obtint à l'instant même un écartement d’un pouce, et il s’étendit jusqu'à trois travers de doigt lorsque la tête, reprise de nouveau avec le forcegs (2), traversa le détroit supérieur. Dans ce moment la plaie extérieure se prolongea tellement vers la vulve, qu'elle ne sen trouva séparée que par une espèce de pont de la largeur de deux à trois lignes, et qui se détruisit dès les premiers jours ; de sorte qu'après ce temps, ces deux ouvertures n’en firent qu’une, que la déchirure du périnée rendit plus grande encore. L'enfant ne donna aucun signe de vie : mais la femme subsiste, accablée d’infirmités qui proviennent de l'opération. Conduite à PHôpital des pauvres après soixante jours de traitement chez elle, elle y passa un autre mois au lit , et en sortit sans être guérie. Les os pubis, dont l’extrémité s’est exfoliée, ne se sont pas réunis, et se trouvent écartés de plus d’un demi-pouce encore; la vessie, dont la gangrène a détruit une grande portion de la partie antérieure, et autant de celle du vagin, forme entre eux une

ee à +

(x) Une plaie contuse à la partie latérale droite du coronal, et une autre à la partie postérieure de la région temporale gauche, démontrent trop clairement que Île forceps a été mal appliqué chaque fois, pour qu'il soit nécessaire d’en donner d’autres preuves.

(») Ce ne fut encore que par des applications réitérées de cet instsument , etau moyen des plus grands efforts , qu’on parvint alors à exiraire la tête.

sorte de hernie , de la surface de laquelle les urines distillent continuellement par deux ouvertures qui paroissent celles des uretères. La femme a de plus une descente de matrice et de vagin de la grosseur du poing (1).

2 108. Si tous les Praticiens dont nous venons de parler ont eu pour objet de conserver la mère et l'enfant, en pratiquant la section du pubis, M. du Chaussoi semble ne l'avoir préférée à l'opération césarienne, que parce qu'il avoit la plus grande certitude de la mort du fœtus ; la dernière lui paroissant trop dangereuse pour la mère: lévénement lui prouva bientôt que la nouvelle opération ne l’étoit pas moins, quand la mauvaise conformation du bassin est extrême. Elle fut difficile, parce que l'instrument ne rencontra point la symphyse et tomba sur le pubis droit à deux lignes delà, comme M. le Roy le porta sur le pubis gauche. Il n’y eut d’abord qu'un écartement de dix lignes, qu'on augmenta graduellement jusqu'à deux pouces sept lignes. On appliqua le forceps à plusieurs reprises, et inutilement chaque fois , et l’on finit par retourner l'enfant, qui parut mort depuis long-temps, pour l'extraire par les pieds. La mère le suivit au tombeau cinquante-deux heures après l'opération , et l'ouverture de son cadavre fitremarquer les mêmes désordres que chez celles qui avoient succombé avant elle à la section du pubis. Le petit diamètre du

(1) Ces détails ultérieurs à l'observation que M. Duret à envoyée à l’Académie de Chirurgie , ont été communiqués par M. de Rougemont , alors Chirurgien-Aïde-Mayor, Démonstrateur à l'Hôpital militaire de Brest.

Fait de M.

du Chaussoi.

Fait de

Riollay.

378 L'ART détroit supérieur r'étoit que d’un pouce septlignes. 2109. La femme qui fut opérée par M. Ærollay y survécut beaucoup moins qu'aucune autre peutêtre , et surtout que celle de M. du Chaussoë, quoique l'opération et l'extraction de l'enfant eussent été plus faciles ; car elle mourut une heure et demie après, dans un troisième accès de syncope (1). Le Chirurgien n’avoit estimé le petit diamètre du détroit supérieur que de deux pouces huit à neuf lignes,d’après l'application dun pelvimètre deM. Coutouly , et il s'est trouvé de trois pouces à l’ouverture du cadavre : tandis que le détroit inférieur , qu'il ne soupçconnoit pas être défectueux, létoit au point que la distance de la pointe du eoccix au bord inférieur de la symphyse du pubis n’étoit que de deux pouces quatre lignes. L’écartement des os fut porté à deux pouces et demi; Fenfant , retourné et amené par les pieds, étoit mort, et sans doute depuis quelque temps, se trouvant déjà couvert de phlyctènes : sa tête avoit trois pouces neuf lignes de petit diamètre. Depuis l'instant où s’est fait le plus grand écartement des os , jusqu’à celui de la mort, la femme n’a cessé de se plaindre d'une douleur des plus aiguës vers les reins, et surtout du côté gauche , où la symphyse saero-iliaque s'est trouvée déchirée, et entr'ouverte de quatre à cinq lignes, tandis que celle du côté droit ne létoit que de trois à quatre.

