Tome TT. G g
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A 6) e , 0 ‘ ne se ressouvint pas d’en avoir mange depuis longtemps. Elle continua néanmoins de courir et
d'aller travailler en journées chez des personnes
qui l’occupoient, jusque vers la fin de mars, que de plus fortes douleurs la contraignirent de se mettre au lit et de m'appeler à son secours. Plusieurs pièces osseuses Se présentoient alors ä l’en-
trée de l’ulcère, notamment un pariétal, et Je fis
l'éxtraction au moins de quatre-vingis autres , ainsi que de beaucoup de débris de chairs. En moins de huit jours, lulcere de la matrice fut consolidé , et celui des enveloppes du bas-ventre n’eût pas tardé à se cicatriser, s'il n’en avoit été empêché par le passage des matières stercorales, un des intestins étant ouvert, et ayant contracté des adhérences au bord de cet ulcère. Malgré cette complication , la guérison fut complète avant la fin d'avril. M. Traisnel, notre confrère, y a sinsulièrement coopéré par un bandage des plus ingénieux, qui ne pouvoit convenir qu'à la circonstance, Nous pensions alors que l'intestin qui s’étoit ulcéré à la suite de cette forte contusion
dont nous venons de parler, étoit le colon, près.
JS romaine, comme on le voit dans notre seconde édition ; mais l'ouverture du cadavre de la femme , morte en octobre 1791, près de trois ans aprés cet accident, et des suites de son huitième accou-
chement, a fait connoître que c'étoit l'intestin
iléon qui étoit encore adhérent à la cicatrice de l'ulcère des enveloppes du ventre.
2224. Si les seuls efforts de la nature, dans le !
cas de grossesses extra-utérines, Ont assuré plu- L2 L) L] 1 LI sieurs fois la vie de la mère, quoiqu'en l'exposant
à mille dangers ; si la femme bien plus souvent encore, dans ces sortes de cas, n’a été redevable de cet avantage qu'aux secours de l’art, que de maux ces secours , pour l'ordinaire trop tardifs pour l'enfant et trés-souvent aussi pour la mére, n’auroientils pas prévenus, au moins dans quelques-uns de ces cas, si la Chirurgie eût été moins timide à les proposer, ou si elle eût rencontré des femmes assez courageuses pour sy Soumettre à temps! L’ouverture du bas-ventre et celle de la trompe, selon les circonstances, en arrachant à la mort quelques-unes de ces femmes, auroit pu assurer en même temps la vie à plusieurs de ces enfans dont nous venons de parler. « Ce qu'il y a de plus dou- » teux dans ces sortes de cas , dit Levret, n'est pas » la difficulté de faire l'opération, parce qu'alors » on n'incisé pas la matrice, et elle est en cela » bien plus simple que l'opération césarienne : » Mais quañt aux suites, ajoute-t-il, on n'en peut » pas dire autant; car elles seroient, selon moi, » tres-dangereuses, à cause de l'hbémorragie qui » Suivroit nécéssairement le décollement du pla- » cenia, de la partie où ilse trouveroitimplanté.… » aucune partie du bas-ventre n'ayant la faculté » de se contracter alors subitement à un degré » aussi considérable que la matrice ».
2225. C’est la crainte de cette hémorragie qui a empêché presque tous ceux qui ont rencontré ces grossesses extra-utérines, d'ouvrir le sein de la femme dans le temps où la nature sembloit l’indiquer par les efforts qu’elle faisoit pour se délivrer de l'enfant. Cette hémorragie seroit-elle donc plus à craindre, quand l'enfant se trouve dans Ja
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trompe, dans l'ovaire, ou le bas-ventre, qu'aprés l'opération césarienne ? Quelles suites ces honimes timides pouvoient-ils espérer de leur conduite ? Ils ont épargné à la femme les douleurs de lincision, il est vrai, mais en l’exposant à une foule d’accidens tout aussi dangereux que l'hémorragie même qu'ils redoutoient. Par cette opération, l’on auroit soustrait à la mort l’enfant de la femme dont parle Cyprianus ; celui de la femme dont Simon rapporte l'exemple d'après Sabatier le père ; de celle qui fait le sujet de lobservation de Galli (1); et d'une autre encore, dont M. Balthazar a fait part à l’Académie de Chirurgie, en 1983. Voyez $. 2199. Et en assurant la vie à ces enfans , on auroit pu la conserver à plusieurs de ces femmes qui la perdirent presque au même instant que leurs enfans.
