‹ L'art des accouchemens (volume 5)Chapitre 52 sur 88 · AT · texte numérisé non relu

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l'instant de la mort, et sur des femmes infilirées, ou qu’on venoit de délivrer au moyen de l'opération césarienne. ET

2039. Excepté ce désordre dans les symphyses sacro-iliaques, les partisans de la sectiou du pubis ont reconnu et admis les résultats dontnousvenons de parler, quoiqu'il ne dût pas leur paroître suflisant pour la plupart des cas dans lesquels ils croyoient cette opération recommandable. Les os pubis, dit M. Leroy, se portent d'autant plus endevant qu'ils sont plus éloignés l'un de J'autre après la section de leur symphyse. À un pouce d'ouveriure, ils divergent en-devant de deux lignes ; à deux pouces, d'après les observations de M. Lauverjat, ils divergent. de cinq lignes; et à deux pouces et demi, ils se portent en devant de huit lignes ;.…....1ls divergeroient en-devantd'un pouce au moins, dans le cas d'un écartement de trois pouces (1).

2040. Il paroît clairement, d'après le résultat de tant d'expériences, que le petit diametre du détroit supérieur, qui est celni qui met le plus constamment obstacle à l'accouchement, ne pent s'aceroître que de quatre à six lignes, au moyen d'un écartement de deux pouces et demi de la part des os pubis; ce qui ne sauroit, dans tous les cas, faire cessér la disproporuon qui existe entre ce diamètre et celui que la tête de l'enfant doit y presentier, quand même on pourroit obtenir, sans inconvéniens, cet écartenrent de deux pouces et

(1) Recherches historiques et pratiques sur la section de la symphyse du pubis, pages 71 et 72.

DES ACCOUCHEMENS. 507 demi sur la femme vivante. Deventer et Ræœderer avoient annoncé celte importante vérité, que l'observalion a confirmée tant de fois depuis la découverte de M. Sigault. Ce n’est pas de l’écartement des os pubis, dit le premier, qu’on doit attendre Fam plhiation nécessaire à l'accouchement 3 mais de la rétrocession du sacrum, soit en totalité, soit en partie (1) : Ræderer ajoute que lécartement des os pubis ne peut augmenter que le diamêtre transversal du bassin. (2)

2041. Quelques partisans de la section du pubis Premiéreobchjectent que les expériences qui ont donné. ce rss ee résultat ne pouvoient faire connoître au juste le ciproduit d'un écartement de deux pouces et den chez la femme vivante et-sur les bassins mal conformés, soit qu’on le considère dn côté de l’ampliation du canal, ou de l'altération des symphyses sacro=iliaques ; parce qu’elles ont été faites sur le cadavre ;-et presque toutessur des bassins de grandeur naturéllé, et'bien conformés. Une observauon'funesté à dû leur démontrer peu de temps aprés que les symphyses dont il s’agit n’étoient pas exemptes de rupture sur la femme vivante, et que l'opération qu'ils préconisoient tant ne ‘pouvoit rendre le bassin très-défectueux assez large pour le libre passage de l'enfant, puisqu’on à remarqué sur Ja femme Vespres, où l'écartement des os pubis n'a été que de dix-huit lignes, à peu pres les mêmes désordres qu'on avoit observés sur les cadavres qui ont Servi à ces expériences. C’est par erreur, ou

M LU CORRE Te, LU Nr 0

(1) Deventer, Novum lumen exhib. obster. ,» page 18.

(2) Rœderer, £lement. obst. $..28, page 8.

308 L'ART ar modération, qu'on a inséré dans le procèsverbal de visite après la mort de cette femme, que les symphyses postérieures étoient intactes , que le périoste en éloit seulement détaché de l'étendue de sept lignes , et les os désunis (1). Ces symphyses . déjà manifestement aliérées, quoique l’écartement des os pubis n'eût été que de dix-huit lignes, seroient-elles restées aussi intactes si ces mêmes os se fussent éloignés de deux pouces et demi (2)? 0 RE 2042. Le prod uit de la secuion du pubis, consinos expérien- déré dans la direction du peut diamètre du détroit ee supérieur, doit être d'aatant plus grand , selon l'opinion des plus zélés défenseurs de cette opérauon , que ce détroit sera naturellement plus resserré dans cette direction : ce quiest généralement vrai. Mais s'agit-il ici de déterminer un pfoduit géométrique avec la plus grande précision ? N’estce pas relativement à l'excédant du volume de la iête de l'enfant sur les détroits du: bassin dé la mére, qu'il faut considérer celui de la section du pubis ; et sur ce produit relauf qu'il falloit établir les avantages de cette nouvelle opération ? Admettons que le petit diamètre du détroit supérieur s'augmente de huit hgnes dans le bassin où 1l n'a rimitivement qu'un pouce et demi d’étendue , au lieu de quatre à cinq lignes d'amphiauon qu'un

(x) Voyez les Remarques de M. Lauverjat, au sujet de cette opération, intitulées : Examen d'une brochure qui a pour titre, Procès-verbaux et Réflexions à l’oc- Sasion de la Section de la Symphyse, etc.