(4) M. Æiollay m'en envoya l'observation dans le. temps , pour être remise à l’Académie de Chirurgie , ainsi que le bassin de la femme, qui fait aujourd’hui partie de ma collection.

2110. La section du pubis pratiquée dans l’'H6pital de Gênes par M. Lavaguigno (1), n’eut pas ur succès différent; se persuadant que l’enfant étoit mort, on en fit l'extraction avec le crochet ; on lamena vivant, et il survécut plusicurs heures : la femme, opérée le 29 décembre, ne mourut que le 10 janvier suivant. À l’examen du cadavre, on remarqua que Îles os pubis étoient encore écartés de deux travers de doigt; que les parties extérieures de la génération, le vagin et la matrice étoient gangrenés, et que le petit diamètre du détroit supérieur n’avoit que deux pouces cinq lignes.

211]. Uneexostose qui s’étoit élevée sur la pre-

mière fausse vertèbre du sacrum, au point de ne laisser que dix-huit à vingt lignes de petit diamètre au détroit supérieur, détermina M. 7... à pratiquer la section du pubis, dans le cours de novembre 1783, sur une femme qui étoit accouchée naturellement , quelques années auparavant, d'un enfant mort et putréfié. Mais il ne fit cette opération qu'après plusieurs applications du forceps; après avoir été chercher les pieds de lenfant, l'avoir retourné et dégagé le tronc, cet enfant étant mort et la mère expirante. N'ayant pu se procurer les instrumens les plus convenables, parce qu'il étoit dans une campagne éloignée de chez lui, il se servit d’abord d’un rasoir, puis, pour couper la symphyse, d’un couteau ordinaire quil aiguisa sur une pierre. A peine les os fu-

(1) Voyez Journal de Médecine , tom. LXIH, pag. 210, année 1789.

Fait de M.

Lavaguigno.

rent séparés, qu'ils s'écartèrent ; que la tête du fœtus, la seule partie qu'on n'avoit pu extraire, fut expulsée, et que la femme mourut. L'ouverture du cadavre auroit appris, sans doute, à M. 7... que l’exostose qui lui avoit servi de prétexte pour opérer, n'existoit pas plus que dans le fait de M. /Vagel, rapparté au $. 2104 ; et en effet comment M. 7... a-t1l pu supposer une pareille tumeur dans un bassin qui lui permit encore d’appliquer le forceps à plusieurs reprises, d'introduire ensuite la main, de retourner l'enfant et d’en extrairele tronc sans de grandes difficultés ?

2112. M. Brodthlag jeune, fournit un autre exemple de l'abus qu'on a fait de cette nouvelle opération, exemple sur leauel nous ne nous peruettrons aucune réflexion , ayant déjà surpassé de beaucoup les bornes dans lesquelles nous aurions voulu pouvoir resserrer cet article. La femme avoit eu précédemment deux enfans , et c'est après avoir amputé le bras du troisième, qu'on eroyoit mort, qu'on eut recours à la section du pubis. Les os s'écartèrent de deux pouces à l'instant même, l'accouchement se termina une demi-heure après, sans plus de secours, et la guérison fut complète le vingt-deuxième jour. Nous n'avons pu nous procurer de renseignemens bien positifs sur l’opération qui a été faite à Naples à-peu-près dans le mênie temps, et pendant laqueile on assure que la femme est morte d hémorrhagie (1).

