‹ L'art des accouchemens (volume 5)Chapitre 14 sur 88 · Tome IT. G · texte numérisé non relu

Tome IT. G

98 ap Be 4 ST | pariétales est de beaucoup au-dessous de l'angle sacro-vertébral. En lui accordant, en pareils cas, qu'il puisse accélérer la descente de la tête dans l'excavation du bassin, nous ne saurions lui accorder qu'il en fait l’extraction.

1702. N'ayant parle dans ce long article sur le levier, que de l'usage qu’en ont fait quelques Chirurgiens étrangers , on pourroit croire qu 1 a été entièrement inconnu des Français, ou qu'ils Pont rejeté d’un commun accord. ‘Si os ne trouve aucun Auteur parmi nous qui lui ait donné la préférence sur le forceps, aucun Accoucheur instruit qui l'ait employé aussi fréquemment que l'ont fait les premiers, nous ne le cédons cependant en rien à cet égard aux Hollandois : car un Chirurgien de Lille, en Flandres, se flattoit déjà, en 1774, d'avoir délivré environ mille à douze cents femmes avec une sorte de spatule, dans l'espace de vingt années; et un autre de Douai, alors presque octogénaire, M. Æigodeaux, qui s’en étoit servi dés l’année 1739, écrivoit à l’Académie royale de chirurgie, qu'en tres - peu de temps il en avoit accouché un très-grand nombre par le même moyen (r). Ce n’est pas contre l’utilité du levier, mais contre l'abus qu’on en a fait, que nous nous sommes élevés : notre intention, dans toutes les discussions où nous sommes entrés, n'a pas été de le proscrire , mais de faire voir qu'on f'avoit employé sans principes, et presque toujours en des circonstances où l'on

(1) Voyez Mémoires de l’Académie de Chirurgie , tome V. |

pouvoit s'en passer, où le doigt méthodiquement dirigé pouvoit suffire, où les forces même de la nature n'avoient édih d'aucun aide. Ses succès ne se sont autant multipliés que parce que ces circonstances heureuses le rendoient inutile, et que le moment de son application s’est trouvé le plus souvent celui où l'accouchement alloit se terminer , sa présence ne pouyant y mettre d'assez grands obstacles. Le forceps auroit eu bien plus de droit à la grande réputation que quelques-uns ont voulu donner au levier, si l'abus en eût été porté aussi loin que celui de ce dernier.

CHAPVFTRE IT.

Des causes qui exigent l'emploi des instrumens, spécialement du Forceps et du Levier, dans la pratique des Accouchemens.

1703. Pan les causes qui doivent nous déter-

miner à recourir aux instrumens pour opérer l'accouchement , lesunesne laissent de ressource que

dans ces secours, et les autres n’en prescrivent l’u-

sage que préférablement à quelques moyens dont

l'effet ne seroit n1 aussi prompt, n1 aussi salutaire.

Des an 1704. De cette dernière classe, sont l’hémor- Quent l'usage ragie utérine, les convulsions de la mère, les da forceps syncopes fréquentes, l'épuisement, la cessation +5 Pr des douleurs ; des maladies qui ne permettent pas à la femme de se livrer sans danger aux efforts nécessaires pour l'expulsion de son enfant, telles

que certaines hernies, le crachement dé sang

habituel, des anévrismes cachés ou apparens, la

descente de la matrice, et le renversement du

vagin ; l'issue prématurée du cordon ombilical, et quelquefois la présence d’un second enfant dont

la position retardeou empêche la sortie du premier.

1705. Selon que ces causes se manistestent plus

tot ou plus tard dans le cours du travail, elles prescriventl’emploi de tel ou tel moyen préférablement

