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Quelque serrée que puisse étre l'union du

De lanature

placenta à la matrice, elle ne se fait jamais qu’au des adhéren-

moyen dun tissu cellulaire plus ou moins dense ; et l’on ne voit en aucun cas de ces crêtes utérines dont quelques accoucheurs ont parlé, s'engrener profondément dans les anfractuosités du placenta, qu'ils ont aussi gratuitement supposées : ce qui doit au moins nous rassurer contre la crainte de déchirer ces crêtes, en voulant détacher ce dernier.

934. Il est tres rare que des adhérences de cette espece soient également serrés partout. Le plus souvent il n’y a que quelques lobes du placenta qui soient liés aussi étroitement à la matrice et comme identifiés avec sa substance; et le surplus n'y est uai que foiblement. Mais ces fortes adhérences se trouvent tantôt au milieu et tantôt sur le bord du placenta ; ce qui peut offrir des phénomènes différens, et rendre la délivrance plus ou moins urgente et plus ou moins difficile.

939. Si cette opération est plus aisée quand le

placenta est en partie détaché, que lorsqu'il est encore partout adhérent, la circonstance est aussi plus pressante, à cause de la perte qui l’accompagne presque toujours, au lieu que cet accident n'existe jamais dans le dernier cas,

ces extraordinaires du placenta.

936. Le lieu de la matrice qu’occupele placenta, celui du placenta où est implanté le cordon, la force et la foiblesse de ce dernier, sont autant de choses qui ajoutentencoreaux difficultés quinaissent de l'adhésion plus où moins grande, et qui

exigent cles soins particuliers dans l’opération.

De la ma- 937. On juge assez bien de la région de la ma-

nière de re- {pjce où est attaché le placenta, en suivant le

ul es j, COrdon au moyen du doigt, et en observant sur

feu qu'on. quel côté du bord de l'orifice il se contourne, pen-

pe le placen- ant qu'on le tient un peu tendu de l’autre main;

” ‘mais ce n'est qu'en portant une main dans la matrice même qu'on peut reconnaitre la plupart des autres variétés.

De la ma- 938.1ln'est pas toujoursnécessaire d'introduire «

mère dopé Ja main dans la matrice pour opérer la délivrance,

vrance en pa. L0rSque les adhérences du placenta sont plus fortes

rcilcas que de coutume; souvent il suffit de tirer sur le cordon, en dirigeant ces tractions de maniere qu'elles agissent directement et presque uniquement sur le point même du Fo où il est inséré.

939. Pour obtenir cet avantage, on fait décrire au cordon ombilical le coude dont il est parlé au $ 914, mais tantôt dans un sens et tantôt dans un autre, selon le lieu de la matrice où est attaché le placenta. Lorsque c'est à la partie antérieure, on ne change rien au procédé exposé au paragraphe dont il s'agit; mais quand il est attaché à la partie postérieure, on fait faire ee coude au cordon, de

derrière en devant, en introduisant les doigts qui :

forment la poulie vers le bord postérieur de l’orifice de la matrice, tandis qu'on tire de l’autre

ER el D 0 z 7 GE crade DER re Ne ES ET PERS ln RE

HIS rs fes

DES ACCOUCHEMENS. 407 main sur l'extrémité de ce cordon, le plus en enbas possible, Ce même coude doit se faire de droite à gauche, toutes les fois que le placenta est adhérent au côté droit de la matrice; et de gauche à droite, lorsqu'il se trouve implanté à la partie latérale gauche: | … 940. La précaution de former cette espèce dé poulie de renvoi au cordon ombilical, au moyen de quelques doigts, pour changer la direction des

