Tome II. E
formée par les branches des os pubis. Alors le manche du levier remonte au-dessus du mont de. Vénus, vers le bas-ventre , à une hauteur surprenante , avant \que le menton ne passe la fourchette.… Ÿ
1683. Nousavonsdémontré, en examinant cette ancienne méthode, qui est celle des Roonhuisiens , que la tête étoit expulsée, et non pas amenée debors au moyen du levier ; et nous serions bren mieux fondés à l’objecter à M. Herbiniaux , à lui qui nous apprend que les forces de la matrice, peu expultrices avant l'application de cet instrument , le deviennent tellement qu'elles augmentent du double et même du triple : mais gardons le silence sur ce point, pour ne pas nous répéter, L’on a vu que M. Herbiniaux comptoit pour un des grands avantages de sa méthode, la facilité qu'il éprouvoit à mettre la face de côté et à ramener l’apophyse mastoïide sous la symphyse du pubis, en utroduisant son levier ; que c'étoit sur cette apophyse méme où 1l devoit être placé. Quoiqu'il ait publié que cette position transversale de la tête ne s’accommodoit pas si mal au détroit inférieur, puisque le grand diamètre du crâne ne répondoit alors au plus grand de ce détroit, et qu'il ne voyoit pas pourquoi on s’obstünoit à la changer, et à ramener l'occiput sous le pubis, il se conduit cependant ici très - différemment, et le reproche qu'il nous fait d'exposer la vie de l’enfant en lui tordant le cou, toutes les fois que nous ramenons l’occiput à ce point (1), ne sauroit le retenir, et l’em-
(1) Voyez M. Herbiniaux, page 378, à la fin du K. 405.
%e DES ACCOUCHEMENS. 67 pêcher de nous imiter. S'il ne dirige pas l’extrémité occipitale de la tète sous l'échancrure formée par les branches des os pubis, au moyen de son levier, comme nous le faisons avec le forceps, et bien plus souvent avec le doigt seul, au moins ne s "oppose- -t-1} pas de plein gré au mouvement de pivot par lequel il revient à cette bonne position. ilnes'y oppose pas de plein gré, nous ne Jui prétons pas cetté intention qui seroit aussi condamnable que sa méthode; mais1l rend ce mouvement plus difficile, en agissant du bout de l'instrument sur la région de l’apophyse mastoïde, qu 1] a ramenée derrière la symphyse du pubis même :. car le Jevier placé, et mis en action, comme le recom— mande ce Chirurgien, ne tenddirectétént qu à maintenir la tête dans cette situation transversale. Si l’occiput revient en dessus, malgré les obstacles que lui oppose SR RER FA cet instrument, admirez donc la nature, M. Herbiniaux , oela davantage, et voyez comment elle déploie le reste de ses forces pour vaincre les difficultés qui naissent du passage même, et celles que vous y ajoutez avec votre levier. Puisque son but est de porter l’occiput sous l’'échancrure que forment les os pubis , ne l’en détournez plus, comme vous le faites, en appliquant cet instrument, et ne vous opposez plus à ce qu'il y revienne, dans le temps où vous croyez procéder à l’extraction de la tête.
