‹ L'art des accouchemens (volume 5)Chapitre 15 sur 88 · FF · texte numérisé non relu

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clavement du os du crâne, des engorgemens profonds, des épan- AE de Le dhemens nel ve el cerventt , sous la

de la femme. dure-mére , entre celle-ci et les os, sous le péricrâne même détaché des pariétaux , etc. ainsi que de profondes échimoses entre les muscles sousoccipitaux , sont les effets que nous avons observés sur plusieurs enfans, à la suite de l'enclavement.

1751. La tête ne peut s'enclaver qu’elle ne comprime fortement et n’écrase en quelque sorte les parties molles de la femme, dans les endroits où elle est en contact avec le cercle intérieur du bassin; que les autres parties situées au-dessous, telles que le col de la vessie , le canal de lurétre, le bord de l’orifice de la matrice, les membranes du vagin , l'intestin rectum , et és parues exté— rieures même ne se Diéfent et ne s'enflamment. Les urines cessent alors de couler, et bientôt on ne peut les évacuer avec la sonde, par rapport à l’affaissement total du canal de l’urètre. La femme, tourmentée à la fois par le besoin de les rendre et par les douleurs de l'accouchement même qu’on la sollicite à faire valoir, se livre à des efforts inconsidérés, jusqu’à ce ele soit épuisée. La fièvre s'allume , le sang s’échauffe , et se porte avec impétuosité vers les parties supérieures, où 1l produit souvent de nouveaux désordres dont les effets sont encore bien plus à craindre que ceux des prenuers. Les parois de la matrice, appuyées contre les os pubis et l'angle formé par la base du sacrum , contuses et en quelque sorte broyées par la tête de l'enfant, s'ouvrent quelquefois et se déchirent en ces end us ou dans un autre lieu plus éloigné, selon qu'elles y sont plus ou moins disposées, soit

par la foiblesse de leur tissu même, soit par les angles saillans que forment les parties de l’enfant resserré et comprimé de toutes parts dans ce viscére (1).

17952. Si l'inflammation de toutes ces parties, qui tapissent l'intérieur du bassin, se dissipe quelquefois après l’accouchement où la tête a été longtemps enclavée, quelquefois aussi, etirop souvent encore , la gangrène en est la suite. La chute des escarres dans ces derniers cas laisse des ulceres étendus et rebelles , des ouvertures plus ou moins larges au col de la vessie et à l'intestin rectum; pour comble d'infortune, lorsque la femme y survit, les urines et les matières fécales tombent contin élies ent dans le vagin qui leur sert comme de cloaque , inondent la surface de ces ulcères, en entreuennent la pourriture, et les oésert incurables, s'ils ne l’étoient déjà par leur nature même.

DE CARO E à

Des indications que présente l’enclavement , considéré exclusivement aux accidens qui en sont la suite.

1733. D'apres l'ébauche que nous venons de mäications faire des accidens de lenclavement, on voit com- Fab pes bien 1l seroit salutaire de le prévenir, en termi- Re * nant l’accouchement à propos. Si nous ne pouvons toujours procurer ce bonheur à la mére et à l’en-

fant, au moins devons-nous opérer sans ‘délai,

(1) Voyez l’article sur la rupture de la matrice.

116 BA RIT lorsque nous avons reconnu que l'enelavement Be exIste ; à moins que les circonstances particulières qui en sont déjà la suite ne présentent des indications plus pressantes encore, et n exigent des moyens qui deviennent alors préparatoires a l’accouchement ; tels que la saignée , Les bains, les topiques émolliens, etc. quoiqu'il soit à craindre qu'ils ne soient employés inuulement, ne pouvant remédier à la première cause de tous ces accidens, qui est l'enclavement même.

Indication 1734. L'extracuion de l'enfant est l'indication prcipile. principale ; mais les moyens de l'opérer doivent être variés selon l’état de cet enfant, et celui des parues dé Ja mère.

