ARTICLE IT
Des cas qui exigent l'usage des instrumens tranchans applicables sur l'enfant, et, de la manière d'employer ces instrumens.
SECTION PREMIÈRE
De l'usage des Crochets et autres instrumens de cette espèce applicables sur la tête.
1920. Si l’on fait attention à la forme des cro- De la mathets et à leur manière d'agir, on verra qu'ils ne pense conviennent pour extraire l'enfant qu'autant que géuéral. le rapport des dimensions de la tête avec celles du bassin est à peu près dans l’ordre naturel: car leur acuon ne sauroit tendre directement à diminuer la grosseur de cette partie, comme le forceps qui agit sur deux points de sa surface diamétralement opposés. Ce n’est donc que dans ce cas, et au dé-
faut du forceps encore, que l’on doit s'en servir.
1921. Quand le rapport des dimensions nécessaires à l’accouchement n'existe pas, le crochet ne sert d’abord qu'à ouvrir le crâne en le déchirant, et à préparer une issue au cerveau; ce n'est qu'au moyen de l'affaissement qui en est uue suite, qu’on parvient à extraire la tête. Mais cette manière d'agir n’est pas toujours exempte d'accident, et on peut ouvrir le crâne plus méthodiquement : nous dirons ci-après comment il faut y procéder.
332 LA ROT 1922: L'usage des érochéts dort étre très-borne :
quoiqu'ils puissent pénétrer également le tissu de toutes les parties de Penfant, on ne doit les appliquer que sur la tête, et tout au plus sur le haut du tronc quand il a été décapité au passage, C'est à-dire quand on lui a arraché la tête.
2 re - 1923. Les causes qui doivent nous engager à les
cours au ero EMployer exclusivement, sont toutes celles qui
ser exigent quon termine tn hobuout sans délai, He le temps où la tête de l'enfant mort occupe le fond du bassin ; ou bien forsqu'on ne peut, sans danger pour la mére, la déplacer et aller chercher les pieds, quoiqu ‘elle soit beaucoup moins enga— gée; comme dans le cas où les eaux sont écoulées depuis iong-temps , où la matrice est fortement contraciée, tendue et: doulourense; dans celui enfin où la tête se trouve déjà teilement amollie par la putréfacuon , que le forceps ne sauroi À trouÿŸer une prise assez forte pour l'entrainer.
ip Dendroi 1924. l n'est pas indifférent pour obtenir le
jf faut l'appli. SUCCÈS Qu'on se propose, d'appliquer le crochet
quer. sur tel ou tel point du crâne, En ie plaçant sur
‘16 Je rebord supérieur de l'orbite, ou sur lapophyse pierreuse du temporal, comme l'ont fait la plupart des Praticiens , soit anciens ou modernes, la tête re peut avancer qu'en présentant son plus grand diametre de front, et en se renversant sur le dos, ou sur l’une des ‘épaules de l'enfant; ce qui fait, le plus souvent, qu'on ne peut l'exiraire sans la démembrer et donner issue au cérveau, même quand elle est d'un volume ordinaire relativement à la capacité du bassin. C’est
sur l’occipat qu'il faut implanter le crochet quand
DES ACCOUCHEMENS. 209 la tête vient la première ; et sur la mâchoire supérieure ou sur le front, lorsque nous sommes obligés de l’employér dans les accouchemens contre nature, aprés la sortie du tronc. En agissant de cette manière, on fera descendre la tête en offrant une de ses extrémités , et elle ne présentera dans tous les temps de sa sortie que ses plus petits diamètres. Il faut avoir égard de plus à la direction particulière qu’elle doitsuivre , dans chaque position où elle peut se présenter, pour traverser le bassin avec le moins de difficulté possible. :
1922. Comme les parties de la femme doivent Précantions être à couvert'des atteintes de la pointe du crochet, ee ao dans tous les instans de l’opérauon, on la dirigera rant. du bout de quelques doigts, pour l'appliquer : et on placera le: pouce au-dessous du lieu ou elle sera implantée, pour la recevoir , en cas qu'elle vienne à s'en dégager daï.: les efforts qu'on fera pour entraîner la tête. L'accoucheur prendra d’ailleurs , dans ce dernier moment, les précautions nécessaires pour ne pas se blesser lés doigts. Le crochet à gatne* inventé par Levret, n'avoit d'autre avantage que celui d'épargner ces derniers soins à l'opérateur, et d'empêcher que la pointe, en se dégageant inopinément, ne déchirät le col de la matrice Ou d'autres parties : mais 1] étoit bien moins commode que le crochet simple.