2226. La crainte de l’hémorragie aprés la délivrance, ou celle de déchirer les parues auxquelles le placenta est attaché, telles, par exemple, que l'épiploon et le mésentère, en faisant effort pour l'en séparer, n’est pas, selon nous, une raison suffisante pour faire rejeter l'opération dont il s'agit. Peut-être n’a-t-on qu'un seul cas où l'arrière -faix füt greffé sur ces parties, celui de William-Tumbull (2). Le fœtus extra-utérin n’est pas flottant dans l'abdomen ; il y est contenu dans un kyste indépendant des viscéres qui l'en tourent, et avec lesquels 1l n’a de rapport qu'au
(1) Mémoires de l’Académie des Sciences de Bologne, tome IT, partie HIT.
(2) Voyez la note du . 2193.
moyen de ce kyste : si on a vu le contraire, ce phénomène est au moins excessivement rare (a). 2227. Ne devroit-on extraire que l’enfant seul, dans le premier moment, pour lui assurer la vie, ce mouf seroit encore assez puissant pour nous déterminer à faire cette opération. On a déjà proposé de laisser le placenta jusqu’à ce qu'il se soit détaché de lui-même, et qu'il vienne se présenter à la plaie dans laquelle on aura eu soin de retenir le cordon. Quel mal y auroitil à se conduire de celle manière ? La putréfacuüon de cette masse spongieuse seroit-elle plus à redouter que si l’on n’avoit pas fait d'opération ? Tout parle en faveur de celle-ci, malgré le danger qui peut la suivre, parce que le péril est encore plus grand si on ne la fait pas. Alors les accidens excités par la présence de l'enfant se joignent bientôt à ceux qui naissent de sa putréfaction et de sa dissolution; les fluides corrompus ne pouvant s'écouler, infectent les viscères du bas-ventre, et la mort ne tarde pas à frapper la victime, qui l'appelle sans cesse au miheu de ses tourmens, parce qu’elle n’y voit pas d'autre terme. | 2228. Dans le cas où la prudence auroit suggéré de laisser le placenta dans le sein de la femme, soit par crainte de l'hémorragie, soit par celle de déchirer la parue à laquelle il est attaché, s'il ne se détache pas de lui-même dès les premiers momens, sa putréfaction sera moins dangereuse pour la femme, que dans cel où l’on n’auroit pas fait opération; parce que les fluides putréfiés
(1) Voyez la note du Ç. 2193.
(era
470 L'ART pouvant alors s'écouler par la plaie, séjournent moins dans la cavité du kyste, et qu’on peut faire des injections convenables.
2229. Cette opération doit avoir un temps d’élecuon et un temps de nécessité. Ce dernier est marqué par les accidens qui surviennent après la mort de l'enfant, et le danger qui menace la femme ; et la naiure indique le premier par les eforts inutiles qu’elle fait pour expulser cet enfant, quelquefois seulement au terme ordinaire, comme dans une bonne grossesse , souvent un peu plus tôtouun peu plus tard, Ceux quiontétéà même de suivre le développement des grossesses extrautérines , ou d’être appelés dans le temps de ces efforts qui sembloient en assigner le terme, ont
observé que la femme ressentoit des douleurs.
analogues à celles de l'accouchement, que la matrice, en quelques cas au moins, s’entr'ouvroit un peu, qu'il s’en écouloit de l’eau, des humeurs glaireuses et du sang, et que cette espèce de tra= vail se soutenoit plus ou moins de temps, cessoit ensuite pour recommencer, et discontinuoit de nouveau, jusqu'à ce que d’autres accidens parussent.