2113. Tels sont les faits que nous aviens recueil-

me —

(x) M. Lawerjat, Nouveile Méthode de faire lopéra tion césarienne , pag. 2D2.

lis avant la publication de la seconde et de la troisième éditions de cet ouvrage : il en existoit un plus grand nombre sans doute , à cette époque, quelques-uns ayant pu échapper à nos recherches , d’autres n'ayant pas été publiés. On voit qu'ils s’étoient assez multipliés dans un court espace de temps , puisque le premier date au mois d’octobre 1777, et le dernier du commencernent de mai : 785. Près de quinze années se sont écoulées depuis , sans que nous ayons pu en ajouter un seul à ce tableau , soit que les occasions de faire cette nouveille opération fussent devenues plus rares, soit que le zèle de ses partisans se fût refroidi, ou qu'ils en eussent reconnu les inconvéniens , le danger, l'insuffisance même dans ces cas de grandes défectuosités du bassin pour lesquels on l’avoit d’abord recommandée , etqui ne paroissoient laisser de ressources que dans l'opération césarienne. Ce n’est que vers le milieu de 1801 (1), qn’elle semble avoir été remise en pratique.

2114. La femme Rogeau, âgée de 30 ans, grosse de son premier enfant , haute de quatre pieds trois pouces six lignes , n'ayant aucune difformité apparente, fut opérée par M. Dufay le 12 floréal an 1x, ou le 2 mai 1801, après douze heures de travail ou environ ; parce que son bassin ne parut offrir que deux pouces huit lignes de petit diamètre au détroit supérieur. L'opération fut commencée par ce médecin qui ne put rencontrer:la symphyse , et achevée par M. 4/ph. le Roy qu'il avoit appelé en consultation. On retourna l'enfant este date rentpnesrdes ei. popponuolunh.sét je (1) 12 floréal an 1x.

aussitôt, et on l’amena par les pieds : il parut mort au moment de sa naissance ; mais au moyen des secours quon lui donna , il se ranima tellement , qu'il ne laissoit aucune inquiétude quelques instans après. En faisant part de ce nouveau fait à la Société de l'Ecole de Médecine, et en l’invitant à nommer des commissaires pour examiner la femme, le treizieme jour de l'opération, M. e Roy assura que lécartement des os pubis avoit été de deux pouces trois quarts , que la réunion en étoit faite, et la femme presque guérie ; en effet, queiques jours ensuite, on apprit qu’elle s’étoit fait transporter à l’hospice des enfans abandonnés où le sien avoit été déposé, afin de lui faire partager pendant quelques semaines, au moins, avec un de ceux de cet hospice , le peu de lait qu’elle avoit, et de pouvoir Pen retirer plus aisément. Loin d’être guérie, comme on le disoit, dès le treizième jour de l'opération, cette femme ne Flétoit pas même à la fin de juiliet suivant , lorsqu'elle vint me demander des secours, et qu’elle me permit de l’examiner : elle ne l'est pas même complètement encore aujourd'hui , après plus de cinq années révolues. Au moment où je la vis, elle marchoit avec la plus grandedifficulté, en boitant eten éprouvant les plus vives douleurs dans les symphyses du bassin ; elle ne pouvait s'asseoir, se coucher , ni se relever scule ; ses urines couloient le plus souvent involontairement; les os pubis éloit vacillans, et leur symphyse conséquemment non réunie; toutes les parties molles environnantes étoient infiltrées et très-douloureuses Nous nous sommes assurés que le diamètre du bassin qui n'avoit été évalué

qu'à deux pouces huit lignes, étoit au-dessus de trois pouces. Cette femme, dont l’état est peu différent en ce moment ‘r1), est redevenue grosse deux fois depuis la section du pubis, et est accouchée chaque fois quelques mois avant le terme ordinaire, tant à cause de sa mauvaise santé, que de sa misère, et peut-être de son inconduite. 2115. Une autre femme aussi peu contrefaite ; et moins encore que la précédente, fut également soumise à cette opération, lors de son second accouchement, le 10 floréal an x, ou 30 avril 1802, quoiqu’elle fût accouchée naturellement et sans beaucoup de difficulté de son premier enfant , qui étoit à terme et assez gros (2); parce qu'on l’assura, après quelques applications infructueuses du forceps, que son bassin étoit vicié, et qu'on ne pouvoit l’accoucher autrement. Moins heureuse alors qu’elle ne l’avoit été la première fois entre les mains d’une Sage-femme, elle ne put sauver son enfant, malgré tant de peines et tant de soins. S'il étoit mort avant l'opération, comme ‘on s’est efforcé de le lui faire croire, l'empreinte des deux branches du forceps, tant sur la partie antérieure et latérale gauche de la tête, que sur sa partie postérieure et latérale droite, semble prouver au moins qu'il vivoit au moment où l’on a eu recours à cet instrument. Quoiqu'elle n’eût éprouvé que peu d’accidens à la suite de cette opération, on ne lui permit cependant de quitter le lit qu’au vingt- (1) Décembre 1805,

