Si ce n’est dans un cas de perte ou de con
De l’ouverture de la poche des eaux.
Du temps où
l'on doit ou- vulsions (1), lon ne doit jamais ouvrir la poche Mo pe des eaux avant que l'orifice de la matrice ne soit entièérement préparé à l'accouchement , c'est-àdire , qu’il ne soit bien dilaté, et que son bord ne soit assez souple et assez mince pour qu'il puisse s'étendre encore au-delà, Le travail doit être d’ailleurs dans toute sa force, ce qui suppose des douleurs véhémentes et rapprochées. Il:y a toujours moins d'inconvéniens à retarder ouverture des membranes qu'à le faire prématurement.
Delama- 811. La manière d'ouvrir la poche des eaux est ie mes en général tres simple : on avance le bout du doigt des eaux, au Milieu de l'orifice de la matrice, on attend que les membranes y soient fortement engagées, et que la poche soit bien tendue, ce qui n’a lieu que pendant la douleur; et en poussant alors, on y enfonce le doigt. Si l’on ne réussissoit pas à la prémiere tentative, il faudroit attendre une autre douleur , et recommencer.
812. Ce procédé ne réussit pas toujours, à la vérité, soit parce que les membranes sont d’un tissu très serré ou tres lâche, soit parce qu'elles présentent au doigt leur partie la plus épaisse et la plus celluleuse, ou que la tête de l'enfant est déjà tellement engagée, que les eaux ne peuvent passer au-dessous d'elle en assez grand quantité, pour distendre cesmembranessuffisaminent.
813. Lorsqu'elles présentent à l’orifice de la matrice leur partie la plus épaisse, ou lorsqu'elles sont si dures qu'on ne peut les déchireren suivant
(1) Voyez & 1089 et 1111,
DES ACCOUCHEMENS. 357 ce qui vient d’être dit, il faut commencer par les affoiblir dans un point, en les raclant du bout de l’ongle, et l’on réussira plus facilement ensuite. Si cependant lon ne pouvoit encore y parvenir, il faudroit les ouvrir avec la pointe des ciseaux : mais ces cas sont tellement rares, qu'il ne s’en est pas« encore offert un seul dans notre pratique. Il est encore plus rare que la poche des eaux ne se rapproche pas alors assez de la vulve, pour qu'on ne puisse la découvrir, la voir, et y plonger sans / crainte la pointe de l'instrument; de sorte qu'on peut se dispenser de la précaution d'adapter à la pointe de ces ciseaux la petite boule de cire recommandée par quelques uns, pour préserver de ses atteintes les parties de la femme.
814. Lorsque la poche des eaux reste flasque cd pendant la douleur, soit parce que les membranes tions qu'il sont d'une naturetres molle et peu serrée, ou parce [ee ERAUES que la tête, déjà trop basse, empêche les eaux de ns me descendre assez pour la remplir et la distendre, il eaux. faut la déchirer en la pinçant du bout de deux doigts, lorsqu'elle est assez avancée vers l'entrée du vagin pour la pincer de cette manière.
815. Soit qu'on ne se serve que du doigt pour ouvrir la poche des eaux, en raclant les membranes de longle pour les user, les affoiblir, ou autrement, soit que l’on emploie les ciseaux, il faut bien prendre garde de ne pas agir sur la tête de l'enfant, en prenant pour la poche dontil s’agit, la tumeur qui survient assez souvent au cuir chevelu ; ou de porter l'instrument ou l’ongle sur la matrice, dont la tête, quoique déjà tres basse, est encore quelquefois recouverte. Ilest d'autant plus
facile aux personnes médiocrement instruites de se tromper, dans ce dernier cas, que l’orifice de la matrice est retiré, caché en arrière, presque inaccessible au toucher, et que la portion utérine quirecouvre la tête de Penfant devient à la longue, et surtout pendant la douleur, aussi lisse et aussi tendue que le deviennent fes membranes. (Forez $ 298, et les observations qui y ontrapport.) :
SECTION VI
De ce que doit faire l’accouchieur après l’ouverture de la poche des q P P
eaux.
Devoirs de 816. Il n’est jamais plus à propos de toucher la l'accoucheur femme qu'après l'ouverture de la poche des eaux, El soit pour s'assurer de nouveau de la position de che des eaux, enfant, si lon n’a pu la bien reconnoitre avant,
soit pour observer si la tête s'engage d'une maniere favorable ou non, afin de laisser agir la nature, ou de ne pas l’exposer à de vains efforts, selon les circonstances.
Des conseils 817. S'il est alors nécessaire d'exciter certaines ge . femmes à pousser fortement en en-bas pour accéfemue après lérer leur délivrance, il u’est pas moins avantageux ce moment. d'engager celles qui sont sujettes à la descente de
matrice, à une hernie quelconque,aucrachement
de sang, etc., à modérer ces mêmes efforts.