Méthodedes 1735. Les anciens se servoient de crochets pour nie . démembrer la tête et l’exiraire ; et quelques-uns, jusqu'au milieu du siècle débuine ne les enployoient qu'après avoir ouvert le crâne plus méthodiquement avec d’autres instrumens, et lavoir vidé. Plusieurs, parmi les modernes, ont proposé des filets diversement arrangés, qu'on a fort heureuseruent encore oubliés depuis l’invenuon et la perfection du forceps. S1 les premiers se croyoient réduits à la déplorable nécessité de muüler lenfant, les derniers portoient tous leurs soins à le conserver.

1556. ' Mauriceau, dont l'ouvrage est encore irès- RER pensort que €'éloit une cruauté nécessaire de bai donner la mort Jorsque la tête étoit enclavée, pour sauver la mére dont la perte ne lui paroissoit pas moins inévitable, si l'on ne prenoit ce parti ; ; et de la lotte, plus üumide, attendoit qu'il fût privé de la vie pour lui ouvrir

le crâne et l’extraire avec des crochets. La conduite de lun ne paroîtroit pas plus excusable aujourd'hui que celle de l'autre, et de pareils procédés ne pouvoient être tolérés que dans le temps où vivoient leurs auteurs, l'art n'ayant pas alors compté parmi ses maitres les Smellie , les Levret, et tant d’autres qui devoient l’enr be de leurs découvertes, et effacer en qnelque sorte jusqu’ aux traces de cette ancienne barbarie, si l’on avoit su tirer plus de fruit de leurs Hills et de leurs méditations.

1737. Si le forceps, dans la circonstance fà- Meees cheuse dont 1l s'agit, ne met pas toujours MeQNE cd vert la vie de l'enfant, déja plus on moins languis- Puforceps. sante au moment où on l'emploie, on avouera du moms qu'un grand nombre de ceux qu'on auroit immolés pour le salui de la mère, lui ont été redevables de leur existence ; et d’autres, de lavan-

tage de pouvoir être ondoyés et méme bapusés. Quoique cet instrument ajoute peu à la somine des accidens qu'éprouve alors la mère, si lon s en sert avec méthode et discernement, 1l peut

y ajouter assez cependant pour qu ’on soit en droit de lui préférer , : dans certaines occasions, Îles crochets et autres instrumens destinés à ouvrir la tête, si l’on pouvoit avoir des signes certains de la mort de l'enfant,

1755. Le levier, publié et tant vanté dans le Da levier. cours du dernier siècle, a tous les inconvéniens du forceps dans le cas d enclavement, sans avoir aucun de ses avantages, comme nous l'avons démontré ci-devant, quoique quelques Accoucheurs lui donnent encore la préférence. Ce seroit

L'opération césarienne.

l'instrument qu conviendroit, s'il pouvoit s’insinuer dans le lieu même des points de contact qui constituent essentiellement l’enclavement, si la plus grande épaisseur d’une tête véritablement enclavée se trouvoit engagée à la hauteur de ces mêmes points, et si cette tête n’avoit à passer que d'un lieu resserré dans un plus. large. Le levier seroit linstrument le plus propre à lui faire fanchir ce premier pas; mais 1l ne faudroit pas en atterdre davantage. Son uulité se borneroit à cela, tout ce qu'on lui a attribué de plus étant 11lusoire.

1739. L'opération césarienne, recommandée par Aœderer dans ce qu 1] appelle paragomphose complète , où la tête, dit:1l, est serrée de toutes parts contre le bord RU TS du bassin et ne fait plus qu un corps avec lui, en exposant la vie de la mère, n’offriroit pas un bonheur plus certain à l'enfant (1), quoique l’enclavement ne soit jamais