1684. Ce n'est pas seulement en cela queM. ZZerbiniaux est en contradicuon avec lui-même, avec la nature et tous les bons auteurs, 1l l’est encore à bien d’autres égards; et indépendamment detout ce que nous venons de dire, on pourroit lui dé-
68 L'ART æ
montrer qu'il ne saurait opérer l'extraction de fa tête par la méthode qu'il adopte. Dans cettte ancienne méthode, tant de fois cembattue, et reçetée par M. /erbiniaux lui-même, le levier, placé sous le pubis, étoit appliqué sur l'occiput de l'enfant, comme il doit l'être nécessairement dans le cas où des circonstances imprévues l’obligent à achever précipitamment l'accouchement, puisqu'il dit positivement que l’occiput s'engage alors dans l’échancrure que forment les branches des os pubis, et quil relève son levier à une hauteur surprenante vers le ventre de la femme. Comment accorder au Chirurgien de Bruxelles ce quil refuse au Chirurgien d'Amsterdam ? à l’instrument de M. Herbiniaux , qui ne diffère pas essen- ‘tellement de celui de Aoonhuisen, ce que ne peut opérer ce dernier ? Camper a eu raison, dit-il, de publier que pour Pemployer avec succés on ne de voit pas l'appliquer sur l’occiput comme lavoient enseigné V’ischer et Fan-de-Poll; et il a constamment observé qu'il glisse et abandonne sa prise au moindre mouvement d'attraction que l’on fait, sil nest appliqué sur lapophyse mastoide, ou bien entre cette apophyse et la protubérance occipitale (1). Que M. erbiniaux nous apprenne donc comment 1l agit sur ce point, dans le moment où la tête traverse le détroit inférieur , dans celui où l'occiput s'engage sous l’arcade di pubis ; ou qu'il convienne que tous les efforts qu'il a faits jusqu'alors, ceux qu'il continue d'exercer surtout, ne sauroient passer pour des efforts sa-
(1) Voyez M. Herbiniaux, pages 85 et suiv.
lutaires qu'aux yeux de l'ignoraut. Le second et le troisième manuel, qu'il ne donne que comme autant d’additions à celui que nous venons d’analyser, bien loin de dissiper les doutes que nous avons élevés sur le savoir de cet Auteur, ne font que leur prêter un nouveau degré de force : les praticiens qui méditeront son ouvrage trouveront peut-être que nous le traitons avec trop d'avanlage encore.
1685. M. Æerbiniaux (1) met au nombre des accouchemens contre nature , celui où la face de enfant est tournée vers l’arcade du pubis, et l'occiput vers l’une des parties latérales de los sacrum ; parce que la tête est alors plus exposée, dit-1l, à s'arrêter Par sa base dans le détroii supérieur : : ce qui n'est bien clair que pour ce Praücien. Pour remédier à cet accident, il observe de quel côté du bassin la face est déjà tournée, afin de la tourner un peu plus encore de ce même côté, et d'amener lapophyse mastoïde vers l’arcade du pubis. Pour opérer ce déplacement, il se sert d’un levier fenêtré, qui a plus de longueur et de largeur que ses spatuleS ordinaires ; et 1l le porte sur la tempe de l'enfant, d’où il le fait avancer vers les parties latérale et postérieure de la mâchoire inférieure, en allant comme en cernant Ja tête. La face étant mise de côté, 1l emploie sa spatule, et l'applique sur l'apophyse mastoide pour extraire la tête comme dans le cas précédent ; c'est-à-dire, pour être témoin de nouveau que, malgré ses efforts, la nature trouvera
en.
(4) Voyez M. Herbiniaux, page 399.
70 L'ART en elle assez de ressources pour l'expulser : car nous ne saurions répéter trop souvent, pour linstruction de M. fferbiniaux , pour le salut des femmes et des enfans qui lui sont confiés, pour honneur de l'artenfin, que le levier placé sous le pubis et sur P 2pophyse mastoïde ne peut opérer l'extraction de la tète, comme il n'a ‘pu contribuer en rien à ramener l’occiput vis-à-vis l’'échancrure e que nous appelons Arcade du pubis, où il se présente dans ce dernier temps de l'accouchement , puisque son acuon ne tend qu à la maintenir dans la position transversale qu'on lui a déjà donnée à son moyen, soit qu'on le fassse agir comme levier du premier ou du troisieme genre, ou qu'il réunisse la puissance des deux. 1686. Le troisième manuel, considéré en ce qu'il offre de paruculier , paroîtra bien plus simple que le premier, dont il n’est qu'une addition, et même que le second, parce que la position où se trouve alors la tête est la plus favorable à l'application du levier, selon les principes de M. Æerbiniaux, la face répondant : à l'un des côtes bassin , êt l’apophyse mastoïde sur laqüelle doit être placé l’instrument étant située derrière la symphyse du pubis (x 1). Cette position a tant de rapport avec celle qui fait le sujet du premier manuel , conumue ce Chir urgien , qu rl n’en donneroit pas un paruculer, si l’on n'étoit pas dans J'habitude en France de regarder ce cas comme bien plus viclenix que tout autre, Jorsqu al s'agit de faire usage des instrumens : maïs 1l le donne,
(1) Voyez Herbiniaux, page 402.
