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ne convient pas dans tous les cas, et la manière de s’en servir n’est pas arbitraire. ce application estsoumise à de certaines règles, et c’est de l'observation de celles-ci que déperident les avantages
10 | b° ACRPT u’on doit attendre de ce moyen. Appliqué sans méthode ou sans principes, loin d’en obtenir le bien qu on s’en promet, il ne sert quelquefois qu'à perpétuer les obstacles, et même à les augmenter dans la proportion des efforts qu'on fait pour les vaincre; de sorte qu'on ne peut, en plusieurs cas, terminer à son moyen l’accouchementquelanature auroit aisément terminé, si on ne l’eût pas contrariée.
1617. Le forceps n’avoit été proposé dans Îles premiers temps, que pour extraire Ja tête de l'enfant arrêtée au passage, et dans le cas seul où on
Ja soupconnoit enclavée. Si on considère sa forme,
Xl est dangereux quand on l'applique . sur Île bas du tronc de l’enfaut.
ses dimensions et ses rapports avec toutes les autres parties du corps du fœtus, on verra qu'il ne convient, en effet, jamais plus que dans ces sortes de cas : mais son usage, trop borné dans ces premiers temps, ne seroit-1l pas devenu depuis un peu trop général & ? Indépendamment de ce que des Praticiens l’ont recommandé pour aller saisir la tête au-dessus du bassin lorsqu elle ne peut s'y engager, qu elle qu en soit la position , d'autres l'ont prescrit pour l’extraire après la sortie du tronc, et même pour dégager les fesses lorsqu' elles sont trop avancées et trop: étroitement serrées dans ce canal osseux pour qu'on puisse les en extraire au moyen des doigts, ou les repousser pes aller prendre les pieds.
1018. Si le forceps pouvoit être compté parmi les ressources de l’art dans ce dermier cas, il ne faudroit le regarder que comme un moyen d’ se rer Ja sorte des ie , Mais non pas comme des plus propres à garantir la vie de lenfant. Si on l’appli-
quoit alors indistinctement , quels désordres ne produiroit-1l pas dans l’intérieur de la poitrine et du ventre de cet enfant? L’extrémité de la pince, en agissant sur les côtés des ces cavités, les réduit transversalement à la largeur d’un pouce et demi ou deux pouces, s1 l’on serre assez étroitement pour rencontrer le point d'appui nécessaire à l’extracuon des fesses, comme nous nous en sommes assurés sur plusieurs petits cadavres. On fracture, on déprime , ou l’on enfonce quelques-unes des côtes , on comprime fortement les viscéres, on contond le foie très-volumineux à cette époque de Ja vie, lorsque l'extrémité des cuillers s’avance à cette hauteur : ce seroit en vain qu'on chercheroit à assurer la prise de l'instrument, si on le plongeoit moins avant dans le sein de la femme, et si on ne le portoit pas à ce point sur les côtés de l'enfant.
1619. La mort de ce dernier, si on pouvoit en avoir la certitude quand le siége est fortement engagé dans le bassin , en nous rassurant contre le danger d’une pareille pression et des désordres qu'elle produit , ne devroit peut-être pas même nous déterminer alors en faveur du forceps, parce qu'il existe des moyens dont l'emploi est plus simple et beaucoup plus sûr, que cet instrument nous offre lui-même dans l'extrémité de ses branches ; les crochets mousses qui les terminent étant on ne peut plus commodes en pareil cas(r), et pouvant
(1) D’après l'utilité que j’en ai retirée plusieurs fois en de semblables occasions, j’avois fait construire une espèce de forceps en forme de crochets, pour extraire les fesses de l'enfant arrêtées au passage. Je me proposois de le
Ïl ne doit
être appliqué
que sur fa té-
te,
De la mamière d'agir du farceps.
le devenir bien plus encore au moyen des petites corrections indiquées au $. 1810.
1620. Le forceps ne doit être appliqué que dans les vues d'extraire la tête ; et ses avantages comme ses inconvéniens sont alors en raison du rapport qui existe entre les dimensions de cette partie et celles du bassin. Quand ce rapport est dans l’ordre naturel, le forceps bien dirigé ne porte aucune atteinte défavorable à la mère m1 à l'enfant ; mais Jun et l’antre en recoivent des impressions plus ou moins fortes, lorsque ce rapport n'existe pas, et que la tête ne peut traverser le bassin, sans éprouver une réduction sur elle-même.