(1) Nous garderions le silence sur les fautes qu’on a commises à cet égard, si elles ne nous paroissoient plus propres que toute autre chose à graver profondément dans l'esprit des jeunes Praticiens tout ce que nous avançons sur l’inutilité et le danger &e l'opération césarienne ,.dans le cas où la tête de l’enfant est réellement eh Un Chirurgien, digne de quelques égards par rapport à sa modestie , nous a assuré avoir coopéreé à cette opération Al y'a quelques années, dans un cas à peu pres de cette espece ; et qu'après avoir dégagé le tronc de l’enfant, un omis robuste , monte sur le Jit de lopéree, ia obligé de tirer dessus de toutes ses forces , et long- temps, pour extraire la tête qu'un autre no d’une main portée dans le vagin. Ce qui nous

‘tonna davantage, fut d'apprendre que la femme eût

tel que l’a publié cet Auteur. Ses avantages, si on pouvoit lui en accorder alors quelques- -Uns, seroient bien inférieurs à ceux de la section du pubis. La circonstance dont il s'agit seroit même celle où cette nouvelle opération auroit le plus de succés, si les os pubis s'écartoient avec aussi peu d’inconvéniens que l'ont assuré ses partisans; car leur

survécu à cette opération, pour n'être victime que d’une indigestion au temps où l’on comptoit le plus sur sa guérison.

L'Académie de Chirurgie a reçu, dans le cours de 1768, un exemple bien plus alarmant neue de unneanse de certains Chirurgiens adonnés à l’exercice de lArt des Accouchemens. On avoit d’abord tenté inutilement : usage des crochets et d’autres moyens , jusqu’à écraser la tête de l’enfant, qui étoit engagée profondément dans le bassin. Quoique la femme par ût sans ressource, l’Auteur de l’observation , aussi peu instruit sur cette partie: -de la Chirurgie que ceux qui l’avoient précédé , 110 opération césarienne ; “et ne pouvant faire remonter la tête qui avoit déjà franchi , ajoute-t-1l, le col de la matrice, 1l eut recours à la section du pubis pour l’extraire par la route naturelle : ce qui fut tenté vainement encore. Que restoit-il donc à faire? il coupa le cou de l’enfant dans la matrice même, par la voie qu avoit ouverte l’ opération césarienne , fit ensuite l’extraction du corps par cette voie, et celle de la tête par la naturelle, ‘un peu élargie au moyen de la section du pubis. La femme ne vécut que, le temps nécessaire pour supporter tant de douleurs ; et à l’ouverture du cadavre, on vit que le petit diametre cr détroit supérieur n’avoit que deux pouces et demi, l’oblique trois pouces et demi , et le transverversal trois pouces deux lignes. Le cas que présente cette chservation est plutôt de l'espèce désignée aux . 1745 et suivans, que de celle de l’enclayement qui fait le sujet de cet article,

Conduite qu'il fiut tepir quand il y à enclavement.

écartement favoriseroit sûrement l'issue de la tête, en faisant cesser un des points de contact qui la retiennent fixée (1).

1740. Toutes les fois que l’enclavement laisse’ entrevoir la possibilité d'extraire la tête avec le forceps, 1l faut y avoir recours : les ‘cas, sil en existe, où 1l ne puisse suffire, doivent étre excessivement rares. Aucun autre moyen ne doit entrer en parallèle avec lui quand Penfant est vivant, jusqu’à ce que les avantages de la section du pubis soient mieux constatés, s1 le temps parvient à nous démontrer qu’elle puisse en avoir en quelques occasions; mais lorsqu'on est certain de sa mort, surtout si les parties de la mére sont dans un

état d’inflammation et de souffrance, il vaut mieux

ouvrir le crâne et le vider, pour entraîner la tête avec les crochets, que de se servir du forceps : cette dernière méthode ayant l’avantage de faire cesser la force des points de contact qui constituent l’enclavement, au lieu que le forceps, en quelques cas, Les laisse subsister et même les augménte un peu, ce qui peut donner lieu à de nouveaux accidens, ou aggraver ceux qui existent deja,

1741. Avant d'entrer dans le détail de toutes ces opérations, et des instrumens qui y sont desunés, il est à propos de faire connoître en quoi une tête qui est véritablement enclavée diffère de celle qui n'est qu'arrêtée au passage.

(1) Voyez ce qui concerne la section du pubis. x

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