‹ L'art des accouchemensChapitre 117 sur 136 · livre à un décollement entier en agissant ainsi ; on · texte numérisé non relu

livre à un décollement entier en agissant ainsi ; on

déchire quelques unes des principales racines

artérielles et: veineuses du cordon ombilical, et

l'enfant étant obligé de descendre à travers ce pla-

centa, ne manque guere de l’entrainer avec les

épaules : ce qui augmente les difficultés, en ajou-

tant le volume de cette masse à celui des épaules

mêmes , et fait naître d’ailleurs quelques incon-

véniens de plus.

La femme 990. La femme livrée à elle-même ou qui ne peut accou- peut se procurer auCunsecours, n'estpas toujours ne a absolument sans ressources quand le placenta est on attaché sür le col de la matrice. Cette masse, en présente le quelques Cas, peut s'en séparer et s’en éloigner PR assez, d’un côté, pour que les membranes se pré-

sentent à nu, quand l’orifice est dans sa plus grande dilatation. Ces membranes alors peuventse déchirer spontanément, et l'accouchement s’opérer naturellement, si la femme conserve assez de

force, malgré le sang qu’elle a répandu, comme il s’en trouve des exemples : mais ce n'est que dans le cas où le bord du placenta seulement est près de l’orifice de la matrice.

987. Les choses ne se passent jamais de cette maniere lorsque le centre du placenta répond au milieu de cet orifice, parce que celui-ci ne peut s’élargir assez pour que le bord de cette masse le quitte d’un côté, et que les membranes viennent s’y ouvrir. Le placenta se détachealors circulairement; il est poussé jusqu’à la vulve par la tête de l'enfant, etla précède dans sa sortie.

988. Si l’on n'étoit appelé que dansce moment, après avoir détaché cette masse d’un côté etouvert les membranes, il vaudroit mieux se sérvir du forceps , si on l’avoit sous la main, que de retourner l'enfant et de l’amener par les pieds. Mais au défaut de cet instrument, on prendra ce dernier parti, quoique la tête, soit aussi engagée : car il n’est pas alors toujours impossible de la repousser, de retourner l'enfant, et d’en dégager les pieds. (Z’oyez$ 1291 et suiv.) | 60

989. Lorsque le placenta conserve encore une partie de ses adhérences après la sortie de l’enfant, on attend, pour l’extraire, que l’action de la matrice les ait détruites ; à moins que la persévérance ou le renouvellement de l’hémorragie n’oblige de délivrer la femme plus tôt. Dans tous ces cas comme dans celui où le placentaest attaché dans le voisinage de l’orificeseulement, il est rare qu’on entraîne la totalité des membranes, si l’on n’y apporte pas la plus grande attention, parce que s’étant déchirées au bord de cette masse, elles s'en

détachent circulairement, pour peu que résistent leurs propres adhérences à la matrice. Il faut y donner tous sessoins, pourqu’elles ne restent pas en arrière, que leur séjour dans la matrice ne devienne pas la cause de quelques accidens, et qu'on n’en prenne pas occasion de taxer l’accoucheur d’inattention, en les voyant sortir quelque temps après sous la forme d’une portion de délivre. Pour en extraire la totalité, on les saisit auprès du placenta dès qu’il estsorti, et on tire dessusavec ménagement, les roulantsous forme de corde, tandis que de l’autre main on sollicite la matrice à les expulser, en faisant des frictions sur la région

hypogastrique.

SECTION IX

De la délivrance à la suite de l’avortement.

990. S'il y a des cas où l’on puisse être forcé de commettre la délivrance aux soins de la nature, et d'avouer l'impuissance de l’art à ce sujet, ils ne sont jamais plus fréquens qu’à la suite del’avortement , puisque nous n'avons, pour l’opérer alors, presque aucune des ressources que nous laisse l'accouchement à terme.

Deladifi- Q91. Les difficultés de la délivrance croissent, culté qu'on en général, dans ces sortes de cas, en raison inrencontre à , de verse du terme de la grossesse : elles sont d'autant après l'avor- plus grandes que celle-ci est moins avancée, ‘et cg A elles diminuent à proportion que l'avortement se

rapproche du neuvième mois.

92. Avant le troisième mois, la nature trouve moins d'obstacles à se débarrasser de la totalité du

roduit de la conception en masse, qu’à expulser É eaux et le fœtus d’abord, puisensuitele délivre séparément : mais on observe le contraire après ce terme. L'expérience apprend de plus qu'ilest rare que la femme ne se délivre pas de cette maniere,

uand lPaccoucheur a le soin de ne pas troubler le travail de la nature, en cherchant à l'aider; qu'il est aussi rare de voir le fœtus précéder la sortie de ses enveloppes dans les avortemens qui se font avant le troisième mois, que de le voir

sortir renfermé dans celle-ci après le quatrième

mois.

993. D'après cette marche naturelle, on voit qu'il ne convient pas d'ouvrir la poche des eaux à dessein d’abréger la durée du travail de l’avortement, quelque lent et pénible qu'il soit, lorsqu'il se fait avant le troisième mois de la grossesse; comme on peut le faire après cette époque, si les membranes ne se déchirent pas d’elles-mêmes, quand la dilatation de lorifice de la matrice est suffisante pour donner issue au fœtusetau délivre.

994. Si cette poche vient à s'ouvrir spontanément ou autrement, dans le premier cas ou avant que cetorificesoitassez ouvert pour donner issue au corps ovoide en entier, elle se décharge des eaux, et du fœtus encore très petit ; elle s’affaisse ensuite sur elle-même,etne peut êtreexpulsée que par un travail beaucoup pluslong, plus irrégulier dans sa marche, et souvent retardé de plusieurs jours; parce que la matrice, à l’instant de cette évacuation, perd une partie de sa sensibilité et de l'irritabilité qu’elle avoit acquise dans ce prélude douloureux de l'avortement, et qui devenoient

De ce qu'il faut observer dans ce cas, pour favoriser la délivrance.