forces appliquées à son extrémité, n’est jamais plus nécessaire que lorsque son insertion est an bas du placenta. Les raisons qu’en apporte le célèbre Levret sont si claires, que nous croyons devoir les retracer ici (1). « I arrive trèssouvent, dit-il, que »cette masse paroiït très adhérente, dans ce cas, » lorsqu'on tirelecordonàlordinaire, parcequ'on » ne tend pas plus à décoller aucun pointde sa cir- » conférence, que si on vouloit tirer à soi, en glis- » sant, un papier figuré en palette, mouillé et ap- » pliqué sur un plan parallèle à ses surfaces : car » on arracheroit plutôt l'appendice du papier, que » de le décoller en entier; au lieu que si on sou- » lève l’appendice pour le détacher, il quitte ai- » sément le plan sur lequel il est appliqué. » 941. Il seroit difficile de donner une meilleure idée de la chose, par une comparaison qui fût autant à la portée de tout le moude, que celle dont se sert Levret. Il est certain qu'en tirant, selon la longueur du cordon qui estalors attaché au bas du

(1) Lepret ; suite des observations sur la eause et les accidens de plusieurs accouchemens laborieux, pag. 1309, qua- . trièmé édit, ï + odnr li is.

placenta, l’on ne tend à détacher aucun point de son bord plutôt qu’un autre, mais tous ceux de sa surface à la fois; parce que l'effort se divise à la base du cordou, et se partage entre tous lesrayons vasculaires, qui vont de là se distribuer à tous les points de la masse entière. Aussi drrive-t 1l souvent que ceux de ces rayons vasculaires qui sont les plus tendus se rompent successivement; qu'on arrache le cordon, dans le cas méme ou les adhérences du placenta n’offrent rien d’extraordinaire, si l’on néglige la précaution qui vient d'etre recommandée. k

942. Quelques doigts introduits à l’orifice de la matrice, et le plus près possible de la base du cordon, suffisent pour changer ia direction des efforts qu'on fait del’autremainsursonextrémité, comme on le remarque’aux $ 938 et 939, quoique Levret prescrive d'introduire toute la main. «Si lon fait passer, dit-il, comme dans la gorge d'une poulie, le cordon ombilical entre la base de deux doigts d’une main, sans le serrer, et qu’on introduise cette main au fond de la matrice , pendantque de l'autre on tirera le cordon à l'ordinaire, on séparera le placenta du lieu ou il sera attaché, comme on décolleroitune sole appliquée sur une planche par son propre limon, en lui renversant la queue sur le dos et la conduisant de cette façon vers la tête. »

943. En recommandantcetteméthode pourtous les cas de placenta en raquette, Levret nese persuadoit qu’elle étoit également nécessaire et également bonne dans tous, que parce qu'il croyoit que c'étoit toujours au bas du placenta que s’attachoit

DES ACCOUCHEMENS. 4og

le cordon dans ces sortes de cas, et conséquemment sur le point le plus près de l’orifice de la matrice : mais nous avons combattu cette opinion au $ 483, en annonçant que le cordon pouvoit s’implanter indistinctement à tous les points de la surface interne et du bord même du placenta. Autant il est nécessaire de former cette espèce de poulie de renvoi au cordon ombilical quand il est 1mplanté au bord inférieur du placenta, autant cette précaution est inutile lorsqu'il a jeté ses racines au bord supérieur de cette masse.

944. S'il est difficile de détacher le placenta en tirant sur le cordon, même avec la précaution recommandée par Levret, dans le cas où ce cordon naît immédiatement du bord inférieur de cette masse, si les vaisseaux ombilicaux se rompent ou se déchirent successivement comme nous l'annonçons au $ g41,la chose l'est encore bien plus quand ces vaisseaux quittent la forme de cordon loin du placenta, s'avancent isolémentsur lesmembranes etsansautresoutien, vers plusieurs points du bord de celui-ci, souvent tres écartés les uns desautres, comme on le remarque au $ 484; ils se rompent alors avec tant de facilité, qu'on ne doit pas même tenter les plus foibles efforts pour entrainer l’arrière-faix quandil est détaché, avant qu’il ne soit dans le vagin.-. |

945. Lorsqueles adhérences du placenta résis- Sentimens tent aux efforts bien dirigés qu'on exerce sur le UE cordon, ou lorsque celui-ci est si foible qu'on n'O$€ ce point de la en faire usage, plusieurs accoucheurs pensent délivrance. qu'il vaut mieux abandonner la délivrance au temps et aux soins de la nature, que de porter la

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main dans la matrice pour lopérer. Ce conseil, que-nous sommes forcé de suivre quelquefois, seroit très sage, si l’on n’avoit rien à craindre de la rétention du placenta : mais combien de femmes n’ont-elles pas été victimes des accidens qui paroissent inséparables de la putréfaction de ce corps (voyez $ 955), ou de sa ss seulement dans la matrice!