1926. Il arrive souvent que les Chirurgiens de la campagne , et les Sages-femmies même, substtuent au crochet des Accoucheurs une sorte de crochet destiné à des usages domestiques; comme celui qui suspend, en quelque lieu , la lampe du
paysan, elc.; ce qui en rend l’application plus difficile, et bien moins sûre pour la femme. Nous leur ferons connoître ici un instrument qu'ils pourrontse procurer partout , el qu'ilstrouveront, au besoin, sous la. main, dans la chaumière de l'mdigent, comme dans l'habitauon du riche. Il se compose d’un cylindre de bois, de la grosseur du petit doigt, long de deux pouces et arrondi à ses extrémités, au milieu duquel on attache un ruban de fil de l'étendue d’une aune au moins. On ouvre le crâne de l’enfant avec la pointe des ciseaux, ou d’un couteau ordinaire; on y introduit en entier le peut cylindre de bois, qui se place en travers sur l'ouverture , et l’on üre sur les deux clefs du ruban (1).
S.£.c.7r 1 0 N. II.
Des causes qui doivent déterminer à ouvrir le crâne . 4 : de l'enfant.
Los ca où, 1007: Le défaut de rapport de dimensions, “rare de-CRtre la tête de l'enfant et le bassin de la mere, l'enfant. qui exige qu'on alt recours aux Instrumens de l'espèce des crochets, est bien différent de celui qui ne dépend que de la mauvaise situation de la
tête même, et qu'on peut faire cesser en chan-
(x) Cet instrument agit à la manière du tire-tête à bascule de Levret, tres-connu des Accoucheurs , et ne sauroit avoir le$ mêmes inconvéniens que le crochet dont nous venons de parler, en des mains peu exercées. C’est à M. Danavia, Chirurgien-Accoucheur à Surina, que nous en devons lidée.
geant sa direction ; 1l est tel que les dimensions du crâne surpassent en longueur, et dans toutes les directions possibles, celles du détroit qu'il ne peut franchir. Ce défaut de rapport peut dépendre de ce que les dimensions du bassin sont plus petites que dans l'état naturel, ou celles de la tête beaucoup plus grandes : quelquefois aussi ces deux défauts se rencontrent en même temps.
1928. Il est rare que les diamétres de la tête surpassent les dimensions naturelles du bassin , à moins que l’enfant ne soit hydrocéphale ; mais 1l arrive souvent que les dimensions du bassin vicié sont inférieures à celles dont la tête jouit ordinairement : ce qui constitue deux états bien différens, quoique présentant à peu près les mêmes indications relativement à l'accouchement.
1929. Toutes les personnes de l’arisavent qu'on De xd donne le nom d'hydrocéphale à la collection d'esa fr." qui se forme dans l’intérieur du crâne, et quelquefois aussi à une espèce d’anasarque qui se borne à la surface de la tête, quoiqu’elle ne sôit pas une véritable hydropisie. Nous ne parlerons ici que de la première espèce (1), et nous le ferons sans avoir égard à la distincuon qu’en ont faite quelques Auteurs, C'est-à-dire, sans déterminer le véritable
(x) Nous doutons qu'il ait existé de ces tumeurs aqueuses assez considérables pour mettre de grands obstacles à l'accouchement, comme il s’en est trouvé am bas du tronc, et qu’on eût été obligé de les ouvrir dans la vue de favoriser l’expulsion ou lextraction de l’enfant : mais dans tous ces cas une simple ponction faite avec un trocar, la pointe des ciseaux ou d’un couteau ordinaire, suflit pour évacuer les eaux.
| 236 L'ART | siése de l’épanchement , ne considérant ‘cette maladie que relativement aux obstacles qu'elle peut mettre à l'accouchement.