(2) Nous rapporterons dans la suite beaucoup d’autres faits à l'appui de celui de la femme fespres.

pareil écartement Jui procure dans un bassin de trois pouces, qui offre à peu près le terme-moyen de la mauvaise conformation, que pourra-t-on en conclure ? Lequel de ces re bassins deviendra le plus propre à l'accouchement ? Sera-ce le premier , parce qu'il aura reçu huit lignes d’ rampliation du pubis au sacrum, on celui qui n'aura obtenu que quatre à cinq lignes ? En accordant aux partisans de l'opinion que nous combattons, que l'accroissement du petit diametre du détroit supérieur soit d'autant plus grand aprés la section du pubis qu'il aura primitivement moins de longueur , ils seront encore forcés de convenir que cette opération fera cesser d’ autant moins le défaut de rapport de dimensions qui s’oppose à l’accouchement, que le bassin sera plus resserré. Un exemple se weltre cette vérité hors de doute.

2043. Supposons un bassin dont l'entrée n’a de peut diamètre que quatorze à quinze lignes, tel qu on le voit sur la seizième planche, et qu'au moyen d'un écartement de deux pouces et demi, les angles des os pubis s’éloignent de neuf lignes au-delà de leur distance naturelle du cenire de la saillie du sacrum, ainsi qu "on le remarque sur la même planche; its don même que le petit diamêtre de ce bassin, prolongé dans l’écartement des os pubis, jusqu’ au point où l’on assure avoir engagé la tête de l'enfant, s’accroisse d'un pouce, au heu de sept à but lignes (x), quel sera le rapport qui existera alors entre ce diamètre et le plus petit que la tête puisse y présenter ? S1 l'on accorde

RE LENS (1) Voyez l'explication de la planche indiquée.

310 HELA RP

à celle-ci une épaisseur ordinaire, qui est d'environ trois pouces et demi, 1l est éco que le défaut de proportion sera encore de seize lignes aprés la section de la symphyse, et l’écartement des os pubis; c c'est-à-dire , que le plus peut diaméêtre de la tête surpassera encore de cette éteni— due le petit diamètre du bassin. Quel sera donc le fruit de cette opération dans un cas semblable ? Quelles en serontles suites sur un bassin qui seroit beaucoup ue étroit encore , comme 1l en existe quelques-uns? Les PR de cette opération prouvent clairement, à leur manière, qu'un écartement de deux pouces et demi doit procurer au bassin toute l'amplitude nécessaire au passage de l'enfant, quand le diamètre n’est en défaut que de douze à quatorze hgnes.

2044. Dans l’accouchement de la femme Souchot, un des côtés de la tête s’est engagé dans lecartement des os pubis au point de paroître au dehors, si l’on en croit le confrère de M. Sigault ;

tandis que chez la femme du Belloy , opérée “a D: Juillet 1779 ) c'est locciput que M. Ze Roy dit y avoir engrené; mais on n'a rien fait de semblable chez la femme Julie Collet (1), quoique la tête de l'enfant fût beaucoup plus grosse, et l'écartement des os pubis moins grand que chez ces premiéres. en supposant qu une partie de la tête puisse s'engager réellement entre les os pubis, ce ne serait au plus que de quelques hgnes, et c'est en ladmettant, quoique rien ne soit moins assuré , que

(1) Cette femme a été opérée également par M. Je Roy, jours avant la femtime du Belloy.

nous avons accordé un pouce d’accroissement au petit diamètre du bassin , pris pour exemple dans le paragraphe précédent

S£cTiI1on ÏIlI.

Sources de l'opinion favorable qu'on a eue, trop prématurément, de la section du pubis ; et de l'erreur de ses partisans.

2045. Le but qu'on se proposoit dans la section de la symphyse du pubis étant de rendre le bassin mal conformé assez spacieux pour donner un libre passage à l'enfant, l'on ne devoit attendre cet avantage que de l'accroissement des diametres qui manquoient de l'étendue nécessaire. Le plus souvent un seul des diamètres du bassin est affecté de ce vice, et presque toujours cest celui du détroit supérieur, qui s'étend du pubis à la saillie du sacrum. Cé n’est pas le contour intérieur du bassin mal conformé qu'il faut augmenter, mais ce diamètre seulement. Dans la plupart des cas, il faudroit faire tourner entièrement à son profit iout le produit de l'écartement des os pubis, pour faire cesser le défaut de proportion qui s oppose à