(2) Elle eut pour Sage-femme madame Mailliard , demeurant Fte de Cléry.

eo een

= ment)

Par M. Du- Jay.

384 L'ART deuxième jour , et de sortir de chez elle qu’au bout de neuf semaines. Nous ignorons jusqu’à quel point le bassin étoit resserré, quel est celui de ses détroits qui manquoit de développement, et de combien on a écarté les os pubis; peut-être le saura-t-on un jour : mais d’après la manière dont s’est opéré le premier accouchement, et le peu d’accidens qui ont eu lieu à la suite du second , il est permis de croire que ce bassin n'est pas très-défectueux, et que l’écartement des os n’a pas été très-grand. 116. Celui de la femme Boulotte ; de la commune de Sceaux près Paris, opérée par M. Alphonse le Roy , dans le cours de 1804, semblerait bien plus difforme, et plus resserre , puisqu'on avoit employé les crochets pour la délivrer de ses deux premiers enfans; aussi ne l’a-t-on estimé que de deux pouces et demi au plus de diamètre. Aussi , soit que l'opération eût été faite trop tard, soit que l’écartement des os n’eût pas elé assez grand pour donner à ce bassin tout le développement nécessaire au libre passage de l'enfant, n’eut-on encore qu'un cadavre à offrir à cette mère infortunée, quoique digne d’un meilleur sort, comme on va le voir. À peine fut-elle rétablie qu’elle redevint grosse; et, cette fois, livrée en quelque sorte à elle-même , elle accoucha sans secours et au terme ordinaire, d'un enfant vivant el assez gros , qu'une maladie aphtheuse, ou le muguet, lui enleva au bout de quinze jours, et auquel elle ne survécut elle-même que six semaines, rien n’ayant pu la consoler de cette nouvelle perte. 2117. Le Journal de Médecine, rédigé par MM. Corvisart , le Roux et Boyer ; préfente deux

DES ACCOUCHEMENS. 385 autres exemples de l’opération dont il s’agit, faite : avec aussi peu de succès que dans les cas précédens, et peut-être l’une des femmes a-t-elle

‘ donné depuis quelques preuves qu'elle n’étoit pas dans limpossibilité d’accoucher sans ce secours extraordinaire : l’un de ces faits a été communiqué par M. Mansuy, Chirurgien à Saint-Michel : l’autre par M. Giraud, Chirurgien en chef adjoint de l'Hôtel - Dieu de Paris. La femme opérée par M. Mansuy étoit âgée de trente-six ans; elle avoit eu précédemment un enfant qu’on avoit été obligé d'extraire, après être resté plusieurs. jours au passage; mais on ne dit pas comment, ni s’il est né vivant, Elle étoit en travail depuis trente heures ; lorsque M. Mansuy fut appelé : la tête de l'enfant s’étoit engagée dans la position la plus ordinaire, et tellement enclavée, que les pariétaux, dit-il ; sembloient contigus au pubis et au sacrum sans l’intermède d’ancunes parties molles, tant elle étoit serrée entre ces os : le cordon ombilical pendoit au-dehors de la longueur de six pouces ; les tégumens du crâne étoient très-tuméfiés, et les parties de la femme plus tuméfiées encore par les suites d’attouchemens peu ménagés d’un chirurgten-vigneron dont les doigts étoient cornés. M. Mansuy essaya d'extraire cette tête au moyen du forceps placé sur les côtés du bassin, et ne pouvant la faire descendre ni la repousser, 1] se décida, après quelques heures de repos, à pratiquer la section de la symphyse. Ayant ouvert d’abord successivement deux artères assez grosses qui donnoient du sang, comme auroit pu le faire une radiale, il en fit ia ligature avant d'achever son Opération.

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