à d’autres. Quandelles s'annoncent avec beaucoup d'intensité dès le commencement, et se soutien-

nent de-même, si elles ne laissent de ressources que dans l'extraction de l'enfant, la tête étant encore au - dessus du bassin, on doit le retourner et l’amener par les pieds. Nous serions cependant

hbres d'opter entre cette méthode et l’a pphication

du forceps , si le succes de cette derniére nous paroissoit plus assuré que celui de l'extraction par les pieds ,: qui exige en général moins de savoir et de dextérité dans ces sortes de cas. Cette opuon entre les deux méthodés seroit bien plus auto-

risée , lorsque la tête se trouve en gagée au moins

de “ moitié de sa longueur, si lune et l’autre étoient alors NTSATR avantageuses : mais Île forceps nous semble mériter la préférence. Cet instrument est encore bien plus recommandable, s'il n'est pas indiqué exclusivement, toutes les fois qu'une ou plusieurs des causes ue ne nous obligent à terminer l'accouchement que dans le temps où la tête occupe le fond du bassin; et aucun äutre moyen ne peut entrer en concurrence avec lui quand elle a franchi le détroit supérieur, ainsi que le col de Ja matrice, au point de remplir complétement le vagin (1 1): s1 ce n’est le crochet, lorsqu'on a a déjà acquis la certitude de la x tt de l’enfant (2), parce qu'on ne dou plus alors repousser celte tête pour le retourner et le faire venir par les pieds.

1706. Certaines positions désavantageuses de la tête qu’on ne peut rendre meilleures avec la main

cm

(1) Voyez . 1302 et suivans.

(2) Voyez l’article où l’on traite des signes de la môrti de l’enfant.

Causes ani exigentiefor.

ceps exclusivement,

103 DAA RT seufe, son enclavement, l'extrême défectuosité du bassin de la femme, et la conformation monstrueuse de l'enfant ; quelques affecuons morbifiques, soit de ce dernier, soit des parues molles de la mére qui servent à l'accouchement; les grossesses par erreur de heu, et la rupture à la matrice, etc. sont en général de ces causes qui prescrivent indispensablement l'usage des instru mens.

1707. La plupart de cés causes ayant été déve- Joppées dans autant de Secuons particulières (à, et les autres ne pouvant l'être plus à à propos que lorsque nous exposerons la manière d'opérer à l'occasion de chacune d'elles, nous nous bornerons ici à faire connoïtre l’enclayement, et en quoi cet état différe de celui où la tête est seulement arrêtée au passage.

ARTICLE PREMIER

De l'Enclavement.

Définition 1708. L’enclavement est cet état dans lequel la ne tête de l'enfant s'étant engag gée plus où moins pro- | fondément dans le bassin, y est tellement serrée

qu'elle ne peut être poussée au - delà, n1 y être mue en aucun autre sens, par les seuls efforts de la nature.

1709. La plupart de cenx qui ont parlé de l'enir LS en ont eu cette idée : mais quelques-uns ont ajouté à cette définition qu'il étoit également

(1) Voyez depuis le . 1080 jusqu’au {. 1130 inclusivement.

impossible de refouler la tête avec la main seule au-dessus du point où elle s'étoit engagée, ce qu’on ne sauroit admettre avec eux. Pour que la tête soit réellement enclavée, dit Levret, il faut de toute nécessité qu'elle soit plus ou moins engagée, sans pouvoir avancer par le seul bénéfice de la nature, n1 reculer en la repoussant; car si lun ou ue est encore possible , elle n’est pas arrêtée à demeure, elle n'est pas réellement enclavée (1). D’ après Fa semblable définition (2), on ne devyroit pas s attendre à trouver quelquesuns de ceux qui l'ont admise , aussi souvent en contradiction avec eux-mêmes, eri employant le mot enclavement haies pour désigner l'état dont 1l s'agit, et celui où la tête est simplement arrêtée au passage, quoique tres-différent à beaucoup d'égards. (Voyez l'arucle suivant, S: 1744.)

1710. Quelques auteurs ont disungué deux De ses diffé- | \ rences, selon espèces générales d’enclavement, par rapport à je, Auteurs. la manière dont 1ls ont imaginé que la tête pouvoit

(1) Suite des Observations sur la cause de plusieurs Accouchemeus laborieux, partie IT, page 266.