Du produi que devroi donner la sec tion du pubis pour remplir son objet.

l isse | accouchement : encore, un accroissement de

deux pouces el dermi ne seroit-:1l pas toujours suf--

fisant, puisqu'il existe des bassins qui n'ont que

quatorze lignes de peut diamètre, d’autres dix

seulement, et même six. Qu'arrivera-t-1l donc,

dans tous ces cas, si ce diamètre, loin de s'ac-

croître de deux pouces et demi, ne reçoit au plus

que la cinquième , la sixième , même la septiéme V 4

SLS L'ART

partie de cet accroissement, et si le reste du produit de l’écartement des os pubis est à l'avantage dés diamètres qui sont déjà trop grands, ou tout au moins dont l'étendue est suflisante ?

2046. Ce n’est pas la circonférence, ou le contour intérieur de l’espèce d’ellipse que forme le détroit supérieur trop resserré de devant en arrière , qui manque d'étendue relativement à l’accouchement dans la plupart des bassins mal conformés, même dans ceux qui paroïissent les plus irréguliers. Un bassin dont l'entrée n’a qu'un pouce et un quart, ou un peu plus; de peut diametre, et cinq pouces d'un côté à l'autre , comme celui que représente la planche XVI, auroit presque tout le développement nécessaire à l’aceouchement, s1 sa forme irrégulière pouvoit changer et devenir ronde : car il ne faut à la rigueur pour le passage de la iête de l'enfant de volume ordipaire, qu'une ouverture de dix pouces à dix pouces et demi de développement. Mais dans l’état où est ce bassin , 11 s'en faut de deux pouces quatre lignes que le diamètre qui va du pubis au sacrum supérieurement n'égale celui de la tête du fœtus, qu'on estime communément de trois pouces et demi, et qui doit passer dans cette direction. |

Source d'er- 2047. Cest l'ignorance, ou le mépris de ces none: vérités, qui a trompé le plus grand nombre des partisans de la section du pubis. Eblouis par les apparences , 1ls ont cru qu’un écartement de deux pouces et demi feroit cesser un pareil défaut de proporuon entre le peut diamètre du bassin et cclui de la tête de l'enfant, et qu'un moindre écartement conduiroit au même but, quand le détroit

se trouve moins resserré. La source de cette erreur est clairement exprimée dans une observation communiquée à l’Académie de Chirurgie, par M. Siébold , Professeur en Médecine, d'Anatomie, de Chirurgie, et en l’Art des accouchemens à l'Hôpital de Wurtzhourg. De nombreuses expé- apres riences , bien antérieures au premier succès de la ue section du pubis faite par M. Sigault, lui avoient appris, dit-il, qu’on pouvoit obtenir un écariement de dix-huit lignes; savoir, six lignes spontanément apres la section, et un pouce artificiellement ou en éloignant les cuisses du sujet : mais que ce dernier devoit être dangereux sur la femme vivante, à cause des déchiremens intérieurs, tant du côté du col de la vessie, que des symphyses sacro-iliaques. D'après ces observations, 1l crut pouvoir fixer les bornes dans lesquelles devroient être circonscrites les trois méthodes suivantes d’accoucher; savoir, l'usage du forceps, la section de la symphyse du pubis, et l'opération césarienne, et déterminer en même temps les cas où June d'elles seroit indiquée à l’exelusion des deux autres. Voici comment il s'exprime : ,

2048. « D'après le résultat de mes expériences, ee » dit M. Siébold , j'ai cru’pouvoir conclure qu'une" """" » Connoissance exacte du degré d’étroitesse ac-

» tuelle du bassin, de sa proportion avec la gros- » seur de Ja tête de l'enfant, et de la valeur d’am- » plitude à obtenir pour un heureux passage, pou- » voit devenir un guide infaillible à l'Accoucheur, » pour se décider dans tous les cas à l'emploi » nécessaire et absolu de lun des trois moyens » indiqués, à l'exclusion des deux autres; savoir,

| 314 L'ART » continue-t-1l, pour six lignes et au-dessous, le » forceps de Levret; de six à dix-hüit, et même » vingt lignes, la section du pubis ; et au-delà de » ce terme, l'opération césarienne (1) ». On re- | marque ici que l’auteur est dans l'opinion qu'on peut comprimer la tête de l'enfant à peu près de lPétendue de six lignes, avec le forceps de Zevret, auquel il donne la préférence , et qu'il seroit extrémement dangereux de porter l’écartement des os pubis au-delà de dix-huit à vingt lignes. « Je » sais bien , ajoute-t-il, que M. Sigault et d'autres » prétendent avoir obtenu deux pouces et même » deux pouces et demi passés ; mais 101 je ne dois » raisonner que d’après mes propres expériences, » qui m'ont toujours donné le même résultat, » tant sur les cadavres, que sur le sujet vivant » que j'ai opéré. »