pour faire voir que l'usage de son levier est aussi facile, et d’un succés aussi sûr que celui du (orceps est dangereux et incertain. C'est à l’expérience quil faut en appeler : si on n'écoute que sa voix, l'on ne pourra se défendre d’un senument bien différent encore de celui que nous avons exprimé ci-devant pour l'auteur du livre dont nous sommes forcés de parler. Si le cas dont il s agit n’est pas le plus simple de tous ceux qui admettent l'application du forceps, nous assurons qu'il ne nous a jamais donné le moindre embarras n1 la moindre inquiétude , Jorsque le bassin de la femme et la tête de l'enfant étoient dans le rapport de dimensions qu'on ne peut se refuser d'admettre dans tons les cas où M. /Zerbiniaux assure avoir fait usage de son levier avec succes : plus de quatre Hi, personnes pourroient en rendre bon témoignage. Si cette caution ne suffit pas au Chirurgien de Bruxelles, nous nous flattons qu’elle sera de quelque valeur aux yeux de ceux que ces vaines déclarations contre nos principes auroient pu intimider. Nous espérons lui prouver que le forceps a opéré en pareil cas ce que n'avoit pu faire le levier.
1687. Nous avons démontré surabondamment que le levier placé sous la symiphyse du pubis, et appliqué sur Papophyse mastoïde qui y répond naturellement dans le cas dont ils agit, ne pouvoit que maintenir la tête dans sa situation transversale à l'égard du détroit inférieur ; que cette position ÉVOIL SI peu favorable à à l'issue de l'enfant, que rien ne pouvoit s y opposer plus fortement en bien des occasions, et que souvent toutes les difficultés de
72 RAR UT l'accouchement en dépendoient exclusivement ; quelle étoit si peu conforme au rapport des parues , et tellement contraire au vœu de la nature, qu'il avoit suffi mille fois de la changer pour mettre la femme dans le cas de se délivrer avec autant de facihté que de promputude, et qu'on avoit vu ce déplacement s’opérer sous la main de M. erbiniaux , armée du levier, nonobstant les efforts qui ne prete t qu'à s'y opposer. Pourquoi d’autres preuves, aprés tant de sages lecons, dont quelques-unes sont données par la nature même ? Moins coupable dans le cas qui fait le sujet de son troistème manuel, que dans les précédens, ce Chirurgten n'en paroîtra pas plus instruit. La tête de P enfant, dans celui qui fait le sujet du premier manuel, déjà parvenue dans le bassin et placée favorablement, après avoir changé de direction sous le levier, en s'éloignant de celle qui lui convient pour sorür, est rappelée à cette bonne position, malgré la résistañce qu'il y apporte. Dans celui dontil s'agit, comme elle est située naturellement en travers, si l'Accoucheur de Bruxelles n’a eontribué en rien à cette position défavorable, il ne fait rien non plus qui ne tende à la conserver telle; et malgré ce procédé défectueux qu'il qualifie di nom de méthode, 1l voit encore la nature iriompher de tous les sbsiaclés : la tête roule sous le levier, l’'occiput se porte sous le pubis, et elle franchit le passage ; ce qui prouve qu'elle est peu volamineuse relativement au bassin, et qu elle y ; jouit d’une mobilité ordinaire, au moins, chez la plujart des femmes qui se détivrent sétiat 1088. Les Roonhuisiens ne se comportoient pas
autrement que M. ferbiniaux , quand Ja tête de l'enfant étoit située transversalement ; comme lui ils insinuoient le levier sous la symphyse du pubis, l'appliquoient sur un des côtés de cette tête (1) : s'ils n’en dirigeoient pas l'extrémité sur l'apophyse mastoïde, du moins s’en approchoitelle, puisqu'ils craignoient. de blesser l’oreille. Comme M. erbiniaux, quoique plus timides, ils ont eu aussi des succès, mais de ces succés dont nous ne saurions les glorifier : comme lui, ils ont aussi rencontré des cas où leurs principes se sont trouvés en défaut, et contre lesquels leur prétendue méthode n’a pas réussi; mais plus modestes que lui, ils les ont avoués , tandis qu'il garde le silence (2) : ils agissoient alors avec ménagement, et leur levier n'avoit que la puissance de celui du premier genre, tandis que M. Æerbiniaux le fait avec d'autant plus de force, qu'il considere l'apophyse mastoide comme le. té le plus propre à supporter de grands efforts, et que son levier réunit la putssance de deux ; car il s’en sert alors comme levier du premier et du troisième genre tout à la fois.