(2) Elle renferme le sens de celle qu’en ont donnée Peu, Deventer, de La Motte, Deleurie et autres. En l'admettant rigoureusement dans notre première édition, $. 1518, nous n’en étions pas moins convaincus que la

main deals pouvoit refouler une tête véritablement en- clavée, Nous avions grand soin, dans nos leçons particulieres, d’en instruire nos rue mais en leur faisant sentir tous les inconveéniens qu’il y auroit à en user ainsi, dans les vues de retourner l’enfant ; de même que tôt l'importance de la préférence qu’ on devoit alors au forceps, Comme on le verra ci-après.

104 L'ART être fixée. Dans l’une, ont-ils dit: La tête ne touche avec force que par deux endroits de sa surface diamétralement opposés , Soit au pubis et au sacrum, soit aux parties latérales du bassin, et dans le elle est également serrée de toutes parts. On peut raisonnablement nier cette. derniére espèce; et,de l’aveu même de ceux qui l'admettent, elle ne peut exister. « I] n'y a pas » d'exemple, dit Levret, de tête enclavée sur » laquelle on ne puisse conduire le forceps avec » plus ou moins d’aisance, soit d'un côté ou de » l’autre, parce qu’elle n’est pas également partout » en contact avec le bassin (1) ». Mais Aœderer en pense bien différemment; car, selon Jui, « dans » la paragomphose complète, la tête de l'enfant » est tellement serrée de toutes parts dans le bas- » Sin,qu'on ne sauront y passer Faiguille la plus fine, » dans quelque endroit qu'on tentedele faire (2)». Nnyena 1711. Nous n'admetions qu'une espece généqu'une spé le d'enclavement, celle où la tête n’est fixée

ge en général. ,

que par deux régions de sa surface diamétralement opposées, el cette espèce en renferme de parüculiéres, la tête n'étant pas toujours située de la même manière, ni fixée par les mêmes points. Tantôt elle est prise selon sa longueur entre le -pubis et le sacrum, et tantôt selon son épaisseur. Dans le premier cas, c'est le front et l’occiput qui sont en contact avec le cercle intérieur du bassin ; dans le second, ce sont Îles régions pariétales.

.: (x) L'art des Accouchemens, etc. troisième édition, aph. 617.

(2) Ræderer, K. 431.

Cette dernière espèce est beaucoup plus rare que la première, et ne peut avoir lieu que dans un bassin resserré au point de n’avoir que trois pouces et quelques lignes de petit diamètre, à moins que la tête ne soit elle-même excessivement grosse, encore faut-1l dans l’un et l’autre cas que le sacrumn soit aplau, et que l’excavation qui dépend de sa courbure soit presque nulle; car la tête ne sauroit s’enclaver en avancant d’un lieu resserré dans un plus large. L’autre espèce peut arriver dans un bassin de trois pouces et den et même plus.

1712. Les différences de lenclavement, selon pue plusieurs Auteurs, ne dépendent pas seulement dames tu de l'étendue et de la multiplicité des points dejet. contact qui fixent la tête, mais encore de la région que cette tête présente au toucher, et de la manière dont cette région est placée à l'égard du bassin. Quelquefois, disent-ils, c'est le sommet qui s’avance le premier, d’auires fois l’occiput, ou l’une des régions temporales ; et même la face. On ne conçoit pas clairement comment la tête pourroit s'enclaver dans ces derniers cas, surtout d’après la définition que ces mêmes Accoucheurs ont donnée de l’enclavement : elle peut s'engager plus ou moins quand elle présente la face, locciput ou l'un de ses côtés, et s'arrêter alors; mais elle ne s’enclave réellement qu'autant qu’elle présente le vertex ou le sommet en avant. La preuve de cette vérité se trouve évidemment établie dans les observations de ceux qui ont parlé de l'enclavement ; et on y remarque sans peine que pour une seule tête véritablement enclavée qu'ils ont rencontrée, 1ls en ont taxé dix de l'être, quoiqu’elles