ar de 20/9. Ce fut d'après ce plan que M. Siébold fit an sie. Va secuon du pubis à üné femme de trente-cinq bold. ans, le 4 février 1778. Elle avoit déjà eu sept enfans, tous nés morts, dont six étoient venus naturellement, et le sepuème avoit été arraché par morceaux. Le bassin ayant trente-trois lignes d'ouverture du pubis au sacrum , et l’'augmentation d'amplitude nécessaire au passage de l'enfant sé trouvant par li déterminée à un pouce ou quinze lignes au plus (2), il n’hésita pas, dit-il, à faire la

are rie ommnnimreeneee- et en

(r) Ce passage est pris de l'observation de M. Siébold, qui est consignée dans les archives de la ci-devant Académie de Chirurgie.

(2) M. Siébold n’accorde cependant que trois pouces et demi de petit diamètre à la tête de l'enfant, mais 1l

section du pubis. Elle fut Mboinaet parce qu’il fallut employer la scie pour séparer los os, en-— tiérement soudés par l’ossification de leur symphvse. Il retourna l'enfant, et l’amena par les pieds, mais avec tant de difficulté qu'il fut obligé de lui comprimer la tête fortement et sans miséricorde (1); qu 1l se crut plus d’une fois au èrme de l’art; qu'il regretta vivement, comme je m'en repens nt -étre encore, continue-t-1l, de s'être laissé séduire aux appas de l'opération nouvelle, et de ne pas lui avoir préféré la césarienne. Malgré les accidens qui suivirent cette opération, et ses suites extrémement longues, la femme s’en retira trés-bien.

2050: On sera sans doute surpris qu'un homme tel que M. Siébold, que le mérite semble avoir élevé aux plus dignes emplois de son art, ait cru pouvoir augmenter de douze à quinze lignes le petit diamètre de l clhpse que formoit l'entrée du bassin de la femme qui fait Le sujet de son observation, en écartant les os pubis seulement de quinze à vingt lignes. Ses expériences auroïent dû le mettre à couvert de cette erreur, et lui découvrir les vérités im portantes que nous venons d'étabhir , s’il n’eût été déjà prévenu favorablement pour cette nouvelle opération. En accordant une forme circulaire au détroit supérieur, et en sup-

n'ignore pas que quelques-uns l'ont plus grosse : c’est pourquoi 1l en porte ici l’excédant sur le détroit du bassin , au plus haut.

(1) M. Séébold présuma dans ce moment que l enfant étloit mort avant | opération. |

516 L'ART posant qu’il la conservât après la section du pubis, M. Siébold ne devoit attendre d’un pareil écartement que six lignes au plus d’ amplitude pour le diamètre dont ch s'âgit: maisil s’en falloit de beaucoup qu 11 pût les acquérir, comme on l’a démontré ci - devant. Si un homme véritablement instruit n’a pu résister aux appas de cette nouvelle méthode d’accoucher, malgré les expériences auxquelles 1l s’étoit Hivéécavant qu'il n’eùt entendu parler des premiers succès de cette opération, faut-1l s'étonner du grand nombre de ses partisans, el de ce qu’on le a pratiquée tant de fois en si peu de temps ? La plupart n’avoient jamais été à même d'en examiner le produit sur le cadavre, et une Faculté presque entière , d’après le témo1gnage de quelques-uns de’ses iebtes , assuroit qu’elle étoit aussi sûre dans ses effets que facile à pratiquer.

Lecontour 2091. Non-seulement le Sbdiaide écartement du bassin ne 4 os pubis, dans aucun cas, ne peut tourner s’aceroit pas Ë 3 u ( de toute l'é- entiérement à l'avantage du peut diamètre du tendue de lé qe it supérieur , mais on seroit encore dans l’er-

cartement des os. reur si On pensoit que le contour intérieur du bas- . , 2 P.

sin s'augmente exactement de toute l'étendue de ” cet écartement, comme le feroit un cercle formé

d’une seule pièce. Le rapport des trois os qui forment le détroit supérieur ; et la manière dont le sacrum est enchâsséentre lesos des îles, prouvent évidemment la vérité de cette nouvelle asseruon. L'on ne peut écarter les os-pubis, que la parue postérieure des os des îles ne presse Ja base du sacrum de derrière en devant, et ne la porte un peu en dedans. La situation qu'on donne à Îa

femme pendant l'opération tend également à produire cet effet, puisque c’est alors la partie postérieure du bassin quiestappuyée sur le bord du lit, la pression qu'exerce l'enfant en dedans ne pouvant contre-balancer cet effort. Nous avons supposé néanmoins dans toutes nos expériences, que la base du sacrum étoit immobile, afin de considérer le produit de la section du pubis sous le rapport le plus favorable à l’opinion de ses partisans.

