CHAPITRE IT
ACCOUCHEMENS DANS LESQUELS L'ENFANT PRÉSENTE LES PIEDS, LES GENOUX ET LES FESSES, CONSIDÉRÉS SOUS LE RAPPORT DES SECOURS QU'ILS EXIGENT QUELQUEFOIS.
1177. Des observations multipliées ont fait connoître depuis longtemps que les accouchemens dans lesquelsl'enfant présenteles pieds, iesgenoux ou les fesses peuvent seterminer spontanément(1) etn'exigent pasessentiellement lessecours de l'art. Quelques accoucheurs ont même regardé celui où les pieds se présentent, comme l’un des plus naturels : et nous avons cru devoir le comprendre dans cette classe, avant d'exposer les indications, soit générales ou particulières, qu’it peut offrir, selon l’espece de circonstances qui en compliquent le travail, quoiqu'ilne soit pas toujoursaussi heureux que celui où la tête s’avance la première dans une bonne position. Pour peu qu'on réfléchisse sur les suites les plus ordinaires de ces deux especes générales d'accouchemens , on conviendra que la dernière, qui est la plus fréquente, est aussi la meilleure. -
(1) Voyez le tableau qui fait partie de lintroductien.
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ARTICLE PREMIER
Des accouchemens dans lesquels l'enfant presente
les pieds.
Accouche- 1178. L'accouchement dans lequel les pieds ment où l’en- s'engagent les premiers, considéré comme naturel, fant présente » . » k les pieds. M EST pas le plus avantageux, et il est d’ailleurs si
rare, qu'on ne peutétablir ses rapports avec celui où la tête se présente (1): mais en tant que contre nature, il doit passer pour le plus facile et le plus favorable ; car personne, si ce n'est peut-être dans ces siècles d’ignorance où l'art d’accouchern'’étoit cultivé que par des femmes, n'a recommandé de repousser les pieds lorsqu'ils se présentent pour ramerer la tète ou toute autre partie à l'entrée de la matrice, tandis que tous les accoticheurs ont conseillé de les aller chercher toutes les fois que l'enfant est mal situé, ou lorsqu'il ne peut naitre sans danger, quoique placé convenablement.
ce 1179. Le ‘langer qui menace l'enfant lorsqu'il oe so vient naturellement en offrant les pieds est en dans cet ac- raison dela compression plus ou moins forte et couchement. L]is où moins longue qu'éprouventla poitrine, la
tête et lecordon ombilical, en traversant les parties de la femine. Celui auquelilest exposé quand an en fait l'extraction , en tirant sur ces mêmes extrémités, est de plus proportionné à l'extension forcée et au tiraillement de la moelle épiniére : la
(1) D'après le tableau déjà cité, ces rapports seroient de 1 à 102 +.
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première cause de danger étant la même. D'ou l'on voit que les circonstances dans lesquelles il conviendroit le mieux d’en abandonner l'expulsion aux efforts de la nature sont celles où son extraction a le moins d'inconvéniens, et vice versä; puisque le bassin de la femme est alors bien con-
formé, qu'il y a peu d'efforts à faire pour extraire
cet enfant; que la colonne épinière qui supporte presque seule ces efforts éprouve peu de tiraillemens, ainsi que la moelle qu'elle renferme, etc. ; au lieu qu’elle en éprouve de très grands quand le bassin est resserré dans l’un deses détroits ou dans les deux, et dans le cas précisément ou les forces de la nature semblent insuffisantes pour opérer à elles seules l’accouchement dont ils’agit. (PoyezS 1204 et suiv.) :
SECTION PREMIÈRE
Des indications générales que présentent les accouchemens où l'enfant
vient en offrant les pieds.
1180. Quand le travail de l'accouchement n'est compliqué d'aucun accident fâcheux, on doit tenir à l'égard de la femme, jusqu’apres louverture de la poche des eaux , la même conduite que si l'enfant présentoit la tête : mais à cette époque on dégage les pieds, si on le peut, au maÿen de deux doigts où d’un seul, introduits dans le vagin, pour prévenir les difficultés annoncées aux $$ 729 et 1189; ou’ bien on les dirige seulement de façon qu'ils ne puissent pas s'arrêter contre quelques uns des points du bassin , jusqu’à ce qu'ils soient au-dehors. |
Indications que présente celte espece d’accouchement.
1181. S'il est plus salutaire de coopérer un peu de cette maniere à l'accouchement, et ensuite en tirant légèrement sur ces extrémités, dans le cas même où la mère pourroit se délivrer seule, à plus forte raison quand elle est dans l'impuissance de le faire, ou lorsque sa délivrance ne peut être différée sans danger pour elle ou pour l'enfant, Très souvent même, dans ce dernier cas, on est obligé d'introduire tonte fa main pour aller prendre les pieds à l’orifice de la matrice et les en dégager, afin de terminer laccouchement plus promptement.
Des causes 1182. Aux causes générales, énoncées depuis 2 exigent le $ 1079 jusqu'au $ 1138 inclusivement, qui es secours de ;
Du peuvent rendre l'accouchement contre nature, on peut ajouter ici la maniere dont les pieds se résentent et s'engagent.
1183. Nous avons fixé ailleurs les différentes positions qu'ils peuvent prendre à l'égard du bassin, à quatre principales (voyez 724 j jusqu’ au S 728 inclusivement ; et nous avons annoncé que Ja troisième, quelquelois, et presque toujours la quatrième de ces positions, offriroient de grandes difficultés aux efforts naturels de l'accouchement, si on ne les changeoit pas à propos, en ramenant l'enfant à l’une des deux premières , parce que ce changement avantageux ne s'opère pas constamment de lui-même.
