Après avoir bien reconnu le caractère de
ces dernières, dont la récidive fréquente et l’augmentation plus ou moins prompte constituent ce qu’on appelle ordinairement le Travail de lenfantement , l’accoucheur doit s'assurer si la femme est parfaitement à terme ou non, afin de ne pas favoriser un travail accidentel , qu’il aurait souvent pu calmer, s'il en eût recherché la cause, Il faut donc se rappeler dans ce moment les signes caractéristiques des différens termes de la grossesse. (J’oyez l’article du toucher.)
Des choses 780. Quand ces douleurs nese font sentir qu’au auxquelles temps de la maturité du fœtus , il faut avoir égard PSE ee à leur fréquence et à leur intensité, à la largeur les douleurs de l’orifice de la matrice, et à la dureté de son de entr bord, afin de juger, à peu près, quelle sera la oË. durée du travail, et prévoir l'instant où se termi-
nera l'accouchement. L'on ne doit pas oublier, pour l'exactitude du pronostic, que le premier est en général plus long que les autres, et que la dilatation de l’orifice de la matrice n’est jamais plus lente que dans le commencement du travail. (ForyrezS 618.)
787. On doit s'assurer aussi par le toucher de la conformation du bassin, surtout lorsque c'est un premier accouchement,etqu'ilexiste quelques difformitésapparentes, On doit s'assurer de même de la situation de orifice et de l’obliquité du fond de la matrice , ainsi que de la partie que Fenfant présente et de sa position, afin de prescrire de bonne heure à la femme la situation qui convient le mieux à son état.
Des alimens 789. loutes les femmes ne doivent pas se conquon peut duire de la même manière pendant le travail de
l'enfantement,parceque les circonstancesque présente ce travail ne sont pas les mêmes chez toutes : ce quiestutileaux unes pourroit devenircontraire aux autres. On ne doit, par exemple, donner que du bouillon à celles dont le travail marche rapidemént, acquiert de la force à chaque instant, et va bientôt se terminer, quand elles ont besoin de quelque peu d’alimens : mais on peut accorder des nourritures plus solides à celles chez qui il ne fait que de commencer, etsurtout lorsqu'il doit durer longtemps, afin de soutenir leurs forces.
789. La boisson qu’on doit permettre à ces femmes n’est pas plus indifférente que la nature des alimens qui leur conviennent. Les choses échauffantes , telles que le vin chaud aveclesucre et la cannelle, etles liqueurs spiritueuses,encore si
en usage aujourd'hui parmi les femmes du peuple,
ne sont guëre indiquées , si ce n’est à l'égard de quelques unes, à qui l’on peut en donner, comme potion cordiale, quand il en est besoin. L'eau sucrée, l’eau de groseilles , la tisane de chiendent ou d'orge , une légère limonade, etc., sont les boissons qui conviennent le miet. Beaucoup de femmes préferent l’eau rougie avec le vin; mais elle donne des aigreurs, et provoque souvent le vomissement auquel il n’y a déjà que trop de disposition , surtout quand on donne cette boisson chaude. 5e PI
790. Les lavemens ne doivent pas être négligés; un seul suffit pour évacuer les gros exCrémens qui pourroient ajouter aux difficultés naturelles de l'accouchement; mais il faut en faire prendre plusieurs quand le travail dure quelque temps,
donner à la femme pendant le travail.
De la boisson qui convient pendant le travail,
De l'utilité des livemens pendant le travail,
348 L'ART quand les douleurs se font sentir vers les lombes, et lorsqu'il y a de la chaleur dans les entrailles. On préférela décoction de quelques plantes émollientes ou de graine de lin, à l’eau simple.