2052. Pour exprimer les principales vérités que nous venons d'établir concernant cette nouvelle opération, et les rendre sensibles par la démonstration même aux yeux de ceux quisse refuseroient à l'évidence du raisonnement, nous avons fait dessiner deux bassins dont la mauvaise conformation auroit exigé l'opération césarienne exclusivement x toute autre méthode, connue avant la section du pubis, quoiqu'ils ne présentent pas encore l'image de .la plus grande défectuostié , puisqu'il en existe de plus étroits que nous eussions pré férés, si nous avions pu les obtenir (1). Mais st

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(1) M. Camper, Médecin hollandois, écrivit, 11 y à quelques années, qu'il venoit de pratiquer l'opération ‘césarienne à une femme qui étoit morte quelques heures apres , dont le bassin n’avoit pas un pouce de petit diamètre. M. Louis fit part de la lettre de ce Médecin à l’Académie de Chirurgie. Le célèbre M. 2William Hunter en conservoit plusieurs qui ne sont pas moins contrefaits : l’un d’eux n’offrant que cinq huitième de pouce, c’est-à-dire six lignes et demie ou à peu pres de petit diamètre ; un autre one lignes ; et il s’en est trouvé de plus difformes encore depuis la première édition de cet ouvrage.

518 L’ART nous parvenons à démontrer l'inuulité et le danger de la section du pubis dans le cas de semblables bassins (1), 1l sera facile de prononcer sur sa véritable valeur, à l'égard des femmes chez lesquelles ce canal seroit plus défectueux.

2053. Nous n’espérons cependant pas ramener à notre sentiment toùs ceux qui ont été séduits par la nouveauté de cette opération, et pales louanges exagérées qu'on a prodiguées à ses Auteurs, parce qu'il en coûte trop à quelques personnes pour abjurer leurs erreurs, même lorsqu’elles sont involontaires; mais nous serons satisfaits sinous pouvons fixer l'opinion des jeunes gens qui n'ont encore pris aucun parti etkqui n’attendent qu'une décision éclairée. C’est en leur faveur, et à l'appui de tout ce qe nous venons de dire, que nous rapporterons ici les faits qu'ils ne pourroient recueillir ceux -mêmes : nous les examinerons sans prévention , quoiqu'on nous ait taxés d'y en avoir mis beaucoup dans notre première édition , et d'y avoir même substitué de la mauvaise foi.

(x) Dans l’un de ces bassins, le petit diamètre du détroit supérieur est de deux pouces six à sept lignes, et dans le second , de quatorze à quinze hgnes seulement. (Voyez la quinzième et la seizième planche, et leur explication.)

DES ACCOUCHEMENS. 519 SEecTion Ill.

Des principaux faits qui concernent la section de

la symphyse du pubis.

2054. Comme l'on ne s'est proposé d'autre but que celui de conserver la mére et F enfant, en praliquant celle nouvelle opérauon , elle n’a eu réellement de succès qu'autant qu elle la rempli parfaitement, et 1l ne suffisoit pas-pour lui en accorder, comme l’ont fait la plupart de ses défensenrs , qu un de ces deux individus eût donné de foibles signes de vie aprés sa naissance , ou que l’autre eût survécu quelques : instans, même quelques jours à cette opération ; Car en L prenant dans un sens aussi peu resserre, la césarienne, sur un nombre égal de femmes, en auroit A Het bien plus, puisqu'elle met constamment à couvert les jours de l'enfant, et quil est excessivement rare que la inére Y SL. dès les premiers momens.

20b5. Parmi ces succès qu’on attribue à la seetion du pubis, et qui sont en bien peut nombre encore respectivement à à celmi des femmes quon a soumises à cette opér ation , à peine s'en trouver t-il un seul qui ne puisse être justement contesté, ou contre lequel on ne puisse faire de solides objections ; soit parce que leurs Auteurs se sont trompés dans l’estimation des diamètres dun bassin de la femme et de ceux de la tête du fœtus, en accordant à ces derniers plus détendue qu ‘ls n'en ayoient, et aux premiers souvent beaucoup moins; soil parce qu ils ont mis la plus g grande exagéra-