106 L'ART fussent trés-mobiles dans le bassin , même lorsque le vertex se présentoit.

Opinionde 1713. Le sentiment de Levret sur le mécanisme Pure de l’enclavement, et le cas où cet accident arrive le plus communément, ne nous paroît pas conforme aux grandes vues qu'il annonce d’ailleurs sur cet objet. « Si les eaux s'éconient prompte- » ment, dit-1l, soit en totalité ou en partie, dés » le premier temps du travail de l'accouchement, » et que le bregma de lenfant se trouve vis-à-vis » le milieu de la saillie qui résulte de l'union du » corps de la dernière vertébre lombaire et du » sacrum, cette saillie pourra se loger dans le » bregma, en le déprimant à à chaque contracuon » utérine, ce qui empêchera la tête de tourner » dans le Lsbistid temps pour que le front se place » de côté ; il se fixera dans cet endroit, et ce sera » alors l'occiput qui tendra à descendre le premier » jusqu'au cou : celui-ci se logera derrière l’arcade » du pubis, les épaules s appateront au-dessus des » branches supérieures des os pubis , en les débor- » dant plus ou moins ; et si Ja tête reste long temps » en cet état, elle s 'enclavera(1 1)». Éoit s'enclaveroit-elle donc alors? Elle ne peut suivre une marche plus favorable dans la position où on la suppose; c'est son extrémité postérieure qui se plonge la premiere dans la cavité du petit bassin ; à peine y est-elle parvenue, que le derrière du cou se trouve appuyé selon la longueur de la symphyse du pubis, et que la région occipitale pan l’ar-

(x) Observations sur les Accouchemens laborieux, partie IT, quatrième édition , page 277.

cade de ces mêmes os, sous laquelle elle doit s’engager pour se relever au-devant du mont de Vénus, en se contournant de derrière en devant sur -le bord inférieur de la symphyse comme autour de son axe : c’est cette position que la tête prend le plus souvent à l'égard du détroit inférieur, soit qu'elle traverse le supérieur dans une situation diagonale, ou dans toute autre : cette position est 1h bu be par excellence , considérée dans les derniers temps du travail, et c’est celle que nous devons procurer à la tête quand les efforts de la nature ne la dirigent pas ainsi. (Voyez ce que nous avons dit AE ve du mécanisme des différentes espèces d’accouchemens naturels. ) 1714. Si la tête, dans le cas dont il s'agit, s’arrête etséjourne quelquefois dans le fond du bassin, apres avoir suivi la marche qu'indique Levret, soit parce qu'elle y est retenue par la situation des épaules sur les 08 pubis, ou par toute autre cause, elle ne peut s'y enclaver. Pour qu'elle s'en- Conditions clave llmont. il faut qu’elle suive une marche en Lite bien différente dans les premiers tem ps du travail ; send car elle ne peut se fixer selon sa longueur entre le sacrum et le pubis, que l'occiput ne soit appuyé derrière le haut de celui-ci et n’y reste en quelque sorte immobile, pendant que le front est contraint de descendre postérieurement vis-à-vis l'angle sacro-vertébrale. En suivant cette marche, c’est réellement le plus grand diamètre de la tête qui tend à s'engager dans toute son étendue; c’est la fontanelle antérieure qui se présente de plus en plus : à mesure que la tête fait un pas en ayant ; c'est sur cette fontanelle que les tégumens s'en-

gorgent et se tuméfient : c'est ce même point qui constitue le sommet de la forme légèrement conique qu'acquiert la tête en s’enclavant, loin de se déprimer et de s’enfoncer sur la saillie du sacrum, comme le dit le célèbre Levret.

1715. La tête peut également s’enclaver selon sa longueur entre le pubis et le sacrum, si l'occiput, appuyé contre celui-ci, cesse d'avancer, tandis que le front sera forcé de descendre derrière le premier, ce qui arrive bien plus rarement

Observation encore. Dans l’un et l’autre cas, c’est le grand

se tête encla- 3: \ A . \ .