De ses ef 1930. Tous les enfans hydrocéphales ne sont Eee pas dans l'impossibilité de naître naturellement, couchement. parce que l’épanchement n’est pas toujours assez considérable pour s'y opposer. Souvent l’accouchement n’en devient qu'un peu plus long et plus pénible ; la tête, qui ne contient que peu d’eau, étant assez souple , s'accommode insensiblement à la filière que lui offre le bassin, quoique bien conformé , et le traverse enfin. Mais 1l n’en est pas de même quand la collection est telle qu'elle écarte les parois du crâne et en augmente le volume au point que la tête égale ou surpasse la srosseur de celle d'un adulte ; l'accouchement est alors impossible sans les secours de l’art. Signes de 1931. Il est facile de reconnoître cette maladie ‘ins à l’état des sutures et ‘des fontanelles : celles-ci surpassent quelquefois la largeur du creux de la main, et éelles-là l’étendüe d’un travers de doigt et même de deux. Les os du crâne sont en outre beaucoup plus minces et plus souples que dans l’état naturel, surtout vers leurs bords. La tête, qui est molle, se durcit pendant la douleur, comme le fait Ja poche des eaux avant qu'elle ne soit ouverte, et se détend aprés cet instant. Ces signes sont tellement apparens au toucher, qu'ils ne peuvent être méconnus, même des jeunes Pratictens. Indication 1932. L'hydropisie du crâne, portée au point Fire. d'en augmenter ainsi le volume (1), est une mala-
l'hbydrocéphale, eu €sard à l’Ae-
rouchement,.
(1) Dans un cas de cette espèce , quatre pintes d’eau,
die si dangereuse pour l'enfant, qu'aucun Praticien, je pense, ne proposera l'opération césarienne pour le retirer vivant du sein de sa mere ; car ce seroit trop exposer celle-c1, pour un enfant qu’elle auroit la douleur de voir expirer au moment de sa naïssance , ou peu de temps apres. T1 vaut bien mieux donner issue aux eaux , en plongeant la pointe des ciseaux, celle d’un bisiouri, d'un trocar, ou d’un couteau ordinaire, dans le trajet d'une suture, ou sur une fontanelle. Souvent cette ponction suffit pour mettre la femme dans le cas d’accoucher seule, comme le prouyele fait suivant. 4 “rés 1933. Une infortunée qui depuis deux jours seObservation,
livroit vainement aux efforts de l'accouchement , accusant sa Sage-femme d'ignorance ,'en fit appeler une autre, de qui elle reçut en' effet des secours plus efficaces. Trouvant à l’orifice. de la matrice: une tumeur molle.et flasque, quu se durcissoit pendant la douleur, sepersuadant que lesmembranes étoient encore enticres , que la; femme en travail n’avoit rendu que des fausses-eaux ; celte seconde Sage-femme essaya,. mais: in utilement, d'ouvrir cette poche: avec le doigt ,:y; plongea, ensuite: la pointe de ses ciseanx, etdonnaissue, par ce moyen, aux eaux qu’elle regardoit comme celles de Fam. nios ; après .quot la tête de enfant S’engagea, mais sous une forme tellement extraordinaire, qu'elle fat elle-même -déconcertée ;-et fit, démander.un. Accoucheur, qui n'eut qu'à dissuadér les parens
mesure de Paris!, Versées dans de crâne de l’enfarit;meile remplissoient encore que tres-imparfattement.