2280. La plupart de ces symptômes se sont annoncés du septième au huitième mois, et peu de jours aprés la mort da fœtus, ou la cessation de ses mouvemens, chez la femme qui fait le sujet de Fobservation consignée aux 6. 2195 et 2196; mais ils n’ont eu lieu qu'à l'époque du’ neuvième mois chez celles dont parlent Cyprianus, Simon , d'après Sabatier père, Gall, Balthazar ef'autres , ainsi que dans le fait suivant, où nous en avons
bien suivi la marche pendant plusieurs jours.
2251. La grossesse avoit parcouru ses diverses Observation. époques sans offrir d’autres phénomènes que ceux d’une grossesse tres-ordinaire, et la femme n'avoit pas discontinué un seul instant ses occupations habituelles de blanchisseuse , lorsqu'elle se rendit à l’hospice de la Maternité, le 3 ou le 4 avril 1602 (15 ou 14 germinal an x). Les régles avoient eu lieu le 1° juillet 18or pour la dernière fois ; la femme ne s’étoit mise dans le cas de devenir grosse que le 10 , et c’est à cette époque qu'elle assuroit l'être devenue. La crainte d’être surprise dans les bras de son amant, en entendant remuer la clef de sa chambre qu’elle avoit imprudemment laissée en dehors, lui fit éprouver, nous dit-elle, la plus vive émotion à l'instant même où elle a dû concevoir (1). Les mouvemens de l'enfant se manifestèrent quatre mois et demi après cette époque, et ne cessérent que vers le 2 avril suivant, la veille de l'entrée de cette femme à l’hospice de la Maternité. Ces mouvemens se firent sentir d’abord vers le côté gauche du ventre et trés-bas, où la femme avant ce temps avoit éprouvé constamment une douleur sourde et profonde, et ensuite
mp qmemiienr eee
(1) Cette remarque, déjà faite à l’occasion d’autres grossesses extra-utérines, tendroit à confirmer ce que dit le savant Æstrue à ce sujet. Elles sont plus ordinaires, dit-il, dans les filles et dans les veuves, surtout dans les filles et dans les veuves qui ont passé pour sages ; parce que la crainte, la honte, le saisissement, dont ces femmes sont affectées dans un embrassement illicite, y ont beaucoup de part. (Æséruc, Maladies des femmes, tome IV, pag. 238 et 230.)
au-dessus de la fosse iliaque ; ce qui lui avoit fait croire que sa grossesse, sous ces divers rapports, ne ressembloit pas à celle qui l’avoit précédée. 2252. N'éprouvant qu'un peu de chaleur et de sensibilité dans Le vagin , ainsi que de légères douleurs dans l'abdomen , elle prit un bain le jour même de son entrée à l’hospice , et on la mit au régime convenable. Ces légers accidens, qu’on avoit attribués en partie à la course que venoit de faire cette femme, et les douleurs du ventre surtout étant les mêmes au troisième jour, la sagefemme en chef l’examina une seconde fois, et reconnut que la grossesse n’offroit pas tout ce qu'on remarque ordinairement à la même époque chez les autres femmes, ni ce qui peut faire présager un accouchement heureux et peu éloigné. Elle observa , 1°. que le col de la matrice n’avoit encore subi aucun développement; qu'il étoit pressé contre le pubis et retiré vers le haut de la symphyse; que la levre postérieure de son orifice vaginal étoit plus longue, plus dure , plus épaisse que l’antérieure ; que cet orifice étoit à peine entr'ouvert, et l’interne conséquemment inaccessible au doigt; 2°. qu’une tumeur semi-sphérique, située derrière le col utérin, occupoit le détroit supérieur, comme la tête du fœtus enveloppée de
Ja paroi postérieure de la matrice auroit pu le
faire eh d’autres circonstances ; 5°. quêé le globe qu'elle prit pour celui de la matrice étoit moins dessiné, moins arrondi, moins élevé qu'on ne le trouve dans les derniers instans de la grossesse ordinaire ; 4°. et que l'abdomen étoit météorisé de toutes parts.
