CHAPITRE KIT
DES ACCOUCHEMENS DANS LESQUELS L'ENFANT PRÉSENTE LE SOMMET DE LA TÈTE A L'ORIFICE DE LA MATRICE.
Accouche- 1285. Les accouchemens ou l’enfant présente le die M: sommet de la tête seroient toujours les plus avansommet de Ja tageux, si les lois de la nature étoient immuables tête se pré- dans cette fonction, silesfemmesétoient exemptes dé is de toute espèce d’accidens, et si le rapport qu’on
observe communément entre les diametres de la tête et ceux du bassin se trouvoit constamment le même : car les obstacles qui rendent ces accouchemens difficiles ou dangereux ne viennent
que de ces trois sources, réunies ou séparées.
ARTICLE PREMIER
Des causes qui rendent contre nature ou difficiles les accouchemens dans lesquels l'enfant presente le sommet de la tète, et des indications qu'elles pres-
crivent.
Des causes 1286. Ces causes, dont la plupart ont été expo-
1 jeent . ; .* Je secours de S66s dans autant desections particulières, sont en
l'art dans les grand nombre. Celles qui proviennent de la mère accouche dépendent de certaines défectuosités du bassin, sommet de la du manque de forces nécessaires pour l'expulsion be A à de l'enfant , et de quelques accidens qui se désente,
clarent avant, ou pendant le cours du travail. Celles qui dépendent de l'enfant viennent du volume extraordinaire de sa tête, relativement au bassin de la mère; de la manière dont elle se présente à l’entrée de cette cavité ; de la présence d’une main ou d'ün pied, qui l'empêche de s'y engager ; de la direction que lui impriment, dans sa descente, les forces expulsives de la matrice ; de l'issue prématuréedu cordon ombilical, etc.(1). N'ayant pu déterminer suffisamment jusquiici ce que nous entendions par mauvaises positions de la tête, et exposer le mécanisme par lequel : plusieurs de ces positions peuvent survenir accidentellement dans le cours du travail, nous en ferons le sujet d’une section particulière.
SECTION PREMIÈRE
De la mauvaise situation de la tête de l’enfant en général, et surtout
de celle qu’elle prend quelquefois en s’engageant dans le bassin. q D4D
1287. La position dela tête est désavantageuse, Lion déquoique celle-ci présente le vertex, toutes les fois savantageuse que son grand diamètre ne se trouve pas selon le 2 + plus grand du détroit qu’elle doit franchir. Elle HÉ. sera telle, lorsque l’occiput oule front sera tourné vers le pubis dans le commencement du travail,
ou lorsqu'il restera vers l’un des os ischium dans
(1) Nous ne parlons pas ici des causes qui exigent absolument le secours des instrumens, les réservant pour la quatrième partie de cet ouvrage. | À
Opinion de Levret sur
562 L'ART le dernier temps; et elle le deviendra d'autant plus que le bassin de la femme s’éloignera davantage de sa conformation naturelle ; et bien plus encore, selon que la face aura plus ou moins de propension älors à se porter vers le pubis dans le dernier temps du travail. (FoÿezS 672 et suiv.) 1288. Quoique la tête de l'enfant se présente convenablement à l’entrée du bassin, l’accouchement ne peut être facile qu'autant qu'elle suit, dans sa descente, la marche qui a été décrite en exposant le mécanisme des différentes espèces d’accouchemens naturêls. Lorsqu'elle s'engage autrement, ses plus grands diamètres s’avancent de front, et viennent se présenter dans toute leur longueur à ceux du droit inférieur, tantôt dans une direction , et tantôt dans une autre: ce qui rend sa sortie très difficile pour l'ordinaire, et quelquefois impossible sans le secours de Part. 1289. Quandelle suit sa marche naturelle, elle conserve sa flexion antérieure, et le menton reste appliqué sur le haut de la poitrine, jusqu’à ce que la base de l'occaputsoit appuyée contre le sommet de l’arcade du pubis, ou sur le bord antérieur du périnée si la face vient en dessus, On remarque le contraire dans le cas dont il s’agit; le menton quilte le haut de la poitrine, et la tête se renverse sur le dos, des qu’elle commence à s’engager ; de sorte que c'est la fontanelle antérieure, ou bien la partie supérieure du front, qui vient à la longue se placer au centre du bassin ou du détroit inférieur. | 1200. Levret nous offre, dans l’une de ses observations, le tableau le plus exact de cette mau-
vaise position accidentelle de la tête : mais, selon see mau-
lui, elle n'a d’autres causes que la situation oblique vaise posi-
et latérale du corps de l'enfant, qu'il regarde "°"
comme la cause la moins connue de toutes celles
qui rendent l’accouchement laborieux, Tous les
obstacles, dans le cas dont nous parlons, pro-
viennent, dit-il, de cette situation du corps exclu-
sivement ; ce sont les épaules, arrêtées au détroit
supérieur, qui empêchent la tête de descendre,
soit que la nature s'efforce del’expulser, soit qu’on
entreprenne de l'extraireavec le forceps ou autre-
ment (1). De la Motte et Smellie ne se sont pas
. expliqués aussi clairement à l'occasion de cette
fâächeuse position de la tête; mais ils ont mieux
saisi la véritable indication qu'elle nous offre. Re 1291. Cette position est l'effet de la direction Des causes
des forces titérines et°de la manière dont elles ete
agissent sur la tête. On ne l’observe presquejamais fant à pren-
que lobliquité de la matrice, qui en est la cause dre cette po-
déterminante, n'ait lieu du côté où répond l'oeci- "92:
put. La direction de ces forces expulsives dans les
autres cas est constamment telle qu’elles agissent
de manière à faire descendre l'extrémité occipitale
de la tête; mais elle n’est plus la même dans celui
dont il s’agit , et celle selon laquelle agissent ces
forces traverse la tête obliquement de sa base au
vertex et de l'occiput au front, un peu au-devant
du centre de son mouvement ; de sorte qu’elles le
contraignent de se renverser sur le dos, à mesure
(1) Voyez la seconde observ. de Zevret, sur les causes et les accidens de plusieurs accouchemens laborieux. quatrième
édition , page 4.
