‹ L'art des accouchemensChapitre 100 sur 136 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

DES SOINS QUE L'ACCOUCHEUR DOIT DONNER À LA FEMME PENDANT LE TRAVAIL DE L'ENFANTEMENT.

776. La plupart des femmes étant livrées entiè- Devoir de rement à elles-mêmes pendant le travail de l’en- l'accoucheur fantement, se délivreroient seules ; cette vérité, . “ puisée dans la nature, n’a pas besoin de nouvelles accoucher. preuves. Mais ces mêmes femmes aidées à propos nese délivrent-elles pas plus sûrement, et souvent avec moins de peine? C'est ce que nous allons examiner.

777. Parmi les accouchemens qui s’opérent naturellement, les uns se font si promptement que la grande et prompte évacuation de la matrice devient quelquefois la source de plusieursaccidens très-graves et même mortels; et les autres sont si longs et si laborieux, que les suites, quoique différentes, n'en sont pas moins à craindre : d’où l’on voit qu’il doit être aussi salutaire deralentir la marche des premiers que d'accélérer celle des derniers.

778.8 il est des obstacles dans accouchement que la nature surmonte tôt ou tard, il en est beaucoup aussi contre lesquels la femme succomberoit infailliblement, si lon ne venoit à son secours. De ces obstacles, les uns sont prévus, parce que la cause préexiste à l'accouchement, ét les autres arrivent inopinément.

779. Les fonctions de l'accoucheur ne doivent onc pas se réduire à celles de simple spectateur. La patience, qu'on lui recommande comme sa principale vertu, doit avoir des bornes : l'excès de confiance dans les ressources inconnues de la nature, que quelques uns vantent avec une sorte d'assurance, n'étant pas moins condamnable que les manœuvres inconsidérées de ces hommes ignorans à qui la témérité semble tenir lieu de connoissances.

SECTION PREMIÈRE

Des soins qu’exige en général l’état de la femme dans le premier temps

du travail.

Cequedoit 780. Presque toujours incertaines du terme de faire l’accou- Jeur grossesse, les femmes prennent souvent pour cr l Le commencement du travail de l’enfantement ae du tra- des douleurs qui y sont étrangères , mais dont la vail. marche est quelquefois telle, que celles même

qui ont eu le plus d'enfans peuvent s’y tromper: combien de fois d’ailleurs n’a-t-on pas été appelé pour des femmes qui se croyoient en travail, ou qui craignoient d'accoucher prématurément, et qui n'étoient pas enceintes , ou par d'autres qui ignoroient leur état, qui attribuoient à toute autre cause les douleurs qu’elkes éprouvoient , et qui étoient au moment d’accoucher ?

781. Aprésavoir observé pendant quelques instans la marche de ces douleurs, l’accoucheur fera donc bien d’en rechercher la cause, pour en connoitre le caractère, afin de favoriser celles qui ont rapportàl'accouchement,etd’opposerles remèdes

DES ACCOUCHEMENS. 345 convenables à celles qui y sont étrangères, dans la crainte qu’elles n’y donnent lieu par la suite, comme il arrive quelquefois.

792. Le toucher seul peut le mettre à même de distinguer avec certitude ces deux espèces de douleurs, quelquefois très semblables dans leur marche et la manière dont elles se font sentir, mais toujours trés différentes par leur cause,

733. La dureté qui survient au globe utérin, la Caractèroideur du bord de son orifice et la tension des F5 5e vrais membranes sur celui-ci pendant la douleur même; renfantes la détente et le relàchement de toutes ces parties, ment à mesure que cette douleur diminue, caractérisent d'une manière invariable celle de l’enfintement , parceque cessymptômessontinséparablescomme elle de la contraction de la matrice. |

784. Leseffets des fausses douleurs, ou de celles Caractères qui sont étrangères à l'accouchement, sont très RC différens de ceux-ci, et d’ailleurs très variés, par rapport à la diversité de leur cause, de leur com-plication, etdes parties quien sont le siége. Tantôt ces douleurs dépendent de ja pléthore sanguine, soit générale où particulière; tantôt elles proviennent des matières indigestes et putrides contenues dans les premières voies ; d’une pierre dans les reins, dans les uretères , ou dans la vessie, et quelquefois de plusieurs de ces causes en même temps. On n'observe jamais pendant ces sortes de douleurs, aucun des effets dont il est parlé au S précédent, à moins qu’elles n'aient déjà donné lieu aux contractions de la matrice, et conséquemment aux vraies douleurs de l’enfantement.

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