De l'atilité 791. La saignée du bras n’est pas moins utile
Re O a ; UE. dans bien des cas. En diminuant la pléthore chez nl. certaines femmes, elle augmente la force et lé-
nergie des contractions de la matrice, tandis qu'elle détend et relâche les parties molles qui forment le passage. Elle est salutaire, surtout à celles qui se plaignent de douleurs de tête, et d'un sentiment de pesanteur dans les membres ; à celles dont les veux sont rouges, le visage enflammé, les vaisseaux extérieurs gonflés, ou qui sont menacées de coup de sang, de convulsions. d'hémorragie , d'inflammation de matrice, etc. De l'utilité 792. Les bains, les demi-bains, les fomentations des bains. &nollientes, et les fumigations humides , peuvent être également employés avec succes, Ces moyens ne sont jamais mieux indiqués que quand les années ont déjà enlevé aux parties qui servent à l'accouchement, a souplesse naturelle du premier âge, si nécessaire à Ja facilité de cette opération. Mais l’on ne doit y avoir recours en aucun cas, et surtout aux bains, lorsque la pléthore sanguine prédomine, qu’au préalable on n’ait évacué les vaisseaux par une ou deux saignées : car autant ils sont salutaires en quelques circonstances, autant ils pourroient être nuisibles dans cette dernière, soit à la mére, soit à l'enfant.
DES : ACCOUCHEMENS. , d4g
SECTION HE
De la situation de la femme pendant le travail de l’enfantement
93. La situation que doit garder la femme pendant le travail de l’enfantement n’est pas toujours indifférente et ne peut être arbitraire : elle doit être variée selon les circonstances et le temps de ce travail. Lorsqu'il ne fait que de commencer, qu'il n’est compliqué d'aucun accident, et que tout ce qui a rapport à l'accouchement se présente bien, la femme peut choisir la situation qui lui paroît la plus commode.
794. Celles qui sont menacées de descente de matrice ou d’hémorragie, qui sont très foibles, ou dont la matrice est située obliquement, doivent se tenir couchées depuislecommencement du travail jusqu’à la fin. On observera de les faire coucher sur le dos dans les grandes obliquités en devant, et sur l’un des côtés dans les obliquités latérales, mais sur celui qui est opposé à la déviation, afin de ramener l’axe de la matrice, autant que cela se peut, selon l’axe du bassin. ä
795. Quoique la situation que les femmes ont coutume de prendre au moment où l’accouchement semble devoir se terminer, ne soit pas plus indifférente souvent que celle des premiers temps, elle n’est cependant pas la mème encore chez toutes les nations, et presque toujours on consulte bien moins, à ce sujet, la raison et la commodité des femmes, que l'usage, Dans quelques
La situation de la femme dans le cours
a travail doit être variee.
De la situation que prennent les fem- Ines au moOment de l’accouchement,
De la situation qui est la
plus ble,
favora-
pays, comme la ci-devant Flandre, en Hollande, en Espagne, etc., les femmes ont encore des chaïises particulières pour l'accouchement; en Angleterre elles se placent sur le bord d’un lit, elles y sont couchées sur le côté, le derriere tourné vers l’accoucheur, les cuisses, les jambes étant à demifléchies et les genoux écartés.
796. Dans quelques uns de nos départemens, les femmes accouchent étant agenouillées sur un carreau et les coudes ARPAYÉE sur une chaise; en d’autres, elles se tiennent debout, ou bien elles sont assises sur les genoux d’une personne qui les soutient. Mais de toutes ces positions aucune ne convient mieux que celle qui est adoptée parmi les personnes un peu aisées ; et Rœderer avouoit que la meilleure des chaises destinées à l’accouchement, est bien moins commode que le petit lit qui est en usage en France (1). On construit ce lit de la maniere suivante :
797. Au défaut d’une couchette ordinaire de la largeur de deux pieds et demi à trois pieds au plus, et garnie de sa paillasse , on prend un lit de sangle sur lequel on étend également deux matelas, ou un seul. On place sous le milieu de ceux-ci un coussin de crin ou de paille, pour qu'ilss’enfoncent moins, et que les lombes de la femme y soient mieux appuyés. On garnit ce lit convenablement; on le recouvre de draps et de couvertures, selon la saison, et on y place des oreillers.