qu’elle descend. Levret n’attribuoit cet effet & la situation latérale du placenta, et à celle du tronc de l’enfant dans la matrice, que parce qu'il étoit dans l'opinion que l’obliquité latérale de ce viscére provenoit toujours de l'insertion du placenta sur l’un des côtés. En adoptant le sentiment de ce célébre accoucheur, tant sur ce dernier point que sur celui qui nous occupe spécialement, ce seroit adopter une foule d'erreurs dont il n’a pu se garantir, et partager en quelque sorte la critique, judicieuse à plusieurs égards , mais trop sévère, qu'il en a essuyée (1).
1292. Presque le seul qui ait parlé clairement de cette mauvaise position de la tête, Levret a recommaudé, pour la prévenir, d'ouvrir la poche des eaux de bonne heure et d’aller chercher les pieds de l'enfant , toutes les fois qne la face se présentoit de côté : ce précepte, donné avec toute la confiance que peut seule inspirer une longue expérience, nous paroit avoir échappé à la sagacité de son auteur, et il seroit très dangereux de le suivre aveuglément; car des milliers d’enfans
‘qui n’auroient trouvé que de foibles obstacles à
leur naissance, pourroient être victimes d’un pareil procé, dél’accouchement ouù les pieds viennent ainsi étant assez souvent dangereux, et la face se présentant d'abord presque toujours de côté dans celui qui se fait naturellement.
1203. Levret n'a pas fait un meilleur emploi de ses grandes connoiïssances, dans ce qu'il a pro-
(1) Voyez la Pratique des accouchemens , première partie, par M. {lphonse le Roy.
Fi DES ACCOUCHEMENS. 865
posé pour vaincre les difficultés qui naissent de la mauvaise position dont il est question. Au lieu de chercher à la corriger et à ramener la tête à celle qui est la plus naturelle, étant dans l'opinion que c'étoient les épaules, retenues et comme enclavées au détroit supérieur, qui s'opposoient alors à l’'accoucheent ,il s’est contenté derecommander de les déplacer, et de les diriger suivant lun des diamètres obliques de ce détroit; la face, disoit-il, se tournera ensuite d'elle-même en dessus ou en dessous, et lesobstacles cesseront. Personne ne disconviendra que le rapport des épaules au détroit supérieur ne soil tel, dans ce cas, qu'elles ne puissentapporter quelque léger empêéchement à la descente du tronc, même à l'expulsion de la tête; mais très certainement le plus grand obstacle ne provient pas de cette cause. Il ne dépend que de la mauvaise position de la tête, de ce qu'elle s’est renversée sur le dos, qu'elle présente son plus grand diamètre de front à l'un des diametres du détroit inférieur, et que les forces utérines, dirigées comme elles le sont alors, ne tendent qu’à la faire avancer dans cet état, puisqu'il ne s’agit que de la ramener à sa position et à sa marche naturelle, pour mettre la femme dansle ‘cas dese délivrer seule. Nous avons plusieurs fois démontré cette vérité au grand nombre d'élèves qui suivoient nos cours; et ce n’est pas sans étonnement qu'ils ont vu se terminer, quelques mirutes apres ce simple déplacement de la tête, des accouchemens qui résistoient depuis longtemps aux efforts de la nature les plus grands et les mieux soutenus. Si nous avions besoin d’autres
De la maniére de prévenir et corriger la mauvaise position dont il s'agit.
preuves pour appuyer notré opinion; nouùs ne les puiserions que dans les ouvrages de Smellie, de ‘de la Motte, et du célebre Levret même, quoique contraires à son assertion (1 ).
1294. Il est,en général, assez facile d empêcher la tête de prendre celte position vicieuse en s’engageant dans le bassin , et de lui faire décrire sa HEtéhe ordinaire:il ne faut que changer à propos la direction des forces utérines, et soutenir pendant quelque temps la partie antérieure de la tête, pour faire baisser son extrémité occipitale. On commencera, dans les très grandes obliquités de matrice, par redresser ce viscère , et en rame-
ner l'axe à peu près dans la direction de celui du
bassin , soit en faisant coucher la femme sur le. côté opposé à l'obliquité , soit au moyen d’une pression exercée convenablement sur le ventre. Ensuite , de plusieurs doigts introduits dans le vagin , se soutiendra le front de l'enfant pendant la durée de chaque douleur, afin que les efforts naturels , dont la direction n'est plus exactement la même, agissent sur l’ occiput et le fassent descendre. Il faut éviter soigneusement, dans ce proôcédé, d'appuyer le bout-des doigts sur la fontanelle antérieure et sur ses environs, où les os sont tres souples, crainte que l'enfant ne soit victiiie de la dépression de ces pièces osseuses, et de la compression du cerveau, quine saut aient cepeñ-