1689. L'on ne pourra jamais se persuader que . M. Herbiniaux amène la tête de l'enfant au-dehors, en lui conservant la position transversale où elle est dans le cas de son troisième manuel, quoi-
(1) Voyez Smellie, tome IV : extrait de la Dissersation de J’ischer et Fan-de-Poll, page 18.
(2) Nous garderons le silence sur les faits de M. Herbiniaux, pour ne pas lindisposer contre les personnes qui nous les ont communiquées.
74 L'ART qu'il dise ailleurs que cette position ne s’accommode pas si mal à la forme du détroit inférieur, et qu'il ne voit pas pour quoi l'on se met en peine de la changer (1 (1), puisqu'il annonce positivement qu'elle vient comme dans le cas de son premuer manuel, Or, si l'occiput placé de côté revient sous le pubis, comme dans ce dermier cas , ne seroit-on pas fondé à adresser au Chirurgien de Bruxelles le reproche qu'il nous fait d'exposer la vie de l’enfant en roulant Ja tête de cette manière au moyen du forceps (2): ? Ce reproche ne seroit-1l pas éncore mieux mérité à l’occasion de la position qui fait le sujet du second manuel, et dans laquelle la face se trouve sous l’arcade du pubis, prasque l'occiput répond alors à une des parües latérales du sacrum , et ne peut venir sous l’échancrure formée par la branche des os pubis, qu'en parcourant au moins le tiers de la circonférence intérieure du bassin, ce qui imprime au cou un mouvement de torsion bien plus considérable que dans la circonstance précédente? Nous avons prévenu celui qu'on pourroit faire , à cet égard, à M. Herbiniaux , en démontrant que le tete dirigé selon ses principes, Join d’ opérer ce mouvement he rotation , ne tendoit qu’à s'y opposer. Si nous nous étions trompés, cet Accoucheur conviendroit au moins que la torsion du col, qui est inséparable de ce mouvenent, n'est pas dangereuse, et ne sauroit exposer la vie de l'enfant, puisqu'il en a obtenu de vivans. Pour le rassurer davantage contre la crainte qu'il
É (1) M. Herbiniaux, page 358, à la fin du (. 405. (2) Jdem.
DES ACCOUCHEMENS, 75 en a, ou quil s'efforce d’inspirer en nous calomniant maladroitement, nous le renverrons de nouveau à quelques-uns des principes qu'il admet, et que nous tenons pour bons. Ne convient-il pas, en plusieurs endroits de son ouvrage, que la tête de l'enfant, dans l'accouchement le plus ordinaire, descend un peu de côté, c'est-à-dire, une tempe derrière le pubis, et l’autre vers le sacrum ; que l'occiput se porte ensuite sous l’échancrure que nous appelons Arcade des os pubis » pour offrir à Ja vulve cette partie que l’on nomme vulgnirement Ja Couronne ? Or, pour que l'occiput, placé d'abord de côté, revienne en devant, il faut nécessairement que la tête décrive un mouvement de rotauon qui est suivi de la torsion du cou ; ; d'où il suit que le plus grand nombre des enfans per iroient au passage, si ce mouvement étoit aussi dangereux qu'il veut bien feindre de le croire; car ceux dont Ja tête roule à ce point sur son axe sont peut-être, à l'égard de ceux dont elle ne roule pas, comme plusieurs milliers sont à un seul.