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(1) Rœderer pratiquoit les accouchemens chez une nation où la chaise étoit fort à la mode,
DES ACCOUCHEMENS. 351 798. Il vaudroit peut-être mieux replier le second matelas de manière qu'il ne couvrit que la moitié de la longueur du lit, que de l’étendre comme il vient d’être dit ; les femmes n’en seroient que plus commodément pour la sortie de l'enfant. Dans le premier cas elles sont couchées à plat, ayant les fesses enfoncées dans l’épaisseur du lit, malgré la précaution indiquée ; de sorte que le périnée et la vulve sont cachés. Dans le dernier, le bas de leur tronc étant appuyé sur le bout du second matelas replié, toutes ces parties sont, pour ainsi dire, à découvert, et se développent bien plus aisément ; les femmes ne sont pas obligées, comme sur le premier lit, de soulever le siége en s'appuyant des talons et des épaules , au moment de la douleur, jusqu à ce que l'enfant soit sorti.
99. On a coutume d’attacher une traverse de bois à l'extrémité du lit dont ils’agit, pour arcbouter les pieds de la femme dans le temps de la douleur et favoriser ses efforts : mais cette précaution est assez inutile, parce qu'il se trouve toujours plus de mains qu'il n’en faut pour soutenir la femme et lui prêter les points d'appui nécessaires.
SECTION ŒIL
De la manière de préparer les parties de la femme à l'accouchement,
800. La plupartdes matrones, ou sages-femmes, Dela mausont encore dans la mauvaise habitude de faire prati placer la femme sur le petit lit dès queles douleurs °° "P"
part des sages-femmes à ce sujet.
De la manière de faire ces préparatons,
se suivent et se soutiennent un peu, à dessein de commencer de bonne heure ce qu’elles appellent Ja préparation, ou, pour les gens qui n’entendent pas ce langage, la dilatation des parties. Souvent elles le font sans savoir si la femme qu'elles traitent ainsi est pour accoucher ou non, et même quelquefois sans être assurées qu'elle soit grosse; ce que J'aurois peine à croire, Si Je n en eusse pas été témoin plusieurs fois.
801. De telles manœuvres, que ces femmes qualifient du nom de dilatations préparatoires, produisentsouvent le contraire dece qu’eiles enattendent ; car en privant toutesles parties qu’ellestouchent avéc si peu de ménagement, de l'humeur muqueuse que la nature n’y fournit alors abondamment que pour les relâcher, ellesles irritentet les desséchent au pointqu'elles ne tardent pas à s’échauffer, à s’'enflammeretà devenir douloureuses.
802. Il est quelquefois nécessaire de préparer ces parties à Paccouchement, et même de commencer cespréparations des les derniers temps de la grossesse; mais il faut y procéder bien différemment. Les bains entiers, ou de fauteuil, les vapeurs émollientes, et l'application réitérée des corps gras, ou mucilagineux, sont alors utilement employés. Les injections émollientes, comme celles du mucilage de guimauve, ou de graine de lin, ne seroient pas moins favorables; mais elles ont quelque chose de si dégoütant, qu’elles révoltent la plupart des femmes, et que celles-ci ne veulent s'y soumettre que dans des circonstances accidentelles et plus graves que celles qui accompagnent un travail qui n’est que lonig et pénible.
803. Nous ne proscrivons pas entièrement les dilatations opérées par l'introduction des doigts; parce qu'’ily a des cas où elles sont utiles et même nécessaires, soit à l'égard de l’orifice de la matrice, ou seulement des parties externes : mais il faut les faire à propos et comme il convient.