Précau- 818. Pour prévenir la descente de la matrice, tions quil quand on a quelque raison de la craindre , il ne es art suffit pas d'engager la femme à modérer ses efforts, |. ue de lacconcheur doit encore soutenir le bord de l’ori-
la matrice. fice de ce viscère, au moyen de quelques doigts,
pendant chaque douleur, pour empêcher qu'il
ne soit poussé au-dehors par la tête de l'enfant : ce qui arriveroit surtout lorsque ce même bord a peu de souplesse. On observera pareillement de ne pas l’entrainer avec les épaules, en dégageant le tronc. | 819. Quand il existe une hernie, on doit faire en sorte de la réduire, et, après sa rentrée, de la maintenir, en faisant de l'extrémité de plusieurs doigts, ou au moyen d’une peloteconvenable, une pression suffisante sur le lieu même où elle paroissoit. Il seroit à désirer qu’on pütexercer une pression semblable lorsque la hernie ne peut être réduite, afin de s'opposer à ce qu'une nouvelle
Précautions relativement aux hernies,
portion d’intestin ou d'épiploon ne s’insinue dans
la tumeuret ne donne lieu aux accidens de l’étranglement : comme nous l'avons remarqué chez une femme qui portoit depuis neuf ans une épiplomphale assez volumineuse, et qui depuis deux jours faisoit en vain les plus grands efforts pour se délivrer.
820. Lorsque la femme est fatiguée par les maux de reins dont il a été parlé ci-devant, on lui soulève et on jui appuie les lombes pendant chaque douleur, au moyen d’une serviette pliée en plusieurs doubles selon sa longueur, et passée sous cette partie. Indépendamment de ce que ce soin diminue un peu l'intensité des douleurs dont il s’agit, il devient souvent nécessaire dans les derniers momens de l’accouchement, pour favoriser la sortie de l'enfant. On ne peut guères’en dispenser chez les femmes qni sont couchées à plat, qui ont les fesses enfoncées et cachées dans l'épaisseur
Précautions relativement
aux douleurs
des reins.
des matelas, qui manquent de forces ou de courage pour soulever le siége d’elles-mêmes pendant les dernieres douleurs, en s'appuyant des épaules et des talons sur ce lit.
Précautions 821. Quand la femme éprouve dans les cuisses relativement Ou les jambes, des crampes, souvent moins supaux crampes. j
portables que les douleurs les plus fortes de l’accouchement, on doit chercher également à les calmer, soit en faisant des frictions sèches dans toute l'étendue de la partie qui en est affectée, soit en agissant différemment selon les circonstances, eten changeant, s'il est nécessaire, la direction de la tête de l'enfant à l'égard des nerfs sacrés, qu’elle comprime ou qu’elle tiraille toujours plus fortement d’un côté que de l'autre.
. Dessoins 899. Aussitôt que la tête de l’enfant commence us à faire effort contre les parties extérieures, il conde l'acœu- vient quelquefois de s'occuper de. ces parties, de chement. les préparer en quelque sorte à recevoir cette tête,
pour qu'elles n’en soient pas endommagées dans . les derniers momens. Outre les corps gras qu'on ‘aura soin d'y appliquer souvent, comme le beurre dont on se sert presque toujours, on introduira deux doigts, s'il le faut, à l'entrée du vagin, pour élargir insensiblement la vulve. soit en écartant ces doigts successivement en différens sens, soit en appuyant en en-bas du côté du périnée. Mais on ne doit agir de cette manière que dans l’intervalle des douleurs ; et pendant qu'elles ont lieu, on ne fait que soutenir, de la paume d'une main, le périnée plus ou moins distendu, afin d'en prévenir la déchirure , ou d’empécher la tête de sortir trop brusquement.
893. Ces sortes de préparations ne sont jamais plus nécessaires que dans un premier accouchement, et leur omission alors en dispense souvent pour les accouchemens subséquens; parce que le périnée, s'étant déchiré, ne se réunit qu'imparfaitement, et que Îles autres parties ne reprennent jamais leur ressort naturel.
824. Lorsque l'extrémité postérieure de la tête est engagée dans la vulve, comme dans une espece de couronne, silefrein , ou ta fourchette, n’est pas trop distendu, on permet à la femme de satisfaire au besoin qui la presse de pousser en en-bas; et pendant ce temps, sans discontinuer de soutenir le périnée, on favorise l'issue de cette tête, en la pressant en dessous et vers l'anus de la femme, comme pour obliger locciput à s'élever du côté du mont de Vénus.
825. Le vulgaire pense quel’accoucheur, dans ce moment, va prendre la tête par les oreilles pour achever de la dégager. S'il est ridicule de le croire, il le seroit bien plus de le proposer, ainsi qu’on l’a fait pour une autre occasion. Il ne conviendroit pas mieux de vouloir qu'on insinuât les mains de chaque côté de la tête pour la saisir, ou que l’on introduisit plusieursdoigts dans l’anusdela femme pour la presser de derrière en devant, et la contraindre de sortir.