Conduite 946: I faut introdaire la main pour essayer au qu'il faut te- moins de délivrer la femme, et de la préserver de ar en pareil ces accidens. Ce précepte, avoué de la plupart des

praticiens, devient de la plus grande importance quand la présence du placenta, déjà détaché dans quelque endroit, donne lieu à une perte abondante. : à 947.Ilesttoujoursavantageux de conserver le cordon ombilical, soit qu’on se propose de délivrer lafemmesur-le-champ,soit que, par prudence ou par nécessité, après quelques tentatives, on abandonne le placenta aux soins de la nature. Dans le. premier cas, ilservira au moins à diriger les doigts sur l'arrière: faix, et dans le second, à l'ébranler de temps à autre, et même à l’extraire lorsque les efforts de ja nature en auront détruit les adhérences.

Précautions 9/8. Toutes les Tes qu’on porte la main dansla nn. Pa- matrice pourendétacherle placenta, on doit commencer par fixer ce viscère au moyen de l’autre main placée sur l'hypogastre de la femme ; sans cette précaution, on réussiroit difficilement et ce ne seroit pas sans quelque risque de blesser la matrice, Sigues aux. 949. On rencontre aisément le placenta quand

DES ACCOUCHEMENS. Au

le cordon y tient encore , parce qu'il dirige les quels on redoigts immédiatement dessus : mais on esten quel- “ LE que sorte obligé de lerechercher quand ce cordon quand 6 a été arraché. On ne le reconnoît alors qu'aux ih- don est arradices suivans : 1° sa face interne est parsemée °°” de rayons vasculaires tres apparens au tact; 2° la femme ne distingue pas la présence des doigts quand on le touche ; 3° cette région de la matrice est plus molle, et présente une épaisseur du > double, et même du triple des autres endroits, y compris celle du:placenta qui y est attaché. | 090, Comme il est tres rare que cette masse ne “ È . soit pas détachée en quelque lieu, au moment Où tacher le plal'onintroduit la main dans la matrice, ilfaut tâcher eenta, quand de reconnoître cet endroit, afin d’en continuer le M: * décollement en allant de ce point vers celui quien ee estle plus éloigné, Lorsque c'est le bord inférieur, on insinue les doigts dessous, et on avance la main à doucement entre ce corps et la matrice, comme il ” aété ditau$ 927.L'opération est plus facile quand c’est le bord supérieur qui s'est détaché comme spontanément ; on pince cette portion du bout de tous les doigts, et en retirant là main on détache le reste , et on entraine cet arrière-faix. 951. Lorsque le placenta n’est lié étroitement que par son bord ,le milieu s'étant détaché vient comme de lui-même au-devant de la main qui opère, parce que cette portion est poussée par le sang quis’épanchederrièreelle,etqu'onaugmente encore la saillie qu’elle forme en tirantsur le cordon. On la saisit aisément de l'extrémité de tous les doigts, et on retire la main, en tordant un peu pour rompre plus facilement les adhérences,

Du reste, quand on ne réussit pas de cette ma-

niere, on fait en sorte de décoller une partie du . bord du placenta, pour insinuer la main par | dessous : ou bien on perce ce corps avec le bout du doigt, à côté de la base du cordon, pour achever de les séparer de la matrice, en promenant ce même doigt par derrière. Ce procédé nous | a parfaitement réussi dans un cas de lespèce

mnt:

À détacher le placenta d’une autre maniere.