Ce qu'il faut faire quand il y a perte, après la sortie du fœtus avorté,

A30 | L'ART nécessaires aux progrès ultérieurs de ses contractions, et que d’ailleurs son orifice se resserre pendant le repos qu'elle éprouve. | 99. Si l’on étoit aupres de la femme dans le moment où la poche des eaux vient à s'ouvrir aussi prématurément, il faudroit introduire un ou deux doigts dans l’orifice de la matrice, s’il étoit assez grand, 1° afin d'entretenir cette sensibilité, cette irritabilité si nécessaire aux progrès de l’action expulsive de la matrice; 2° pour empêcher cet orifice de se contracter sur lui-même, et favoriser sa dilatation ultérieure jusqu’à ce qu’elle suffise pour la délivrance, qui peut alors s’opérer sans autre précaution et en très peu de‘temps : mais il faut attendre patiemment, lorsquon n’est appelé qu'après l'issue des eaux, à moins que la perte ne contraigne d'agir. ee

996. Comment pourroit-on délivrer la femme dans cedernier cas? Le cordon ombilical, entraîné par le fœtus, a été arraché; et il est d’ailleurs si grêle, qu'il ne pourroit servir à l’extraction du placenta. Les parties externes de la femmeetl’entrée du vagin sont encore si étroites, que [a main ne sauroit y pénétrer qu'avec force, et en excitant beaucoup de douleur; le col de la matrice, à peine dilaté, n’admet au plus qu’un seul doigt, qui ne fera que refouler vers le fond de ce viscère la portion de placenta qui auroiït pu s’y engager, loin de servir à extraire cette masse.

997. Quand toutes les choses sont dansun état aussi peu favorable à la délivrance, si la perte n’est pas abondante, Pacconcheur doit se borner à solliciter vivement l’action de la matrice , et à la

faire contracter avec assez d'énergie pour achever de détacher et d’expulser le placenta. De cette manière, souvent il obtiendra de la nature, en moins d’un quart d’heure où d'une demi-heure, ce qu'il n’auroit pu obtenir autrement qu'avec beaucoup plus de peine et de temps.

998. Lorsqu'une portion du placenta se sera engagée dans le col dela matrice, au point de faire un peu de saillie du côté du vagin, on pourra la saisir ou la pincer au moyen de deux doigts, pour ébranler et entraîner le reste : maisil faudra cependant en user avec ménagement, crainte de la déchirer; ce qui ne pourroit encore que retarder Ja délivrance entière. C’est aussi dans ce moment que la pince à faux germe de Levret conviendroit le mieux, si elle pouvoit être utile en quelques cas; car elle ne peut l’être en aucune maniere quand le petit placenta est encore chatonné dans la matrice; à moins qu’on ne veuille s'en servir alors pour dilater le col de ce viscère, et le préparer à l'issue de l’arrière-faix.

999- Si l’on peuttemporiser de cette maniere, ou s’entenir à ces foibles secours, quand la perte est médiocre, il faut agir bien différemment lors-

qu’elle estassez considérable pour mettre la femme en danger. Si l’on ne peut extrairele placenta surle-champ, il faut opposer au sang une digue assez forte pour l'empêcher de couler ; donner lieu par ce moyen à la formation d’un caillot qui ferme, en remplissant exactement la cavité de a matrice, la bouchedes vaisseaux béans qui versent cefluide. On introduit, à cet effet, un morceau d’agaric ou d’amadou dans le col de la matrice même, si on

432 L'ART le peut, ou bien de la filasse très fine, de la charpie brute, trempée dans l’eau et le vinaigre ; on en remplit parfaitement le vagin ; on a soin de soutenir et d'appuyer ce tampon convenablement, jusqu'à ce que la matrice, irritée par sa présence, par celle du caillot et de larrière-faix, se contracte avec assez de force pour expulser le tout. 1000. Ce moyen, dont l'expérience a plus d’une fois constaté l'utilité dans le cas d’avortement comme dans celuide perteancienne ou habituelle, pourroit avoir des suites fâcheuses si on Po ployoit sans antre précaution, apr ès un accouchement à terme, parce qu 11 pourroit se former alors un épanchement intérieur capable de faire périr la femme, ainsi qu'on le remarque dans l’une des observations de la Motte (1): la cavité de la matrice étant encore trop vaste alors, et ses parois offrant trop peu de résistance à l’ “bord du sang. Si l'on étoit obligé de tamponner le vagin dans ce

dernier cas, comme nous l'avons fait avecsuccès,

il faudroit s’ opposer au développement de la matrice en appuyant d’une main sur la région hypogastrique, en embrassant pour ainsi dire de tous les doigts le corps de cet organe, en l’irritant et en l’agaçant fortement, tandis que de l’autre main on soutiendroit et on appuieroit le tampon, sil le falloit, pour l'empêcher de sortir.

1001. Quand le placenta du fœtus abortif, qu’on ne peut extraire, se putréfie dans la matrice et produit quelques uns des accidens énoncés au 956,

a eee de à A = ea D LE A DR D me © me,

(1) Observation 386, nouvelle édition.

il faut avoir recours aux injections prescrites au $ 958 : mais s’il ne survient rien de semblable, l'on ne doit pas se mettre en peine de ce corps étranger, des femmes s’en étant délivrées portion par portion ; d’autres l'ayant conservé pendant plusieurs mois sans en être nullement incommodées , et rendu comme desséché après ce temps.

SECTION X. | é -

De:la délivrance à la suite de l’accouchemeat de plusieurs enfans.

1002. Les rapports qu'ont presque toujours les : pe ja déti- Jumeaux;'äu moyen de leurs enveloppes, annon- vrance dans centdequelle conséquenceilest de n’entreprendre Fe + de délivrer la femme qu'après la sortie du dernier, quoique la pratique contraire semble être autorisée par quelques observations. |