1621. On pense communément que le forceps ne sauroit comprimer la tête dans un sens, qu'il ne la contraigne de s’allonger dans un autre; que ces changemens se font dans les mêmes proportions ; que la boîte du crâne n’en souffre aucune diminution, et que le cerveau n’en est que foiblement affecté. De pareils avantages rendroient le forceps bien plus oednine Lt encore qu'il ne l’est; mais 1l s’en faut de beaucoup que ses effets soient tels. En comprimant la tête dans une direcuon quelconque, 1l ne peut la forcer de s’allonger dans une autre, ou bien elle s’allonge de si peu de chose, que cela ne sauroit compenser ce qu elle perd dans le premier sens. S'il la comprime de quatre hgnes,
publier avec quelques chan gemens qui devoient le rendre propre à d’autres vues ; mais je n’ai pu vaincre ma répugnance pour tout ce qui tend à accroître le nombre de nos instrumens , qui m'a toujours paru trop grand : d’autres l'ont peut-être fait depuis:
la cavité du crâne diminue presque toujours dans les mêmes proporuons, et le cerveau en est singulièrement fatigué. Pour mettre ces vérités hors de doute, supposons la tête enclavée et fixée selon sa longueur entre le pubis et le sacrum de la mére , copoee d’enclavemert pour laquelle on a spécialement recommandé usage de cet instrument. D’après la maniere dont la plupart des Praticiens le dirigent encore aujourd’hui, 1l semble qu'ils se persuadent que la tête est toujours dans cette position.
1622. S1 on applique alors le forceps sur lescôtés de la tête, en la comprimant d’une protubérance pariétale à l’autre, on ne la forcera certainement pas de s’allonger de l’occiput au front, n1 même de reprendre ce qu'elle a dû perdre dans ce sens. pour s'enclaver puisque ces deux parties sont dans un contact très-serré avec le bassin. Si le forceps tendoit à porter l'occiput en avant et le front en arrière , 1l ne feroit qu’augmenter la force de ces deux points de contact avec Le pubis et le sacrum; ces os ne pouvant s'éloigner du centre du bassin, n1 le cercle intérieur de cette cavité s’agrandir en aucune mamiere. La tête ainsi fixée ne sauroit d'ailleurs s ‘allonger de sa base à son sommet, si ce n'est peut-être de bien peu de chose, le sinus de l'instrument étant de beaucoup trop resserré en enbas, pour que cet effet devienne très-remarquable, quand la disposition et la solidité des os du cräne s’y prêteroient davantage : ce qui ne peut en aucun cas compenser ce qu'elle perd dans le sens où elle est comprimée. Si le forceps appliqué de cette manière diminue l’é épaisseur transversale du crâne,
14 L'ART ce n’est qu'en déprimant les pariétaux , en les aplaussant , et bien plus, en quelques cas surtout, en les faisant passer l’un sur l’autre par leur bord supérieur : ce qui ne peut se faire que la capacité qui contient le cerveau n’en soit rétrécie , que ce viscére n en soit comprimé, et que son organisa: tion ne s’en trouve plus ou moins altérée.
Fc 1623. On ne doit pas argumenter des effets du tion du for- forceps par ceux que la tête éprouve quelquefois ceps. en traversant naturellement un bassin dont l’entrée est resserrée, parce quil n’y a presque pas de parallèle à établir entre ces deux cas; la forme de la filière qu'un pareil bassin présente à la tête n'étant pas la même que celle que lui offre le forceps, et les forces de l’art ne pouvant jamais être aussi graduées ni aussi bien combinées que celles de la nature.