1690. Ce n’est pas seulement en ce que le mouvement de rotation de la tête dans l’excavation du bassin expose la vie de l'enfant, que M. erbimaux trouve défectueux le procédé que nous prescrivons pour l’extraire quand elle est située transversalement, mais encore en ce que cette position lui paroît meilleure que celle que nous y substituons. « Je ne vois pas, ditAl, pourquoi » 1] veut (en parlant de moi) qu’on Sétinl la tête » de la sorte, puisque s'il ose la serrer assez pour » la faire tourner, il ne faudroit pas sans doute » plus de force pour l’extraire dans sa première
76 de L'ART
» position puisque le diamètre de la face à l'oc- » ciput étant le plus g orand des diamètres trans- » versaux de la tête, 41 ne s'accommode pas si » mal à celui du détroit qui va d'un os iléon à » l'autre (1 ) diamètre, qui augmente encore » quand la tête y est engagée » (2). Ne prévenons pas le jugement de nos lecteurs sur ce point : démandons seulement à M. Herbiniaux pourquoi la tête est revenue d'elle-même à cette position, qu'il regarde tantôt comme la plus naturelle et la meilleure, et tantôt comme fâcheuse, malgré la résistance qu'elle y éprouvoit de la part du bassin, et les obstacles qu'il Y mettoit au moyen de son st S'il eüt fallu moins de force pour l’extraire de la position transversale pour laquelle 11 prescrit son troisième manuel, pourquoi ne l'at-1l pas fait, et atil laissé venir Tocciput en dessus ? Plus de vingt- cinq faits , qui nôus sont particuliers, déposeroientcontre l’ opinion extravagante de ce Chirurgien; mais nous n’en citerons qu'un seul, et encore le rapporterons-nous en note, pour ne pas trop nous détourner de notre sujet (3).
(1) Voyez M. Herbiniaux, Lpee 378, . FM
(2) Idem, page 250,6. 275.
(3) Dans un cas de cette espece, le forceps fut appliqué deux fois inutilement sous nos yeux, et en présence d’un Médecin dont la mémoire sera long-temps respectée de ses confrères et des amis de l'humanité (M. Lorry). Malgré les forces que put employer l’Accoucheur pour ‘exiraire la tête, elle ne descendit pas d’une seule ligne; ces forces, AUSSI peu ménagées que mal dirigées, ne SE RVIPEUTt qu'à dégas rer l'instrument brusquement tout autant de fois qu'il fut placé de la même manière. Je le conduisis,
1691. S'il faut moins de force pour extraire la tête dans la position transversale où elle est, que our la faire rouler dans le bassin, et ramener occiput sous l’arcade du pubis, pourquoi Boom, élève de Bruyn, qui le fat lui-même de Roonhuisen, laissa-1-1l mourir, en 1752, une femme qu'il ne put accoucher Rte le louis) quoiqu'il lemployät à peu prés comme M. Aerbiniaux, et peutêtre exactement de la même manière ? (Woyez $. 1688.) Pourquoi, en 1753, le même Accoucheur procura-t-1l à Camper , d'aprés lequel nous citons ces fants , l’occasion ‘d'en disséquer une autre qu1l avoit abandonnée , aprés avoir vainement essayé deda délivrer ? Pourquoi ce dernier, sous les yeux de.ce Praticien même accoucha-t1l le cadavre de ceite malheureuse viciüime de la prévention , au moyen du forceps de Smellie, en commencant par mettre la face de Péftant en dessous (r 1)? Le reproche que ce savant Hollandais, partisan du levier, faisoit alors à ceux qui l'employoient dans tous les cas, seroit-1l moins fondé envers quelques Accoucheurs qui en usent
de méme aujourd’hui ? « Ils travailloient, dit}, » Jusqu'à ce que la tête der enfant, à la fin étouffé, » fût poussée au dehors; ou que la mére, aussi
après ces tentatives, comme je le pr escris pour la positon transversale de la tête où l’ occiput répond au côte gauche du bassin (vor ez Ç.$17687 et suiv.); je ramenai facilement cette extrémité occipitale en dessus, et je terminai sans efforts cet accouchement , pour lequel on s’étoit déjà donné tant de peine. e
(1) he Le la Dissertation de Camper, Mémoire de l’Académie de Chirurgie, tome V.