952. Ce n'est pas seulement lorsque l’arrièrel faix est détaché dans son milieu etqu'ils’épanche du sang derrière cette portion, qu'il forme cette saillie dont on vient de parler; il en fait une semblable quand il est encore adhérent partout, si la matrice se contracte et diminue de capacité; mais elle est moins grande que dans le cas précédent. On doit procéder à la délivrance comme dans cette dernière circonstance : si ce n'est qu'il ne faut pas alors trouer le placenta dans son milieu,

comme on Île recommande à la fin du 951.

Précaution 953. Avant de s’efforcer d'extraire le placenta, ie ne il faut bien observer de le détacher entierement, d'extraire le Surtout lorsqu'il est d’une nature fongueuse et placenta. facile à se déchirer, car la portion adhérente pourroit rester dans la matrice, et donner lieu aux mêmes accidens que si la totalité y étoit retenue. Cas où il 994. Il y a des cas cependant ou, bien loin de a A à s’efforcer d'extraire tout le placenta, la prudence portion ou la EXIge qu'on en laisse une portion aux soins de la totalité du nature. Sellie en offre un exemple dans son expacent& cellent ouvrage (1), où l'on voit qu’il aima mieux

(1) Smellie, tom. TITI, pag. 135.

| | dont il s’agit, après avoir tenté inutilement de

PR ee Pons

DÉS ACCOUCHEMENS. : 13 suivre ce parti, que de courir lerisquede déchirer la matrice en voulant en détacher une portion de placenta qui lui parut squirrheuse. Nous avons rencontré la même chose deux fois ; et dans l’un deces cas, la portion d’arrière-faix quenous avons laissée dans la matrice, avec connoissance tie cause, n’en fut expulsée que six semaines aprés : elle étoit alors de la grosseur d’une noix, et assez desséchée pour qu'on püt la déchirer sans se mouiller les doigts. es |

955. Siles adhérences du placenta étoient partout assez étroites pour qu’il ne format en quelque sorte qu'un seul et même corps avec la matrice, il faudroit se conduire comme l’a fait Sellie, à l'occasion de la portion qui lui parut identifiée avec la substance de ce viscere , et comme nous l'avons fait nous-même, c'est-à-dire qu’il faudroit abandonner, pour un temps, la délivrance aux efforts de la nature. L'union du placenta se

relächera et se détruira, et il viendra s'offrir comme de lui-même à la main de l’accoucheur. .

956. Il ne faut cependant pas se dissimuler is combien les suites de cette circonstance , heu- que peut proreusement très rare, peuvent être fàcheuses , dure la résurtout si l’on n’y apporte pas la plus grande at- de

é , ' placenta, tention. La putréfacuon du placenta , presque toujours inséparable de sa longue rétention dans la matrice, peut devenir la source d’une multitude d’accidens, parmi lesquels la fétidité des lochies , la suffocation utérine , les syncopes, la fièvre lente, l'insomnie, sont les plus légers.

957. On s'est plus occupé jusqu'ici à provoquer l'expulsion du placenta, qu’à prévenir où à moO-

an ao Gt Hit. de. CÉÉÉSESEES

14 L'ART dérer les effets de sa rétention, sans se mettre en peine de savoir si la nature étoit disposée à s’en délivrer , et s’il n'y avoit pas beaucoup plus d’inconvéniensäl extraire,ou à en provoquerlasortie, qu ‘à le laisser. De tous les remedes auxquels Pempirisme, plutôt que la saine médecine, attribue les vertus de procurer l'expulsion de jetée . faix, il n'en est pas de plus dangereux que la plupart de ceux qui sont connus sous le nom d'Emménagogues. Ils enflamment la masse du sang , loin de calmer le mouvement déréglé dont il n'est alors que trop souvent agité, etc.