ion dans l'évaluation de l’écartement qu'ils assurent avoir obtenu de la part des os pubis. Puisque la nécessité d’une pareille opération ne peut être déterminée que par l’excédant des diamètres de la tête de l'enfant sur ceux du bassin de la mère, que ses avantages, ses Inconvéniens , ses succés enfin, sont subordonnés à ce rapport primitif de dimensions , et au degré d’écartement des os pubis, nous tâcherons de faire connoître quels ont dù être l’un et l’autre, pour apprécier l'emploi qu'on a fait de cette nonvelle méthode , et les succés les plus frappans qu’elle a eus. Nous n’entrerons pas dans le même détail à l'égard de chaque fait, parce que cela nous méneroit trop loin, le nombre de ceux qu’on à recueillis étant déjà trèsgrand : nous nous arrêterons spécialement à quelques-uns qui nous sont mieux connus. Il suffira d’ailleurs d'expliquer pourquoi le succès qu’on se promettoit de l'opération a eu lieu dans un cas, tandis qu'elle a pleinement manqué son but dans un autre, pour que tous ceux dont nous ferons menton se classent facilement et se rangent dans l'ordre qui leur convient. Nous examinerons, par exemple, le fait qui a rapport à la femme Souchot, et celui qui concerne la femme Vespres , toutes deux opérées par M. Sigault; parce que l’un présente le succés attendu , et l’autre, l’ensemble de tous les désordres qui paroïssoient devoir résulter d’une pareille opération, dans le cas où la mauvaise conformation du bassin met les plus grands obstacles à l'accouchement, et ne laisse véritablement de ressource que dans l'opération césarienne : Cas qui est exclusivement celui pour lequel

on

. DES ACCOUCHEMENS. 521 on avoit d’abord recommandé la section du pubis. gl | |

2056. Ce premier succès, auquel nous nous attachons d’abord, a été vivement discuté par tous les Ecrivains qui se sont élevés contre la nouvelle Opération, et quelques-uns n’ont pas craint de publier qu'on ne F’avoit obtenn que parce que cette opération n'étoit pas nécessaire chez la femme Souchot; mais en s'avançant à ce point, on n'a rien prouvé, et.on a laissé subsister dans

. toute sa, force l'argument que fourmissoient en

faveur de ce succès la défectuosité dn. bassin et les quatre premiers accouchemens dans lesquels l'enfant a constamment été sacrifié, quelque soin qu'on eût donné à sa conservation. Nous n’entreprendrons pas de prouver si cette opération éloit inutile ou nécessaire, si la femme Souchot ponvoit être accouchée de toute autre maniére , avec, moins d'inconvéfiens pour elle, et le même avantage pour son enfant (1), mais seulement

comment la section du pubis qui a été pratiquée

a pu rendre accessible au cinquième enfant de cette femme un passage, qui avoit été si funeste aux quatre premiers.

2057. Quel que soit l’écartement qui a eu lieu de la part des os pubis aprés la section de la sym-

(1) La circonstance n’étoit pas de celles qui laissent le choix entre plusieurs méthodes. L'enfant présentoit les pieds ; il falloit les dégager, et le forceps ne pouvoit être employé qu’apres la sortie du corps. On sait que cette espèce d'accouchement est dangereuse pour l'enfant,

‘quand le bassin est mal conformé : celui de la femme

Souchot l’étoit réellement.

. Tome IT, X.

Faits qui concernent M. Sgaulr,

physe, il a dû augmenter la largeur de ce passage : c'est un fait incontestable : mais de combien l'at-il élargi dans le sens où 1l se trouvoit primitivenrent trop étroit ? C'est ce point qu'il est rmportant de discuter; et la solution du problème devrendroit facile, si l’on connoïssoit aussi bien les dimensions du bassin de la femme Souchot, qu'on a connu celles de la tête de son enfant. D’après l'estimation qu’en ont faite les médecins qui ont opéré cette femme, le diamètre de ce bassin n'avoit que deux pouces et demi dans la direction du pubis au sacrum supérieurement (1), et celui de la tête de l'enfant étoit de trois pouces et demi juste. L’excédant de ce dernier se trouvoit conséqueminent d'un pouce, ainsi que l'amplitude à procurer au premier. Un écartement de deux pouces et demi entre les os pubis, le plus grand qu'on croyoit alors pouvoir obtenir, ne pouvant donner au plus que six lignes au diamètre du bassin dans le sens indiqué, on imagina d’engrener un des côtés de la tête dans lécartement même des os , et de faire passer ensuite sucCess1vement les protubérances pariétales à travers le

Gr

(1) MM. Sigault et Alph. le Roy s'appuient du temoignage de Levret et de plusieurs autres Accoucheurs connus. Mais si ces deux Médecins n’ont mesuré, comme ils le disent, que deux pouces et demi juste depuis la saillie du sacrum jusqu'au bord inférieur de la symphyse du pubis, ils ne devoient pas accorder la même étendue au petit diamètre du détroit supérieur , qui èst constamment de quelques lignes plus court que la distance de l’un de ces points à l’autre. (Forez notr premier volume, Ç. 132.) Q

détroit, pour se ménager une autre ligne en sus : de sorte que dans ce système , la section du pubis a produit un résultat de treize lignes au moins, en le considérant respectivement à l’accouchement. Malgré cette ingénieuse combinaison, et ce grand produit qui surpassoit déjà, comme on le voit, l’excédant du diamètre de la tête sur celui du bassin, la voie se trouva néanmoins assez étroite encore pour apporter de grands obstacles à la sorue de l'enfant , et mettre sa vie en danger. (1)