» bien .que l'enfant , eussent rendu l'âme (1). Si » la tête est petite, et le bassin très-large, » ajoute- 1-11, elle passera dans toutes sortes ide » situations : mais lorsqu'elle est bien propor- » uonnée , elle ne passera que très-difficilement, » quand son grand diametre s'oppose contre le » petit du bassin ». Ces vérités sont tellement connues, qu’elles n’ont point échappé à l’homme dont le moindre ütre seroit celui d’avoir été un des Accoucheurs les plus instruits de son temps , quoiqu'il ne fit pas sa principale occupation de cetie branche de médecine, et M. Herbiniaux seul ose les contester. S'il ne s’est jamais aperçu quil falloit moins de force pouf rouler la tête dans l’excavauion du bassin, que pour l'extraire dans la position Hamiversale où elle est, c’est qu'il n'a pas essayé de la rouler, et de ramener l'occiput sous l’arcade du pubis : sil ne convient pas qu'elle exécute ce mouvement de pivot généralement avec peu de difficulté, c'est qu'il a oublié que les petits mouvemens de saccades qu'il fait faire au levier pour rencontrer l'apophyse mastoide dans son premier manuel , et l'épreuve d'attracuon au moyen du cordon , pour s'assurer de la prise de cet instrument, ont suffi pour détourner l'occiput de dessous Lo du pubis, et le porter vers l’un des côtés du bassin. Lui auroit-il fallu plus de force pour le ramener ensuite sous cette arcade ? et la nature ne l’a-t-elle pas ramené constamment à ce point, malgré la
(1) Voyez Camper, Dissertation déjà citée.
présence du levier, et les effloris de celui qui le mettoit en acuon ? Si M. Herbiniaux a trouvé peu d’ obstacles : à extraire la tête dans la position transversale qui fait le sujet de son troisième manuel, c'est que le levier n’étoit pas nécessaire, et que les circonstances qui Pont favorisé étoient de celles qui nous font une loi d’être simples spectateurs auprés de la femme. Où trouve-1-on d’ailleurs, dans l'ouvrage de cet Accoucheur, des faits qui attestent qu'il eût extrait la tête une seule fois dans cette position transversale ? et partout ne renvoit- il pas à son Manuel général, pour Ja marche qu’on doit Jui faire suivre dans ce dernier temps de l'accouchement ?
1692. D'aprés sa théorie sur l’enclavement, et les observations qu'il rapporte à l'appui de ceite doctrine, on peut lui objecter, avec raison, qu'il
n’a a employé son levier que sur des têtes mobiles,
et même d’une grosseur médiocre relativement à la capacité du bassin. Si les Roonhuisiens ne l'ont appliqué avec une apparence de succés qu’en de pareilles circonstances, du moins ne le recommandoient-ils que pour € aies où la tête étoit arrêtéeet immobile; et regardoient-1lscetiecondiioncomme nécessaire à leur but, puisqu'ils déclarent que l'instrument tent mal quand la tête est mobile, qu'il s'échappe en glissant, et que loin d’être uule, il est plutôt capable de nuire ( }. :
1693. Cette mobilité n’a point paru mériter la même attention de la part de M. Herbiniaux , et
(1) Voyez l'extrait de la Dissertation de 7/ischer et Fan-de-Poll, page 9; Smellie, tome IV.