2253. Quoique ce météorisme fût beaucoup plus grand le soir, au moment où nous vimes la femme pour la première fois (1), on pouvoit encore cependant isoler assez bien la tumeur formée par la grossesse , pour en suivre le contour, en déterminer la figure, et en évaluer le volume. Son bord supérieur paroissoit légèrement échancré, son milieu ne s’élevant qu'à la hauteur de l'ombilic, tandis que ses extrémités qui occupoient l’un et l’autre côté du ventre étoient plus élevées ; l'extrémité gauche étant plus grosse et plus arrondie, et l'autre un peu plus petite : ce qui nous fit penser que le fœtus étoit situé transversalement sur l'entrée du bassin ; que c'étoit lépaule droite qui se rapprochoit le plus de ce détroit, et que la position de celle-ci dévoit être celle que nous désignons sous le nom de quatrième (2).
2234. Le col de la matrice étoit exactement tel que nous l’avoit annoncé la sage-femme en chef, madame Zachapelle. Le corps de cet organe, qu'on disünguoit sans beaucoup de peine au-dessus de la symphyse pubienne et sous la ligne blanche , ne nous parut guère plus développé que dans l’état naturel, et sembloit appliqué et lié à la parue antérieure du kyste qui contenoit l’enfant. D’après cet examen, nous ne conservâmes aucun doute sur l'existence d’une grossesse extrautérine.
2235. La nature, depuis plusieurs jours, faisoit de vains efforts, mais légers à la vérité, pour se ne à
(1) C’étoit le 7 avril 1802. ,
M2) Voyez $. 1517.
474 L'ART délivrer du fardeau de cette grossesse, et ces efforts s’annonçoient par autant de douleurs, comme le font ceux d’un accouchement ordinaire. Le kyste renfermant le fœtus secontractoit comme le fait la matrice; il s’arrondissoit et se durcissoit pendant ces douleurs, puis il se détendoit et se relâchoit. On pouvoit, en l’observant attentivement d’une main placée sur le ventre, annoncer la douleur qui alloit se faire sentir, sa force et son déclin. Malgréleur récidive assez fréquente, durant plusieurs jours, l'état du col de la matrice ne changea point. L'orifice externe où vaginal ne s’ouvrit pas au-delà de ce qu'il étoit d'abord , et l'interne demeura constamment trop étroit pour admettre le doigt. Il n’y eut aucune espèce d'écoulement, d’exsudation, ni de sang, ni d’eau, ni de mucosités ; toutes ces parties restèrent sèches. Des le temps de ma première visite, le poulsde la femme étoit petit, dur, serré, peu fréquent; la respiration courte et singulièrement gênée, à cause de l’énorme météorisme du ventre ; la face tres-rouge et animée. Une saignée du bras faite dans la soirée, et le bain administré quelques heures après , ne produisirent qu’un léger soulagement pendantune partie de Ja nuit. |
2256. Appelé depuis peu de jours seulement à la place de Chirurgien en chef de l'Hospice , et chargé d'y enseigner l'Art des Accouchemens (1), le cas dont il s’agit me parut trop grave pour ne pas m’entourer des lumières de MM. 4ndry , méde-
em
ti) Je n’y étois en exercice que depuis le 1° du mois de germinal.
