Tome IT, Q
242 L'ART 7 pour l'affaisser, et on l'entraîne, soit avec les doigts recourbés en dedans, ou le crochet appliqué sur l'occiput.
Roanne LME Si on avoit entrepris d'amener l'enfant vrir le crâne par les pieds, dans le cas où le bassin n'a pas Re assez de largeur pour le passage de la tête, il les pieds. faudroit ouvrir le crâne avec le même soin. Mais comme l’on ne peut alors porter l'instrument dans le trajet de la suture sagittale, on incise au milieu du front, sur l’une des branches de la suture coronale , ou dans la direction,de la suture lambdoïide ; on tâche de faire une section angulaire, au moyen de laquelle on abaisse et on renverse aisément le sommet de l’occipital ou de l'une des deux parties du coronal , ou bien on les enfonce en dedans pour préparer une issue plus hbre au cerveau. En se conduisant ainsi on s'épargne beaucoup de difficultés, et on prévient souvent la détroncation de l'enfant.
1942. Toutes les fois qu'on a vidé le cräne de l'enfant, il est à propos de faire des injecuons d’eau tiède dans la matrice, après avoir délivré la femme, pour entraîner les débris du cerveau, qui pourroient être retenus dans ce viscére ou dans le vagin; mais elles ne sont nécessaires que dans le premier moment.
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De la rétention de la téte de l'enfant dans le sein de la femme après l'arrachement du tronc, et de celle du tronc après l'arrachement de la téte.
1043. I] arrive quelquefois dans les accouche- De rarra-
mens contre nature où l'enfant vient par les pieds, a du qu'on arrache ou qu’on sépare le tronc d’avec la tête, et que celle-c1 reste dans le sein de la femme. Si l’homme instruit peut toujours s’épargner le désagrément d’un pareil événement , il ne peut également se flatter de ne jamais être appelé après que d'autres auront exercé de semblables manœu vres, et auront donné lieu à cette détroncation.
1944. On prévient l’arrachement du tronc de l'enfant, soit en dirigeant sa tête convenablement, soit en appliquant le forceps, on en ouvrant le crane pour donner lieu à son affaissement, cet accident étant la suite de l’omission de l’une ou de plusieurs de ces trois choses.
1945. La mauvaise conformation du bassin n’est Causes qui pas toujours la cause éloignée de cet accident, Eéuvent 7 comme on le pense communément. La tête de l'enfant peut s'arrêter à l’un ou l’autre détroit, quoiqu'ils soient assez larges pour lui donner passage s1 elle étoit bien dirigée. L'observation a souvent prêté son appui à celte vérité, puisqu'en bien des cas 1l n’a fallu que déplacer la tête séparée du tronc pour procurer à la femme l’avantage de s’en délivrer seule, ou d’en être délivrée sans autre secours que celui de la main. Quoique
244 EART dirigée convenablement, la tête n'est cependant as constamment à l'abri d’être séparée du tronc, si l'Accoucheur ne connoît d’autres régles pour lentraîner que celle de tirer sur ce dernier, surtout s'il se fait aider par des mains peu exercées; ou des personnes étrangères à l’art, comme on le voit dans quelques-unes des observations de Delamotte. Quelquefois ces dimensions surpassent iellement celles du bassin, qu’elle ne peut en aucune manière le traverser, surtout si les os sont assez solides et les sutures assez serrées, pour qu’elle ne puisse s’affaisser etse moulerà cetteespècedefilière: 1946. La putréfacuon excessive de l'enfant est encore une des causes prédisposantes à sa détroncation, pour peu que le bassin de la mère soit resserré; mais dans tous les cas ce sont les efforts peu ménagés que l’Accoucheur exerce sur le tronc qui en sont les causes immédiates ou eflicientes. 1947. Tous les Accoucheurs n’ont pas-regarde cet accident comme une chose fâcheuse, et qui méritât beaucoup d’attention, puisque quelquesuns au contraire y ont donné lieu dans l'espoir d’y trouver des avantages. Smellie, qui connoissoit mieux que personne de son temps les difhicultés et les ressources de notre art, conseilloit de trancher le cou de l'enfant au moyen du bistouri ou des ciseaux, afin d’écarter le tronc, de faire ensuite rouler la tête sur le détroit du bassin, d'y ramener le vertex et d'ouvrir plus facilement le crâne (1). Cetteconduite ne peut paroître répréhensible qu’à ceux qui feignent d'ignorer que la OAV TE DIE ANS di GerÈGe CHU CON ARLES PÈRE
(1) Voyez Smellie, trad, françoise, tome I, page 305.