devoir mettre un aussi grand obstacle au succés de l'application de son levier. La tête ne sauroit jamais être aussi mobile dans la cavité du bassin , quelle l’est constamment au-dessus de l’entrée de ce canal, quand elle ne peut s'y engager , et 1l n’en accorde que plus de confiance à son instrument dans ce dernier cas. Sa mamiere de l'employer est, dit-1l, d'autant plus précieuse alors, que jusqu'à présent le forceps a été reconnu insuflisant. Il avoue cependant que son levier n'est pas absolument infaillible, mais qu'il lui à réussi plusieurs fois; ce qui ne lui est jamais arrivé avec le forceps, en suivant la méthode de M. Deleurie ; ne faisant , ajoute-t1l, aucun cas de la mienne, dont il a démontré le ridicule. Nous ne suivrons pas ce Chirurgien dans le détail de tous les cas de cette dernière espèce, pour lesquels il prescrit un nouveau manuel, parce qu'un volume sufliroit à peine pour débrouiller le chaos dans lequel 1l se perd (1), et que nous avons déjà passé les bornes que nous nous éuons prescrites ason égard. Nous nousattacherons seulement au procédé qu'il substitue à la méthode dont il croit avoir démontré le ridicule. Si la discussion que nous nous permettrons ne détruit pas
(x) M. Herbiniaux se rend inintelligible jusque dans le titre mème des sections où 1l traite de ces nouveaux Manuels : son grand art est de n’être entendu que de lui; peut-être même auroit-1l peine aujourd’hui à se retracer la position de la tête qui fait le sujet de $a quatrième section, dont voici le titre : « Des Manuels de mon levier, propres » à redresser la tête de l'enfant, lorsqu’à son entrée dans » le détroitsupérieure elle se présente en sens contraire ».
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OPIRIOT
l'opinion de M. Herbiniaux, elle ne sera pas inutile au bien de ces concitoyens même, qui lui accordent peut-être trop légèrement lai CON fiance. La méthode prescrite par ce Chirurgien est celle que nous recommandons pour la posiion du sommet de la tête où locciput se trouve appuyé sur le haut de la symphyse du pubis, et le front contre l’angle sacro - verté-
bral. (1)
(x) Voyez M. Herbiniaux, page 331 jusqu’à 357 inclusivement : la première cditiel de mon ouvrage, tome IT, page 101 jusqu’à 113 inclusivement ; et les planches VIII et IX : la seconde et la troisieme édition, depuis le Q,:x 1700 jusqu” au (. 1810 : quatrième édition , depuis le $. 15607 jusqu'au K. 1827 inclusivement, et planches X et XI. L esprit de critique qui anime M. Here biniaux perce jusque dans l'examen de ces planches même : les plus petites omissions qu ‘il croit y remarquer lui paroissent comme autant de piéges que nous tendons à la crédulité de nos lecteurs, et lui fournissent autant d'occasions de s’abandonner au | penchant qui lui est naturel, de se répandre en injures contre nous ; ; quoique ces planches, qu’il a prises pour modèle en quelques cas , soient plus correctes que celles qui lui sont propres. Nous préviendrons que nous n ‘avons pas cru devoir astreindre le Dessinateur à rendre scrupuleusement, et avec une précision mathématique, la forme et les dimensions de tous les objets qu'il avoit sous les yeux : ce qui devenoit inutile quant au bassin surtout, puisque cette exactitude ne pouvoit regarder que celui-là seul qu'il avoit pour modele ; les nuances qui se remarquent dans un nombre ae de bassins, n’étant pas moins variées que celles que présente le visage dans le même nombre de femmes. Notre intention n’a été que de faire connoître en grand les rapports de la tête avec les détroits de ce canal , et ceux de linstrument avec l’une et l’autre.