cin, et Auvity, chirurgien ordinaire du même Pospice. Je témoignai le désir d'y joindre encore celles de mon collègue Antoine Dubois ; mais cette réunion entière de consultans ne put avoir lieu ue le surlendemain , 20 germinal. Quoiqu'il y eüt alors bien peu d'espoir de conserver la femme, il fut décidé cependant qu'on feroit la gastrotomie, opération qu ‘elle demandoit elle - même depuis plusieurs jours, plutôt que de l’abandonner dans la triste et déplorable situation où elle étoit, le météorisme du ventre ne pouvant devenir plus grand, et ne permettant plus à cette femme de respirer.
| 2237. Ce inéme météorisme ne laissant plus le choix du lien où 1l auroit été le plus convenable d'opérer, ets opposant à ce qu'on le fit sur le côté gauche, où devoient être les pieds du fœtus, on fit l’incision à la ligne blanche, fort au-dessous de lombihic, et en côtoyant le côté gauche de la matrice, qui fut atteinte par l'instrument, par ste dé précautions même qu'on avoit prises pour l'éviter (1).
2238. Le kyste étant ouvert, Je réduisis la main droite du fœtus, qui s’avançoit dans la plaie, et j'allai chercher les pieds. Cet enfant étoit réellement dans la position que nous avions présumée, d’ aprés la forme extérieure du kyste, lors de notre premier examen. Il pesoit huit livres huit onces
(x) Nous supprimons beaucoup de détails, tant sur le fait que sur l'opération » parce qu 71ls appartiennent à J’histoire des conceptions extra-utérines, bien plus qu'à un Traité élémentaire sur l’Art des Accouchemens.
et demie. Sa longueur étoit de dix-neuf pouces | Ja grosseur de sa tête telle, que son diametre occi: pito-mentonnier éloit de cinq pouces quatre lignes; l'occipito-frontal de cing pouces; le bi-pariétal ou transversal , de quatre; et la largeur des épaules, de cinq pouces sept lignes : d’où l’on voit que cet enfant avoit acquis plus de volume dans le lieu insolite où il s’étoit formé, que n’en prennent le plus grand nombre de ceux qui se développent dans la matrice. Il étoit du sexe masculin , et mort depuis quelques j jours seulement, quoique lVépiderme s’enlevât partout avec eee Le cordon ombihcal étoit fort gros, d'un rouge livide, ettellement puiréfié, qu il ne put supporter les premieres tentatives qu'on fit pour extraire lParrière-faix. :
2259. Cet arrière-faix s'étant approché de l’en= trée du kyste, au point de le toucher facilement du doigt , et de faire préjager qu'il étoit détaché, ù 1e RAR ANR la main ; mais voyant qu'il tenoit encore partout , et craignant d’altérer le kyste en voulant l'en séparer, ou de le renverser en voulant l’extraire , et d'entraîner avec lui les parties qui pouvoient y être adhérentes, ne connoissant encore ni Sa nature, n1 ses rapports avec les viscéres qui l'entouroient, je pris le parti de laisser. cet arrière-faix, comme nous en étions convenus avant l'opération.
2240. La femme, déjà tres-foible avant cette opérauon , le parut davantage aprés, parce qu elle avoit perdu une assez grande quantité de sang. Opéré ée sur les huit heures du soir, elle resta dans cet état de foib'esse jusque vers re quatre heures
DES ACCOUCIHEMENS. 477 de la nuit, et alors son pouls se releva, sa chaleur revint, ses forces se ranimérent un peu, et nous la trouvâmes assez calme vers le milieu du jour
suivant.
| 2241. Le premier appareil ne fut levé que le soir , la plaie n'ayant rendu qu'un peu de sang noirâtre et fétide, avec beaucoup de sérosité rougeatre. Elle étoit béante au moment du pansement, d'une forme ovale, et d'environ quatre pouces de longueur sur deux de largeur. Un corps mollasse et spongieux la remplissont, et sembloit en former le fond ; il étoit adhérent à ses bords, excepté vers l'angle inférieur : on crut un instant que c’étoit l'arrière-faix , tant 1 avoit de ressemblance avec lui; mais on vit dans la suite que c'étoit l’épiploon. Malgré le volume extraordinaire du ventre, aucune portion des intesuns ne parut à cette base, La seconde nuit ne fut pas aussi calme que la prenuére ; il y eut de fréquens vomissemens, la malade s afloibEt de nouveau , et elle mourut quarante heures où environ après V opération.