1003, Chaque jumeau ayant quelquefois ses enveloppes bien distinctes , les membranes de l'un n'étant qu'adossées seulement et liées par un tissu cellulaire très fin à celles de l’autre, et les’arrièrefaix n'ayant pas d’autres rapports entre eux, il semble , en effet, qu'on pourroit sans inconvéniensextraire un de ceux-ci aussitôt après la sortie du premier enfant ; en faire autant à l'égard du second, et même du troisième, s’ilen existoit plus de deux : mais ces rapports n'étant pas ceux qu’on voitle plussouvent, comment s'assurer qu’ils sont tels,ou les reconnoîtreavant de procéder à l’extraction du premierarrière-faix?Commeaucuns signes ne peuvent nous éclairer sur ce point, comme

il arrive bien plus souvent qu'il n’y a qu'un placenta pour les jumeaux, ou, ce qui estsplus exact, que les deux masses sont tellement liées ensemble qu’elles paroissent confondues, il ne faut jamais essayer de délivrer la femme qu'après la sortie du dernier des jumeaux, parce qu’on ne pourroit extraire l’une de ces masses sans courir le risque de détacher l’autre en même temps, ce qui deviendroit dangereux également pour la mère et pour le second enfant. Nous en excepterons le cas cependant où l’arrière-faix duipremier enfant vient se présenter comme de lui-même sous la main de laccoucheur. ; | Temps cù : 1004. Puisqu'on ne doit opérer la délivrance LapsoiLalgrs qu'après la sortie du dernier enfant ,'éxcepté le

opérer la dé- 2x jp à sg livrance, + Cas OU la nature nous met sur la voie d agir autre-

| ment , eh poussant elle-même à l'entrée du vagin l) le placenta du premier, ilne paroïtra peut-être pas | inutile,en attendant, de lier le cordon qui déscend | de cet arrière-faix, comine quelques uns l’ont recommandé, quoiqu'il n'en découle pas ordinairement beaucoup desang (1) :maisil faudra ledélier au moment de la délivrance, pour laisser dégorger un peu cet arrière-faix commun, et favoriser sa sortie. * , | 1005. On tirera d’abord sur les deux cordons, en se conduisant comme sil n’y avoit eu qu'un seul enfant. Si le placenta, toujours plus volumi- | neux que dans ce dernier cas , ne descendoit pas

(1) Il ne s’en est pas évacué une once pendant l'espace de trois heures, que ce cordon est resté sous nos yeux sans être lié,

à l’aide de ces efforts, l’on n'agiroit que sur lun de ces cordons, afin de faire passer les deux masses l’une après l’autre, et si lon y rencontroit encore les mêmes difficultés , on iroit accrocher le bord de cet arriere-faix , au moyen de deux doigts introduits dans le col de la matrice, |

- ARTICLE IT

+ Du régime des femmes en couches,

SECTION PREMIÈRE

Des soins qi 1 sont utiles immédiatement après la délivrance, et péndant temps que la femme doit rester sur le petit lit,

1006. Aussitôt que la femme est délivrée, que cette opération se soitfaite spontanément ou non, l'accoucheur doit s'assurer, par le toucher, si le placenta n’a pas entrainé et renversé le fond de la matrice, ou bien si ce viscère en entier n’est pas trop descendu, afin de le relever, dans ce dernier cas, et de réduire surle-champ, dans l’autre, la partie qui s’est renversée.

1007. Quand le tout est dans l’ordre naturel s on fait quelques frictions avec la main sur le globe utérin qui occupe la région bypogastrique:; on les réitère de temps en temps, pour exciter et soutenir le ressort ou l’action tonique de la matrice, pour favoriser son dégorgement, et prévenir la formation des caillots qui deviennent souvent la source de plusieurs accidens.

1008. La femme doit rester quelque temps

Précautions à observer après la délivrance.

sur le petit lit ou elle est accouchée, soit pour s’y reposer un peu, soit parce qu'il seroit imprudent et même dangereux de la remuer et de la changer de suite, lorsque l'accouchement a été précédé ou

suivi d'hémorragie, de syncopes, ou detout autre

accident, demême que quand on a lieu de craindre quelque chose de semblable : mais il faut qu’elle y soit proprement etsèchement,ce qu'on obtienten substituant des lingessecs àceux qui sontmouillés. 100g.On la tient couchée horizontalement, autant que cela se peut, dans lesfpremiers momens ; on lui fait rapprocher et allonger les cuisses et les Jambes; on la couvre plus ou moins pour la défendre du froid, et on lui prescrit le silence et le repos le plus exact. ® 1010. Il n'est pas moins nécessaire dans ces premiers insfans de modérer les mouvemens de l’âme que ceux du corps; tout ce qui l’affecte vivement ouvant alors avoir des suites fâcheuses, comme Nspéridie ne le prouve que trop souvent. Combien de femmes , en effet, n'ont-elles pas été victimes d’un accès de joie, de crainte, de colère immodérée, ou de toute autre passion semblable, un instant après l'accouchement ?

1011. Lorsque la femme est altérée, on lui

donne l’une de ces boissons dont il est parlé au

$ 789; on lui accorde de même une tasse de bouillon si elle en a besoin. Il faut proscrire entiérement l'usage des liqueurs spiritueuses et des brenvages échauffans, qu'on fait prendre indiscrétement, surtout aux femmes du peuple, à dessein de les réchauffer, ou dans la vue de prévepir les tranchées utérines.

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1012. Le premier moment est aussi celui où pes remechaque voisine, chaque amie, vient offrir sa petite des que bien formule contre ces tranchées, souvent, il faut 8 . l'avouer, plus à charge que les douleurs de l’en- éteur les fantement même. Indépendamment de ce que ces tranchées. prétendus remèdes ne peuvent prévenir de semblables douleurs, ilen est dans lenombrequi pourrotent être nuisibles. Sans en approuver aucun, si laccoucheur est quelquefois obligé d’en permettre l'usage, pour tranquilliser l'esprit de laccouchée, et ne poïnt encourir la disgrâce des femmes qui les proposent, sa complaisance à cet égard ne doit s’étendre que sur ceux qui, par leur nature ou par leur dose, sont incapables de toute action malfaisante. |

1013. Ces douleurs , aussi peu ordinaires après Cause des le premier accouchementque communes à la suite EE

-des autres, peuvent dépendre de plusieurs causes quiexigent des remèdes différens: tantôt elles sont produites par l’engorgement des parois de la matrice, et tantôt, mais bien plus rarement, par la présence d’un caillot ou d’un lambeau de placenta qui ne peut être expulsé que par des efforts semblables à ceux de l’accouchement. :

1014. Une saignée du bras, faite avant l’accou- Moyens prochement, ou une saignée du pied pratiquée plu- .

sieurs heures après comme cela se fait chez cer- tranchées.

taines nations, pourroit prévenir une partie de ces tranchées, en diminuant la pléthore et l’engorge-

ment des vaisseaux utérins. On en prévient en-

core le nombre autant que cela se peut, en conti-

nuant, longtemps après la délivrance, les frictions

que nous avons recommandé de fairesur la région

438 ra 8BT hypoga strique, par rce que ces frictionssoutiennent l’action par laquelle la matrice se resserre et se

‘durcit, et la mettent dans le cas de se refuser à.

l’abord d’une aussi grande quantité de fluide. Il y

a toujours beaucoup de tranchées, lorsque le vo lume de la matrice se développe de nouveau aprés. la délivrance, etquece développement tientàl'en+ gorgement KE parois de ce viscère. La sortie des: Corps étrangers peut seule apaiser les douleurs qui n’ont d'autres causes que leur présence, etla:

nature dans ce cas n'a presque jamaïs besoin

d'aide; il ne faut qu'inspirer un peu de patience

et de courage à la femme.