Remèdes 908. Les antiphlogistiques et les antiseptiques qu'on doit doivent être employés de préférence, selon Îles Sa 1. circonstances. On retire de grands avantages des een ee injections émollientes, détersives où antipuêtre extrait. trides, répétées plusieurs fois le jour. Elles re-

Hénin les adhérences du placenta, elles entrainent les matières putrides qui en découlent , et préviennent les accidens qui pourroient être l'effet

de leur résorption.

= 959. On doit alors toucher la femme de temps

en temps, pour examiner si le placenta n’est pas détaché, pour saisir le premier instant favorable

à son na tie et lop érer , soit en tirant sur le

cordon, si on J’a conser vé,soiten portant la main dans lé vagin, silon ne peni faire autrement, afin qu'iln'altere pas plus longtemps les lochies, qu'il ne les rétienne pas dans la matrice en bouchant

l'orifice et que le calme se rétablisse ce promptement.

SECTION VE

De la rétention d'une portion de placenta et des caillots de sang dans

la matrice; des précautions qu'il faut prendre en pareil cas,

Go. L'extraction d’une portion de placenta, Ou De la réd'un caillot qui s’est formé dans la matrice, doit tention d'une faire partie de la délivrance, puisque là présence M. 2 de pareils corps étrangers peu produireles mêmes de quelques accidens que la rétention delatotahitéde éetar- villes de rière-faix. Nous observerons que ce n'est pas tou- ri jours du placenta même que se détachent ces portions qui restent dans la matrice, et que quelquefois ces portions d’arrière-faix sont des espèces de cotylédons , des petites masses distinctes de la masse principale, et qui formoient comme autant: d'iles sur les membranes : ce qui Îles rend bien plus difficiles à reconnoitre. ( J’oyez S 488.)

961. On s'assure qu’un lambeau du placenta Des signes même est resté dans la matrice , en ramassant et qe placenen rapprochant tout ce qui en est sorti : mais O! a Le” ne reconnoit bien l'existence des cotylédons, ou … des petites masses dont on vient de faire mention, qu’en introduisant Ja main dans ce viscère. La déchirure du placenta avec perte de substance, annonce la présence du premier, et on peut aller le rechercher aussitôt; au lieu que les traces que laissent les autres sur les-membranes sont équivoques et en font au plus sou pçonner l'existence.

902. La rétention de ces portions de placenta Accidens n’est inquiétante qu'autant qu’elles deviennent la qui peuvent

415 SÉHART résulter de Cause de quelques accidens, dont le plus à craindre la rétention est l’hémorragie; tantôt elle s'annonce des les | A A premiers instans qui#suivent l’accouchement, tantôt elle ne paroit que plus tard : je l'ai vu ne | commencer que le dixième Jour des couches.

| Toutes les fois qu’elle est abondante , comme elle l’'étoit daus ce cas, elle exige qu’on porte la main | dans la matrice pour en extraire le corps étranger, | à moins que cette main ne puisse y pénétrer. | 963. Lorsqu'il n'existe d’autres accidens que ! ceux qui sont la suite de la fonte putride de la | ‘portion de placenta retenue , il faut avoir recours | aux injections et aux remédes indiqués au $ 958, | et les varier selon les circonstances.

| Conduite 904. Si on reconnoissoit l'existence de ces por- ! quedoittenir tions d'arrière-faix au moment de la délivrance or méme , il vaudroit mieux sans doute les extraire aussitôt, et prévenir ainsi les accidens dont on vient de parler, que d'attendre ces accidens pour agir. Quand on n’est appelé qu'à l’occasion de ceuxci, il faudroit qu'ils fussent bien graves pour déterminer l’acconcheur à porter la main daus la matrice, et aller de suite à la recherche de ces por- * tions de placenta, dont rien ne lui dénote alors bien positivement l'existence, s’il n’a plus sous les eux ce qui a été extrait dans les premiers momens. D'ailleurs on ne peut toujours pénétreraussi tard dans ce viscere , et quelle que soit la gravité de ces accidens , il faudrait s’en tenir aux remèdes indiqués $ 958 , en attendant que la nature se délivre seule de ces corps étrangers.