2 diamètre de la tête qui tend à passer horizontalement entre ces deux os, ce qui ne peut se faire sans qu'elle éprouve des frottemens considérables, même quandal ne s'en faut que de quelques lignes que le bassin ne jouisse de sa largeur naturelle dans ceite direcuüon. Nous avons délivré une femme dont la tête de l'enfant étoit enclavée de l'une de ces manières depuis deux jours, quoique le bassin füt d’une grandeur ordinaire. Cinq enfans plus volumineux que celui dont 1l s’agit l'avoient précédemment traversé fort heurensement, parce que la tête s’y étoit présentée différemment, et que les forces utérines étoient alors autrement dirigées. Nous avons rencontré le même cas chez trois autres femmes, depuis cette époque, et il a fallu les accoucher de même après un travail fort long. Toutes les fois que la tête de l'enfant suit la marche assignée par Levret, loin d'offrir son plus grand diametre de front entrele pubis et le sacrum,

elle n'y présente que sa hauteur, considérée de la

base du crâne au sommet, ou son diamètre perpendiculaire, qui a le plus constamment quinze

ou dix-huit lignes de moins que celui dont 1l

s'agit. |

1716. La tête de l'enfant acquiert toujours en Foret s’enclavant, la forme d’un coin plus ou moins AR allongé , dont la base reste au-dessus de lendroit vant.

où elle s'arrête, comme de la Motte l’a très-claire-

ment exprimé, en la comparant alors, relative-

ment au bassin, à la pierre qui fait la clef d’une

voûte, d'où l’on voit qu’elle ne peut s’enclaver

qu'en passant d’un lieu plus large dans un plus

resserré, et qu'iln’est pas impossible de la repousser

au-dessus du point où elle s’est arrêtée et fixée.

s'encla-

SECTION PREMIÈRE

Des Causes, des Signes , et des Accidens de l’enclavement.

1717. L’enclavement ne peut avoir lieu que par Causes ef. le concours de plusieurs causes, dont les unes finies de sont comme prédisposantes, et les autres déter- ment. minantes ou efficientes. Ces dernières dépendent de l’action de la matrice et des autres puissances qui s'efforcent d'expulser le fœtus; mais cette acuon doit être véhémente, et se soutenir longtemps ; l’enclavement n’est jamais à craindre dans une femme délicate et épuisée, quelles que soient les causes prédisposantes qui puissent d’ailleurs exister. |

1718. Ces causes, que nous appelons prédispo- ce pré=

< antes

santes, viennent de la mére et de l’enfant , et con- de Pad sistent en général dans un défaut de rapport de ment.

dimensions entre le bassin de l'une et la tête de

Signes carac-

téristiques

de l’enclave-

ment.

t10 L'ART

l'autre. Ce défaut de proportion dépend quelquefois u niquement de la mauvaise position de la tête ; d'autres fois de son volume extraordinaire et de sa solidité, ou bien de la conformation vicieuse du bassin. Il est si difficile de reconnoître et d’apprécier, par le moyen du toucher, non-seulement l'étendue de ce défaut de proporuon qui peut donner lieu à l'enclavement, mais encore le degré de solidité de la tête qui y Re nécessaire, et la somme de forces que la femme doit y employer, qu'on ne sauroit Jamais juger des le commencement du travail, au moins sans crainte de se tromper, si la ie s'enclavera, ou si elle ne fera qu'éprouver de grandes dculese à traverser le bassin. Ce qu'il y a de bien positif, c’est que la tête ne peut s’enclaver dans un bassin fort large ou fort étroit, relativement à son volume; et que cet accident n'est pas plus à redouter quand elle est trés-souple et la femme tres-foible. Elle pourra s'arrêter dans ces derniers cas , mais elle ne s’enclavera pas réellement.

17109. L'immobilité de la tête est le caractère essentiel, le signe pathognomonique de l’enclavement. La tuméfaction du cuir chevelu, celle du col de la matrice, qui forme alors un Lie plus ou moins épais au-dessous de la tête, l'engorgement des parois du vagin et celui des parties extérieures de la femme , n'en sont que des signes accessoires, quoiqu'ils en soient inséparables,

1720. ce effets précèdent toujours l'enclavement et augmentent pendant sa durée. Il est seulement à craindre quand ils se manifestent, mais il n'arrive pas toutes les fois qu'ils ont lieu. On

observe fréquemment ces symptômes, et l'enclavement réel est excessivement rare.