1015. Les fomentations émollientes, les cataplasmes appliqués sur la région hypogaStrique, quelques lavemens, une boisson délayante, résolutive, antispasmodique, telle qu’une infusion légère de fleurs de tilleul, de fleurs ou feuilles d oranger, ou autres de cette espèce, ne peuvent faire que beaucoup de bien dans tous ces cas, et surtout dans celui d'engorgement des paroïs de la matrice. Quelquefois les tranchées sont si fortes, et les femmes en souffrent si cruellement, qu’on

est obligé de leur donner quelques gouttes de la

liqueur minérale anodyne d'Hoffmann, et de teinture de Sydenham, dans une sarée d’eau de fleurs d'orange et de tilleul,

1016. Chez quelques femmes ces douleurs s'annoncen! dès les premiers instans quisuivent la déliyrance; elles se succedent de minute en minute comme celles de l'accouchement, auxquelles elles ressemblentbeaucoup,etsesoutiennentainsiavec force, pendant plusieurs heures, quelquefois pen-

Re

ni

Gus à

DES ACCOUCHEMENS. 43% dant un jour entier. Ensuite elles s’éloignent, et en devenant plus rares, elles perdent de leur violence; mais presque toujours elles se font sentir jusqu’au moment dela révolution du lait:le temps de cette révolution est, pour quelques femmes, celui où ces douleurs sont plus fortes et plus vives. Elles sont accompagnées de tiraillement douloureux vers les lombes, dans les aines et le devant des cuisses; quelquefois de frissons, de nausées, de vomissemens, mêmié de syncopes.

1017. Après cette courte digression sur les tranchées utérines, ne perdons pas de vue que la fémme est encore sur le petit lit, qu’il faut bientôt l'en retirer pour la mettre dans un autre, où elle sera plus à son aise. L’accoucheur doit veiller à ce que ce dernier soit fait et garni con venablement, pour que les lochies n'en pénètrent pas les matelas, et qu'on puisse en changer les alezes facilement et atssi souvent que les circonstances l’exigeront ; il doit également veiller à la manière dont on habille et on garnit l’'accouchée, avant de la faire passer dans ce lit: Quoique rarement il soit admis à cette toilette, ét que plus rarement encore il soit obligé d'y mettre la main, il est cependant utile qu’il sache en quoi elle consisté, et qu'il en connoisse les avantages et les abus.

44o L'ART

SECTION II

© De l'habillement et de la garniture des femmes nouvellement

- aecouchées,

1018. Rien n’est indifférent dans le temps des couches; les choses les plus simples en apparence deviennent alors quelquefois très nuisibles, et les femmes souvent sont victimes d’un vain avantage qu'elles recherchent pour l'avenir, ou tout au moins de leur ignorance et de celle de leurs gardes: si quelques unes de ces femmes nous savent gré d'être entré dans quelques détails sur leur premier ajustement de couches, peu importe que les accoucheurs trouvent ces détails superflus.

1019. Chaque peuple a, pour ainsi dire, sa manière d'habiller et de traiter les femmes en couches: la même ne sauroit être la meilleure partout. Nous ne parlerons que de ce qui est en usage en France, et nous ferons remarquer avant tout que la fortune y a mis encore autant de variétés qu’elle a établi de conditions différentes parmi les femmes.

1020.0ndoitapprouverlaprécaution que prennent les femmes jalouses de conserver leur chevelure, de se faire peigner avant d’accoucher, afin d'en dles la poudre et la pommade. En dépouillant ainsi les tégumens de la tête de cette espèce de croûte qui les recouvre et qui est susceptible de s’altérer par la chaleur et la sueur, ces femmes en retirent souvent un avantage plus réel que celui que la plupart en attendent; car en favorisant la

transpiration de cette partie, elles préviennent des muux de tête quelquefois difficiles à dompter.

1021. Les unes, après être accouchées, se per- Manière suadent qu’elles nesauroient prendre trop de pré- dheiks ft cautions pour se garantir du froid, se couvrent la En. tête de plusieurs bonnets piqués et de plusieurs vellement coiffes, tandis queles autres, par un principe con- ina traire, la laissent presque nue. L’excès de chaleur pouvant être aussi nuisible que le froid , il faut suivre un juste milieu pour cette coiffure, etavoir égard en cela, autant à l'habitude des femmes qu’à la saison où elles accouchent..

1022. La plupart des femmes mettent pendant les premiers jours de leurs couches des chemises très courtes et fendues par-devant dans toute la longueur; ayant comme celles de l’homme de longues manches à poignet et un petit collet. On a grande raison de les préférer aux chemises ordinaires, puisque par préjugé l’on ne permetencore que trèsrarement d’enchangeravantle cinquième, le sixième, et même leseptième jour. Ces chemises étant très courtes et ouvertes d’ailleurs comme une camisole, sont moins exposées à se gâter par les lochies; elles laissent plus de liberté pour garnir la poitrine et le bas-ventre, et en changer les linges au besoin.

1023. Les femmes mettent par-dessus cette chemise une camisole à longues manches, et souvent deux sans avoir égard à la saison; de sorte que, pourse préserver du froid, quelques unes s'ACCAblent de chaleur et du poids des vêtemens , qui ne sauroient être trop légers et trop libres pendant le temps qu’elles restent au lit.

Avantages et inconvéniens de bander la poitripe de l’accouchée.

porter librement au sein et le développer.