969. Lorsque les circonstances exigent qu'on aille à la recherche de ces portions de placenta, et

qu'on en fasse l'extraction , l’accoucheur ne doit pas craindre de rencontrer sous les doigts et de déchirerces prétendues productions utérines,que quelques uns ont comparées à des crêtes, et désignées sous ce nom, parce qu’on ne trouve rien de semblable : leur sensibilité les feroit aisément distinguer des premières, si elles existoient. On ne pourroit se tromper qu’autant qu'il y auroit un polype , comme nous en avons trouvé chez plusieurs femmes, et surtoutchez une qui perdoit encore du sang abondamment au dix-huitiéme Jour de ses couches : mais il est aussi facile de distüinguer un polype d'une portion de placenta, qu'il le seroit de distinguer celle-ci de ces crêtes dont on vient de parler, et de la tumeur formée par le renversement partiel de la matrice même.

SECTION VII

De la délivrance dans le cas où le placenta est chatonné.

966. On appelle placenta enkisté, ou chatonné, celui qui est renfermé dans une cellule faisant partie de la cavité de la matrice, et qui en paroit néanmoins quelquefois aussi distinct quecelle du corps de ce viscere l’est de la cavité du col dans l'état naturel.

. 967.Cetteespècede chatonnement n’est pasune découverte bien nouvelle:on en trouve des exemples dans l'ouvrage de Peu. Mais cet auteur n’en a pas connu la véritable cause, puisqu'il regardoit ce chatonnement comme l'effet de la mauvaise

Du placenta enkiste.

418 L'ART conformation primordiale de la matrice, qu'il croyoit alors divisée en deux cavités. Parmi ceux qui ont parlé de cette espèce de chaton, les uns l'ont attribué, comme on le voit, à la structure même de la matrice , tandis que les autres le font dépendre desa contractionspasmodique etirrégulière. Ceux-ci ont pensé que le placenta ne se chatonnoit que lorsqu'il étoit attaché aux parties latérales de la matrice, et ceux-là, quand il en occupoit le fond. Ce dernier sentiment nous paroit plus conforme à l'expérience et aux notions que nous avons de la structure et des fonctions de la matrice, | Mécanisme … 908. Les fibres de cet organe sont tellement dis de la forma- posées , que sa cavité, en se resserrant , conserve SR à ge” toujours la formedu corpsqu'ellerenferme. Avant ferme le pla- l'écoulement des eaux de l’amnios , cette cavité a cenla. une sorte de régularité qu’elle perd, en général, d'autant plus que l'enfant yséjourne plus de temps après l'évacuation complète de ce fluide. Alors elle se resserre davantage à l'endroit du col de cet enfant que sur la tête et le tronc qui offrent plus de volume; elle prend la formed’une grosse courge ou calebasse à deux ventres, comme on l’observe toutes les fois qu'on est obligé de retourner l’enfant longtemps après l'évacuation des eaux, surtout lorsqu'il présente la tête. 1 969. Le cercle utérin appliqué sur le col de cet enfant , d'apres les lois générales de la contraction de la matrice sur elle-même, doitse rétrécir beaucoup plus vite, l'accouchement étant terminé, que ne le font proportionnellement les autres cercles dont se compose toute la cavité; parce qu’il est

DES ACCOUCHEMENS. 419 déjà plus étroit, que sa dilatation forcée à lin- Stant de la sortie du troncde l'enfant n’a été que momentanée, et que d’ailleurs il a plus de tendance à se resserrer que n’en ont les autres cercles, étant celui qui constitue l’orifice interne de la matrice dans l’état habituel, Or, les deux poches dont nous venons de parler, savoir celle du corps et celle du col de la matrice, seront d’autant plus distinctes après la sortie de l'enfant, que ce premier cercle deviendra plus étroit et se resserrera plus fortement.

