Tome II
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expultrices se soutiennent assez pour l'opérer en tout autre cas. Si l'on est bien fondé alors à attribuer l'obstacle qui s'y oppose à la situation des épaules et à leur rapport avec le détroit supérieur, ce n'est qu'après la sortie de la tête même qu'on peut reconnoître qu'il ne dépendoit pas d'une autre cause.
1753. Ce cas diffère à plusieurs égards de celui pour lequel Levret recommandoit de changer la direction des épaules au détroit supérieur, soit en avançant une main dans le vagin , soit en se servant d'une branche du forceps (1). Nous croyons avoir démontré que l'obstacle qui s'opposoit alors à l'expulsion de la tête , ne provenoit que de sa position même et de la manière dont elle s'étoit engagée, et qu'il ne dépendoit nullement de celle des épaules (a). Dans le cas dont il s'agit, il en dépend au contraire entièrement : appuyées sur la marche du détroit qu'elles débordent déjà , et s'élargissant encore pendant l'effort qui tend à pousser le tronc en avant , les épaules empêchent ce même effort d'agir sur la tête et de l'expulser. Ce seroit également en vain, dit le célèbre Auteur que nous venons de citer, qu'on s'efforceroit de l'extraire, puisque les épaules ne pourroient suivre (3). Mais si l'on fait attention à la mobilité
(1) La tète ne s'est pas renversée sur le derrière du col en s'engageant , comme on le remarque au §. 128g et suiv. : c'est la fontanelle postérieure qui se présente ici ., en bas , et non le haut du front.
(2) Voyez §. 1290 et suiv.
(3) Levrei , au lieu déjà cité au §. ij34-
DES A.CCOUCHEME1YS. j3ï
clés épaules , à ceile du col de l'enfant , à la longueur naturelle de ce dernier, à celle qu'il peut acquérir ; et si l'on compare en même temps à la profondeur du bassin , la distance qu'il peut y avoir de la base du crâne au point où les épaules du fœtus refoulées sur les côtés de sa poitrine , deviennent fixes et immobiles, on verra que le jugement de Levret n'est pas aussi bien fondé qu'il le paroît d'abord , et qu'on peut extraire la tête sans que les épaules s'engagent d'une seule ligne t sans même que le col soit fortement tiraillé et alongé. Pour mettre cette vérité à la portée de tous les gens de l'art , supposons la tête de l'enfant dans le fond du bassin , l'occiput derrière le trou ovalaire gauche et la fontanelle postérieure près le bord de l'arcade du pubis de ce côté. La mobilité du col permet de ramener l'occiput en plein et sans inconvénient sous le pubis, c'est un fait dont personne ne sauroit douter; et sa longueur qui excède celle de la symphyse de "'celui-ci , ne permet pas moins de dégager entièrement cette extrémité occipitale de la tête en la relevant au-devant du mont de Vénus, comme elle le fait en se dégageant dans l'accouchement ordinaire. Si la longueur du col postérieurement est alors à peu-près l'équivalent de celle de la symphyse du pubis , l'étendue de sa partie antérieure, prise du menton au haut de la poitrine quand la tête est renversée sur le dos , égale au moins la longueur du sacrum : d'où l'on voit que le menton peut parvenir au bas de la vulve , sans que les épaules et la poitrine quittent la marge du bassin , et sans que le col même soit tiraillé douloureusement. L'extraction de la tête
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est donc possible dans le cas où les épaules fixées sur le détroit supérieur, en rendent l'expulsion impossible ; et nous la préférons à ce que Levret recommandoit. Si les épaules ne descendent pas après la sortie de la tête , on les déplacera bien plus facilement et plus avantageusement qu'on ne î'auroit fait auparavant ; puisque le bassin alors sera plus libre. C'est le parti que nous avons suivi en plusieurs cas de cette espèce , et celui que nous suivrons encore s'il s'en présente de nouveau.