80/4. Ces mêmes préparations, si l’on ajoute foi Opinion à la trop aveugle crédulité de quelques accou- de quelqnes cheurs, ne doivent pas se borner aux parties "épars molles; elles doivent s'étendre jusqu’au bassin tions. même, New’est-on pas flatté, en effet, d'augmenter la largeur de cette espèce de canal , en relâchant les symphyses des os dont il est formé, et en procurant l’écartement de ceux-ci (1), ou bien en les. éloignant au moyen de la main ou de toute autre manière (2)? Mais de pareilles rêveries ne peuvent tourner à l'avantage de l'art.
805. La rétropulsion du coccix, recommandée par tant d'accoucheurs à dessein de favoriser l’issue de la tête de l'enfant, seroit une de ces dilatations préparatoires qui ne devroient pas être négligées , s'il formoit autant d'obstacles à l’accouchement, et aussi souvent qu'on se l’est persuadé; mais ces obstacles attribuésau coccix ne viennent presque toujours que de la rigidité des parties molles externes. (J’oyez $ 105.)
(1) Voyez tout ce qui coneerne l'écartement des os dn bassin, 8 53 et suivans.
(2) Deventer, chap. XXVIL.
SECTION IV. ’
Des moyens de ranimer les douleurs languissantes de l’enfantement
806. Rien n’est plus variable que la marche des douleurs del’enfantement:tantôtellesaugmentent tout-à-coup, et tantôt elles diminuent, s’éloignent, et cessent même pour un temps plus ou moins long : ce qui dépend de plusieurs causes dont chacune présente une indication particulière.
Desmoyens 807. Beaucoup de personnes, sans yavoir égard, de les provo- pe prescrivent, pour ranimer ces douleurs, que gr 7° des remèdes irritans. Les unes donnent des lave-
mens d’eau et de vinaigre, d'eau et de sel, où bien d’une décoction de séné; d’autres font prendre cette dernière en boisson , et Mauriceau ajoutoit à ce breuvage le jus d’une orange aigre. Ceux-ci prescrivent l’ipécacuanha comme vomitif, ou ils ont recours aux sternutatoires ; ceux-là recommandent à la femme de rester debout et de se promener, ce qui n'est pas mieux indiqué; car | il y a autant d'ignorance à la traîner ainsi par la | | chambre, lorsqu'elle est excédée de lassitude, qu’à la tourmenter par des remèdesactifs. Presque toujours le temps est le meilleur remède qu’on puisse employer en pareil cas.
808. Quand la lenteur du travail ne vient que de la foiblesse et de l'épuisement de la femme, le repos, les bons restaurans, un peu de vin d’Alicante ou d'autre semblable , sont les choses les mieux indiquées. Lorsqu'elle dépend au contraire
de la roideur accidentelle des fibres de la matrice, de l'engorgement, ou de l'inflammation de ce viscére, la saignée, les bains, les fomentations émollientes, et les boissons délayantes, peuvent seules ranimer les douleurs, ou leur donner l’énergie qui convient à l'accouchement. Sila lenteur de ce même travail n’est que l'effet de l'écoulement prématuré , et comime goutte à goutte, des eaux de l’amnios, ainsi qu'il a été dit plus haut, il faut attendre que ce fluide soit complétement évacué; ou bien en accélérer l'issue en déchirant de nouveau les membranes dans un endroit plus favorable, et en soulevant un peu la tête de l’enfant, du bout du doigt, ce qui se fait aisément et sans le moindre inconvénient, quoiqu’on ait cherché à inspirer des craintes sur les suites de ce procédé.
SECTION V
De l'ouverture de-la poche des eaux.
809: Si l'ouverture prématurée de la poche des eaux rend souvent l'accouchement plus long et à quelques égards plus laborieux ou plusennuyeux, comme on j'a annoncé au 627 et suivans, les mêmes inconvéniensnaissent aussi quelquefois de ceque les membranes qui forment cette poche ne se déchirent pas à propos : d’où l’on voit qu'il n'est pas moins utile deles ouvrir dans ce dernier cas, qu'il seroit avantageux de les conserver entières dans le premier, si on le pouvoit,