1624. Poussée pendant des heures entières par les agens naturels de l'accouchement, la tête devient insensiblement plus souple, plus molle, et acquiert, mais à la longue, les dispositions nécés saires pour se mouler à la fie du bassin. Si elle s'aplatit alors dans un sens, elle s ‘allonge réellement de l’autre; la fotié du crâne ne fait que
s changer, et sa er se rétrécit si peu, que le cerveau en est à peine fatigué. Nous avons recu des enfans dont la tête paroissoit avoir perdu neuf à dix hignes de son épaisseur, en traversant le détroit supérieur , et sembloïit s'être allongée dans les mémes proportions non compris le volume de la tumeur qui s'étoit formée au cuir chevelu , audevant de la fontanelle postérieure. La tête de plusieurs de ces enfans avoit au-delà de six pouces
et demi, même sept pouces de longueur, du menton à la cime de cette tumeur, pendant que son épaisseur , prise d'une protubérance pariétale à l’autre, n’étoit que de deux pouces et demi à trois pouces moins un quart dans les uns, et de trois pouces dans les autres (1). En bien peu d'heures aprés la naissance, la tête de ces enfans reprit spontanément l'épaisseur qu'elle avoit perdue dans l'accouchement, et perdit de sa longueur ce qu'elle avoit acquis. Non-seulement la tête se déforme ainsi dans quelques cas, mais nous observons encore qu'elle se -ecourbe selon sa longueur, en manière de croissant; de sorte qu’un de ses côtés est légèrement concave et l'autre arrondi, sans que cela porte la moindre atteinte à la vie.
1625. Loin que tous les enfans qui ont à traverser un bassin dont le petit diamètre est au-dessous de trois pouces d’étendue, jouissent du même bonheur que ceux dont nous venons de parler, la plupart périssent avant de naitre. Dans le nombre de ceux que nous avons soumis à l'examen anatomique , les uns avoient des fractures aux os du crâne avec enfoncement des pièces fracturées ; chez d’autres ces mêmes os étoient déprimés profon-
(1) M. Solayrès nous fit part un jour, dans ses leçons, d’un enfant, qu’il avoit reçu la veille, dont la tête, au moment de sa sortie, avoit huit pouces moins deux lignes de longueur, mesurée entre les deux premiers points indiqués, tandis qu’elle n’avoit conservé que deux pouces cinq à six lignes d’épaisseur , et que dès le lendemain de accouchement cette tête jouissoit des dimensions ordinaires.
dément sans fractures; et dans tous le péricrâne et la dure-mèêre étoient détachés des pariétaux aux environs des sutures ; la substance qui unit ces os étoit déchirée, ce qui dénote qu'ils s'étoient considérablement chevauchés ; 1l y avoit des engorgemens profonds et desépanchemens danslecräne, ainsi que sur plusieurs endroits de sa surface extérieure. Le sort de ces enfans est donc différent selon que les os qui forment le crâne ont plus ou moins de solidité, et que les sutures sont plus lâches, ou plus serrées.
1626. Les effets du forceps, toujours à redouter pour l'enfant quand il existe un défaut de proportion entre sa tête et le bassin de la mére, doivent l'être plus ou moins en raison de ces différens états des os du crâne. Les Accoucheurs qui se persuadent qu'on peut diminuer sans danger le volume de la tête de six lignes et plus, avec cet instrument, n'en jugent, suivant toute apparence, que d'après quelques observations semblables à celles que nous venons deciterau$. 1624, et non d’après les effets du forceps même. Ils évaluent le degré de compression que la tête éprouve entre les serres de l'instrument, par le degré de force qu'ils emploient pour la comprimer et l'extraire; par l’écartement de l'extrémité des branches qui est au dehors, et le degré de rapprochement qu'elles éprouvent dans l'opération, ou l'étendue qu’elles parcourent pour se mettte en contact. Pour un exemple heureux que ces Praticiens allèguent en faveur de leur assertion , ils en passent peut-être dix autres sous silence, qui, quoique malheureux, auroient pu également nous instruire. Les expé-
rlences
riences suivantes pourront jeter quelque jour sur le degré de réduction que la tête peut éprouver entre les serres du forceps.