970. Lorsque la cavité de la matrice est ainsi partagée, le placenta se trouve tantôt dans l’une de ces poches, et tantôt dans l’autre; ou bien chacune d'elles en renferme une partie, selon le lieu ouil est attaché. De la un placenta complétement Chatonné, ou qui ne l’est qu'à demi : ce qui ne présente rien de bien extraordinaire.

971. Levret, qui a parlé du chatonnement de l’'arrière-faix, en a eu une idée bien différente. Il pensait que la cellule qui le renfermoit, quoique formée aux dépens de la cavité de la matrice, ne

-pouvoit être prise, ni pour celle du corps, ni pour celle du colde ce viscère: de sorte qu'ensupposant l'orifice interne resserré comme nous l’annonçons au paragraphe précédent, il y auroit alors trois cavités ou cellules, au lieu de deux. Il ne s’est encore présenté aucun cas de cette espece dans le cours de notre pratique; plusieurs accoucheurs, également employés, nous ont assuré ne l'avoir Jamais observé ; et Levret lui-même n’en rapporte qu'un sen] exemple qui lui soit propre : ce qui prouve que ce cas est aussi rare que l'explication

en devient difficile. La sage-femme qui fitappeler ce célèbre accoucheur avoit essayé de délivrer la femme ; ayant arraché le cordon ombilical, elle porta la main dansla matrice, et y trouva au côté droit une sorte d'ouverture qui lui fit croire que ce viscère s’étoit déchiré, etque l’arrière-faix avoit pénétré dans le bas-ventre. Cette ouverture, que Levret reconnut de même, étoit, ajoute-t-1l, exactement ronde, du diamètre de deux pouces, et de niveau avec la surface interne de la matrice. C'étoit l'entrée d’une poche qui renfermoit le placenta, qui s’étoit formée accidentellement après la sortie de l'enfant, et qui s’effaça insensiblement apres celle de l’arrière-faix, comme il s’en assura en reportant la main jusqu’à trois fois dans le sein de la fenime (1).

972. Quelques auteurs ont fait mention de quelques cas où le placenta étoit seulement comme encadré dans l'épaisseur des parois de la matrice, c'est-à-dire que le chaton qui le contenoit avoit peu de profondeur, que son ouvertureétoittres large, et que le bord de celuici n'enrecouvroitseulement qu’une petite partie. Mais il faut prendre garde de se laisser tromper par de fausses apparences (2).

973. Quelle que soit la manière dont le placenta s’est chatonné, la délivrance ne laisse pas le plus

(1) Suite des observations sur la cause des accouchemens laborieux , quatrième édition , pag. 129, observation XX VII. (2) Leroux, observations sur les pertes de sang, etc.,

pag- 136, observ, LIIT,

PS Ve SU ST 20e ee NE NS MT EME

souvent de s’opérer à l'ordinaire ; elle est seulement alors un peu plus difficite, parce que la nature, indépendamment de la résistance que lui oppose le col de la matrice, a de plus à vaincre celle de l’entrée du chaton.

974. Si l'on ne pouvoit opérer en tirant mé- De la mathodiquement sur le cordon ombilical, pendant HE a Fa qu'on sollicite d’ailleurs l’action expultrice de la vrance lorsmatrice, il faudroit avancer la main à l’entrée du quele placenchaton, la dilater convenablement, détacher le * ait placenta et l’extraire, comme il est dit ci-devant, soit qu'on puisse faire usage du cordon ombilical ou non.

972. Si le chaton étoit de l'espèce dont parle le célebre Levret, il seroit utile peut-être de reporter la main dans la matrice, immédiatement après la sortie du placenta, pour la vider des caillots qui pourroient s’y être formés, ou pour la faire contracter de manière que les deux poches se réduisissent en une seule. On obtiendroit ce dernier avantage en tenant la main, ou plusieurs doigts seulement, dans l’espèce de gorge qui divisoit la cavité, jusqu’à ce que la portion qui est audessus , ou qui forme le chaton, se soit resserrée ou effacée.

SECTION VIIL

De la délivrance dans le cas où le placenta est attaché sur le col de la

matrice.

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