2058. H paroît évidentque ce plan n’a été rédigé qu'après coup, et qu’on n’a cherché qu'à expliquer ce qu'on a dù faire, dans l'opinion où l’on étoit qu'il ÿ avoit un pouce d’excédant de la part du diametre de là tête du fœtus sur celui du bassin , et non pas ce qu'on a fait et observé : 1°. parce que personne n'avoitencore déterminé le produit d’un écartement de deux pouces et demi entre les os pubis, à l'égard des différens diamètres du bassin, etspécialement de celui qui va de devantenarrière Fi 2°. parce qu'on n’a pas mesuré cet écartement , comme on assure l'avoir mesuré (2), ni dans le cas de la femme Souchot, ni dans aucun autre : 5°. parce que les Accoucheurs de cette femme

(1) On a oublié sans doute de publier ces petits détails, que M. Ze Roy nous a communiqués verbalement dans le temps, ainsi qu’à beaucoup d’autres personnes.

(2) Cest en présentant, à l’écartement , la tête du métacarpe , les doigts étant fléchis , que M. Ze Roy en détermine l’étendue , comme tout le monde le sait. d’après ses écrits : laissons à chacun à apprécier ce procédé.

324 | L'ART étoient alors émus , el très-éemus, COMME ils en ont publiquement fait l'aveu ; /°. énfin, parce que ce grand produit et ces sages. combinaisons qu'on admire dans leurs observations n'étoient alors pas nécessaires. ” 2059. S'ils n'ont accordé que deux pouces et demi de petit diamètre au détroit supérieur ; des Accoucheurs également instruits lui ont assigné six lignes de plus, etils ne se sont trompés que de bien peu de chose, s'ils ont considéré ce diamètre en suivant la ligne diagonale à laquelle se présente constamment le plus petit des diamètres de la tête du fœtus, dans son passage à travers ce détroit ; c'est-à-dire, de l’un des côtés de la saillie même ue forme la base du sacrum à la symphyse du pubis. M. le Roy, quénous citerons plus souvent que M. Sigault dans la suite, a fait cette observation comme nous, quoiqu'il ne s'exprime pas aussi clairement, puisqu'il dit que € le diametre » transverse de la tête qui répond à celui de » devant en arrière de l'ouverture supérieure du » bassin, ne passe point comme le grand diamètre » qui s'avance d'une manière oblique qui s'appro- » che presque de la perpendiculaire ; qu'il est vrai » qu’une bosse pariétale descend avant l'autre et » un peu sur le côté du sacrum : de cette sorte , » ajoute-t-1l, qu'un bassin qui dans son diamètre de » devant en arrière a une à deux lignes de moins » que le diamètre transverse de la tête, peut » livrer passage au moyen de ce mécanisme. (1) »

(1) Voyez M. 4lph. le Roy, Recherches histor. et prat. sur la section de la symphyse du pubis, pag. 69 et suiy.

2060. Nous avons examiné le bassin de la femme Souchot à plusieurs reprises, et en présence d’un grand nombre d'élèves. Les pelvineis de MM. Couiouly et Trainel y ont été développés successivement : l’un et l’autre de ces instrumens ont donné le même résultat, et n’ont fait que confirmer celui que nous avions bare de ? application du doigt, et du compas d'épaisseur. Appuyés sur la grande convexiié de la saillie du sacrum , nous n'avions pu les développer librement que de deux pouces six à sept lignes ; mais inclinés vers le côté gauche de cette sb qui est très-déjetée sur le côté droit de la femme, leur développement a été Jusqu'à trois pouces. na c'est selon cette ligne que se présente communément le diametre transverse de la tête du fœtus, ou qu'on doit le diriger dans les

cas difficiles, on peut assurer ; comme quelquesuns l'ont déjà fait, et sans crainte de se tromper, que le peut rie du bassin de la femme Souchot à pres de trois pouces relativement à l’accou-

chement. Nous remarquerons de plus que ce bas-

sin est trés - vaste inférieurement, et qu'aucun autre ne nous paroît mieux conformé dans son détroit périnéal. Il est aisé maintenant de déterminer de combien se trouvoit l’excédant du diamêtre de la tête du fœtus sur celui de ce bassin , ainsi que le degré d amplitude à à procurer à ce der. nier, et quel a dû être l’écartement qui l’a procuré. pe La tête de cet enfant n’offrant, au quatr iéme Jour dela naissance » Que trois pouces quatre lignes d'épaisseur d’une protubérance pariétale à 1% autre, l'excédant de cette épaisseur sur le diainétre du bassin de la mère, ne devoit être que de