1627. Ces expériences ont été répétées de suite sur neufenfans morts à l'instant de leur D ss ou peu d'heures aprés, qui étoient d'une grosseut différente, quoique tous parfaitement à terme. Pour les rendre plus concluantes, nous fimes en sorte de restiiuer à la tête de ces enfans, en Îa plongeant dans l’eau chaude et en la pétrissant un peu avec les mains, la souplesse que présente au toucher celle des re vivans, et nous nous ser vimes du forceps allongé dontilest parlé au K.1614. Nous nous en procurâmes trois semblables, de la meilleure construction et de la meilleure trempe. Nous appliquâmes cet instrument d’abord selon l'épaisseur transversale de la tête, comme nous le recommandons ailleurs ; et ensuite suivant la longueur du crâne, c'est-à-dire, une branche sur le milieu du front en descendant de la fontanelle à la racine du nez, et l’autre sur l’occiput; pour connoître la réduction qu’on pouvoit opérer dans ces deux directions , et ce que la tête acquéroit dans un sens, en perdant selon l’autre. Quel que soit ke degré de aitale que laissèrent entre elles les PA Sa du forceps à l'extrémité qui se termine en crochet, toutes les fois qu’elles furent placées surles côtés dela tête, nous les rapprochämes exac. tement, et nous les fixâmes dans cet état de contact au moyen d’un ruban, pour que la réducuon de la tête ne variät point pénd: ant que nous mesurerions de nouveau ces dimensions, et que nous les comparerlons à celle qu'elle avoit avant lexpé
T'ome IT. B
rience. On ne pourra pas nous objecter que la tête de tous lesgænfans qui ont servi à ces expériences auroit pu être réduite davantage que nous l'avons fait, entre les serres du forceps, puisque dans toutes nous avons rapproché les branches de cet instrument jusqu'à ce qu’elles se tonchassent à l'extrémité opposée à ces mêmes serres, et que les forces que nous y employämes, tantôt avec les mains seules, et tantôt au moyen du ruban qui servoit à rapprocher et à lier ces branches, furent telles que les trois forceps d'élite que nous nous étions procurés se trouvérent faussés et déformés au point de ne pouvoir servir sans être retouchés par l’ouvrier. Voici le résultat de ces expériences.
1628. La tête du premier enfant, qui étoit de trois pouces et un quart d'épaisseur d'une protubérance pariétale à l'autre, n’a pu être comprimée que de trois hgnes selon cette direction; et loin de s'allonger du front à l'occiput, quoiqu'elle fût hbre sur une table, elle perdit plus d'une ligne dans ce sens, et trois autres lignes, depuis le menton jusqu'au-dessus de la fontanelle postérieure. Les pariétaux se croisérentsupérieurement d’une ligne et demie, et parurent s’avancer d'autant sur le bord du coronal et de l'occipital. Cette même tête, prise du front à l’occiput, fut comprimée de huit lignes ; etles branches du forceps, alors écartées d'un pouce trois quarts, ne purent être rapprochées qu’à la distance de six lignes, malgré la force que nous y employämes. À ce degré de compression Îa suture sagittale s’est ouverte, les tégumens se sont déchirés vers le milieu de cette suture, et une portion du cerveau s’est échappée.
DES ACCOUCHEMENS. 19 1029: Une autre tête de la même épaisseur n’a pu être réduite que de deux lignes, et sa longueur, qui étoit de quatre pouces, n'a point varié. Prise selon cette dernière dimension , nous n’avons pu la comprimer que de trois lignés ; et pour y parvenir, les forces que nousemployämes furenttelles, que l'instrament perdit quatre lignes de ces conrbures, c'est-à-dire, que les PRE après l’expérience , offrirent quatre lignes d'écartement de plus que celui qu'elles hot a leur extrémité. 1630. Une troisiéme tête, de trois pouces deux lignes d'épaisseur, n'a pu être réduite que de deux linés dans ce sens, et de cinq ensuite selon sa longueur. Ces trois Fe n'ont rien acquis en Jongueur pendant qu'on les comprimoit transversalement, et ne se sont pas augmentées selon cette
da fes quelle que füt la réduction qu ‘elles
éprouvérent du front à l'occiput.
1651. Une quatrième, de trois pouces quatre lignes d'une bosse pariétale à l’autre, mais plus molle que les précédentes, et ayant dés sutures et les fontanelles plus liches, fut comprimée de quatre lignes avec plus de facihté que la seconde et la troisième ne l’avoient été de deux seulement,
et sa longueur s'en trouva plus grande d’une de-
mi- ligne. Prise entre les serres du forceps, sui
vant cette dernicre dimension, elle a pu être ré».
duite de huit lignes, mais son épaisseur n’en devint pas plus g ééinde:
1632. La cinquième tête, aussi molle que la quatrieme, et ayant deux lignes d'épaisseur de moins, étant comprimée avec le même degré de force, ne
perdit également que quatre hignes , et n’angmenta
nullement selon sa longueur. Prise du front à locciput, elle perdit un demi-pouce, mais son épaisseur resta la même.
