‹ L'art des accouchemens (volume 5)Chapitre 65 sur 88 · LAB · texte numérisé non relu

LAB

donner d'autant moins d'étendue, qu'il y avoit | plus de temps que les eaux de lamnios étoient écoulées , parce qu'une incision de cinq pouces, disoit-il , intéresse alors plus de’ fibres, et prête davantage qu’une de six pouces quand la matrice est dans son plus grand développement, et conüent encore les eaux. Quoique ce raisonnement paroisse assez juste, nous pensons que son Auteur auront trop épargné lés fibres utérines, et que Levret ne les auroit pas assez ménagées, s'ils eus: sent eu l’occasion l’un et l’autre de pratiquér l'opération césarienne. Il faut faire, dans tous les cas, une ouverture de cinq à six pouces, si le volume de l'enfant l'exige.

Todications 2173. I] ne faudroit pas inciser le placenta , LAN et surtout s1l offroit sa partie la plus épaisse ou son.

milieu sous le tranchant du bistouri, parce qu'il pourroit en résulter de grands inconvéniens pour l’enfant, à cause de la section des vaisseattx ombilicaux qui en garnissent la face interne ; il vaut mieux le détacher d’un côté après l’incision de Ja matrice, pour ouvrir les membranes mêmes auprès de l’un de ses bords, comme nous l'avons fait dans la première des opérations que nous avons citées, et comme cela se pratique quand il est attaché sur le col de la matrice.

Delama- 2174. Ayantouvert la matrice convenablement, nue D* ON y insinue la main pour prendre les pieds de fant aprèslo- l'enfant , et les amener au dehors, en se conduipération, sant, à éet égard, de la même manière que si on

vouloit retourner cet enfant et l’extraire par la voie naturelle. On en dégage les bras de même, quand les épaules sont assez avancées , et on place

ensulle un doigt dans la.bouche pour entraîner la tête. Il ne faut écarter de cette régle qu'autant que la tête se présente naturellement à la plaie de la matrice : si elle n'est pas expulsée de suite par les efforts de ce viscère qui tend à se resserrer, on en favorise l'issue en pressant légèrement le ventre des deux côtés et à quelque distance de l’incision , ou bien en insinuant l'index de chaque main jusqu'au-dessous des angles de lamächoire inférieure.

2175. En continuant de se resserrer de plus en Del déliplus sur elle-même après la sortie de l'enfant, la re matrice ne tarde pas à porter le placenta vers la ration. plaie et à lexpulser : ce qu'on favorise encore en ürant sur le cordon ombilical , et bien plus sûrement en saisissant ke bord de cet arriére-faix du bout des doigts aussitôt qu'il se présente, pour le dégag ser plus facilement, et lui faire présenter moins de volume à la plaie, que si on l’entraînoit en continuant de türer sur le cordon. Il faut égalément prendre soin d'extraire les caillots qui auroient pu se former dans la matrice, et de passer un doigt à travers son col, pour précipiter dans le

vagin CEUX qui pourroient s’y trouver engagés. Si la matrice restoit molle et sans action aprés l'issue du placenta , il faudroit la toucher un peu extérieurement et l’agacer, pour la relever de cet état d’abattement et l’obliger à se contracter sur elle-même.

2176: Il coule peu de sang de la plaie de la matrice quand on l’a faite au milieu de sa partie antérieure , à moins que le placenta n’y soit attaché. Si l’hémorragie est plus grande dans ce dernier cas, elle ne subsiste pas long-temps quand la

matrice se contracte fortement et se resserre bien aprés la sertie de l'enfant. 11 n’en est pas de même lorsque l’incision a été faite ailleurs et sur l’un des côtés de ce viscère, quand l’instrament a coupé quelques-unes des grosses branches des artères et des veines utérines ; la femme peut perdre plus de sang, en ce que l’hémorragie dure plus de temps, quelle que soit la contraction de la matrice. Si elle se soutenoit avec assez d’abondance, dans ce cas surtout, pour donner de l'inquiétude, 1l faudroit toucher les lèvres de la plaie avec de l'eau froide , même avec un peu d'esprit-de-vin, comme quelques-uns l'ont déjà recommandé ():

au défaut de celui-ci, que l’on n’a pas toujours sous la main, on se servira d’eau et de vinaigre, ou de vinaigre pur.

2177. L'hémorragie peut survenir quelques heures, et même plusieurs jours après l'opération | césarienne, comme à la suite de toute autre espèce d'accouchement; maïs, toutes choses égales d’ailleurs, elle estalors moins dangereuse que celle qui provient de la section des gros vaisseaux qui correspondoient au placenta, ou de ces branches artérieiles et veineuses dont nous venons de parler. 11 suffit, pour empêcher le sang de couler, de ranimer l’acuon tonique de la matrice, toujours languissante en pareil cas; soit en agacant et en stimulant ce viscère extérieurement, soit en y injectant, par la plaie, de l’eau froide, pure, Ou avec un peu de vin, même du vinaigre, selon que linertie en sera plus ou moins grande; comme on

pis Len cuit ji M RES (x) Voyez les Instituts de Chirurgie d’Xeister. le

DES ACCOUCHEMENS. 433 le fait par l'orifice, dans le cas de perte, aprés l'accouchement ordinaire.

Du traitement qui convient à la suite de l'opération césarienne.

2170. Lorsqu'il s’est épanché du sang et deseaux Premier soin

dans la cavité abdominale pendant l'opération, il

qu'on doit avoir après l'o-

faut en procurer l'issue avant d'appliquer l'appa- pération céreil, soit en faisant prendre à la femme une situa- ‘een

üuon convenable, soit en pressant seulement le ventre des deux côtés. L'on a eu quelquefois recours aux injections d’eau tiède, pour laver la surface des viscères qui avoient été baignés par ces fluides. De pareils épanchemens seront rarement à craindre dans le moment de l'opération, si on la fait à la ligne blanche.

2179. La plaie de la matrice exige peu de soin : elle se resserre et diminue de moitié ou environ en trés-peu de minutes, excepté quand ce viscère reste dans l’inertie et ne se contracte pas sur lui même. Cette plaie se consolideroit aisément, si elle neservoil le plus sonvent d'égoutaux fluides qui découlent abondamment de la surface interne de la matrice dans les premiers jours des couches. Rousset et ARuleau conseilloient d’en arroser les lèvres avec une infusion de plantes vulnéraires , et le dernier yappliquoitensuiteun mélange de baume d’arcéus et d'huile d'hypericum : mais on conçoit claire-

ment l'inutilité de toutes ces choses. Sa réunion est.

l’ , PR, j . ?

ouvrage de la nature, et | hémorragie seule, lorsqu'elle survient, exige une attention particulière.

Page 1