Une autre femme, conduite par le même désir sans doute , |

ka . AMAR AR)

1094. On ne voit pas trop clairement d’où vient:

l'usage généralement adopté en France, et dans

quelques pays voisins, d’entourer la poitrine de . l’accouchée d’une sorte de bandage de corps, ni

quel'en a été d’abord le but. Ce qui est plus évi-

dent, c’est que toutes les femmes n’en tirent pas … lefruit qu’elles en attendent,et que quelques unes, au lieu de ces vains agrémens qu’elles y recherai |

chent, n’y trouvent qu'une source de maux dont tôt ou tard elles sont victimes.

1025. Les unes : en $e faisant ainsi garnir ét «

soutenir le sein, n’ont d'autre but que de le défendre du contact de l'air, et d'y entretenir ün peu

de chaleur; ce qu'on ne sai désapprouver. Les |

autres se proposent d'en conserver la forme et la beauté, en empéchant le lait de s’y porter et dele distendre. Les premières serrent peu ce bandage; les dernières le font davantage, et appliquent souvent encore sur le sein des topiques astringens : j

mais quelques unes de celles-ci payent du prix dé: 4 leur santé l'agrément qu'elles ne préfèrent süre-

ment que LS ignorance (1).

(x) Un bandage trop serré, appliqué dans les vues d’étouffér. le lait, chez une pauvre rss s’étant opposé au développe- À dr sein, au troisième jour Le couches , donna lieu à un :

étal de dUfrocato alarmante, à de violens maux de tête et à des convulsions, qui ne céssèrent que lorsque le lait put se

fut frappée d’une apoplexie mortelle en moins d’une demiheure , au quatrième Jour de ses couches. Nous trouvâmes le bandage qui entouroit sa poitrine si serré, que les mamelles en étoient comme écrasées et contuses.

1026.11 en ést souvent de même du bandage: Des inconqu'on applique autour du ventre. Les femmes, en Ca s . n’y recherchant que cette finbsss‘de tailles donblagioaes Le grossesse les avoit privées, s’'exposent à de fâcheu: ventre de l'acses incommodités, qui ne cessent le plus souvent cos u’avec elles. Peu et Mauriceau se sont élevés contre l'abus de ce bandage ; maisils n ont pas cru devoir le proscrire entièrement. Smellie en a fait connoître l'utilité chez les femmes menacées ou atteintes de défaillances et dé syncopes dans les premiers momens qui suivent la délivrance : ilrecommandoit même de faire comprimer le ventre de l’accouchée pendant qu’on préparoit ce bandage. rte fi ; à | - 1097: L'expérience qui m'avoit instruit de ses avantages en pareilles circonstances, avant que je connusse les préceptes de Smellie, m'a fait penser aussi qu'il pouvoit être utile dans certains cas de perte après l'accouchement, en modérant un peu lé cours du sang vers la matrice, par la pression qu'ilexerce médiatement sur les vaisseaux du basventre. Il s'oppose de plus à Ja dilatation et au boursonflement du canal intestinal; et il prévient “les hernies consécutives, soit de lombilie, soit de la ligne blanche, en résistant à l'impulsion des parties flottantes. Enfin, j'ai remarqué qu'à pareil terme des couches, plusieurs femmes , dont le ventre m’avoit pas été légèrement contenu dans les premiers temps, avoient la matrice plüs volu- | mineuse et plus engorgée que les autres..

1098. Il nous semble, d’après ces observalions, u’on ne devroit pas rejeter ce bandage, et qu'il faudroit même, en quelques cas, l'appliquer im-

médiatement apres la délivrance. La nécessité de bander la poitrine n’est pas aussi évidente, et nous pensons qu’on feroit bien de s’en dispenser: il suffit, pour y entretenir la chaleur nécessaire, de couvrir le sein d’une serviette mollette, ou de l’une de ces pièces ouatées que les femmes destinent à cet usage. |

1029. Ce bandage se fait de la manière suivante: on applique sur la région hypogastrique une serviette bien douce, pliée sous une forme carrée où triangulaire, eton la soutient par une autre pliée en long, dont on entoure le ventre: On doit peu le serrer dans les premiers momens; mais on pourra le faire davantage par la sûite, et en augmentant insensiblement, à mesure que le volume de la matrice diminuera.

1030. Un fichu placésur le cou, une alèze dont on entoure les lombes et les cuisses de la femme en maniere de jupon, et une serviette molle appliquée contre la vulve, doivent compléter l’habillement et la garniture de l’accouchée. On la transporte ensuite dans son lit, et on lui prescrit le régime convenable à son état.

1031. Il est difficile de fixer au juste la manière de gouverner les femmes en couches, même d'établir des préceptes généraux à ce sujet, sans avoir fait connoître préalablement les principaux phénomènesquise mañifestent aprèsl’accouchement, et leurs différences relativement aux diverses circonstances qui peuvent se présenter. Nous les exposerons très brièvement.

DES ACCOUCHEMENS. h45

SECTION III

Des principaux phénomènes qui se manifestent dans le temps des

couches.

1032. On peut distinguer les suites de couches en naturelles et en accidentelles, Les premières offrent des différencesinfinies etpurement individuelles; les autres tantôtsont l’effet d’une disposition prochaine à la maladie, dont l'accouchement n’a fait que favoriser le développement, et tantôt elles dépendent de la mauvaise habitude du sujet, del’impéritie de l’accoucheur, de l’inexactitudede la femme dans le régime, ou de quelques événemens imprévus. Nous ne parlerons que des suites de couches les plus ordinaires, les autres pouvant seules fournir la matière de plusieurs volumes (1).

1033. Uneespéced’accablement oudelassitude, semblable à ce qu’on éprouve à la suite d’un exercice violent et immodéré, succède, peu de temps après l’accouchement, à l'agitation excitée par le travail : mais bientôt l’action du pouls se réveille, la chaleur se ranime, la peau devient humide, une moiteur salutaire se déclare, les membres recouvrent leur première liberté, l'ordre des fonctions se rétablit; et le plus grand calme succédant à cet effort de la nature, permet à la femme de se livrer paisiblement à la joie d’être mére.

me

(1) On peut consulter, sur ces dernières, le grand nombre de traités qu'op a publiés sur les maladies des femmes en couches,

Des suites des couches.

Suites naturelles des couches.