826. On achève de la dégager, quand elle est presque dehors, en la relevant de plus en plus vers le pubis, ou en insinuant l’idex d’une main sous un des côtés de la mâchoire inférieure, Aussitôt
De la manière dont on achève de dé- | gager la tête et les épaules |
après la sortie du menton, on tourne la face vers ns
l'une des cuisses de la femme, en observant que
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ce soit vers celle où elle tend à se tourner d’ellemême. On s'assure ensuite de la situation des épaules à l'égard du détroit inférieur : on pousse l’une d’elles vers le sacrum, et on amène l’autre sous le pubis, lorsqu'elles ne se sont pas placées naturellement dans ce sens. On les entraine alors, de même que le reste du tronc, en tirant avec ménagement sur la tête, tandis que la mere de son côté fait ce qu’elle peut pour s’en délivrer.
827. C'est dans ce moment qu'il convient le plus que la femme ait le siége un peu élevé et détaché du lit: rien ne pouvant s’opposer davantage à la sortiedesépaulesquelenfoncementdesfesses dans l'épaisseur des matelas, et nuire plus à l'enfant. En tirant avec la plus grande réserve sur la tête, on la portera d’abord en en-bas pour amener l'épaule sous la symphysedu pubis au point de la découvrir un peu; puis on la relèvera pour dégager celle qui descend le long du coccix et du périnée, n'oubliant pas que celle-ci doit sortir la premiere, et que le tronc en se dégageant entierement doit se recourber un peu surcelui de ses côtés qui répond au pubis de la mère.
828. L'on ne doit jamais se permettre de faire de grands efforts en tirant sur la tête et le col de l'enfant, pourextraire le tronc, quand la largeur des épaules y apporte quelques obstacles, parce que ces efforts seroient on ne peut pas plus dangereux, Il vaudroit mieux introduire l'index de chaque main sous lesaisselles, pour s’en servir en maniere de crochet. Si la sortie des épaules éprouvoit de grandes difficultés, et si cela ne suffisoit pas encore, il seroit préférable d'y appliquer des
lacs, ou de se servir des crochets mousses qui termivent les branches du forceps français, qu'il seroit facile de rendre plus propres à cet usage en y faisant de légères corrections : mais les cas qui exisent de pareils moyens sont si extraordinaires, qu'un praticien employé, et d’ailleurs instruit, ne les rencontrera peut-être pas deux fois dans le cours d’une longue suite d'années. On n'oubliera pas qu’il faut donner aux épaules, avant de tenter de les extraire, la situation ci-dessus indiquée; car les plus petites mêne ne peuvent sortir transversalement qu'avec une extrême difficulté, comme il est facile de s’en rendre compte.
SECTION VIT
De quelques précautions relatives à chaque position de Îa tête, ou à d’autres circonstances qui peuvent rendre l’accouchement naturel un
peu plus difficile.
829. Des circonstances, qu'il seroit trop long d’exposer ici en détail, peuvent ajouter aux difficultés naturelles del’accouchement,ens’opposant plus ou moins au mouvement de pivot par lequel l’occipnt ou le front doit se placer vis-à-vis l'arcade du pubis, dans le même cas où la tête s’est engagée de la manière la plus favorable dans la cavité du bassin. On épargnera donc un peu de peine à la femme en favorisant à propos ce mouvement de rotation ou de pivot, et en quelques cas on abrégera, souvent de beaucoup, le travail de la nature, en supposant que ses efforts seuls puissent alors opérer ce mouvement.
Autres précautions re= latives à l’accouchement naturel,
Ce qw'itfaut 890. Quand la tête se présente dansla troisième faire quand position , Ce qui est excessivement rare, surtout AR sa si le bassin de la femmeest en même tempsun peu troisième po- r'esserré de devant en arrière dans sa partie supésition. rieure, il faut, en avançant plusieurs doigts à l’en-
trée dela matrice, détourner l’occiputdedessus fa symphyse du pubis, et le diriger vers l’une ou l’autre des cavités cotyloïdes ; ce qui doit s’exécuter, le plus souvent , avec facilité au moment de l'ouverture de la poche des eaux. Cette sage précaution peut épargner à la femme les douleurs d'un travail bien plus long que dansles preiniers cas, et quelquefois même infructueux.
Précautions 991. Dans la quatrième et cinquième position relatives à la de la tête, il faut aussi tenter au moins de ramener pire “locciput vers l’une des cavités cotyloïdes, pour positiou de Qu'il puisse ensuite se tourner sous l’arcade du la tête, pubis, au lieu de se porter vers la courbure du
sacrum. En dirigeant ainsi le derrière de la tête, à mesure qu’elle s'engage dans l’une ou l’autre de ces positions, l'on ne fait que favoriser les efforts de la nature, qui tendent alors le plus souvent à lui faire suivre cette marche; quelquefois aussi, le doigt seul imprimant de bonne heure cette direclion à la tête, quoique les-efforts de la nature n'y soient pas favorables, la facilité de l’accouchement est l'ouvrage de l'art.
Précautions 0392. Il seroit à souhaiter qu’on püt changer de relatives à la même la sixieme position de la tête, et la réduire