1633. La sixième, qui étoit de l'épaisseur de irois pouces seulement, fut réduite de quatre lignes et demie, et ne s’allongea en aucune manière. Pressée dans la direction du front à l’occiput, elle se réduisit de huit hgnes, et son épaisseur en devint plus grande d'une seule. Dans ce degré de réducuon , la région de la fontanelle antérieure est devenue très-saillante, et une ouverture de six lignes, faite avec le bistour1, donna issue à l’instant à une portion de cerveau de la grosseur d'un œuf de poule.
1634. Une septième tête, de l'épaisseur de trois pouces et un quart, n'a été comprimée que de trois lignes : et une bhuiuème, de trois pouces huit hignes , n’a pu l'être que de trois et demi (1).
1635. On peut conclure d’après ces expériences, 1°. que la réduction qu’éprouve la tête de l'enfant entre les serres du forceps, est différente à quelques égards, selon que les os du crâne présentent plus ou moins de solidité au terme de la naissance, et que les sutures, ainsi que les fontanelles , sont plus ou moins serrées ; 2°. que cette réduction ne sauroit être, en aucun cas, aussi grande que des
(x) Il n’est peut-être pas inutile de faire observer que nous avions pris les dimensions de toutes ces têtes avant l'expérience , au moyen d’un compas d'épaisseur, et que nous avions marque avec de l'encre les points où portoient les branches de cet instrument, afin de les mesurer de nouveau entre ces mêmes points, dans l’état de la plus grande réduction que nous pourrions obtenir.
Accoucheurs l'ont annoncée, et qu’elle ira difficilement et bien rarement au-delà de quatre à cinq lignes, lorsque l'instrument agira sur les côtés de la tête; 3°. qu on ne doit jamais évaluer son étendue d apr ès l’écartement des branches de l'instrument, à l'extrénuté opposée à celle des serres , et le degré de rapprochement qu’on leur fait éprouver avant d'extraire la tête, ni d'apr ès les forces qu'on emploie pour les rapprocher ainsi; 4°. enfin, que les diamètres qui croisent celui suivant Par: on comprime la tête, loin de s’augmenter € lans les mêmes proportions que celui-ci du ne s'angmentent pas même pour l’ordimaire d’un quart de ligne, et en deviennent quelquefois plus petits.
* 1636. On objectera peut-être qu'une tête plus volumineuse que celle des enfans dont nous venons de parler, et que nous avions prise au hasard parmi beaucoup d’autres, éprouvera une plus grande réduction que nous ne l’avons obtenue dans nos expériences, si l’on emploie assez de force pour rapprocher l'une contre l’autre les branches du forceps, alors plus écartées à l'extrémité qui leur sert de poignée. La réduction seroit plus grande en effet, si la tête plus volumineuse étoit en même temps plus molle; mais par cela méme qu'elle seroit plus considérable, elle n’en deviendroit que plus dangereuse pour l'enfant, puisqu'elle ne peut avoir heu, en aucun cas, que la €apacité du crâne n’en soit diminuée à peu prés de la même étendue. À moins que l'enfant ne soit hydrocéphale , s1 la tête est plus grosse que celle des enfans qui ont servi à nos expériences, elle sera généralement aussi plus solide, et bien moins
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susceptible d’être comprimée. Une tête de quatre pouces deux lignes d’une protubérance pariétale à l'autre (1l en existe peu de plus grosses au terme dé la naissance) n’a pu être réduite.que de deux lignes, et la force qu'on y à mise a été si grande, que l'instrument s'en est déformé, et ouvert d’un pouce à l'extrémité des cuillers.
1037. Les partisans du forceps, et nous sommes de ce nombre, pour rontobjecter également que le cercle osseux que décrit le bassin vicié à travers lequel on s'efforce de faire passer la tête engagée éntre les serres de linstrument, doit agir sur ses mêmes serres, conime l'anneau qu'on fait avancer sur le corps de certaines tenailles pour en rapprocher les mâchoires et fixer davantage ce qu'elles embrassent, puisque le forceps ainsi dispose forme une espéce d elipse dont le ventre est au-dessus de ce cercle osseux. L’on ne peut disconivemr de la force de cette objection : ilest bien certain que la résistance du cercle osseux dont il s’agit produiroit sur le forceps Île nième effet que l'anneau sur les branches de la tenaille et en rapprocheroit les serres, s1 le diamètre de la tête déja comprimée surpassoit encore celui du bassin, et si l’on employoit assez de forces pour lui Gite franchir ce ganal. Mais comme la pression que l'instrument exerce alors sur les parties de la femme, interposées entre lé dos des cuillers et les os du bassin ,
est égale à celle qu’en éprouve la tête même de il enfantsur laquelle on agit, quelles suites fâcheuses n'en doit-on pas attendre ? Toutes les fois que la main ne peut réduire convenablement le diamètre de Ja tête au moyen du forceps, dans le cas de
DES ACCOUCHEMENS. 25 disproportion, cet instrument cesse d’être recoumandable.
