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dans le sein de la pratique même, Mauriceau en a connu toutes les difficultés : s'il n’a su les surmonter toutes également, c'est que l’art ne pouvoit être l'ouvrage d'un seul homme. Après lui parurent J’iardel, Peu, Portal, Deventer, Amand, de la Motte et beaucoup d’autres ; enfin les Srrellie et les Levret. C’est à ce dernier temps que commence l’époque la plus brillante de l'art des accouchemens ; celle où des principes furent substitués à desroutines toujours avergles et souvent meurtrières. Le forceps, récemment connu, mais à peine ébauché, ayant reçu une nouvelle forme des mains de ces deux hommes célèbres, et surtout de celles de ZLevret, changea, pour ainsi dire , la face de cet arten faisant rejeter les crochets et autres instrumens de cette espèce, qu’on se voyoit fréquemment dans la triste nécessité d'employer pour extraire du sein de sa mére le malheureux enfant qu'on ne pouvoit épargner qu'en la sacrifiant. Si ces instrumens sont encore en usage aujourd’hui, du moins l’homme instruit ne les emploie-t-il que dans le casouilne lui reste ancun doute sur la mort de l'enfant.
Nous ne rendrons compte ici d'aucun des ouvrages qui ont paru sur l'art dont il s’agit : un volume entier suffiroit à peine pour en faire connoitre le titre, et ce que nous aurions à dire de ceux qui sont le plus estimés excéderoit de beaucoup les bornes d'une introduction. Plusieurs personnes ont publié FPhistoire de cet art; mais il seroit difficile d'y reconnoître parfaitement celui qui a réuni les deux premiers anneaux de la
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chaine des principes quile constituent, ceux qui y en ont ajouté de nouveaux, et qui ont le plus de droit ànotrereconnoissance. Nousremarquons dans ces essais historiques qu'on a souvent prodigué des éloges à ceux qui en méritoient le moins; qu'on n’a pas assez distingué le véritable accoucheur de celui qui n’en avoit que le nom; enfin que les auteurs de la plupart de ces essais nés toient pas ce qu'il falloit être, pour mettre à leur place les Mauriceau, les Smellie, les Levret, et les écarter de la foule des Viardel, des Peu , des Portal, des 4mand, des Deventer mème, et d'une infinité d’autres, dont les ouvrages ne sont cependant pas à rejeter.
On trouvera peu de citations dans celui que nous publions. Sinous n'avons pu nous dispenser d’en faire quelques unes, nous aurions désiré n'avoir que des louanges à donner aux auteurs ‘que nous y avons nommés : mais relever leurs principales erreurs et les faire connoître , en préserver l'esprit des élèves, pour qui le brillant du faux a souvent plus d'attrait que la vérité qu'ils cherchent, n'étoit-ce pas seconder leurs efforts et travailler utilement aux progres de Part: Nous serions fàäché que quelqu'un s’en trou àt offensé, et l’imputât à un sentiment de critique , quoique tout homme s'y dévoue en publiant ses écrits. Notre aimour-propre ne se croira pas blessé, si d’autres personnes prennent la peine de relever celles qui ont pu se glisser dans cet onvrage. Nous profiterons en silence, comme nous l'avons déjà fait, des observations u iles qu'elles pourront
INTRODUCTION. VII nous faire; mais nous mépriserons tout ce qui ne portera l'empreinte que de ignorance, de l'envie ou de la méchanceté.
L'intérêt de l'humanité, plutôt que le nôtre, nous a fait un devoir cependant de profiter dela réimpression de cet ouvrage, pour repousser les traits que deux critiques se sont efforcés de lancer contre fa première édition, et nous nous sommes attaché spécialement à désigner ceux d’un chirurgien de Bruxelles,qui semble plutôtavoir écrit pour se faire connoitre au loin que pour instruire, laissant à la postérité à nous venger de ceux de M. 4/ph. le Roy. Si nous n'étions garant alors de la solidité de nos principes qu'aux éièves
qui assistoient à nos leçons , et aux yeux desquels nous pouvions en démontrer la solidité jusqu'a l'évidence même, nous en sommes comptable aujourd'hui enverstous les hommes: ces principes s'étant répandus partout où l’on cultive l'art des accouchemens, tant par les trois premières éditions de cet ouvrage que par les traductions qui en ont été faites en langues étrangères, telles qu'en Allemagne, en Angleterre et en Hollande.
Si beaucoup d'accoucheurs , en se perpétuant par leurs écrits, se sont rendus utiles à leurs semblables, même longtemps après qu'ils ont cessé d'exister, et sesont acquis des droits à notre reconnoissance , il en est aussi un grand nombre d’autres dont le savoir a été pour ainsi dire ensevelt avec eux , et à qui la société n’auroit pas été moins redevable, si des occupations trop multipliées ou une mort prématurée ne les eussent empêchés de publier le fruit de leur travail et de