. mort du fœtus précède toujours linstant de son décollement, et qu'il faut bien moins d'efforts pour le priver de la vie que pour en arracher le tronc et le séparer de la tête.
1948. Tous n'ont pas considéré non plus cet événement sous le même point de vue curaüf, les uns ayant pensé quon ne pouvoit trop promptement extraire la tête après sa séparation du tronc, et les autres, qu’on devoit en abandonner constamment l'expulsion aux efforts de la nature; mais l'erreur paroît avoir été le partage de ceux-ci et de ceux-là. La conduite qu'il faut tenir doit être différente, selon la nature des circonstances. Il n’y auroit pas moins d’inconvéniens à commettre l’expulsion de la tête aux soins de la nature indistinctement dans tous les cas, s’il en est où on doive le faire, qu’à procéder sans délai à son extraction. A combien d’écueils, par exemple, n’exposeroit-on pas la femme, en abandonnant ainsi l’expulsion d'une tête enclavée et fixée selon sa longueur dans le détroit supérieur, et bien plus encore celle dont le volume surpasse tellement la largeur de ce détroit, qu'elle n’a pu s'y engager quoique dirigée de la manière la plus favorable et ürée par des forces suflisantes pour en séparer le tronc ? Comment la nature pourra-t-elle s’en délivrer, chez une femme excédée de lassitude et épuisée par les efforts qui ont précédé la détroncation de l'enfant ? Nous connoissons les ressources de la nature, diront sans doute Îes partisans de l'opinion que nous combattons ; la putréfaction viendra à son secours, elle emploiera ce moyen pour relâcher l'union des os du crâne, pour la détruire même et les séparer ;
246 L'ART après quoi elle s’en délivrera en détail, comme on l’a observé chez plusieurs femmes, si la tête affaissée ou amollie ne peut encore traverser le bassin. Mais il seroit peu convenable de prendre de semblables exemples pour règles dans le cas dont il s’agit; car, pour une femme qui a échappé à tous les dangers qui naissent de la putréfaction et du long séjour de la tête, et dont on a eu le soin de nous transmettre l’histoire, un grand nombre d’autres, victimes de l’ignorance ou de la crédulité des personnes en qui elles avoient placé leur confiance, ont été ensevelies avec les tristes débris de leurs enfans,
pra 1049 Il seroit permis, tout au plus, d’abandon-
acc curé. ner l'expulsion de la tête aux efforts de la nature,
santes. dans le cas où ces dimensions sont assez inférieures à celles du bassin pour qu’elle le traverse aisément, si on pouvoit en avoir Ja certitude. Mais, comme on ne peut connoître ce rapport favorable qu'en portant une main dans le sein de la femme, si ce n’est à l’occasion d’un accouchement an terme de sept à huit mois, chez celle dont le bassin est bien conformé, pourquoi ne la délivreroit-on pas,” puisqu'on peut alors le faire avec une main seule et sans beaucoup de difficultés ? La nature trouve bien plus d’obstacle à expulser une tête séparée du tronc, toutes choses étant d’ailleurs égales, quand elle n’est pas profondément engagée dans lebassin, qu’à se délivrer de celle qui y est encore attachée, parce que, roulant en quelque sorte sur le détroit supérieur, elle y prend une situation différente selon l'espèce de frottement qu'elle éprouve, et bien rarement celle qui seroit le plus favorable à