1638. S'il paroît impossible de déterminer le degré de réduction qu'éprouve la tête entre les serres de Finstrument, d’après l'écartement que laissent entr’elles les branches de ce dermier, à l’extrémité qui leur sert de poignée, et le rapproche-
ment qu'on leur fait éprouver pour les mettre en contact, parce que cette réduction est subordonnée, comme on vient de le dire, à la solidité des os du crâne, à l'état des sutures et ei fontanelles, à : maniere dont la tête est prise par l'instrument, Ja longueur des branches de celui-c1, à sa au plus on moins forte, etc. 1l n’est pas moins 1m pOSsible de fixer le terme au-delà duquel on ne sauroit porter cette réduction sans donner atteinte à la vie de l'enfant, ce qui seroit bien plus important à savoir ; car ces eflets relativement à cet enfant sont également diflérens selon ces mêmes circonstances et beaucoup d’autres encore qui peuvent naître de Ja durée des efforts du travail auquel il a été exposé avant l'application de l'instrument. Ce qui nous paroît hors de doute, c'est qu'une réduction d’une étendue donnée, lorsqu elle se fait naturellement, est moins fâcheuse qu une pareilleréduction qu'on abuendroit avec le forceps, parce qu'elle s'opère par des gradations infinies, au lieu que la dermiére se fait beaucoup plus vite, malgré toute la lenteur avec laquelle l node puisse agir.
1659. Quelques Praticiens sont dans l'opinion qu'on peut la porter, avec le forceps, bien au delà de.ce que nous l'avons fait dans nos expériences, et assurent qu'elle peut aller non-seulement à six
VA L':AURET
lignes, mais encore à un pouce, et méme à un: pouce et un quart, sans être tres-fâcheuse pour l'enfant. Ces Prauiciens nous paroissent également dans l'erreur sur ces deux points : nous pensons que sl existoit un instrument avec lequel on pût comprimer la tête de l'étendue d’un pouce, 1l faudroit le rejeter comme devant être un instrument meurtrier. S1 la réduction de la tête devoit être portée à ce point pour donner la mort à l'enfant, jamais on ne seroit en droit d'attribuer cetaccident au forceps; car 1l n’en est pas quu puisse la réduire autant, quelles qu en soient la trempe et la forme. En supposant qu'il y en eût un, 1l ne sauroit être recommandable pour le cas où l’enfantest vivant, le but de l'art n'étant pas moins de le conserver que de l'extraire du sem de sa mere.
1640. Pour assurer qu’on à comprimé la tête de l'enfant jusqu'a tel ou tel point sans lui donner la mort, 1l faudroit qu’on en eût mesuré le diamètre dans {e sens où le forceps a été appliqué, avant de ja comprimer , et qu'on l'eüt fait de nouveau aprés la sortie de la tête, dans l’état de réducuon où elle étoit entre les serres de cet instrument : ce que personne n’a. fait, et ne fera sans doute. L’échelle de graduation que quelques-uns ont fait adapter aux branches du forceps, à dessein de faire cong noître l'étendue de cette réduction, ne serviroit au plus qu'à marquer le degré d’écartement et de rapproch ment de ces “ET D L'on ne doit accorder aucune confiance à tout ce qu ‘on à publié sur ce point, parce que l’on n'a que des données générales, et des plus incertaines.