22/2. L'ouverture en fut commencée le soir même, vers les huit heures, la putréfacuion, après un plus long retard, pouvant s'opposer à nos recherches, et en duier ce qu 1 nous importoit de bien voir. Le ventre, quoique très- -développé ; le parut un peu moins qu'avant l’opérauon. On vit alors que le corps fongueux qui bouchoit la plaie, et qui la dépassoit en ce moment de la longueur de neuf lignes, inférieurement, étoit l'épiploon altéré, et dans un état de maladie que chacun de nous a jugé préexistant à l'opération. En soulevant
478 Le: 2 oi
la portion qui étoit hbre, on apereut le colon qui |
n’avoit pu s'échapper à cause de sa trop grande dilatation : 1l recouvroit tous les autres intesuns, et sembloit occuper l'abdomen en entier, quoiqu'als fussent tous phlogosés et météoriséss IL m'existoit aucune espèce d'épanchement.
22/5. La portion iliaque gauche du colon et le
haut du rectum avoient été entraînés dans le dé-
veloppement du kyste, de manière qu'ils occu-
poient la fosse iliaque droite, et adhéroient à l’extrémité de ce kyste du même côté, d’où le colon se relevoit le long de son bord supérieur, auquel 1l n’étoit pas moins fortement adhérent; mais aucune autre portion des intestins, ni l'épiploon, n’y étoient attachés.
2244. Ce kyste étoit un peu revenu sur luimême, et n'offroit plus autant de capacité qu'avant
l'opération : il se trouvoit affaissé d’ailleurs par le poids des intestins. La matrice en recouvroit la partie moyenne et antérieure , et ÿ étoit étroitement liée, comme on l'a déjà dit; la membrane péritonéale de sa face postérieure en faisoit parue.
Elle avoit cinq pouces de long sur trois de large,
et au plus douze à quinze lignes d'épaisseur. Son ussu étoit d'un rouge pâle, d’une consistance aussi
ferme que celui d’une matrice qui n'a point été
développée par le fait de la grossesse : elle avoit été ouverte dans l'opération même, comme on l’a
fait observer plus haut.
2245. Toutes les parties qui n’étoient pas adhérentes au kyste ayant été enlevées pour le mettre
entièrement à decouvert, on vit qu'il étoit placé
transversalement sur la colonne lombaire; que
celle de ses extrémités qui s’'appuyoit sur la fosse iliaque gauche, étoit plus volumineuse que l'autre; que ses parois n'avoient pas la même épaisseur partout; qu'elles n’offroient en plusieurs endroits que celle d'une très-forte membrane, et qu'en d’autres elles étoient formées de deux lames trèsdistinctes, entre lesquelles sembloit être nn ussu caverneux où diploïque, d’une teinte un peu brune; que cette structure avoit lieu surtout dans toute l'étendue qu’occupoit encore le pla- centa. On y découvroit aussi quelques plans de fibres rougeatres, assez prononcées en plusieurs endroits , et particulièrement beauconp de vaisseaux.
22/6. Si quelques-uns des assistans, en voyant la matrice ouverte et un peu plus développée que dans son état naturel, ont pu croire un instant qu’elle avoit contenu l'enfant, que c'étoit de sa cavité qu'on l’avoit extrait, qu'il n'y avoit point eu de grossesse extra-utérine, où bien que cette matrice s’étoit rompue avant lopération, et avoit jeté l'enfant dans la cavité abdominale même, tous furent convaincus en examinant le kyste contenant encore l’arrière-faix , auquel 1l étoit adhérent, que c’étoit réellement là que le produit de la conception s’étoit développé. Ce kyste n'offroit d'autre ouverture que l'incision faite au moment de l'opération : 1l n'avoit, ainsi que la matrice, aucune communication avec la cavité abdominale. L’ayant ouvert ensuite dans une plus grande étendue, on observa que le placenta, que jen détachai avec soin , en occupoit la paroi pas- térieure.