1921. 1] n’est pas même nécessaire que la tête Causes des , . . : ue À . 4 €ffets access'engage entre les os du bassin et quelle y soit Lu de l'en étroitement serrée pour queles tégumens du crâne, clavement. le col de la matrice , les membranes du vagin, et les parues extérieures de la femme s'engorgent et s’enflamment; il suffit qu'elle soit fortement pressée sur l'entrée de ce canal, pour donner lieu à tous ces effets, puisqu'on les voit paroître dans le même ordre, quand il n'existe, pour ainsi dire , aucun rapport entre les diamètres du détroit supérieur et ceux de la tête, ce détroit étant resserré au point qu'elle ne puisse nullement s’y engager. De la Motte et Ræderer avertissent même que le cuir chevelu en se gonflant, dans ce dernier cas, s'avance quelquefois tellement dans le vagin, que cette tumeur pourroitinduire en erreur, en fai sant croire que le casque osseux descend , tandis qu'il reste entièrement au-dessus du bassin, ce que nous avons observé comme ces deux Accoucheurs. Nous avons vu de plus des escarres gangréneuses au col de la vessie, à celui de la matrice et vers le haut du vagin à la suite de ces mêmes cas, la femme n'ayant pas été secourue à temps pour ce qui regarde l'accouchement. ;

1722. De tous les signes qui peuvent faire con- Causes de la noître l'enclavement, il n’en est pas de plus incer- LRU tains que le gonflement des tégumens de la tête, crâne. et la tuméfaction des parties de la femme. Si le premier dépend quelquefois de la pression que la tête éprouve entre les os du bassin, bien plus souvent 1l n’a d'autre cause que la roideur ou la dureté

L'immobilite de la tête nil “est souvent

se ’apparen-

ti2 L'ART

que conserve après l'ouverture de la poche des eaux le bourrelet qui constitue le col de la matrice. Il est facile, à la vérité, de juger de laquelle de ces deux causes il provient. Dans le premier cas, le gonflement des tégamens de la tête s'étend audelà du bord de l’orifice de la matrice, jusqu'à la hauteur où le casque osseux est fortement serré contre la surface du bassin ; et ce même bord de l'orifice est également tuméfié et plus ou moins douloureux. Dans le second, ce bourrelet est dur, 1la peu d'é épaisseur, et le gonflemènt des tégumens du crâne se borne à sa hauteur. Bien plus us encore, la tuméfaction de ces tégumens ne dépend que de la résistance que les parties molles extérieures opposent au passage de la tête, comme on le remarque presque toujours dans un premier accouchement. Quant à la tuméfacuon de ces mêmes parties, du vaginst du col de la matrice , combien de fois les attouchemens fréquens et inconsidérés , soit de l’Accoucheur ou de la Sagefemme, n'yont-ils pas donné lieu ? Elle peut être antérieure à l'accouchement, et ne dépendre que de la grossesse, ou de quelques causes même étrangeres à celle-c1.

1725. Non-seulement ces symptômes ne caractérisent pas l’enclavement, puisque quelques-uns d'eux peuvent être étrangers à l'accouchement et à la grossesse ; mais l’on n’est pas même fondé à

egarder comme enclavée la tête qu a cessé d’a- Se après être parvenue dans le fond du bassin, quoique poussée par de violens efforts, même ile qui nous paroît dans limpossibilité d'être repoussée; car si elle ne peut alors descendre

davantage,

davantage, ni reculer d'une manière sensible, souvent elle est encore un peu mobile sur son pivot, et peut rouler comme sur son axe; ce qui prouve qu’elle n'est pas exactement enclavée, mais seulement arrêtée au passage. (Foyez. 1745 et suivans). Nous pourrions citerun grand nombre de faits à l'appui de toutes ces assertions; et dans plusieurs le doigt méthodiquement placé, une position différente de la part de la femme, ont conduit heureusement à leur fin des accouchemens qu'on n’avoit pu opérer avec le forceps.

1724. La tête n'est. véritablement enclavée qu'autant qu’elle ne peut faire aucun de ces mouvemens; qu'un instrument quelconque ne peut parcourir au-delà d’un quart de sa circonférence , ainsi que de celle de l’intérieur du bassin, et ne peut pénétrer dans les endroits où ces parties sont en contact.