1047. En comparantle degré d'écartement qu'ont
présenté les branches du forceps dans toutes nos expériences , à celui que nous avons observé dans le cours de notre pratique, toutes les fois que nous avons placé cet instrument sur les côtés de la tête ; les forces que nous avons employées dans l’un et l'autre cas, pour rapprocher ces mêmes branches et les mettre en contact, nous pouvons assurer que la réduction peut aller de deux à quatre lignes sans donner atteinte à la vie de l'enfant : mais il n’est pas aisé de déterminer de combien elle peut être portée au-delà sans que la mort en soit la suite. 16/42. Ces réflexions paroïtront d'un trés-grand prix aux personnes qui se sont déclarées ouvertement contre l’usage du forceps, et qui se sont fait nn devoir de le proscrire, sous le vain prétexte de défendre la cause de l'humanité : car, selon leurs pr incipes ,» le forceps ajoutant nécessarrement lé épaisseur de ses deux branches qui est de trois lignes, à celle de la tête du fœtus, 1l faut une réductuon de trois hignes de la part de cette tête, pour compenser cette io ; et cette réduction, qu’on ne sauroit regarder comme exempte de toute espéce d'inconvémiens, est alors en pure perte pour l’accouchement, puisque l'épaisseur de la tête ainsi réduite, y compris celle de l'instrument, reste la même relativement au diamètre du bassin. Ce raisonnement seroit en effet sans réplique , si l'on ne comprimoit réellement la tête de l'enfant que de trois lignes , si la plus grande épaisseur des cuillers répondoit exactement aux protubéi rances pariétales, si ces protubérances ne s’engageoient. pas Rs -mêmes dans la fenêtre de ces Hs au point, souvent, de se trouver à fleur de la surface externe
26 L'ART des jumelles, et si le plus g crand diametre du ventre de l’ellipse que déerit l'instrument ainsi chargé de la tête , correspondoit exactementau petit diamètre du Hadbié : mais les choses se passent autrement que ne l’ont-annoncé les détracteurs du forceps j surtout à l’égard de quelques-uns de ces points, quand l'instrument est dirigé par une main habile. 1643. S1 le forceps, boit le plus sagement et le plus méthodiquement possible, n'est pas sans Ainconvéniens pour l'enfant, lorsqu lexiste un défaut de proportion entre sa tête et le bassin de sa mére, à plus forte raison quand cet instrument se trouve entre les mains de ceux qui , oubliant cet axiome, sat ciù st sat benè, imaginent que leur gloire et leur succès dépendent de la promptitude avec laquelle ils opèrent; car au lieu d’une viciimeÿ# souvent-1ls en comptent deux , le forceps dirigé sur de pareils principes n béta pas moins contraire à la mère qu’à l'enfant.
Des avan- 1644. Les avantages de cet instrument-ne sont ss es jamais plus évidens que dans le cas où 1l ne s’agit du forceps. que d'ajouter où de snppléer aux forces de la
mere, ainsi que dans celui où lon n’est solhcité à opérer l’accouchement que par rapport aux accidens qui en compliquent le travail, tels que l'hémorragie, les foiblesses, les sonné la sortie du soidon , etc. Mais nous ne sommes pas toujours assez heureux pour n ‘avoir à lemployer que dans de semblables circonstances ; et, malsré le danger qui semble attaché à son usage en d’autres Cas, nous nous croyons obligés d'y avoir recours pour éviter des opérations dont le succès seroit éncore plus douteux,
1645. Quandie bassin dela méren'offre que trois Cas où son pouces moins quelques lignes de petit diamètre, “00 Le" l'on ne doit pas se promettre d'amener Eat pour l'enfant, vivant, au moyen du forceps, et l'usage en est même dangereux lorsque ce diametre n’a que trois pouces. En ne considérant cet instrument que comme une ressource pour terminer l'accouchement, abstraction faite de l'atteinte ficheuse qu'il
eut Fr à Ja vie de l'enfant, et aux parties de la mère, il faudroitencore mettre des bornes à son usage ; car 1l ne convient en aucune maniere lorsque la défectuosité du bassin est telle qu’elle ne laisse pas deux pouces six à huit lignes d'ouverture. Alors, de quelque maniere qu'on l'applique, il faudra compter bien moins sur la réduction qu'il opérera, que sur l’avantage qu'il procurera, comme moyen de ürer sur la tête de lPenfant, et de seconder ainsi les efforts qui tendront à Po
ulser.