326 L'ART quatre lignes. Ce n’est qu'au mépris de la vérité qu’on a osé publier que l'épaisseur de cette tête étoit plus grande de deux lignes à l'instant même de l'accouchement (1). Le casque osseux change constamment de forme en traversant un détroit un peu resserré ; il s’aplatit plus ou moins d'un côté à l’autre , selon le resserrement de ce détroit, et le fait plus facilement ou plus difficilement, selon que les os pariétaux et autres ont plus ou moins de solidité, et sont liés entre eux d'une manière plus lâche ou plus serrée. La tête ne présente jamais moins d'épaisseur qu'à l'instant où elle vient de traverser ce détroit, et elle reprend ensuite plus tôt ou plus tard celle qu'elle avoit perdue dans son passage. Si la face de l'enfant se flétrit et maigrit dans les premiers jours, le casque osseux ne perd rien de ses dimensions, comme on l'a supposé gratuitement dans le fait que nous examinons (2). Nous n'avons vu cet enfant qu'au tretzième jour de sa naissance , et sa têle nous a paru résenter éminemment les conditions requises à Ja facilité de ce changement de forme. Toute l'habitude extérieure de cet enfant offroit un caractère d'immaturité qui ne se remarque géné ralement que chez les enfans du terme de huit mois , et il n'étoit pas plus gros que ne le sont la plupart de ceux-ci, sans qu'on puisse l’attribuer au dépérissement dans lequel on le disoit tombé. 2062. Pour accorder quil y eût quatre lignes

(x) Voyez Alph. le Roy, broch. dejà citée , page 6r. (2) M. Le Roy paroît dans l'opinion contraire, (Payez page 61.)

d'excédant de la part du diamètre transverse de latête du fœtus sur celui du bassin de la mére, il faudroit supposer en même temps que celte tête fût incapable de changer de forme et de dimensions , et ne püt éprouver la réduction que nous venons d'annoncer; 1l faudroit, ainsi que Pont fait les partisans de la secuon du ads la considérer sous l aspeel d'un corps véritablement solide. Comme on ne peut déterminer au juste le degré de compression dont elle étoit susceptible d'une bosse pariétale à l’autre, ni celle qu'elle a éprouvée en passant à travers k détroit quoique interrompu dans sa partie antérieure par la section de la symphyse et lécariement des os, on ne nous taxera pas d'exagération en ne la supposant que de deux lignes. Dans cette supposition , l'excédant de son diamètre ne devoit plus être que de deux lignes, de même que le degré d'amplitude à procurer à celui du bassin.

2063. Un écartement d’un pouce entre les os . pubis devoit paroître plus que suffisant pour faire cesser cette disproportion ; el nous en appellerons sur ce point. au témoignage même de ceux qui assurent l'avoir porté jusqu’à deux pouces et demi sur la femme Souchot. À un pouce, disent-ils, les pubis divergent en devant de deux lignes (1); et ailleurs , si le bassin ne se füt ouvert en devant que d'un pouce, il ne se füt engrené qu’ une pete portion de la tubérosité par étaler ce qui n'eût pas opéré plus de trois lignes de diminution au dia-

(1) Recherches tie et pratiques sur la section de la symphyse, pag. 71.

mètre transverse de la tête (1). N'est-ce pas convenir d'un résultat de cinq lignes ou environ, dans le sens où 1ls prétendent en avoir obtenu treize d’un écartement de deux pouces et demi ? En n'admettant qu'un résultat de deux lignes, dans le cas d’un seul pouce d’écartement, tel qu'on l’a généralement obtenu dans toutes les expériences qu'onafaites, ces deux lignes devoient suflire au passage de l'enfant, sans qu'il füt nécessaire d'engager une bosse pariétale entre les os, et que la tête éprouvät au-delà de deux lignes de réduction selon son diamètre transversal. Un plus grand écartement chez la femme Souchot auroit été inutile, ou bien il auroit procuré plus de facilité qu'on n’en a eu à extraire l’enfant.

2064. Si lon ne peut inférer de ces nouvelles réflexions que la section du pubis n’a eu de succès sur la femme dont il s’agit, que parce que le bassin étoit primitivement assez grand pour le passage du cinquième enfant, comme on l'a répété de toutes parts, dans les premiers temps, du moins serviront-elles à faire apprécier ce succès et tous ceux de son espèce : car 1l n'existe pas un seul fait où l'on ait conservé la mére et l'enfant, auquel. on ne puisse les appliquer. Ces succès n’en IMpPOo— seront à l'avenir qu'à la multitude, qui ignore encore que le danger de la section du pubis, pour la femme, ne provient que du grand écartement des os, et qu'on peut éloigner ceux-ci jusqu’au terme d'un pouce, sans qu'il en résulte de lésions mor-

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