1720. Il seroit avantageux qu'on puisse distinguer le cas où la tête de l'enfant doit s’enclaver , de celui où elle menace seulement de le faire, c’est: àa-dire, dans lequel elle ne traversera’ qu'avec beautoup de difficulté la filière que lui présente le bassin, afin d'abandonner l'accouchement dans celui-ci, aux soins de la nature, et de l’opérer dans lautre avant que l’enclavement n'existe.

Signes pathognomoniques de l'enclavement,

Mais cette disuncetion est presque toujours impos- |

sible à faire, parce que les mêmes symptômes qui précédent l’enclavement se manifestent également quand la tête menace simplement de s’enclaver.

1726. Dans l’un et l’autre cas, la tête ne pou-

? : i vant Sengager qu'autant que les os du crâne se Tome IT, H

Signes qui sont communs à ces deux états,

114 L'ART croisent un peu ou se chevauchent par leurs bords, | il se forme des plis aux tégumens selon la direction des sutures; ces mêmes tégumens se gonflent, ils sont poussés en avant, et il s L: élève insensiblement une tumeur plus ou moins large, douéé d'une sorte d’élasticité qui n ‘échappe | jamais au doigt de l’Accoucheur. La tête , S'étant engagée avec une extrême difliculté , s'arrête plus {Ôt où plus tard, où s’avance dans la suite d’un pas sl rapide, qu'elle parcourt plus de c: hein en quinze minutes et souvent en une seule, qu’elle n'en avoit fait en quinze heures et plus.

1727. Cetie différence vient de la forme du bassin. Quand la tête s'arrête au milieu de sa marche et s'enclave, non-seulement cette cavité est resserrée dans son entrée, mais encore dans sa parte moyenne. Cette derniére, qu'on appelle Excavation , ainsi que le détroit inférieur > Sont au contraire plus larges que de coutume, ou jouissent du moins de leurs dimensions ordinaires, lorsque la tête descend rapidement sur la fin du travail. Dans le premier cas, la tête subit des frottemens d'autant plus considérables, qu elle fait un pas de plus en avant, ou qu'elle s'engage davantage , Jusqu'à ce qu elle soit entiérement fixée : ce qui fait que les symptômes énoncés continuent de se développer et acquiérent plus de force et d'intensité. Dans le second cas, elle n’éprouve ces frottemens que dans son passage à travers le détroit supér ieur > qui est leseul dont les dimensionssoient viciées, et à peine sa plus grande épaisseur l’at-elle franchi ; que sa marche devient facile et que tous s les effets ci-dessus disparoissent, parce qu’elle

DES ACCOUCHEMENS. il

se trouve alors dans un lrteu moins resserré, qu'elle

n’y est plus comprimée, que les os du crâne se resütuent dans leur état primiuf, et que la circulation interceptée dans quelques veines des tégumens et de la calotte aponévrotique s’y rétablit.

1728. Ce seroit donc presque uniquement au iemps qu il faudroit s'en rapporter pour disunguer la tête qui s’enclavera de celle qui sortira naturellement aprés avoir menacé de s’enclaver ; si l'on ne pouvoit juger dans tous ces cas’ de ki forme du bassin , de la solidité des os du crâne, et de leur asserhblage ; ainsi que de la somme de forces que pourra employer la femme. S'il est des cas où l’on ne puisse avoir d’autres régles que le temps, il faut savoir le bien mesurer pour se décider à propos sur Île parti qu'il convient de

rendre; car le salut de la mere et de l'enfant, dont l’Accoucheur est alors en quelque sorte l’arbitre, dépend souvent d'un instant; l'excès de confiance qu'il mettroit dans les ressources inconnues de la nature, ou dans l'effet de certains remèdes, pouvant être aussi préjudiciable à l’un et à l’autre, que le deviendroient des manœuvres trop précipitées et mal dirigées.

1729. L'enclavement est toujours très-fâcheux Prognostie. pour la mere et pour l'enfant. Il ne peut exister long-temps que ce dernier ne périsse, et que Ja femme ne soit en butte à mille accidens qui trainent souvent à leur suite des incommodités rebntantes et désagréables , qui lui rendent la vie pémible et à charge, et la mettent dans le cas de souhaiter la mort à chaque instant.

1750. La dépression et souvent la fracture des Effets del'en.

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