Deslochies 1034. Pendant les premiers jours, il se fait un sanguines et dégorgement abondant par la vulve. C’est d’abord laïteuses. Qu sang très pur, dont la couleur et la consistance

commencent à s’affoiblir plus tôt ou plus tard, et diminuentinsensiblement;desorte qu'après vingtquatre, trente-six, ou quarante-huit heures, pour l'ordinaire, il ne passe qu'une espèce d'humeur lymphatique et roussätre, qui ne tarde pas encore à changer de nature. Elle devient plus épaisse, plus blanche, et comme purulente; ce qui lui a fait donner le nom de Lochies purifermes, tandis qu'on appelle les deux premières espèces Lochies sanguines et séreuses.

Dela durée 1039. La durée et la quantité de ces différentes

des lochies. espèces de lochies sont d'ailleurs relatives à un grand nombre de circonstances dont nous ne feronsnullementicimention.[eslochiessanguines coulent quelquefois pendant les trois ou quatre premiers jours, avec ou sans douleur; ce qui tient à l'état de la matrice, et à la nature du sang, qui passe tantôt fluide et tantôt en caillot. Ge sont ces douleurs qu'on désigne sous lenom de Tranchées utérines. (f’oyez $ 654, ‘1013 et suiv.) 1036. Sion connoissoit moinsle mécanisme par lequel s'arrêtent ces premieres lochies, il y auroit de quoi s'étonner de ce que toutes les femmes ne périssent pas d’hémorragie peu de jours et même en tres peu d'heures apres l'accouchement, tant les vaisseaux qui transmettent cesang dans la matrice conservent alors de diametre (1). S'ilest rare

(1) Voyez $ 555 et suivans,

FR à

DES. ACCOUCHEMENS. 447 que cette évacuation se soutienne au-delà des trois ou quatre premiers jours, il est trésordinaire aussi de voir le sang reparoitre de temps à autre dans le

cours des premières semaines, el même du mois

entier ; ce qui provient de la foiblesse des vaisseaux utérins, et de la largeur contre nature que quelques uns conservent encore. |

1037. Lasourcedeces différentes espèces d’écoulemens semble quelquefois se tarir du deuxième au troisième jour, mais pour vingt-quatre heures seulement ou environ. La matière des lochies paroît alors refluer dans le sang; il s'en fait une sorte de transport vers les mamelles, et il se détermine à cette époque une crise plus ou moins forte, qu’on nomme communément Fievre de lait.

1038. Cette crise s'annonce par quelques élancemens dans le sein; bientôt après il y survient du gonflement et de la tension; son volume augmenteinsensiblementetau point quela peau, chez certaines femines, semble menacée de crevasses. L’engorgement s'étend fort souvent au loin du côté des aisselles, et rend quelquefois la respiration difficile et laborieuse. Le pouls,pendant ce temps, acquiert de la force et de la fréquence; la tête s’appesantit et le visage se colore; une espèce de lassitude universelle se fait sentir,et la femme éprouve des picotemens par tout le corps. jé es

1039. Une sueur plus ou moins abondante , et dont l’odeur aigre dénoteassezle caracterelaiteux, ramène le calme à sa suite. Elle continue souvent pendant vingt-quatre heures et plus,en ne laissant que de courts intervalles. L'on ne doit rien faire qui puisse la troubler, et il pourroit être également

De la suspension des lochies pendant la fièvre de lait.

Delafievre de lait.

désavantageux de la provoquer. en surchargeant la femme de couvertures, ou bien en lui donnant de ces boissons échauffantes contre l’usage desquelles nous nous sommes déjà expliqué. Il faut seulement favoriser cette évacuation, quand on y trouve la nature disposée.

1040. La suppression des lochies, qui a lieu quelquefois pendant cette crise, en est une suite si naturelle, qu'on ne doit pas s’en mettre en peine, Cet écoulement se rétablit de lui-même

quand les sueurs deviennent moins abondantes, et l'humeur des lochies ressemble alors en quelque sorte à une matière tantôt laiteuse, tantôt bourbeuse, ou comme purulente, qui acquiert par la suite plus ou moins de consistance.

Temps où 1041. Ce n'est qu’à la fin du quatrième jour des ele” 24 couches, au cinquième même pour lordintire, à se dégorger, Que les mamelles commencent à se détendre, soit

parce qu’elles se dégorgent par le mamelon, soit parce que l’écoulement des lochies recommence ou devient plus abondant, ou qu'une partie du lait a été résorbée, entraînée par les sueurs, ou rejetée par d’autres voies.

De la durée 1042. l’on ne peut au juste fixer la durée des des dernicres dernieres lochies, parce que l'humeur quiles con- Li 4 stitue se mêle dans la suite à celle des fleurs blan-

ches auxquelles beaucoup de femmes sont sujettes, et qu'il est aisé de se tromper sur le caractere de ces deux espèces d'évacuations. Les lochies blanches ou laiteuses coulent tantôt pendant un mois, tantôt plus longtem ps,etrarement la source s'en tarit plus tôt. Fa suppression accidentelle de cet écoulement, de même que celle des lochies

DES ACCOUCHEMENS. 449 rouges, peut devenir la cause d’un très grand nombre d’accidens, aussi variés par leur nature que par leur intensité et leurs effets. La description de tous ces accidens ne sauroit entrer dans le plan de cet ouvrage, et n'appartient qu'à un traité de maladies des femmes en couches.

1043. On est assez généralement dans l'opinion État de la que les femmes qui allaitent s’affranchissent de Es la majeure partie de ces accidens , et même de ces fn. longues suites de couches ordinaires à celles qui ne nourrissent pas; qu'elles éprouvent rarement cette grande révolution laiteuse dont nous venons de parler, parce qu’elles transmettent de temps à autre à leur nourrisson Île fluide redondant qui la détermine; qu’elles ont des sueurs moins abondantes que les autres, que leur sein ne se gonfle pas autant que celui de ces dernières, que les lochies ne coulent pas aussi longtemps, et que si cette évacuation se suspend ou diminue au troisième Jour, souvent après ce terme elle ne reparoit qu'en médiocre quantité, pour cesser bientôt entièrement; mais cette opinion n'est pas assez bien fondée pour que les femmes qui allaitent leurs enfans s’affranchissent de tous les soins qu’on recommande aux autres.

10/44. Ce sera cependant sous ce double aspect que nous considérerons les femines en couches, pour déterminer la manière de les gouverner, ou le régime qui leur convient le mieux.