Casoü l'en. 1184. Assezsouvent un seul pied se présente et faut ne pré- s'engage dans l’orifice de la matrice, pendant que sente qu’un mr | l’autre extrémité est retenue > au-dessus du bassin,
de manière qu’elle s’oppose à la sortie de l'enfant, quelques efforts que fasse la nature pour lopérer.
S'il n’est pas toujours nécessaire d’aller chercher cette seconde extrémité, il seroit au moins tres utile de le faire; et l’on ne peut s’en dispenser, même dans les cas les plus favorables, qu'en la forçant de sedévelopper et des’allonger sur la poitrine de l’enfant, à mesure que le tronc descend.
1185. Pour obtenir cet avantage, il ne s’agit le plus souvent que de tourner la pointe du pied de dehors en dedans, et de faire décrire à la cuisse une rotation semblable à mesure qu’on la dégage et qu'on tire dessus pour faire descendre les fesses et le tronc. Mais s’il falloit employer beaucoup de force pour faire avancer l'enfant en tirant sur ce seul pied, et avec les précautions indiquées, il vaudroit mieux aller prendre le second, en insinuant la main le long de la cuisse qui est déjà sortie, que d'insister sur de pareilles tentatives : autrement, on pourroit luxer l'extrémité dont il s’agit, ou séparer du corps du fémur l’épiphyse qui en constitue la tête; ce qui seroit dangereux pour lenfant,ensupposantmèmequ'onl’amenätvivant après de semblables efforts. On observera également, pour prévenir ces accidens, de ne tirer sur le pied par lequel on veut extraire l’enfant qu’en portant toute l’extrémité vers l’adduction, c’està-dire dans le sens qui le rapprocheroit de la seconde si elle étoit dégagée, et d’accrocher la hanche du côté de cette dernière, au moyen de l'index, aussitôt que les fesses paroïtront au passage, afin de partager la somme des efforts qui deviennent alors nécessaires pour achever d'amener le tronc. Quandles fesses serônt au-dehors, on les empoignera des deux mains placées à la hauteur des
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De la nécessité d’aller chercher le Second pied.
De la nécessité de s’assurer si les deux pieds qui se présentent sont au même enfant.
518 TI hanches, et l’on fera descendre le corps jusqu’à ce quele second pied se dégage de lui-même.
1186. Nous nesomines plus dans ces temps reculés où l’on croyoit qu'il falloit faire rentrer le premier pied pour aller prendre Pautre, et les ramener tous deux ensemble : loin de se comporter ainsi, on doit retenir ce pied au-dehors, soit au moyen d’une main ou d'un lacs, pendant qu’on ira chercher le second. CS Val EE ou 1187. Souvent on éprouve autant de difficultés à faire descendre l'enfant dont les deux pieds se présentent à l'orifice de la matrice, que s’il n’y en avoit qu’un seul, parce que les fesses de l'enfant sur lesquelles ils sont naturellement appuyés, se sont engagées en même temps qu'eux, de sorte que le bassin, quoique d'une largeur ordinaire, se trouve trop étroit pour contenir toutes Ces parties ainsi réunies et leur permettre de sortir à la fois. On prévient ces obstacles en dégageant les pieds avant que les fesses ne soient descendues et serrées dans le bassin ; et on les surmonte lorsqu'ils ont lieu, en repoussant ces dernières au-dessus du détroit supérieur, avant de s’efforcer d’entrainer et de dégager les pieds. Fe, 1188.S'ilestquelquefois nécessaire d’aller chercherle second piedlorsqu'ilnes’en présentequ'un, iln’est pas moins à propos, quand on en rencontre
trois on quatre, de s'assurer des deux quiappar-
tiennent au même enfant, pour ne pas s'exposer à engager des Jumeaux en méme temps. On devroit avoir la même attention dans plusieurs des eas où l'on présume qu'il y a plusieurs enfans, quoiqu'on ne trouve que deux pieds à l’orifice de
DES ACCOUCHEMENS. b19 la matrice, parce qu'il est possible que chaque jumeau en présente un (r).
1189. Quand on est obligé d'introduire la main à entrée de la matrice pour y prendre les pieds, on les accroche comme on le peut, en passant l'index entreeux et en lesserrant assez étroitement desauntres doigts. Lorsqu'ils sontau-dehors, on les enveloppe d’un linge sec et doux, pour les tenir plus sûrement, parce qu'ils échappent aisément, à cause des mucosités qui les enduisent et Îles rendent très glissans.
1190. On saisit ces extrémités au-dessus des genoux à mesure qu'elles déscendent, afin de moins fatiguer l'articulation des pieds et des jambes; et, dans la suite, pour ménager celle des cuisses, on applique les mains sur les hanches de l'enfant aussitôt que les fesses sont sorties, :.
1191. Il ne faut jamais placer les mains sur le ventre et la poitrine dé l'enfant, pour agir de plus près sur les parties qui sont à extraire, car on géneroit et on intercepteroit méme Île mouvement du cœur en se conduisant ainsi; oh comprimeroit et on meurtriroit également le foie, qui est trés volumineux et très tendre à cette époque de la vie : ce qui seroit on ne peut plus fâcheux. Cesont les hanches que les mains doivent empoigner, c’est sur elles qu’on tire jusqu’à ce queles épaules soient au-dehors. |
1192. Quand on à dégagé les deux pieds, le plus souvent l’enfantdescendavecfacilitéjusqu'àceque