2247. Cet arrière - faix avoit un peu «moins d'épaisseur qu’un placenta ordinaire ; il étoit d’un parenchyme plus serré, plus ferme, et d’une teinte plus noirâtre. 1] contenoit peu de sang ; et on eût dit que celui qui en remplissoit les mailles y étoit à demi desséché, calciné, et semblable au sang qui a été long-temps exposé à l'air dans un vase peu profond. Cet arrière-faix paroïssoit plutôt disposé à se dessécher qu’à se putréfier. Sa face fétale étoit couverte à l’ordinaire des membranes chorion et amnios, et celle par laquelle il adhéroit au kyste, paroissoit d’un rouge assez clair, grenue et parsemée de beaucoup d'ouvertures très-remarquables à la vue, et semblables à d’autres qui se voyoient à la. face correspondante du kyste, et auxquelles elles étoient contiguës.
2248. Ce kyste (1) étoit évidemment formé par le péritoine extérieuremeht. Mais quel est le repli naturel de cette membrane qui s’étoit développé à ce point ? Toute la partie antérieure de la matrice , son fond et le tiers supérieur ou à-peu prés de sa face postérieure, en étoient couverts à l'ordinaire. Les deux replis semi-lunaires qui se trouvent entre ce viscére et la vessie, étoient trèsapparens el existoient dans leur entier, ainsi que le ligament large du côté droit : les deux ailerons de celui-ci, et le cordon sus-pubien ou ligament rond, étoient dans l’état naturel. La trompe, longue de cinq pouces au moins, suivoit une marche un peu
RS CG Pis. RSR RSR SR Ne
(1) Nous avons annoncé plus haut qu'il étoit forme de deux membranes très-distinctes, presque dans toute son étendue.
tortueuse,
DES ACCOUCHEMENS. 481 tortueuse , et étoit d’une texture plus épaisse, comme on l’observe dans l’état de grossesse : elle aboutissoit à un corps de la grosseur d’un très-peuit œuf de pigeon, un peu aplati, putréfié, isolé du kyste , et tenant à la matrice par le repli du péritoine qui forme l’aileron postérieur du ligament
large. Ce corps devoit être l’ovaire. Le pavillon de la trompe se confondoit avec lui.
2249. On ne voyoit rien de semblable du côté gauche, excepté le cordon sus-pubien ou Hgament rond, dont on retrouvoit quelques traces. Le ligament large, ses replis ou ailerons, et l'ovaire, sembloient s'être retirés vers la partie postérieure de la matrice, en se portant de gauche à droite, et s'être développés pour former le kyste ; de sorte que lovaire méme et le pavillon de la trompe se seroient trouvés à la droite de cette poche, s'ils eussent pu se Conserver, et si cet ovaire lui-même n'a pas été le premier siége de cette grossesse extrautérine, comme on y a trouvé le haut de l’intesuin rectum de VS romaine du colon.
2250. La portion du péritoine qui recouvre la face postérieure de la matrice s’étoit détachée du ussu même de cet organe, presque à la hauteur de son fond, et sembloit former la paroi antérieure et supérieure du kyste; tandis que la région de la matrice , dépouillée de cette écorce , en formoit le milieu et la partie inférieure. Cette région de la mairice avoit un peu moins d'épaisseur qu’on n'en remarquoit ailleurs.
2251. L'ouverture utérine de l’une et l’autre trompe étoit excessivement pete, et aucun stylet n’a pu y pénétrer. Peut-être qu'un tube propre