SECTION VI

Régime des femmes en couches.

Du régime 1045. Le régime ne s'entend pas seulement des que doivent alimens , mais aussi de tout ce qui a rapport aux

observer) les cHisgs qui nous environnent, et à celles dont l’infemmes en

couches. … fluence sur l'économie animale ne se fait jamais mieux sentir que dans le temps des couches.

De l'air. 1046. Rien n’est alors d’une plus grande im-

portance que le choix de Pair : exemple des maladies, qui exercent si souvent leur ravage dans les hôpitaux où la misère conduit chaque année un grand nombre de femmes enceintes, prouve à quel point ce fluide doit être pur et exempt de corruption. Les miasmes putrides dont il est chargé dans ces hospices ne sont pas les seuls qui puissent en altérer la pureté, et le rendre aussi malfaisant ; les corpuscules émanés des fleurs, tels que la rose, le jasmin, et d’autres substances odoriférantes, ont aussi donné lieu quelquefois à des accidens très fâcheux, quoique chez des femmes accoutuimées, dans un autre temps, à ces sortes de parfums.

1047. Un air trop chaud ou trop froid n’est pas moins contraire aux femmes nouvellement accouchées, que celui qui est chargé des émanations dont nous venons de parler. Il est bon que la chambre qu'elles habitent soit bien située et bien percée, afin qu'on puisse en renouveler l'air de temps en temps, l'échauffer ou le rafraichir selon le besoin. | | |

1048. Laccouchée ne devroit recevoir, dans les

DES ACCOUCHEMENS. Â51 premiers Jours, que les visites indispensables , sous le rapport même de la salubrité de ce fluide, indépendamment du repos qui lui convient. Elle doit êire peu couverte dans son lit, si ce n’est en hiver; ayant d’ailleurs égard en cela même, autant à la saison ét à l'habitude, qu’à l’état de couches. Les rideaux du lit ne devroient jamais être fermés, si ce n’est dans le moment où l'on tient les croisées et les portes de la chambre ouvertes pour en renouveler l'air,

10/49. Cette chambre devroit être éloignée du grand bruit; et l’on ne sauroit encore ÿ garder trop de silence, pour que la femme puisse dormir tranquillement, qu’elle ne soit point éveillée en

sursaut, ni incommodée par l’ébranlement et le

bruit qu’excitent les voitures, comme il arrive trop souvent dans les grandes villes, Cette chambre ne doit être éclairée le jour que par une lumiére fort douce, et la nuit par une seule bougie, quon aura soin de détourner des yeux de la malade.

1090. L'on ne doit pas obliger les femmes nouvellement accouchées de garder constamment la même position, et de rester sur le dos pendant les premieres vingt-quatre heures, comme on le leur recommande encore trop souvent. Rien ne pouvant mieux les délasser de la fatigue du travail $ que la liberté de remuer et de changer de position, l’on ne devroit pas les en empécher, si ce n’est cependant après une grande perte, où quand on a quelque motif de craindre cet accident. Excepté dans ce cas, ou d’autres circonstances analogues, elles pourrout se tourner à leur gré, tantôt sur un

De la situation des femmes en couches.

152 L'ART côté, tantôt sur l'autre, et même se mettre un peu à leur séant.

Des pas 1051. Les grandes passions de l’âme n'étant pas

sions, moins à craindre dans le temps de couches que les mouvemens immodérés du corps, lon ne doit en inspirer à la femme que de douces et d’agréables, en faisant en sorte de détourner tout ce qui pourroit l'affecter vivement. Nous en avons vu qui ont été victimes d’un instant de joie; d’autres, frappées d'apoplexie et de convulsions mortelles, à l'occasion d’une frayeur, ou succomber en peu de minutes au regret de voir partir l'enfant avec la nourrice qu'elles lui avoient destinée.

Des évacuae 1052. Rien n'étant plus conforme au vœu de

tiuns. la nature, que les évacuations de toutes espèces, par lesquelles elle se débarrasse journellement de ce qui pourroit devenir nuisible, et conséquemment de l'humeur laiteuse dont elle est surchargée chez les femmes en couches, il faut les favoriser toutes, et n’en contrarier aucune. Pour exciter ou pour entretenir celle du ventre, on administrera un lavement émollient tous les Jours, et même deux si la malade est tourmentée de coliques. L'on ne doit s’en dispenser que dans le temps de crise et de sueurs abondantes dont il a été parlé ci-dessus: mais on en continue l'usage aprés cette époque, et on les rend laxatifs de temps en Lemps,en mettant trois où quatre onces de miel commun, de miel mercuriel, ou quelque médicament plus actif, si le cas le requiert.

De la bois- : 1093. Onentretient le cours des urineset la moison qui cou- teur en donnant une tisane d’orge, ou de chienventalelem jent avec un deréglisse; une légère infusion

à peu de réglisse; une lég

de fleurs de tilleul, de camomille, de matricaire, e . . cnee de fleurs de sureau, de millepertuis, ou d’autres

analogues. De l’eau commune, avec un peu de sirop de capillaire où de guimauve, doit être la boisson ordinaire des femmes qui ont de la répu-

gnance pour toutes ces infusions ou espèces de

tisanes.

1094. Toutes ces boissons favorisent également l'écoulement des lochies, et suffisent le plus souvent pour les rappeler quand elles sont supprimées ; l’engorgement, l’éréthisme, ou l’inflammation de la matrice, étant le plus ordinairement la cause de cette suppression.

1095. Tres rarement on est obligé d’avoir recours aux infusions d’armoise , de rue, de safran , etc., ainsi qu’à toutes ces potions échanffantes, qu’on donne si fréquemment aux femmes du peuple abandonnées aux soins d’une garde ou d’une voisine : le vin chaud avec le sucre et la cannelle n'est pas moins dangereux, quand la suppression des lochies vient de l’une des causes indiquées; les émolliens et les délayans sont les seuls remedes qu'il convienne d'employer.

1056. Ces boissons et ces potions échauffantes sont cependant utiles dans quelques cas, où il y a plus de foiblesse que d’astriction dans les vaisseaux de la matrice : mais comme il arrive souvent qu'en prescrivant les premieres : les femmes substituent à une légère infusion, une forte décoction des plantes qui leur sont indiquées ainsi que nous l'avons remarqué plusieurs fois, ce qui ne peut être indifférent, l’accoucheur doit s’expliquer clairement, et déterminer la quantité de ces

accou-

PR

Des alimens.