1646. La plupart des Auteurs ne r ont employé Cas oi ses qu'autant que la tête de Penfant étoit descendue Ljoyèrent. dans le fond du bassin, ou qu’elle s’y trouvoit engagée au moins d’un üers, et même de la moitié de sa longueur. $Smellie paroît le premier qui se soit écarté de cette règle, et qui en ait fait usage dans le cas où la tête étoit encore an - dessus du détroit supérieur. Ce fut même spécialement pour ces sortes de cas qu'il fit construire un second forceps plus long que celui dont il se servoit d’abord , et qu 1l y ajouta une nouvelle courbure LAN ENTE à celle du forceps de Levret. Smellie a connu non-seulement la possibilité de le porter aussi loin, mais encore qu'il étoit plus facile de
l'appliquer alors, que quand la tête est engagée transversalement dans le détroit supérieur et fortement serrée entre le pubis et le sacrum ; puisqu'il recommande de la repousser entièrement audessus du rebord du bassin , pour conduire ensuite plus facilement les branches de l'instrument sur les oreilles de l'enfant.
16/47. Smellie a su de même apprécier les avantages et les inconvéniens qu'il pouvoit y avoir d'aller saisir la tête au-dessus du bassin avec son nouveau forceps. Ayant remarqué que les derniers l’emportoient souvent de beaucoup sur les premiers , 1l résolut de ne pas le conseiller ouvertement et de ne pas faire connoître, même à ses disciples, tout le part qu'on pouvoil en urer ; crainte, disoit-il, de les rendre trop entreprenans.
1648. Celui d’entre nous qui fait honneur à Roéderer de lidée d'aller saisir, avec le forceps courbe, une tête parfaitement hbre sur l'entrée du bassin ; n'avoit sans doute pas lu les ouvrages de Smellie, qui sont antérieurs à ce que ce dernier nous a transmis sur l’art des accouchemens : 1} y auroit vu non-seulement ce que nous venons de rapporter, mais de plus qu'un nommé Pudecomb avoit extrait heureusement avec le forceps, des l’année 1743, un enfant dont la tête étoit encore au-dessus du détroit supérieur. Le fait rapporté par ARaéderer (1) ne peut en outre lui être attribue ; car on voit clairement dans son observation qu'il n'en est que l'éditeur.
Le
(1) Opuscula medica. Goettingæ, 1763, page 206,
Sa re
1649. M. Deleurye n'est pas le premier Accoucheur français qui ait porté le forceps aussi loin, ni qui ait recommandé de le faire, comme il l'a publié (x) : car 1l n’en dit rien Fi la premiére édition de son ouvrage qui parut en 1770, tandis que Solayrès (2), qui le recommandoit dans ses cours par üuculiers de l’année 1 709, a mis lui même ce précepte en pratique en présence de plusieurs de ses élèves, en 1770. J'ai employé cet instru-, ment, au moins vingt fois depuis, en de pareilles nbrinécse mais le succès n’en a pas toujours été le même pour l'enfant , et ne pouvoit l'être à la vérité, parce que je n’y ai eu recours, en quelques cas, qu'après sa mort. Il paroît que M. Coutouly , qui avoit également suivi les lecons de $0layrès ,n ‘a porté l'usage du forceps aussi loin que d’après les principes de cet Acconcheur.
1650 L’uulité du forceps ne se borne pas aux seuls cas où le sommet de la tête se-présente à l'orifice de la matrice; on emploie également cet instrument en d’autres circonstances , comme dans celle où la face de l’enfant s’avance en premier, celle où la tête est retenue après la sortie du corps, tel qu'on le voit quelquefois dans les accouchemens où l’on amène l'enfant par les pieds. C’est encore dans les ouvrages de Smellie qu’on trouve les pre-
(1) Nous ne savons pas en quelle année il a applique le forceps sur la tête au détroit supérieur , pour la premiere fois.
(2) Solay res, mort en 1772, a professé l’art des Accouchemens à Paris, depuis 1769 jusqu’en 1771 inclusivement.
DE L'ART miéres traces de l'usage du forceps dans ce dernier cas. Cet Auteur est tant estimé, que nous aimons à eroire que c’est par oubli, et non dans le dessein d’en affoiblir le mérite, qu'un de nos confrères a publié qu'il n’avoit fait qu'indiquer cet instrument pour ces sortes de cas, et n'avoit as décrit la manière de s'en servir (1). Nous détaillerons dans la suite les circonstances où 1} peut être très-utile de se servir du forceps, et la manière de l'employer dans chacune d'elles.