454 L'ART plantes ou fleurs qui convient pour une pinte de boisson.

1057. La nature et la quantité des alimens que doivent prendre les femmes en couches seront déterminées par les circonstances. Selon quelques uns, on ne sauroit faire observer une diète trop exacte à celles qui n’allaitent pas leurs enfans; au lieu qu'il y a peu de chose à changer à leur maniere ordinaire de vivre, quand elles se livrent àcet important devoir: mais ces préceptes peuvent être également nuisibles aux unes et aux autres.

1058, Souvent on est obligé d'accorder des alimens aux premieres, et de tenir les dernières à la diète , parce que l'habitude de ces femmes , les circonstances où elles se trouvent ne sont pas les mêmes, etc. Plusieurs fois nous avons cru devoir prescrire des alimens à certaines femmes accoutumées à manger beaucoup, pour calmer des accidens qui auroient paru exiger chez d'autres une diète sévère.

1059. Quand il ne survient aucun accident, apres l'accouchement, et que ses suites n’offrent rien d'extraordinaire, on peut accorder deux potages par jour, et même trois, soit au riz, ou autrement : ou bien on donne du bouillon et une croûte de pain, que la femme y trempera , ou mangera à son gré. Si l’on fait bien de retrancher ces potages pendant la durée de la fièvre de lait, on permet après cette révolution, un peu de légumes bien préparés , un œuf frais , du poisson, du poulet rôti ou bouilli; et pour boisson aux heures de repas, du bon vin coupé avec un tiers ou partie égale d’eau.

1060. Lorsque la fièvre de lait se prononce avec force, il convient de tenir la malade au bouillon, et même de la priver de celui ci, et de la faire boire abondamment de l’une de ces tisanes légères dont il est parlé ci-dessus , afin de fournir un véhicule convenable à l'humeur laiteuse, et de restituer au sang le sérum dont il se trouve dépouillé par les sueurs copieuses qui ont lieu dans ce temps. |

1061. Quelquesfemmes sont à peineaccouchées qu’elles se font appliquer sur la vulve des linges trempés dans l'huile et le vin, pour caimer la douleur et l'irritation qu'elles y éprouvent ; dans la suite, elles suppriment l'huile, et ne se servent que de vin, dans lequel plusieurs font bouillir des roses, et même des substances plus astringentes. Ces dernières lotions peuvent être très utiles chez les femmes sujettes au relâchement du vagin, à la descente de la matrice, ou en qui les symphyses du bässin, ramollies pendant la grossesse, conservent trop de mobilité après l’accouchement ; mais il ne faut pas les employer inconsidérément dèsle premier temps des couches : les lotions émollientes, résolutives et adoucissantes, sont celles qui conviennent alors exclusivement.

1062, Ces dernières se font assez communément avec le lait dans lequel on fait bouillir une petite poignée de cerfeuil. On peut y substituer une eau de guimauve, d'aigremoine , où d'orge.

1063.11 n’est pas moins utile, en quelques cas, detenir sur le ventre, pendant les premiers temps, des flanelles trempées dans l’eau chaude, dans du lait, ou une décoction de plantes émollientes,

Régime qu'on doit observer le

jour de la

fiévre de lait.

Des lotions sur les parties naturelles.

456 L'ART pour en entretenir la souplesse, et favoriser le dégorgement de la matrice,qu’un peu d’éréthisme rend souvent difficile chez certaines femmes. Usage du 1064. Le sel duobus se donne trop fréquem- | sel duobus. nent aux femmes en couches, pour n’en pas dire quelque chose ici. Il paroït tellement consacré à leur traitement, que chaque matrone ou garde se croit en droit de le prescrire des que la fièvre de lait est passée, même avant cette crise salutaire, sans consulter le médecin ou laccoucheur. | Ce médicament n’est cependant pas indifférent , et, quoique donné à très petite dose, beaucoup de femmes ne peuvent le supporter. S'il est des cas ou il soit indiqué, il s’en trouve un bien plus grand nombre où l’on peut s’en passer.

1065. C’est aussi l'usage plutôt que la raison qui fixe le temps où l’on doit, pour Ja premiere fois, changer la femme de chemise et de tous les autres ajustemens de couches : excepté les alèzes cependant, et les serviettes qui reçoivent les lochies, qu’on renouvelle tres souvent, ce n’est encore qu'au cinquième, au sixième et même au septième jour qu'on accorde cette faveur à la femme. On ne voit pas le motif qui détermine à la laisser croupir , en quelque sorte, aussi Icngtemps dans ses excrémens , tandis qu'aucun état ne demande plus de soin et de propreté que celui des couches.

Du tempsoù 1006. Nous pensons que ces femmes peuvent l'accouchée Changer de linges beaucoup plus tôt, et toutes les cr fois que les leurs seront mouillés par la sueur ou

"autrement, pourvu que ceux qu’on doit y substituer soient bien secs et chauffés convenablement.

On peut aussi, des les premiers jours, transporter ces femmes avec soin dans un autre lit, pour qu’on remue le leur, et qu'on en renouvelle les draps s’il en est besoin. Mais elles ne devroient marcher que le plus tard possible, et seulement après les huit ou dix premiers jours, même lorsque les suites des couches sont des plus naturelles. Avec cette précaution, elles s'exposeroient moins au relâchement du vagin, à la descente de la matrice, et à d’autres incommodités qui proviennent de celles-ci.

1067. La plupart des femmes valétudinaires attribuant à l'humeur laiteuse l’altération de leur santé, et souvent sans avoir égard aux longues années qui se sont écoulées depuis ’accouchement, imaginent qu’on ne sauroit trop purger les autres dans le temps de leurs couches. Quelques unes veulent que ce soit au neuvième jour, d’autres plus tard, ou seulement apres le retour des règles. Nous ne désapprouverons pas l’usage des purgatifs; nous observerons seulement qu'on ne doit pas en abuser dans les premiers temps; que le moment deles administrer dépend de certaines circonstances dont la plupart échappenttoujours à l’œil de la garde la plus entendue, et ne peuvent être saisies que par les personne de Part.

Du temps où il convient de

purger couchée.

lac

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